L'INSTITUTION ROYALE
En 1801, la législature du Bas-Canada passa un acte pour autoriser le gouvernement à établir des écoles élémentaires sous fa régie de l'Institution royale, organisée sous ses auspices pour cette fin.
Cette loi, destinée à servir de base, dans l'esprit des auteurs, à l’anglification de l'origine francaise en Canada, par un système d'instruction publique sécularisé, et fonctionnant en anglais, laissait au gouvernement la nomination des personnes qui devaient Ep un comité de régie qui, à son tour, avait le pouvoir de nommer les instituteurs des écoles royales at de les subventionner. L'évêque anglican était président du comité de régie des écoles de l'institution royale.
Le gouvernement et l’Institution royale avaient, en vertu de cette loi, la liberté de monopoliser le pouvoir en faveur de l'Eglise anglicane, d'où il est résulté que les instituteurs des écoles royalesétaient très généralement protestants et membres de cette Eglise. Ils se composaient même, pour 1x plupart, de jeunes ministres où de jeunes gens qui se préparaient à devenir ministres de l'Eglise anglicane, tout en tenant des écoles, soit comme moyen d'existence où pour faire du prosélvtisme.
L'Institution royale envoyait ces jeunes instituteurs établir des écoles anglaises dans les paroisses qui contenaient à peine dix protestants d’origine britannique, et qui n'étaient pas même tous de l'Eglise anglicane. Les autres étaient d’origine française et catholiques, et il leur répugnait, par conséquent, d'envoyer leurs enfants à ces écoles. D'ailleurs, Mgr. Plessis, par patriotisme autant que par devoir de conscience, ordonna à sou clergé de s’y opposer formellement. Aussi, l'Institution royale n’a-t-elle eu que très peu de succès pour le bien de la population du pays, prise collectivement, et n’at-elle eu, pendant 40 ans, que 84 écoles dont à peine 40 à la fois. et dont
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l'évêché du diocèse de Sandwich, Haut-Canada.
Ja plupart avaient entièrement disparu avant l'acte d'éducation de 1841.
En 1825, l'institution royale ne comptait que 45 écoles dont plusieurs étaient disparues en 1842. Dix-sept de ces écoles ont été établies dans des paroisses catholiques, savoir : Quéhec, Trois-Rivières, Montréal, Pasbébiace, New-Carlisle, St. Roch des Aunets, Kamouraska, St. Thomas, St Paul, La Malbaie, Cap Santé, Rivière Ouelle, Ste. Marie de la Beauce, Pointe- Lévis, Maskinongé, Terrebonne et Côteau du Lac. Mais, en cette année, seulement 7 canadiens étaient employés comme instituteurs dans les écoles royales, savoir : Ant. Côté, à St Thomas: Clément Cazeau, à St. Roch; A. Vervais, (1) à Terre bonne. s
Maintenant, bien que l'acte des écoles de liastitution royale ne soit pas révoqué, il ne fonctionne plus nulle part.
Ses propriétés et toutes les écoles qui avaient été établies sous auspices sont passées sous le contrôle des commissaires d'école, en vertu des dispositions à cet effet, de La 21e elanse de l'acte actuel, passé en 1846, pour l'établissement d'écoles primaires. Mais, a corporation de l'institution royale existe toujours, nonobstant, et chaque année la Législature hote fai un octroi spécial de £147 15s. 44. à son secrétaire pour garder les archives et répondre aux dépenses possibles du bureau,
Le Ré£v. M. Robert Burage, ministre anglican, qui avait êts chargé par le gouvernement en 1815, de diriger une école à Québec, alors, qu'il n'était encore qu'à l'âge de 21 ans et étudiant en théologie, fut nommé en 181%, secrétaire du Bureau de l'institution royale, charge qu'il à occupée jusqu'à sa mort. [est décédé à Montréal, le 5 de Décembre 1864, à l'âge de 70 ans,
L'institution royale n'a plus de fonds à sa disposition pour écoles sous son contrôle, et il n'est pas à présumer qu'elle en ait jamais d’autres pour cette fin. Je pense même qu'il n'y à pas lieu de nommer un autre secrétaire pour linstütution royale.
L'institution royale n'a fonctionné que pendant 20 ans, el n'a jamais compté, en totalité, nendaut cet espace de temps, plus de 3500 élèves de tout âge, de tout sexe, de toute condition, de toute origine et de toute croyance religieuse,
{1} M. Vervais ayant laissé l’enseignement où il avait obtenx un grand succès, fut ordonné prêtre et envoyé, en qualité de missionnaire au Détroit où il a exercé pendant nombre d'années le ministère à l'édification et au grand avantage des catholiques de cet endroit qui est aujourd'hui le site de
M. Vervais est retiré du ministère, et vit cadue en la paroisse de SE, Gregoire le Grand, au diocèse de Trois-Rivières,