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COLLÉGE DE NICOLET

La fondation du collége de Nicolet a passé par tant de phases diverses et subi tant d'épreuves pénibles, qu'il serait injuste envers l'histoire et surtout envers la mémoire de ses généreux fondateurs de ne pas entrer dans quelques détails, en lui marquant sa place dans l'histoire.

L'esprit d'entreprise, les efforts et les sacrifices dont ils ont donné l'exemple pour l'avancement de l'éducation dans le pays, sont admirables et au dessus de tout éloge. Il r’entre pas dans mes vues de les émimérer tous, encore moins d’entrepréndre de les faire apprécier à leur juste valeur, parce «qu'ils sont trop nombreux et qu'ils occuperaient trop d'espace dans le cadre étroit que j'ai dû prescrire à mon travail.

Cependant. je vais essoyer de donner au moins une idée du mérite des fondateurs et des bienfaiteurs du collége de Nicolet, en exposant en peu de mots les principaux faits qui se rattachent à sa fondation et à son fonctionnement, persuadé que lintérèt particulier porté à cette florissante institution, disposera les amis de l'éducation à les lire avec quelqüe satisfaction. ;

D'ailleurs, les contemporains de ces hommes de bien disparaissent rapidement de nos rangs, et il ne reste guère plus que l'enrégistrement formel de leurs actes pour en perpétuer le souvenir, : C'est le moyen le plus régulier et le plus constant de présenter ces bienfaiteurs à l'admiration et à la reconnaissance de la postérité.

Comme le collége de Montréal, le collége de Nicolet a commencé d'être par une petite école tenue dans une maison privée, et comme lui, il fut dédié à St. Raphaël ; mais cesdeux institutions, n'ont pas que ces deux traits de ressemblance entre elles, et il n'y à pas lieu d'en être surpris, puisqu'il semble que l'une est née de l'autre.

En effet, le collége de Nicolet, établi 30 ans après celui de Montréal, reçut, dans sa fondation, et dans son fonctionnement, l'impulsion d'hommes puissants en science et en vertu, nés ou dans la ville ou dans le district de Montréal ; et formés, pour la plupart, au collége de cette ville. C'est surtout pendant la premiere moitié du temps de son existence que le collége de Nicolet a pu profiter de cette heureuse coopération. Les avantages en ont été immenses et il n'est que juste de dire qu'ils ont été précieux et hautement appréciés.

Nos seigneurs les évèques Denaut et Plessis, qui ont donné, à cette institution, l'un le nom et le caractère de Séminaire, ot l'autre en grande partie les moyens d'en continuer formellement l'existence, sont, comme M. l'abbé Ferland, nés à, Montréal, et les Messieurs dont suivent les noms-qui ont professé au collége de Nicolet, non-seulement sont presque

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tous nés à Montréal ou dans les environs, mais encore sont des élèves du collége de Montréal, savoir : MM. Roupe, Leprohon, Archambault, Asselin, Aub ;, Odelin, Pâquin, Gosselin, Ls. Gingras, Holmes, Frs. Labelle, Leduc, Laviollette, Mignault, . Quintal, Porlier, etc., etc. Aussi, le cours d'étude, les classiques latins et jusqu'à la grammaire en usage à Nicolet, étaient ceux qui étaient suivis au collége de Montréal, et je crois qu'après avoir changé le cours d'études dans sa durée à Nicolet, l'avoir rétabli à l'état primitif à cet égard, et avoir essayé d'y faire certains autres changements, il ne diffère pas encore essentiellement du cours d'études suivi au collége de Montréal. Or, on sait que ce dernier cours n’est inférieur à aucun autre suivi dans les institutions de ce genre en Amé- .ique.

M. Roupe à pris le collége de Nicolet à son berceau, et les soins assidus que pendant quatre ans il n'a cessé de prodiguer à ses élèves sont inappréciables. Et M. Leprohon, dévoué à cette institution pendant trente-deux fs, soit comme professeur ou comme directeur, a indubitab'ement contribué plus que tout autre à la conduire à ce degré de prospérité et de gloire où nous la voyons aujourd'hui.

Il est généralement connu que M. Louis-Marie Brassard, curé de Nicolet, est le fondateur d’une école permanente de paroisse qui fut le prélude du collége de Nicolet; mais de fait, c’est Mgr. Denaut, pendant un certain temps l'hôte du Séminaire de St. Sulpice äe Montréal et décédé à Longueuil, où ilest inhumé, qui est le véritable fondateur du collége de Nicolet. Mgr. Denaut a utilisé, pour établir ce collége, les biens que M. Brassard lui avait légués pour Pétablissement et le soutien d'une simple école de paroisse, comme nous le verrons dans la suite. 3

Mais ces biens, par un défaut de désignation ei d'exception spéciale dans le testament de Mgr. Denault fait auparavant, étant passés à l’état de propriétés personnelles, l'existence du collége de Nicolet fut un instant menacée. Ils se trouvèrent enveloppés duns sa succession et Dile. Marguerite Amable Denaut, (1) sa nièce et seule héritière paraissait y avoir droit. On les réclama pour elle; mais Mgr. Plessis ne voulant pas laisser périr l'œuvre pieuse et patriotique des généreux fondateurs du séminaire de Nicolet, les racheta à aussi bonne composition que possible. Le rachat de cet établissement eut lieu le 18 mars 1806, pour la somme de cinq mille francs, et en 1897, le nombre des élèves s'élevait déjà à 70. Dès 1803, on y voyait deux sujets promettants qui, plus tard, devaient être, chacun, le ler évèque d'un nouveau diocèse, ce sont NN.SS. Provancher, 1er évêque de St. Boniface de la Rivière Rouge, et Ths. Gooke, ler évêque de Trois-Rivières.

(1j Demoiselle Denaut, née en 1791, est décédée épouse de l'hon. A. F. Quesnel, en 1820, à l'âge de 28 ans et quatre mois,

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