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XV | COLLÉGE DE ST. HYACINTHE

En 1812, pendant que des armées étaient eu présence et se disputaient Le domaine de quelque colline où de quelque lac, Messire Antoine Girouard, curé de St. Hyacinthe, jetait, en cette paroisse encore naissante, les fondements d’un établissement qui devait réfléter sur les canadiens-français une gloiré bien plus enviable que celle qu'ils se sont acquise, par les armes, dans les victoires signalées qu'ils ont remportées sur l'ennemi pendant la dernière guerre entre l'Angleterre et les Etats-Unis.

M. Girouard ayant acheté, pour la somme de £100, un bel emplagement de la succession de feu M. Picard, ancien eurt de cette paroisse, pour la construction dé son collège, en fit creuser les fondations dans l'automne de 1812, Il en éleva les murs en cette année seulement jusqu'aux lambourdes L'année suivante, il ne put que faire posér des poutres, tânt l'entreprise était au-dessus de sess ressources péguniaires. L'édifice ne fut complété qu'en 1815.

M. Molin, prêtre et procureur du Séminaire de St Sulpice de Montréal, avait fourni le plan de l'établissement que M. Girouard avait amendé arbitrairement pour pouvoir le faire répondre aux besoins sans l'entrainer trop au-delà de ses moyens. Un nommé Larose, maçon, de St, Charles de la rivière Chambly, faisait les travaux de La maconnerie, avec seulement deux ou trois compagnons travailleurs, ce qui explique encore pourquoi les travaux de eonstruction vregressaient lentement, D'ailleurs, vu le lieu etles circonstances. c'était un établissement considérable pour le temps d'alors.

En attendant, les classes se faisaient dans la salle publique de la paroisse de St. Hyacinthe. M. Ant, Desmarteaux, M. Cocke, maintenant évêque de Trois-Rivières, et MM. Michel Primeau et Jean Cloutier s'en partagèrent successivement le soin. M. Ant. Gosselin, curé de St. Jean, Ile d'Orléans, fut un des premiers élèves de cette institution, M. Desmarteaux, neveu et filleul de M. Girouard en fut dans la suite, pendant nombre d'années. l'éconôme. Il parait qu'à ces titres, M. Desmarteaux devait agir sans autres rénumérations que le nécessaire à sa subsistance, mais il trouva moyen de se faire payer davantage par les successeurs à l'œuvre de M. Girouard.

Cependant la bâtisse primitive, l'œuvre du vénérable fondateur du Collége de Si. Hyacinthe, ne répondant plus au besoin toujours croissant par l'augmentation du nombre de ses élèves, a élé vendue et convertie en évèché qui devint la proie des flammes en mai 1854 Elle est remplacée par une autre bâtisse plus spacieuse et plus élégante, æonstruite en 1849-50, sur un terrain élevé, pittoresque et salubre, à une des extrémités de la ville de St, Hyacinthe, en face d'une partie de la helle petite rivière Yamaska qui le borde en front.

A cette époque, la Législature provinciale avait contribué à la construction'de cet édifice par l'octroi d'une somme de £1000, et le clergé canadien vil de £3000, formée principalement dans le diocèse de Montréal qui comprenait encore alors celui de St. Hyacinthe. ÿ

Cette nouvelle htisse dont M. Isaac Desaulniers avait en partie fait le plan, fut bénite le 10 septembre 1853, par Mgr. le Cardinal Bédini, lors de sa visite en Canada en cette année. Dans la réponse que fit Son Eminence à plusieurs adressés qui lui furent présentées à St. Hyacinthe, nous trouvons ces paroles remarquables :

“Je puis dire, mes chers frères, d'après ce que j'ai vu en Canada, que votre pays n'a rien à envier aux autres peuples A LA 22 à à RE EP PAU ER AP AP PR LEP a RO EE EU PER SE

Mon désir est de pouvoir dire, bien loin et bien haut,'qu'il est un pays éloigné de l'Europe, mais digne de le surpasser, où l’on est sage, où l’on est rar parceque l'on est relicieux. Une institution comme celle-ci, ferait honneur à tous les pays, et je sais que les Directeurs, les insfituteurs et: les élèves sauront en apprécier les avantages. C'est une preuve qu'ici comme ailleurs, le catholicisme aime l'éducation et les lumières, et fil déteste lignorance et l’obscurantisme, Un mionument comme celui ci 2st une vichesse pour le catholicisme.” (1)

Ce nouvel et magnifique établissement, l'un des plus vastes et des plus élégants en ce genre en Canada est dù au zèle, au bon goût et à la prévoyance des membres de la corporation de cette institution. D'ailleurs, personne ne nous contestera le fait que, essentiéllement canadienne en toutes choses, elle ne soit destinée à contribuer à faire faire aux hautes sciences et à la littérature canadienne un progrès qui réflètera une véritable gloire sur le Canada français.

En effet, cette institution à pris rang parmi les premières de l'Amérique, et, située et composée comme elle l'est, son administration nous promet un sueécès brillant dans la carrière des arts et des sciences. Mgr. Prince, ler évèque de St. Hyacinthe, en a été le Directeur pendant neuf ans.

Mer. Maclntyre, évêque de l'ile St. Edouard, Mgr. Taché. 2nd évèque de St. Boniface de la Rivière-Rouge, Mgr, Jos. Laroque, nd évêque de St. Hyacinthe, Mgr. Chs. Laroque, 3e évêque de St Hyacinthe, et M. le grand vicaire Raymond, supérieur, sont tous des élèves du collége de St. Hyacinthe.

Le Collège de St. Hyacinthe, incorporé en 1835, et érigé en Séminaire depuis, est fréquenté par environ 300 élèves

endant l’année, et la population de hu ville augmentant tous ts jours, le nombre des élèvés de cette institution ne peut qu'augmenter proportionnellement. Elle en compte aujour hui au-dessus de 306 confiés aux soins de 21 professeurs.

Une bibliothèque de près de 10,000 volumes est attachée à

(l} Voir dans l'appendice, note No. 16,

ibué à cette institution qui possède, en outre, un cabinet de physique me de et d'histoire naturelle qui est au complet. MRTA ncipa- Enyiron 2,000 volumes proviennent de la riche bibliothèque mncore de l'Hon. D. B. Viger, et autant de celle de l'Hon. A. N. Morin, élèvé en droit de l’'Hon. D. B. Viger.

ait en De belles fermes, acquises principalement au moyei des, Mgr. le épargnes constamment faites par le fondateur, sont attachées année. à cette institution, et les directeurs savent en tirer de bons lressés profits. Celle sur laquelle le nouveau collége est bâti est ns ces entièrement le don de M. Frs. Cadoret, respectable citoyen de ; la florissante ville de St. Hyacinthe.

vu en M. Girouard, né à Boucherville, est décédé du choléra en euples août 1832. Il mourut plein de confiançe dans l'avenir, après Eee « avoir fait deux établissoments d'éducation, son collége.et un t'qu'il coufent de filles confié aux soins des religieuses de la Congrépasser, gation de Notre-Dame de Montréal. Il avait vu ces deux étast reli- blissements fonctionner à sa grande satisfaction, le premier à tous pendant 20 ans et le second pendant 16, et il'en augurait un set: les bon succès continuel. i preuve M. Girouard, curé de St. Hyacinthe depuis septembre 1865. net les paroisse nouvelle qui comprenait une grande étendue de pays me. Un qui forme aujourd’hui 15 paroisses populeuses cet riches, catholi- sut économiser les revenus considérables de sa cure, pour en doter son collége, et les biens qu’il laissa pour cette fin, lors ; vastes de sa mort, étaient évalués 374 mille francs, mais on ne put zèle, au en retirer que 300 mille francs en valeur réelle. ation de . Le 17 juillet 1861 les restes mortels du vénérable M. Girouaru stera le furent transportés de l’église paroissiale à la chapelle du elle ne nouveau collége de St. Hyacinthe, au milieu d’une foule cominces el pacte qu'un juste sentiment de vénération et de gratitude 5 Er. avait attirée à la translation.

Après cette imposante cérémonie, eut lieu la distribution émières des prix aux élèves heureux du collége de St, Hyacinthe, qui est, Son venaient joindre leurs harmonieuses voix à celle de leurs lans la supérieurs, de leurs parents et de leurs amis pour chäânter en

commun, en l'honneur de leur bienfaiteur, et compatriote, l’hymme des prédestinés. Les discours, dans cette mémorable circonstance, furent tous consacrés à la mémoire du vénéré défunt, et celui de M. le grand vicaire J.S. Raymond, supérieur, fut prononcé avec beaucoup d’onction et d’éloquence. (Voir tet excellent discours)

Sur le frontispice du collége on lisait cette inscription : Qu'à l'Eglise, à l'Etat cette œuvre de ton zèle, comme toi puisse offrir un service fidèle, ”

En juin 1852, l’ancien collége fut mis à la disposition de Mgr. Prince, premier évêque du diocèse de St. Hyacinthe, aujour pour servir d'évêché, mais comme nous l'avons déjà dit, cet buré. édifice ayant été incendié en mai 1854, une élégante bâtisse achée à en brique, érigée sur le même terrain ie remplace pour la

même fin.

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rigé en élèves ant tous ne peut

A op pm)

| Le couvent des Dames Religieuses de la Congrégation étant t il passé aux sœurs de la présentation venues de France en 1853, r 1h a subi des changements qui en font un établissement nouveau. d 1 Gi-suit la liste des prêtres qui ont été directeurs du collége P 1 de St. Hyacinthe : . D | MM. Jos. Philippe Lefrançois, | MM. Thomas Maguire, V. G., sl | J. B. Bélanger, Ls. Proulx, 1 Edr. Crevier, V. G., Frs. Bonin, le L'Abbé de la Mothe, R: Ouellette, 1 Plus tard successivement évêques de St. Hyacinthe : Joseph i Laroque, Jean Charles Prinec. . el Plus tard, V. G. supérieurs : Joseph Sabin Raymond, Isaac ra S. Desaulniers. (1) MM. Lefrancçois, l'abbé de Lamothe, Maguire, V. G. et Mgn de Prince, M. J. B. Bélanger sont décédés, et Mgr. Jos. LE a pr résigné les fonctis piscopales par cause de maladie, Il est jet remplacé par Mi «ai Laroque, 3e évèque de St. Hya: co cinthe, aujourd'hui &t esl ral XVI de ) L Mir Ce COLLEGE LE ST: THÉRESE. fai EE Aus ASS qu Le Collége de Ste. Thérèse de Blainville fat fondé en 1825, par Messire Charles L Ducharme, curé de la paroisse de ce boi nom, au milieu de grandes difficultés. la | Le Collége de Ste. Thérèse fut érigé en petit séminaire en : réa 1841, incorporé par acte de la Législature provinciale en 1845 le et affilié à l'Université-Laval en 1863, sous titre de ‘petit pet séminaire de St. Charles,” en mémoire de son généreux fondateur. d'é Cette fondation, commencée dans le presbytère, puis conti- seul nuée dans une maison achetée d’un particulier pour cette fin, am fut agrandie en 1832 et, finalement, remplacée par la vaste etc bâtisse que nous voyons aujourd'hui sise à ?1 milles de ces Montréal. Cette construction, commencée en 1839 et achevée D pt en 1845, est une des plus commodes et des plus élégantes X parmi les nombreuses institutions d'éducation qui sont dissé- que minées dané le pays. M. Ducharme eut le bonheur de la'voir de t (1) M. Isaac Stanislas Desaulniers, vicaire général, professeur de philoso- L HA phie ct ancien supérieur du séminaire de St. Hyacinthe, est dècédé le 22 los! avril 1868, à l’âge peu avancé de 56 ans, et près de cinq mois, Il s'était £. dévoué pendant près de 40 ans, à l’enscignement de la jeunesse dans les pro hautes sciences, et le succès qu'il y obtint était brillant et fort apprécié. mên L'illustre défunt était frère de M. l'abbé François Desaulniers, professeur ee, de philosophie en son vivant, au séminaire de Nicolet, C’est d'eux dont on peut dire : ils étaient bien frères. (l) Les rares talents de M, Isaac Desaulniers, ses profondes connaissances et 10 de ses vertus éminentes, en faisaient une des gloires à la fols du clergé et du ordor Canada. 1l était un philosophe ot un orateur distingué, et un savant prêtre. puis ! Il était un élève du collège de Nicolet et gradué ‘ maître-es art de l'Uni- Ha

versité de Georgetown, institution catholique sise dans Île voisinage de Washington, capitale des Etats-Unis.

stant terminer avant de mourir. (1) Elle est le fruit des plus rigou- 1853, reuses épargnes faites, pendant plus de vingt ans, par ce eau. digne prètre. Il confia son œuvre aux mains de l’un de ses Jége premiers élèves, Messire J. Duquet qui, après avoir été son

principal auxiliaire, pendant plusieurs années, fut aussi son G. successeur à la cure de Ste. Thérèse,

M. Ducharme à doté cette institution de plusieurs belles terres qui servent de fermes-modèles dans le quartier populeux où elles sont sises. Son successeur, qu'une mort prématurée a précipité presque dans le même tombeau,

oseph agronôme distingué parmi les plus habiles que nous ayons eus, a soumis ces terres à un système de culture qui les fait

Isaac rapporter de bons profits.

ne école agricole régulière ayant été établie au collège Mgr de Ste. Thérèse en 1863, puis discontinuée, ces belles pro: que à priétés sont utilisées d’une manière spéciale pour former les l'est jeunes gêns qui désirent se faire une position avantageuse . Hya- comme Cultivateurs. Comprenant déjà combien l’agriculture

est un art utile et honorable, ils apprennent bientôt par l'étude raisonnée et ses principes et par la connaissance approfondie de ses ressources, qu’il est le premier et le plus noble des arts. Ces ressources la plupart inconnues à ceux qui n’en ont pas fait une étude particulière, sont plus considérables et assurées qu'on ne pense généralement.

1 1825, Bien qu'encore à son départ, cette école comptait déjà un de ce bon nombre d'élèves avides de s’'instruire et de se former pour

la pratique de cet art. Etant la seule dans le district de Monire en réal où l’enseignement agricole est systématique et régulier, n 1845 le succès de cette école était extrêmement désirable, On ne

te petil lateur.

contitte fin, vaste les de hevée gantes dissélavoir

peut faire trop d'efforts et de sacrifices pour assurer le succès d'écoles de cette espèce ; mais les instituteurs ne peuvent seuls tout entreprendre. Il faut encore que, audehors, les amis de l’agriculture se chargent de leur part de contribution et d'encouragement ; il faut qu’ils alimentent et soutiennent ces écoles, en y envoyant, chaque année, de nombreux sujets aptes et bien disposés.

Mais voici un autre sujet digne de remarque et qui, bien que sans liaison spéciale avec le précédent, mérite, néanmoins, de trouver ici sa place et une mention particulière.

L'église de Ste. Thérèse, où reposent les restes mortels de M. Ducharme, étant entièrement restaurée, MM. les directeurs, les professeurs et les anciens élèves du collége de Ste. Thérèse, profitèrent de la circonstance pour élever un monument à la mémoire du fondateur de cette florissante institution. Ils

philosodé le 22 1 s'était dans les cié.

ofesseur dont on

(it) M. Charies-Joseph Ducharmé, né à Lachine à 12 milles de Montréal, lu n 10 de Janvier 1786, fit son cours d’études au Collége de Montréal. I fut ral ordonné prêtre le % octobre 1814, fut vicaire à St, Laurent, ile de Montréal, ê a ÿ puis fui nommé curé de Ste. Thérèse de Blainville où il mourut le 25 Mars

On. 1853, après y avoir fondé l'institution qu'on y voit, très florissante, et l'une ad de de son genre des plus remarquables du pays.

D rm mes mn .

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