COLLÉGE DE ST. ROCH DE QUÉBEC
Mgr. Plessis qui, par son habileté, par sa générosité et par son patronage actif et éclairé, avait su racheter le Collége naissant de Nicolet des embarras où il se trouvait, après la
mort de Mgr. Denaut son prédécesseur, et qui avait coopéré par ses conseils et avis. et par ses encouragements à la fondà-
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tion du Collége de St, Hyacinthe dont il fit lui-même le
remier réglement, sentant le bescin d'offrir à la jeunesse M'autiés moyens d'instruction, conçut le plan d'établir un Collège dans le faubourg de St. Roch de Québec.
Dès l'année 1795, Mgr. Plessis avait fondé une bonne école dans cette partie importante de la ville de Québec, et il crut devoir ajouter un second bienfait à cette localité, en y établissant un collége où les jeunes gens doués de talents pourraient à peu de frais commencer un cours d'études qu'ils iraient terminer soit au Collége de Québec,.soit à celui de Nicolet.
En conséquence de cette résolution, des classes furent ouvertes an mois d'Octobre 1818, dans le vaste presbytère adjaçent à l’église de cette nouvelle paroisse, bâtie en cette mème année en remplacement de celle qui avait été construite en 1811, mais qu'une incendie avait malRénneusarent MU en 1816. Des ecclésiastiques placés sous la direction immédiate de MM. les Chapelains de cette église, furent employés comme régents, et bientôt l'institution entra en pleine opération.
Comme pour le Collége de St. Hyacinthe, Mgr. Plessis avait tracé lui-mème le cours d'études à suivre dans le Collége de St. Roch et en suivait de près l'exécution.
Ce cours était de nature à abréger le cours ordinaire des études classiques et ne pouvait guères convenir qu’à un petit nombre de jeunes gens doués de talents supérieurs et faciles à développer, comme en attendait Mgr. Plessis. Ge fait, et le défaut de moyens suffisants militant contre cette mdison d'éducation furent cause qu’elle n'eut que dix à douze ans de durée, dont à peine quatre après le décès de son illustre fondateur et père.
Située au milieu d’une population laborieuse et encore peu nombreuse dans le voisinage immédiat du Séminaire de Québec, cette nouvelle institution ne pouvait dès lors rivaliser avec ses devancières et se flatter d'une permanence prospère.
Cependant, le Collége de $t. Roch fut en réputation, et fournit bon nombre d'élèves qui terminèrent leurs études dans d’autres maisons d'éducation et honorèrent ainsi le petit collége où ils avaient recu les premières leçons dans les leitres et dans les sciences.” M. l'abbé Thos. Benj. Pelletier est un des plus marquants parmi les élèves de ce collége.
MM. H. Hudon, Jos. Aubry et C. F. Baillargeon, furent suc. cessivement Directeurs Qu Collége de St. Roch. (Voir le Foyer Canadien.) °
Mgr. Plessis était un ami zélé de l'éducation, surtout de celle qui pouvait le plus contribuer à préparer des sujets dignes pour le Sacerdoce. C'est spécialement pour cette fin qu'il favorisait, dans les paroisses, l'établissement d'écoles latines qu’il se proposait d'élever au rang de Collége, comme il fit à Nicolet, en continuant l’œuvre de M. Brassard et de Mgr. Denaut, son prédécesseur.
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A l'Assomption, Mgr. Plessis, fit des tentatives dans le même but. M. T. Bédard, décédé chapelain de l'Hôpital-Général de Québec, a fait des classes dans cette paroisse.
En 1825 et 26, M. l'abbé Ene. Chartier y tint aussi une très bonne école de grammaire et de chant Grégorien, lorsqu'il n'était encore que dans les ordres mineurs. M. l'abbé O. Grady, décédé, curé de Ste. Catherine de Fossambault, diocèse de Québec, succéda à M. l'abbé Chartier pendant deux ans, tout en étudiant le latin avec, M. le curé de la paroisse, M. Rémi Gaulin, décédé, évèque de Kingston, C. W. Après M. O'Grady, vint M. John Lewis qui tit une école de grammaire anglaise ot française jusqu'à l'existence du Collége de l’Assomption où elle fut transportée et continuée avec certains changements, et certains ajoutés faits au cours d'instruction, de manière à constituer le cours pratique qu'on y fait suivre aujourd'hui aux élèves du cours commercial.
A St. Pierre Rivière du Sud, diocèse de Québec, Mgr. Plessis envoya présider une nombreuse école par un M. Davignon, ex-sacristin de l’église des Jésuites à Québec. Mgr. Plessis, pour donner à cet instituteur un caractère sacré et plus d'autorité, lui fit prendre l'habit ecclésiastique, et Ini donna la tonsure et les'ordres mineurs. M. Joseph Bélanger décédé, à St. Joseph de la Beauce, l'y accompagna et partagea avec lui, pendant plusieurs années consécutives, l’enseignement donné dans cette école. D'autres ecclésiastiqnes allèrent, tour à tour, prendre la direction de cet établissement où bon nombre de sujets bien doués commencèrent un cours de latin qu'ils allèrent terminer au petit séminaire de Quéhec. NN.SS. les deux évèques Blanchet et Mgr. Baillargeon ainsi que l’'Hon. Lieutenant-Gouverneur Caron et M. Faucher décédé en 1865 curé de Lotbinière, étaient de ce nombre. Cette école était placée sous la surveillance immédiate de M. Michel Pâquet, curé de la paroisse.
On à, dans plusieurs paroisses, essayé d'organiser Ges écoles de cette espèce, à l'instar de celles que favorisait Mgr. Plessis ; mais, faute de moyens et de sujets convenables pour les diriger, elles se sont toutes fermées successivement. M. Frs. Pigeon, curé de St. Philippe, où il est décédé en 1838 y fit tenir une école de paroisse sur un fort bon pied.
D'ailleurs, tous les évêques ont eu la même sollicitude pour l'instruction et l'éducation de la jeunesse, et ont favorisé l'établissement non-seulement de colléges classiques, mais encore celui d'écoles latines et autres dans les paroisses.
M. Pierre Herman Dosquet, autre évèque de Québec, ayant titre d'assistant au trône pontifical, publia un mandement en 1735, pour encourager le clergé et les fidèles de son diocèse à établir des écoles dans les paroïsses, et ce ne fut pas sans succès,
Mgr. d. J. Lartigue, premier évèque de Montréal, établit en 1825 une école française au rez de-chaussée de son palais
épiscopal, et en 1827 une école anglaise pour les garcons, dans le bas de la sacristie de sa cathédrale. TI les mit sons la direction de M. Ignace Bourget, son secrétaire, aujourd'hui son successeur, |
En 1830, Mgr. Lartigue fit construire, de l'autre côté de son église, une maison d'école parallèle à son palais épiscopal. On y transporta les écoles de garçons qu'on âügmenta d'une troi sième, et on y établit une école de filles en 1831. Dès cette année, les écoles tenues dans cette bâtisse sous les auspices de Mgr. Lartigue comptaient 250 enfants.
Cette maison d'école étant devenue la proie des flammes en 1852, avec la cathédrale et le palais épiscopal qui l’avoisiuaient, elle fut reconstruite en 1858. En ce moment, l'on voit sur les ruines du palais épiscopal, une autre belle maison d'école pour aider à l'instruction des nombreux énfants du quartier St. Jacques.
L'établissément de Mgr. Lartigue qui à compris, en différents lemps; trois écoles pour les garçons dont l'une anglaise et une pour les filles, est passé en 1843 aux frères des écoles, chrétiennes et Iles sœurs de la Providence se sont chargées en 1747 de l'école de filles. Après la mort de Mgr. Lartigue, son successeur mit ces écoles sou: Ja direction de Messire A. Truteau, vicaire général êt chanoine de l'évèché de Montréal.
Commencée en 1825 avec 60 enfants, cétte institution en avait plus de 300 en 1845 et plus de 400 en 1852 (1)
Mgr. Bourget, 2nd évêque de Montréal qui a abandonné, par suite de l'incendie de 1852, le quartier St. Jacques pour se faire un nouvel établissement dans le voisinage immédiat de l'ancien cimetière catholique dans le faubourg de St. Antoine, n’a jamais cessé de Dre les écoles de son illustre prédécesseur, De plus, Mgr. Bourget a établi en 1862, près son nouvel évèché, une bonne école primaire où lesélèves suivent un cours pratique et religieux—sous l'habile direction .de M. l'abbé Emond Moreau, chapelain de lévèché. M. Moreau n'épargne rien pour le succès de cette école, modèle sous tous les rapports. Le cours est de trois ans, mais l'exiguité du logement empêche un grand nombre d'enfants de le suivre.
Mgr. l'archevêque Signaï, successeur médiat de Mgr. Plessis, avait aussi son école établie dans la Basse-Ville de Québec. Cet établissement qui lui coûtait plusieurs mille louis, était une autre preuve honorable du zèlé et de la sollicitude de NN.SS. les évèques pour l'instruction et l'éducation de la jeunesse,
Comme cet article est spécialément consacré à l'historique du collége de St. Roch de Duébec., et que Mgr. Plessis en est le fondateur, il semble que nous ne devons pas le elore sous une petite notice biographique de cet illustre évêque,
Mgr. Plessis, l'une des plus grandés figures qui aient paru
1) Voir l'annuaire de Ville-Marie.
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sur le siége épiscopal de Québec, est né à Montréal dans la petite rue St. Jacques, (1) le 3 mars 1762, Après avoir recu les rudiments de son éducation aux écoles primaires du Sémipaire de St. Sulpice de Montréal, il fut envoyé, par ses parents au petit Séminaire de Québec où il fit un cours d'études brillant. 11 fut ordonné prêtre le 11 mars 1786, sacré évêque de larinthe le 25 février 1801, succéda en 1806 à Mgr, Denaut, év de Québec, fut sommé, par le roi d'Angleterre au Coutl Législatif du Bas-Canada, en 1818, fut nommé Archevèque de Québec par Pie VII à la fin de la même année, et fut fait, pendant son séjour à Rome en 1820, Comte Romain et Assistant au trône pontifical par Pie VIT, Mgr. Plessis est le premier évêque de Québec qui ait eu des suffragants. Il mourut à Québec le quatre de Décembre 1825, à l’âge de près de.63 ans. (2) Suivant sa demande, son cœur fut déposé dans l'une des chapelles de l’église de St. Roch, l’une de ses fondations qu'il semblaitaffectionner le plus. Voir le Foyer Canadien.