‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 43 sur 116 · HA M.A.I · texte numérisé non relu

HA M.A.I

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bientôt à se connaître parfaitement ct à s'aimer réciproquement comme autant de frères. Aussi paraissaient.ils avoir été choisis pour l'être. D'ailleufñs, dans cet état de choses favorable, la discipline était simple et douce, et la surveillance facile. Tout tendait à leur rendre l'étude et Ja vertu aimables, et leur position agréable, et jamais, depuis, ces heureuses inpressions premières et les habitudes primitives qu'ils con. tractèrent si aisément ensemble ne se sont ralenties. Une amitié naïve et franche s'étant formée alors entr’eux, elle s’est transmise de même chaque année, innocente et pure, de l’un à l’autre, et elle constitue aujourd’hui une vertu caractéristique des élèves du collége de l’Assomption. La fraternité la plus affectueuse règne dans toutes les relations entre eux, et so fait sentir agréablement dans toutes celles qu'ils ént avec les autres membres de la société. :

Outre les contributions et les travaux ardus et, incessants, faits pour conduire l’entreprise et l’'amener à Sonne fin,.les trois fondateurs du collége de lAssomption furent obligés de soumettre leurs propriétés personnelles à une hypothèque, pour faire l'emprunt d’une somme au’ moins égale à celle promise par la législature, à la condition qne la bâtisse fût terminée ! De sorte que leur responsabilité était en proportion des risques de l'insuccès qui pouvait accompagner lentreprise, et de l'effet des accidents imprévus qui pouvaient la ruiner. L'opposition locale qu'elle rencontrait de la part de quelques citoyens marquants, ayant fait sentir son influence jusque dans lenceinte du parlement, je né pus que diffeilenent obtenir, à ces conditions onéreuses, cette pitance avec le titre de collége qu'on me refusait d'abord. Les uns ne croyaient pas à la possibilité du succès d’une semblable institution, d'autres en redoutaient l’effet comme devant, suivant eux, nuire à la prospérité de leurs familles respectives et mettre les enfants du peuple au niveau des autres enfants. Le fait est que, comme nous l'avons déjà dit on ne voulait en faire qu'une ecole modèle, et que la plupart des gens bien disposés ne con. iribuait à sa fondation que dans cet espoir. Tout semblait contribuer d'ailleurs à limiter à ce rôle cette fondation pro jetée ; Mais cette institution ayant fait ample preuve de son utilité, la législafure est venue plus tard en aide, de manière à nous convaincre qu'elle sait en apprécter le mérite et l'importance.

En vitot, le Collége de l'Assomption à déjà donné au clergé nrès de 159 bprètres et aux professions savantes un bien plus -rand nombre de membres très recommandabhles sons tous les rapports (1)

(1) M. F, Dorval, curé de l’Assomption, M. A. Dupuis, ancien Directeur, M. À, Damien Laporte, ancien Directeur, T, Gaudet, Directeur, N. Barret,

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En 184%, M. Frs. Labele vint encore en aide, et d'une manière bien généreuse au collôge de l'Assomption, en faisant, conjointement avec ses deux vénérables frères, prètres, don d'une somme de £500 qui, ajoutée à une somme de £1,299, léguée par feu le vénérable, Messire Jos. Jérôme Raizenneé, curé de St. Roch de l'Achigag, et par Dile, Marie, Anne Turgeon, permit à la corporation de faire des améliorations importantes à cette institution, ct, comme nous venons de le voir, l'achat d'une belle terre avoisinant, sur laquelle les élèves sont exercés à l’agriculture et à l'horticulture pratique, suivant les principes de l’art. Cette terre, dont lé produit servira au soutien de l'établissement, est destinée à être, en même temps, une ferme modèle que les cultivateurs des environs pourrontimiter avecavantage. Elle sert aujourd'hui formellement à l’école d'agriculture y établie, depuis peu. En reconnaissance de ce don fait par M. Raizenne, cette belle ferme devrait être appelée : ‘ ferme-Raizenne.” (|)

C'est le 8 juillet 1865, lors de la distribution des prix aux élèves de cette institution, que Mgr. l'évêque de Montréal fit remettre publiquement aux MM. Labelle une médaille d'argent qu'il avait obtenue, pour eux, du Souverain Pontife, Pie IX.

Le Collége de l'Assomption, fondé en 1832 et incorporé avec les autres colléges classiques du Bas-Canada, par un acte général passé en 1836, le fut spécialement par un acte particulier de la Législature provinciale passé en 1841. En vertu de cet acte, amendé en 1856, les quatre fondateurs sont constitués membres à vie de la corporation et doivent être remplacés par élection faite par les autres membres de {a corporation qui se compose, en outre, de Mgr. l'évêque diocésain ou du grand vicaire qu'il lui plaira de substituer à sa place, du curé de la paroisse, du directeur, des prêtres professeurs, et

du plus ancien ecclésiastique résidant dans le collége, eæ-oficiv.

Le Collége de l’'Assomption compte ordinairement de 150 à

Supérieur auquel a succédé M. Fr, Dorval, Messieurs George Laporte, C. Caisse, Augustin Provost et tous les autres professeurs du Collége de l'Assomption, sont, depuis plusieurs années, des élèves de cette institution. Mgr, l'évèque de Montréal l’a ordonné ainsi, et, en ce faisant, Sa Grandeur a sans doute voulu prouver combien elle a critiance dans la solidité du cours d'etudes que l'on fait au Collége de l'Assormption, et dans les talents et l’habileté des sujets qui y sont formés. .

Messire Michel Gharon, curé de la paroisse appelée Grand St. Esprit, fut le professeur de la doter classe dont M. Caisse, curé de la paroisse nommée l'Epiphanie, M. F. Dorval, curé de l'Assomption, et M. Damase Dorval, avocat et inspecteur d'école, faisaient partie,

(1) Messire Raizenne, archiprètre, est décédé à St. Roch. le 14 mai 184°,.

à l’âge de 74 ans, ct Dile. Turgeon, sa ménagère, le 26 avril 1856, à l'âge de 86 ans. Elle était usufruitière d'une partie des biens légués par M. Raizenne awscollége de l’Assomption, toutefois, à la charge perpétuelle d's instruire trois jeunes gens pris, préférablement, l’un dans la famille de M. Raizenne, et les deux autres, dans la paroisse de St. Roch d'Achigan.

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180 élèves, confiés aux soins de 15 professeurs qui se divisent:la tâche de l'instruction qui comprend deux cours séparés, savoir : un cours classique et un: cours préparatoire où l'on enseigne toutes les branches d'instruction pratique. L'anglais et le français Ÿÿ sont enseignés systématiquement et avec soin, ainsi qne l’art épistolaire, la géographie et latenuce des livres, et toutes les autres sciences pratiques qui ont une application immédiate et constante dans le cours de la vie active.

Une bibliothèque composée de plus de, 2,000 volumes: est attachée à cette institution, pour l'usage des élèves et des professeurs. ,.'

On voit encore, au Collége de lAssomption, un bon commencement de cabinet d'histoire naturelle dont les échantil lons, en ce moment, se composent principalement de ceux ayant trait à la zoologie, à la minéralogie et à l'ornithologie.

Comme nous l'avons déjà vu, les élèves du Collége de l'Assomption sont soumis à un plan de pension qui, après avoir été essayé ailleurs par imitation, r'éste encore presqu: uuique dans le Bas-Canada ; c’est celui de pensionner au dehors; tout en demeurant ‘tous le temps dans le Collége, sous la surveil: lance immédiate des maîtres, moins celui qui est nécessaire aux élèves, pour aller, trois fois par jour, prendre leur repas dans des maisons particulières. Ces maisons sont indiquées aux parents, pour cette fin, par les directeurs du Collége.

, Une demi-heure est allouée aux élèves pour chaque repas, sur laquelle ils doivent prendre le temps d'aller et reveuir ; le tout, d'après un règlement strict dont la cloche sert d'or. gane à l'extérieur. Elle sonne 5 minutes avant l'heure allouée pour chaque repas, pour avertir les maisons de pension, et à minutes avant qu'elle ne soit expirée, pour avertir les élèves de leur-retour au Collége. Toutes autres choses étant égales, les maisons de pension indiquées aux parents sont celles dont la distance à parcourir ne demande pas plus de 5 minutes aux élèves, soit pour aller ou pour revenir.

Ce plan donne beaucoup de facilité et de satisfaction aux parents et aux élèves, et aucun désagrément à l'institution qui y trouve même des avantages qui ne se réalisent pas ailleurs, au même degré. Les parents qui paient la pension de leurs. enfants assez généralement en produits, fournis au prix courant, trouvent un grand avantage dans cette facilité qui leur épargne le temps qu'il faudrait prendre pour convertir ces produits en argent, et kes. élèves, étant généralement nourris 4e ces mêmes produits, qu'on à soin de leur préparer, : autant que possible, suivant la coutume domestique, n'éprouvent aucun changement notable dans leurs habitudes diététiques ordinaires,

l'est universellement connu que, comme les goûts, les mets et la manière de les préparer sont choses relatives. Or, ceux dont font usage les élèves du Collége de l'Assomption, dans leurs peusions respectives, étant préparés selon 11 coutume

suivie chez leurs parents et suivant leur goût particulier, sont pour eux les meilleurs. D'où il résulte, chez eux, un contentemeut et une satisfaction, physique et morale, qu'on ne peut guère obtenir au mème degré, dans les grands pensionnats.

Puis, qu'on joigne à cet avantage, déjà d'un prix inestimable, celui qui résulte nécessairement an courses que font, trois fois par jour, et ce, beau temps mauvais temps, les élèves du Collége de l’Assomption, exercice que par le mouvement qu'ils se donnent et le grand air qu'ils prennent, met en eux toute l'économie animale en action, et tend à la fortifier, on aura une idée du bon résultat du plan de pension suivi au Collège de l'Assomption. Par suite de ce plan, les élèves, forts et robustes, contents et satisfaits, sont toujours bien disposés, et partant bien plus en état de vaquer avec suceès à l’accomplissement de leurs devoirs respectifs de toutes espèces qu'ils ne le seraient autrement.

Il me reste à ajouter que des précautions sont prises de manière à assurer la surveillance des directeurs du Collège de l’Assomption sur les élèves..jusque dans leurs maisons de pension où ceux-ci ne résident, tout au pas que 20 minutes par repas, et d'où ils ne peuvent aller nulle part ailleurs, sans une permission expresse à cet effet.

Hi va, dans le Collège, un pensionnat pour Iles directeurs et les professeurs seulement.

Comme nous l’avons déjà vu. ce pensionnat n'y fut établi que quelques années après la fin du premier cours classique. Aujourd’hui, et depuis seulement l’année 1872, on admét, à ce pensionnat, quelques élèves dont les parents résidant dans les Etats-Unis trouvent plus commode pour pourvoir aïnsi leurs enfants. Les parents de 18 élèves sculement se sônit prévalus de cette exception faite en leur faveur. Ils sont nourris au Collége, à la table des maîtres, et de la même manière.

La bâtisse primitive du collége de lAssomption a été plus que doublée par l'addition de deux ailes auquelles les directeurs ont fait ajouter une grande et élégante chapelle, style moderne, avec jubé ét vitrage colorié. Cette belle chapelle, en faisant à l'extérieur un ornement agréable qui donne un grand relief à l'établissement, procure à l’intérieur un lieu spacieux et commode pour les exercices religieux des profes seurs et des élèves, Elle a été bénite le 29 avril 1854, par M. Félix Vézina, l'un des prètres agrégés au collége de l'Assomption. Sous d'autres rapports, M. Vézina a rendu de grands services au collége de l'Assomption, Il a tenu, pendant plusieurs années consécutives, l'école commerciale que j'avais inaugurée dans le collége, et il l'a tenue avec d'autant plus de succès qu'il avait pris plus de part active dans le commerce avant d'entrer dans l'état ecclésiastique. M. Vézina a occupé,

pendant des années, la place d’éconôme au collége l'Assomp-

tion, et, pendant les dernières années de sa vie, il tächait encore de se rendre «utile au collége, en prenant soin du musée, (Voir, dans l'appendice, No. 30, 38, 45, 16.

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Les prètres élèves de cette institution ont généreusement fait don, pour cette chapelle, d'un riche autel en marbre d'Italie de diverses couleurs où Ie jaune pâle domine.

La consécration de cet autel eut lieu splennellement le 19 janvier 1865, en présence d’un grand concours de membres dur clergé, presque tous élèves du collége de l’Assomption, et de peuple .accourus aveé empressement pour être témoins de cette imposante cérémonie. Il ÿ avait près de 100 prêtres présents, outre MM. les ecclésiastiques, régents dans l’établissement. Jamais auparavant semblable concours s'était vu à PAssomption, et: jamais, non plus, le souvenir de cette belle fête, à la fois religieuse et littéraire, ne s’effacera de l4 mémoire des heureux assistants. Mgr. l’évêque de Montréal étant à Rome, c'est Mgr Farrell, décédé depuis, évêque d'Hamilton, H. C,. qui, aidé de plusieurs éièves du collége de l'Assomption, d’un professeur du. collége de Ste. Thérèse et d'un:chanoïne du chapitre de Montréal, voulut bien faire la consécration de ce magnifique monument @e La piété et de la réconnaissance de ses généreux donateurs.

M. Adolphe Dupuis curé de Ste, Anne de la Pérade, faisait diacre, M. Fhéberge, curé de St. Augustin, faisait sous-diacre. et M. Edmond Moreau, chapelain de l'évêché de Montréal, agissait comme maître de cérémonie, à la messe solennelle, qui fut chantée après la consécration de cet autel.

‘M. Bédard, autre élève du collége de l’Assomption, et curé de lEpiphanie, conduisait habilement le chant dans la éhapelle et à la représentation dramatique qui eut lieu, l'après-midi, dans la vaste salle d'étude du collége.

Ayant eu le bonheur d'assister à cette auguste cérémonie et à cette intéressante réprésentation et ayant été prié d'adresser quelques paroles à la foule, j'eus occasion de ftire observer que ce don n’a pas qu’une valeur intrinsèque et matérielle qui dérive de la nature de la substance, ou des modifications que lui & fait subir Le génie qui Pa travaillée, mais qu'elle a une autre valeur, une valeur relative, plus précieuse encore qui découle du caractère sacré des donateurs et de la position sociale distinguée qu'ils occupent dans le clergé et dans le monde, et qu'en voulant témoigner ainsi Feur attachement et leur reconnaissance à Pinstitution qui les a formés dans les sciences et à ka pratique dela vertu, ils avaient sans doute en en vue la plus grande Gloire de Dieu. C’est là la valeur essentielle de ce précieux don. El leur fait bien honneur.

M: d. Bte. Labelle, curé de Repentigny et l’un des bienfaiteurs du collége de FAssomption fit, pour la circonstance un éloquent discours awil adressa spéc.alement aux prètres et aux élèves actuels présents à la cérémonie. Ce discours fut très apprécié par tout l'auditoire, aussi éclairé que nombre ax. On y Age ur entre beaucoup d’autres, parmi ies memes du clergé, M. Pepin, curé de Boucherville, MM. Archambault et Tranchemontagne du Sérainaire de St. Sulpice de Montréal,

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M. Plamondon, chanoine et M. Edmond Moreau de l'évèché de Montréal, M. Chariebois, du collége de Ste. Thérèse, M. Graton, curé de Terrebonne et supérieur du collége Masson, le R.'P. Beaudry, directeur du collége Jobette, le R. P. Léon Lévesque, professeur de philosophie, M. Porlier, curé de la Pointe-aux- Tremble, M. End. Labelle, ancien préfet dan collége de l'Assomption, M. J, B. Bupuy, curé de St Antoine, ancien directeur, M. Alfrèd Dupuis, curé de Ste. Elizabeth et aussi ancien directeur, ML. N. Brassard, curé de St: Roch, M. L. N. A. Archambault, curé de St. Hugues, M. Loranger, curé de Lanoraie, M. Jos. Huot, curé de St. Paul l'Ermite, M. Malo, missionnaire de l'Orégon, M. P. Poulin, curé de Ste. Philomène, deux MM. Morin dont l'un curé de St. Tuc et l'autre curé de St. Jacques lemineur.

M. Féréol Dorval, élève du collége et digne curé de l'Assomplion, voulut faire, seul, en.cette belle occasion, un don spécial bien approprié. Ilfit orner ce magnifique autel d'une garniture de chandeliers en vermeil d'un grand prix. Le nom du généreux donateur ne fut connu que quelques jours après la cérémonie, tant sa modestie avait été ingénieuse pour le cacher et le soustraire à l'expression de la reccanaïissance.

L'après midi de cette belle journée fut agréablement consacré à l'audition de plusieurs excellents discours ‘dont la plus srande partie était dévouée à l'expression de la reconnaissance aux fondateurs, aux bienfaiteurs, mais surtout aux donateurs

de ce riche autel, unique de son espèce dans le pays. : ve

Le discours de M. le supérieur N: Barret couronna solennellement tous les autres dans un style soutenu et élevé, comme tout ce qui sort de sa plume. est aujourd'hui curé de la paroisse de St. Luce, Côteau des hêtres.

La plas grande partie du temps fut heureusement employée à la représentation des ‘ Anciens Canadiens ” de M. Philippe A. de Gaspé de Québec, ancien seigneur de St, Jean Port Joly. Cet ouvrage, essentiellement canadien, et écrit dans un style élégant, a été converti en drame, pour l'usage du collége de L'Assomption, par M. G. Caisse, un de ses anciens élèves.

C'est M. Chevigny, autre ancien élève de cetic institution, et curé de la paroisse de Contrecœur, qui émit le premier l'heurense idée de donner une forme dramatique à l'œuvre de M. de Gaspé, et M. Camille Caisse, alors sous-diacre et professenr de belles-lettres, voulut bien se charger de ce travail. La manière habile avee laquelle ce jeune littérateur s'est acquitté de cette tâche difficile et délicate prouve bien qu'il n'était pas téméraire. Les changements qu'il à fait subir à l'ouvrage primitif ajoutent beaucoup au mérite qu'il avait déjà, et, sous cetté nouvelle et gracieuse forme, la littérature canadienne peut s’en énorgueillir à bon droit. Elle y trouvera un aliment naturel, sain et profitable, et notre studieuse Jeunesse un attrait puissant, un moyen d’'amusement utile et agréable. Les faits, les auteurs et leurs principes,

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et l'esprit qui les à animés pendant l'exécution sont tous canadiens.

Ce drame comprend trois actes, et les élèves actuels chargés de le dérouler aux yeux des nombreux assistants, en oïft très

bien fait ressortir le mérite et l'äpropos. En effet,. ainsi.

modifié et amélioré, ce travail, appuyé sur un fond 'puisé dans l’histoire de nos valeureux ancêtres pendant une guerre de sept ans, est une production hitéraire fort recommandable. Elle est éminemment patriotique et religieuse. On y voit avec plaisir leurs mœurs, simples et douces dans le pommerce ordinaire de la vie, autant que chevaleresques et viriles dans les combats, habilement représentées, et leur charité et loyauté caractéristiques, si héroïquement dévouées à la cause dela Religion, de la Patrie et de l'humanité, triompher heureusement de tous les obstacles.

Ce drame remarquable, surtout par la vérilé et la moralité des faits y relatés, est un: touchant triomphe de la charité et de la reconnaissance, ces deux vertus du cœur, sur toutes les passions humaines. Avant été expliqué au préalable de la représentation, il fut très bien compris pendant le dénouement qui, parfaitement amené, fut vivement applaudi. Pendant plus ELA trois heures. ii tint les yeux de l'auditoire fixément attachés au théâtre où il avait lieu. Tous les personnages y furent habilement représentés par des élèves du collége, L'un d'eux était le galant Capitaine Chs. À. Guilbault, (1) qui, pour la troisième fois depuis son cours d'études classique, a bien voulu s'associer aux joies innocentes et douces de ses anciens compagnons de Collége. Cette disposition à se rapprocher ainsi de la vie de collége, en prenant part aux amusements naïfs et simples de ceux qui y sont encore engagés, est extrêmement louable. Elle est propre à entretenir le goût de l'étude et de la vertu, et à conserver l'innocence. Élle fait preuve d'une qualité de cœur fort appréciable qu'il serait désirable de voir dominer longtemps dans le monde parmi nos

jeunes gens occupés à s'initier aux affaires.

C’est ainsi que les élèves du Collëge de L'Assomption, toujours heureux, toujours empressés de se rencontrer comme autant d'amis et de fréres, se font un plaisir après leur sortie de contribuer au chant, à la inmusique, et même aux représentations dramatiques qui ont lieu en certains jours de fète de cette florissante institution, Les fêtes de leur almamater sont les leurs, et tout ce qui est mis à contribution pour les solenniser convenablement, est leur œuvre par leur bién veillante coopération, ou, au moins, par leur sincère sympa thie. Ces réunions sont pour eux des fêtes de famille, et celle du 19 Janvier 1865 était une véritable fête de cœur où se rencontrait les mêmes pensées d'affertion et d'espoir, La reconnaissance en était le mobile, el tous les procédés en étaient l'expression vive et profonde. L'on peut même dire

Li Le mème quiaété zouave depuis, et qui est attaché au bureau des (erres.

qu'elle fut ingénieuse autant qu'habile et heureuse daus l'usage des moyens propres à la manifester spécialement à tous ét chacun des fondateurs et bienfaiteurs de l'institution, sans exception et sans équivoque aucune.

Mgr. Farell, évèque d'Hamilton, décédé depuis, félicita, dans une heureuse improvisation, les élèves du collége de ces louablés dispositions, et les encouragea fortement à les suivre toujours, ainsi que les sages conseils de leurs zélés directeurs.

epuis que ce qui précede est écrit touchant cette belle cérémoônie, on a eu la bonne idée de publier en pamphlet, un compte rendu de tout ce qui s'y est passé, y compris toute la correspondance qui à eu lieu et tous Les discours qui ont été prononcés à ce sujet. Ce document précieux est un épisode Rltorique qui passera honorablément à l'appréciation de la postérité

A la distribution suivante des prix aux élèves du Collège de L'Assomption en Juillet de la même année, on répéta, avec un égal succès, ce drame en présence de l’auteur des ‘ anciens canadiens ” et d'un concours plus nombreux qu'à l'ordinaire de personges distinguées accourues pour en être témoins. L'intérêt que leur rencontre fit naître, donna à M. Maximilien Bibaud, doyen de l'école de Droit au Collége de Ste. Marie à Montréal, l'idée de faire frapper un riche médaillon pour en perpétuer la mémoire,

La présentation de ce médaillon eut lieu solennellement an Collége de L'Assomption, le 1@ Octobre de la même année 1865, eu présence de toute là communauté et de nombre de personnes marquantes invitées à la fête.

M. l'abbé Jos. Huot, curé de St Paul l'Ermite, M N. Barret, supérieur du collége, et M. Augustin Provost, élève de philo. sophie, y prononcèrent d'excellents discours, où l'esprit de droiture et de justice prédomine honorablement tout l'ensemble. Ces discours, d'un style sérieux et grave, sont également imprimés et répandus dans le public lettré où ils font une impression très favorable.

Une autre fête, improvisée, ayant eu lieu au collége de L'Assomption, le 23 mai 1866, M. Augustin Provost eut occasion de prononcer un autre discours où la délicatesse du sentiment l'emporte sur lélégance du style, (1) C'était une affaire de cœur, tant de sa part que de celle de ses aimables et chers condisciples. En effet, l'aspect imposant qu'offrait alors la communauté, montrait bien qu'ils étaient tous sous l'influence du même sentiment et en proie aux mêmes émo-

tions. Or, une plume expérimentée et habile l'a dit: Ce que le cœuréprouve appartient plus au sentimentqu'à l'expression.”

Ces discours où le sentiment, gracieusement exprimé, domine partout la pensée, contenant des considérations particulièrement obligeantes à mon adresse, la reconnaissance me fait ici un devoir de témoigner à leurs bienveillants auteurs combien j'en suis pénétré.

(tj Voir dans l'appendice note No, 31.

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Le sentiment! Oh! C'est bien là ce quil y à de mieux à offrir à au septuagénaire, car, à cet âge de rapide décadence, il ne reste ordinairement guère plus à l'homme affaibli que cette faculté première, souvent inculte, grossière et vulgaire, mais toujours vivace et active, Ausssi est-elle, chez moi au moins, vive et profonde. Or, c'est ainsi qu'est ma reconnaissince et j'ajoute qu'elle sera éternelle !

Il est des sentiments qui portent à l’'éloguence, et aucun ne le fait mieux que celui de la reconnaissance ; le fait suivant le prouve amplement.

e 26 du mois de juin dernier, (1873) MM. les Directeurs du collége de l'Assomption faisaient à l'occasion de l’inauguration d'un orgue dans la chapelle de cette institution, une autre belle fête de famille à ses anciens élèves, et plusieurs d'entr’eux donnérent cours à l'expression des sentiments de la plus franche amitié, en s'excitant simultanément à toute la reconnaissance qu'ils doivent aux fondateurs de cette maison d'éducation. Cest ainsi que, comme condiciples et amis, ils prononcèrent des discours admirables d'éloquence et d'encouragement réciproque à la pratique de cette vertu. Ceux des orateurs qui se sont distingués davantage, dans cette occasion solennelle, et auxquels je suis personnellement redevable des choses flatteuses dont ils ont bien voulu m'honorer, particulièrement MM. Archambault, curé de St: Barthélemi et M. F. Dorval, curé de l’Assomption et supérieur du collége. , Je leur suis d'autant plus redevable de cette expression d'estime et de reconnaissance que j'étais plus ivé du bonheur que j'aurais eu de pouvoir être personnelement au milieu d'eux, mais j'y étais par la pensée. J'ai pu de cette manière, partager leurs joies Innocentes et légitimes.

Comme nous l'avons déjà vu, les bâtisses du collége de L'Assomption, érigées sur uu terrain élevé sis en dehors du beau village qu’elles dominent de toutes leur hauteur, sont entourées d’une avenue spacieuse, et toute couverte d'arbres forestiers, plantés, pour la plupart, avec l’aide empressée des Elèves en 1838, de la main de celui qui trace ces lignes. Cette avenue, pittoresque et salubre, forme un superbe bocage où les élèves et les maîtres, réuuis pendant les heures de récréation en été, prennent agréablement ensemble l'air et les frais.

Pendant plusieurs années après les premières, outre l'exercice régulier qu'exige des élèves du collége de L'Assomption le plan qui y est en usage pour eux, et Ta part active qu'ils prirent aux travaux de la terrasse de cet établissement, ils eurent encore celui d’une école militaire volontaire où la manœuvre et les évolutions des armes, sous la direction d’un ancien officier de l'armée de Napoléon ler, étaient pour eux aussi instructives et utiles qu'amusantes et agréables. Cet exercice fascinateur et imposant, si propre à bien former Île corps du jeune homme, à lui donner de la vigueur et des grâces, avait lieu tous les jours de congé propice, et engore souvent pendant les heures de recréation, soit sur le terrain

du collège où dans les rues, à travers lesquelles il leyr faisait l'aire de longues marches l'arme au bras et musique en tête.

L'habile instructeur savait inspirer à ses élèves le goût militaire en leur donnant la connaissance et lé talent des armes, Sous sa direction pratique et expérimentée, la vive imagination des élèves miliciens était agréablement distraite de l'occupation intellectuelle et sérieuse par le bruit des armes et le son du tambour, et, comme aujourd'hui dans la plupart de nos autres institutions classiques, leur jeune cœur s'enflammait aisément dès lors, de cette ardeur chevaleresque et noble qui caractérise si honorablement l’origine francaise.

Sous le rapport des avantages physiques, cet exercice du genre athlétique, en servant de distraction aux élèves de callége, dans les temps où ils en ont besoin, est bien propre à remplacer les meilleures gymnastiques ; utilisé et bien réglé, il en procure {ous les avantages sans offrir les mêmes dangers. J'ôse même dire que ce noble exercice est bien préférable à la gymnastique, puisque en renforçant le jeune homme, il le lorme, et jusqu'à l'élégance. Il y à plus, le militaire étant un art, le jeune homme, par l'exercice volontaire, l'apprend en jouant, et c’est ainsi qu'il se met agréablement au fait d’un moyen honorable de protection et de juste défense dont l'usage légal pourrait être requis, dans le cas où la patrie serait menacée ou attaquée dans ses droits. Nous avons des exemples de lexercice du droit des armes dans la part que de. jeunes élèves classiques ont courageusement prise‘dans la défense du pays attaqué par les anglais ennemis de la France.

Je suis persuadé que les anciens élèves du collége de l’Assomption se rappellent avec plaisir le nom du: jovial capitaine Jaumennes, qui, militairement an moins, mérite leur souvenir et leur reconnaissance.

Pour moi, si je n'avais la mémoire duitemps heureux où, au milieu d’une jeunesse active et studieuse, je jouissais par anticipation, du bonheur de la voir nn jour contribuer honorablement au bien de la patrie et de la religion, j'aurais encore un puissant motif de me rappeler les belles dispositions et les bons services de M.Jaumennes ; car, c’est à ma demande spéciale qu'il voulut bien se charger en sus de ses devoirs de professeur de classe, de la tâche difficile de former encore cette jeunesse au maniement des armes et au régime militaire, (1) D'ailleurs, je tiens de lui copie d'une obligeante

(i} “M, le Dr. Meilleur, voulant utiliser les connaissances militaires de M. Jaumennes au profit de la santé et de l'éducation des écoliers, Ini conseilla d'établir des exercices réguliers, Le Docteur, en conséquence, ordonna à M. Martel,.la fabrication de fusils de forme et de poids convenables à la force et à la mine du manœuvre......On réussit à exécuter fort bien toutes les évolutions ordinaires,

Il est bon d'ajouter que ces fusils, faits tous de bois d'érable, étaient fabriqués pour un prix convenu, payé par les parents des élèves, (Voir les annales du coliége de l'Assomption, page 40.

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il pièce de vers dans laquelle il me félicite d'avoir été nommé e. surintendant de l'instruction publique pour le Bas-Canada ; \L cav, le vaillant capitaine Jaumennes, d'origine belge, était es oëte aussi connu et favorisé à la fois de Mars et des Muses, ve il en recevait simultanément les généreuses inspirations et te

obéissait volontiers à leurs nobles impulsions. Les D'après une statistique récente dont je ne me

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la source, mais elle est authentique, le collége de l'Assomption ur compte 1600 élèves dont 138 prêtres, deux chanoines, un grand ue vicaire (1) un vicaire forain (2) 18 religieux, 56 avocats, 82 se, iotaires, 90 médecins, 6 arpenteurs, ? architectes, l'ingénieur, du { sculpteur, L'artiste, 15 membres du parlement, 22 journade listes, ! ministre politique, (3) un magistrat stipendiaire, M. re à Fontaine, et 12 zouaves. Ces subdivisions forment le nombre glé, total de 1600 élèves, sans compter, je pense, quelques ecclérs.

siastiques de la maison qui ne sont pas encore ordonnés prêtres. le à

Les Prètres dont suivent les noms ont été Directeurs du il le Collége de l'Assomption savoir : tant MM. Etienne Normandin, rend J, Bte. Dupuy,

fait A.'Dupuis, dont | ; George Laporte, va T. Gaudet, S 4 A « \ ‘roette 1 t que ïà FDP Supérieurs.

ns la pl sance. Pour plus ample information touchant le vollége de l'As e de somption, je crois devoir renvoyer le lecteur aux annales de jovial ‘ cette institution, par Arthur Dansereau, écr., avocat, qui est hérite entré dans de grands détails de faits dont, toutefois, il n’a pas encore terminé la narration. Ge travail, intéressant pour les

1x où, amis de l’histoire, l'est surtout pour les élèves de cette instiis par tution. L'affection qu'ils ont pour cette institution, l'intérêt hono- particulier qu lui portent, les disposeront sans doute à urais considérer l'habile auteur comme bien méritant, En effet, il itions mérite très certainement notre reconnaissance, et je suis mande

heureux de pouvoir la lui témoigner ici, particulièrement.

birs de Il serait à désirer que nos autres institutions d'éducation

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eussent: aussi leurs annales ainsi publiées et répandues dans le pays, ct même à l'étranger, Ge serait le moyen de faire voir, comme dans un tableau généalogique, les hommes qui omt pris part à l'instruction de notre jeunesse et les choses qui y ont trait, et de mettre les autres amis de l'éducation à mème de ;les comparer, de les étudier, et de ‘les utiliser dans le besoin, d’une manière juste et impartiale.

Après la distribution des prix, à la suite de la brillante séance qui eut lieu au Collége de l'Assomption le quatre de Juillet 1867, M. le Supérieur annonça que l4 corporation, à

(t LeR. P, Lacombe, Oblat, missionnaire dans l'ouest, {2) Révérend M. F, Dorval, supérieur, 3) L'Hon. S, Morin, solliciteur,

la demande pressante des sociétés d'agriculture du comté de l'Assomption et des comtés voisins, en était venu à la détermination d'ouvrir, lors de la réunion des classes, une école agricole, systématique et régulière.

L'organisation de cette école et l'encouragement libéral qui lui est offert nous autorisent à compter sur un bon succès sous la directiou éclairée de M. l'abbé F. X. Caisse, procureur de cette institution. Gette école sera dirigée, autant que possible, d'après 1e plan expérimenté du Gollége de Ste, Anne,

Or, ce plan, résultant des études consciencieuses et suiviés de l'habile M. l'Abbé Pilote, est partout connu et apprécié dans le Bas-Ganada, surtout dans la district de Québec où il 4 pris origine dans la forme où nous le voyons fonctionner d'une manière si satisfaisante, Nous devons done nous faire un devoir d'en encourager l'exécution, pleine et entière dans le district de Montréal, pour l'honneur du premier des arts utiles, et pour le bien de la société. (1)

Je ne puis clore cet article sans me donner de phusir de mettre humblement sous les veux de mes lecteurs l'adresse suivante qui, pour être naïve et franche n’est pas moins flatteuse pour moi et honorable pour ses aïmables signataires, J'en ai toujours conservé un heureux souvenir.

Pour les autres différentes adresses qui m'ont été présentées ayant un caractère officiel ou circonstanciel, on en trouve plusieurs copies fidèles düns l'appendice. [L'on trouvera, entr'autres, copies des adresses qui nrout été présentées au Collége par MM. les Dicteurs et séparément par les Elèves actuels de la maison.

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