‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 50 sur 116 · XXVIHI . LA LOI DES ECOLES PRIMAIRES · texte numérisé non relu

XXVIHI . LA LOI DES ECOLES PRIMAIRES

En 1841, la législature de la province unie passa une loi d'éducation pour l'établissement d'écoles primaires. C'est l'acte 4et 5 Vict., en vertu duquel lés écoles devaient être placées sous la direction générale d’un surintendant de l'éducation, et sous le contrôle immédiat du conseil municipal, créè, pour cette fin, bureau d'éducation, dans chaque distric! municipal.

Le maire ou le préfet du conseil municipal était de fait le président de ce bureau d'éducation, auquel les commissaires d'école, élus par les contribuables, étaient tenus de transmettre le rapport des écoles établies sous les auspices de la loi.

Cette loi, qui ne reconnaissait le principe électif qu'à l'égard des commissaires d'école, inaugurait dans le pays le principe de contribution coertitive ou forcée. Ce principe était confié, pour son application, aux mains du conseil municipal dont tous les offi:iers étaient, nommés par le gouvernement, et lui était directement responsable de sa double administration, municipale et scolaire, et de rendre compte de l'emploi de toutes les contributions destinées au soutien des écoles.

D’après cette loi, notre système d'instruction publique était virtuellement une institution politique. Les écoles établies sous son contrôle étaient sujettes à subir l'influence alternative des partis dominants qui se succédaient, et l'arbitraire du gouver nement. D'ailleurs. il est connu que Lord Sydenham, qui était l’instigateur et le conseil de cette disposition de la loi, en aurait volontiers fait l'instrument de son ostracisme et de son machiavélisme politique. Autorisé par la loi à le faire,

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sa volonté n'aurait pas manqué à l'accomplissement de son dessein qui n'était rien, moins que la ruine du catholicisme et de la race franco-canadienne.

D'ailleurs, l’un de ses successeurs médiats a fait preuve de mèmes sentiments à l'égard de cette race et de la croyance religieuse., Selon lui, c'est une * race inférieure” et sa foi est une abomination. (1) .

Pour une population composée d'environ deux tiers d'ori gine franco-canadienne, plus des deux tiers des “ Wardens,” (préfets) avaient été pris dans l’origine britannique, et l'on voyait M. Hammond Gowen représenter, pour les fins d'édu cation, le distriét municipal de Québec, et M. John Molson, celui de Montréal. Ces préfets étaient en partie des hommes qui avaient été membres du conseil spécial en 1838 et 1839, et qui avaient it en conseil la proposition d’unir les deux provinces du Canada en une seule. Leur nomination à cette charge était regardée comme la récompense de leur vote à cet effet, et une garantie de leur coopération pour faire fonc tionner les lois municipales et d'éducation suivant ses vues les vues de leur Lord Sydenham. (2) :.

Il ne fallut pas d’autres faits que ceux de cette nomination et de cette responsabilité directe au gouvernement pour occasionner un soulèvement général dans le pays, contre ce principe de contribution promulgué pr la loi, qui, sans cela, eüt été acceptable, et accepté, et eût rencontré un concours universel.

Cette loi fut passée Le 18 septembre 18#1, mais le surinten: dant n'ayant été nommé qu'en mai 1842, des démarches pour la faire fonctionner n’eurent lieu que dans le cours de Fste, et elles furent suivies de si peu de succès que l’on peut dire que la loi ne fonctionna nulle part régulièrement en 1842.

Cependant, les efforts des amis de l'éducation qui voulaient, à tout prix, faire fonctionner cette loi, et ceux des opposants qui voulaient l'empêcher de fonctionner, en établissant des écoles indépendantes, eurent le bon effet d'autoriser le surintendant à faire mettre sur pied un grand nombre d'écoles qui, plus tard, prirent un caractère légal. *

(1) Parmi les gouverneurs généraux du Bas-Canada, depuis la cession du pays à l’Angleterre, la reconnaissartce en signale huit qui furent bons .et bien disposés à l'égard des canadiens, savoir : Murray, Carleton, Prévost, Burton, Gosford, Bagot, Metcalfet Elgin. Six autres nous furent plus ow moins hostiles et défavorables, savoir : Haldimand, Craig, Dalbousie, Aylmer, Colborn et Svdenham.

(2) Liste des ‘: Wardens’”’ ou préfets de districts municipaux nommés par le gouvernement provincial en 1842 : {lammond Gowen, Québec ; John Nairne, Malbaie : Edr. Hale, (‘) Portneuf ; Ant. Polette, Trois-Rivières ; Wm. McGinnis, St Athanase ; Wm° W. Chaffers, St. Césaire ; J. F. Bradv, Drummondviile ; J. R. Lambly, Halifax , Horatio Pation, Poînte-Levis ; J.B. Taché, (‘) Kamouraska; Alexis Riva&rd, Rimouski ; P. E. Taché, St, Thomas; John LeBoutiller, Gaspé ; John Molson, (*) Montréal ; J. Baker, Missisquoi : d. Hale, (*) Sherbrooke ; d. E, Faribault, (‘) L'Assomption.

Les noms suivis d'un astérique indiquent ceux qui ont fait partie du conseil spécial en 183$.

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