‹ Mémorial de l'éducation du Bas-Canada [microforme]Chapitre 78 sur 116 · ÉCOLES NORMALES · texte numérisé non relu

ÉCOLES NORMALES

Nous voyons dans le troisième rapport du comité d'éducation de l'Assemblée Législative du Bas-Canada, en date du 25 Janvier 1836, les rentarques suivantés qui justifient à la fois le peuple canadien du retard apporté À linsbricitof publique et de l’insuccès de l'acte des écoles élémentaire passé en 1829, puis amendé en 1831 et 1832,+pour la répandre die généralement dans le pays. Mais, le but de ces remarques était moins de signaler ce fait que d'indiquer un remêde au mal constaté par l'enquête. Ci suivent ces remarques.

“ Si les progrès de l'éducation n'ont pas été aussi grand et en raison des encouragements généreux donnés par la Légis lature, celà est dû plutôt au manque de maîtres et d’instituteurs suffisamment qualifiés que faute de dispositions de la part du peuplé.” FATAL RE Ar ASANTE DRE TRE L ES VERAERE ER ads

‘# C'ést pourquoi votre comité recommande instamment à votre Honorable Chambre la nécessité du pourvoir sans délai à l'établissement d'écoles normales d’où l’on puisse tirer des maîtres suffisamment qualifiés, tant, pour les écoles élémentaires que pour les écoles supérieures. Dans cette vue, votre comité soumet à la considération de votre Honorable Chambre

(1) Voir l'annuaire de Ville-Marie.

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les villes de Québec ét de Montréal où les maitres des écoles modèles et élémentaires des campagnes pourront se qualifier pour l'instruction des enfants qui seront confiés à leur soins.”

Ce projet de loi auquel, comme membre du cornité permanent d'éducation. je pris une large part, ayant été soumis aux deut Chambres de la Législature y fut adopté sans opposition ni difficulté aucune. .

C'est l'acte 6 Guillaume IV, Chapitre 17, passé em la session du parlement 1835:36. (

Cette ‘loi -pourvoyait à l’enseignement normal pour les deux sexes. ;

Il devait être donné séparément dans nos couvents: aux jeunes filles qui seraient disposées à s: consacrer à l’enseignement, et aux garçons, dans deux écoles normales spéciales établies pour cette fin, et dont l’une à Québec et l'autre à Montréal, les deux principales villes du Bas-Canada.

Mais, la perte de temps passé à la recherche de maîtres européens pour se charger de la tenue des écoles normales établies pour les garçons, et les troubles politiques qui eurent lieu en 1837 et 1838, furent cause que celles-ci n’eurent presque aucun succès appréciable. Heureusement qu’il n’en fut pas ainsi des écolés normales tenues pour les filles par les Dames religieuses Ursulines de Québec et de Trois- Rivières. : -

Commencées de suite, après la passation de la loi, ces écoles eurent un plein succès, pour le temfis de leur durée, même avant l’arrivée des maîtres européens ; mais la loi étant temporaire, et cessant faute d’être renouvelée comme on se proposait de le faire après en avoir fait Pessai, ces bonnes écoles cessèrent aussi, après trois ans d'existence, au grand mécontentement des amis de l'éducation de la jeunesse.

L’insuccès des écoles normales établies pour les garçons, et l'espérance que l’enrouragement donné à lé’ucation sous les auspices des lois passées pour cette fin er 1841, 1845, 1846 et 1849, porterait en assez grand nombre, des élèves sortis de nos Collèges à se consacrer à l'enseignement de la jeunesse, firent retarder, jusqu’à 1851, l'adoption dé nouveaux moyens, que je ne cessai de demander, pour établir d’autres écoles normales sur des bases permanentes. L'acte 14et15 V. ch. 97, passé en cette même année, était une loi considérée comme étant assez convenable pour la fin qu’on se proposait, mais le gouvernement ayant voulu, nonobstant, la modifier avant de la mettre pleinement en opération, on ne put, à cette condi tion, continuer qu’en 1857, l'établissement de nouvelles écoles normales commencé auparavant.

L'ancien établissement du High-Schoo! de Montréal que

J'avais acheté depuis déjà plusieurs années pour cette fin,

sert aujourd'hui à l’atteindre sous les auspices de l'Université McGill à Montréal.

C'est ainsi que, entre 1836 et 1857, on a perdu plus de 20

ans à trouver les moyens d'établir des écoles normalés permanentes sur un pied convenable. \

En vertu de l'acte i4 et 15 V.,. ch: 97, passé en 185À et amendé en 1856, (1) nous avons trois écoles normales étâblies en 1857, pour les garçons, dans le Bas-Canada, dont deux pour les catholiques et l'autre pour les protestants, et deux pour les filles, dont l’une catholique, tenue par les Dames:Ursulines de Québeæ et l’autre protestante, tenue, comme celle des garçons, sous les auspices de l'Université MeGill à Montréal.

En considérant les protestants comme représentant collectivement une croyance.religieuse à part, unique et uniforme, comparée à celle des catholiques, nous verrons que ces écoles sont à bien peu de choses près, en proportion du.chiffre des

opulations qu’elles représentent respectivement. Dans; tous les cas; ces écoles, devant être tenues séparément, en garantie de la liberté religieuse et dé l’enseignement, les protestants doivent avoir les leurs. [ls sont mieux pourvus, comme tels, dans le Bas-Canada, que ne le sont les catholiques dans. le Haut-Canada où ils sont en minorité et sans écoles normales à eux. 7

Suivant l'intention de la loi d’édueation de 1841, toutes les écoles ‘recevant un octroi du gouvernement devaient. être communes pour tous les enfants en âge de les fréqueater, sans distinction d'origine ni de croyance religieuse aucune. L'enseignement primaire n’était pas libre sous cette loi, et, il ne devait pas y air d'écoles dissidentes. Mais la loi de 1846 pour le Bas Canada en autorise l'établissement suivant le besoin, et c’est d'après les dispositions de cette loi que nos écoles normales sont établies séparément et fonctionnent de même. C'est le Bas-Canada qui a initié, législativement, ‘a liberté de l’enseignement en faveur des minorités religieuses, catholiques ou protestantes.

En outre, les écoles normales du BasCanada, portent chacune un nom historique cher au pays. Ainsi, Laval, nom du premier évêque du Canada, est celui qui a été donné à l'école normale catholique établie à Québec ; Jacques Cartier, nom du découvreur du Canada, est celui qui a été donné à l'école normale catholique établie à Montréal, et McGill, nom du fondateur dune Université protestante à Montréal, est celui qui a été donné à l’école normale protestante étaslie en cette ville pour les deux sexes.

(t) Le premier de ces actes fut proposi par l'honorable Lafontaine et le second par l’honorablé Cartier. Je n’&i ou aucune part dans leur rédaction. J'avais fait seulement la proposition du premier et en avais établi la base avant que l'hon. Lafontaine eut formé le bill soumis au parlement. Mais ‘ette base mème a subi des modifications censidérables, ailleurs en 1856, j'avais laissé le département de l'instruction publique

Le fait est que, pour mé raison ou pour une autre, le gouvernement, want cette dernière date, n'était pas prêt à établir les éeoles-normales ; faute je concours, je sus arrété dames mes démurebes pour be faire plutôt,

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Ces écoles sont toutes sous le contrôle du surintendant.de l'éducation, et les écoles catholiques ont chacune pour Directeur local, un prètre résidant, nommé par l'évêque diocésain,

rincipalement pour en férmer les élèves à la pis et à ‘enseignement de la doctrine catholique dans les écoles primaires qu'ils se destinent à diriger, sous les auspices de la loi d'éducation.

Dans son’ rapport dg Féducation pour l'année 1860, M. le surintendant fait les remarques suivantes :

‘ Le nombre de diplômes accordés par chaque institution, depuis son établissement, s'élève en tout à 4 pour académies. à 134 pour écoles modèles, et à 181 pour écoles élémentaires.” ‘ Tl est bon, toutefois, d'observer que le nombre de diplômes est plus grand de beducoup que celui des élèves qui les ont reçus, le même en suivant les cours pendant trois années, ayant dans plusieurs cas obtenu les trois diplômes successivement.” Ces diplômes réunis donnent 319, pour instituteurs protestants et catholiques, et les porteurs sont bien proportionnés à la croyance religiense qu'ils représentent respectivement.

L'inauguration des écoles normales actuelles dans le Bas- Canada, à eu lieu solennellement en mars 1857 au milieu un grand concours d'amis de l’éducation parmi lesquels figurait au premier rang, Mgr. Bourget, Evèque de Montréal, et nombre d'autres personnes haut placées dans la société.

L'intérêt particulier que prenait à l'établissement des écoles normales toute la population du pays, sans distinction d'ori gine ni de couleur politique aucune, se manifestait alors d'une manière non équivoque, Il n'y avait qu'un sentiment. qu'un vœu pour leur succès au profit de l'éducation. (1)

L'inauguration de l’école normale ‘catholique et de l'école normale protestante à Montréal, eut lieu le mème jour en cette ville, mais séparément, sous les auspices particuliers d'un personnel distingué et influent dans la partie de la population qu'il représentait. |

L'école-normale catholique appelée Jacques-Cartier, * fut inaugurée dans la vieille bâtisse du gouvernement, et l'école protestante, appelée école MeGill,” Le fut dans la bâtisse achetée pendant mon administration, ciiq années auparavant pour y tenir des écoles-normales protestantes.

Cette bâtisse, autrefois la propriété de l’ancien High-School, est indépendante de celle .de l'Université McGill à laquelle

(1) D'ailleurs, on était déjà bien accoutumé à l'idèe de eus écoles dans le Bas-Canadu, L'institut des Frères-Charon à Montréal en 1692, celui des sœurs de là Congrégation de Notre-Dame en cette même ville en 1658, et l'acte passé en 1836 pour en établir régulièrement dans le pays en font foi.

La société d'éducation de Québec fondée en 1821 et incorporée en 1843, avait aussi pour but-d'instruire les enfants pauvres et de former des instituteurs pour cette fin. Le Dr. Jacques Labrie avait établi à St. Eustache, district de Montréal, une école dont il s'était fait l'instituteur principal, pour former des institutrices. Etablie en *S21, ou envivon, cette excellente école cessa en 1828 faute de moyen.

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les écoles normales protestantes, comine le High-School actuel de Montréal.,.sont affiliées.

Dans Le plan primitif que j'avais en vue d'exécuter, l’ancienné bâtisée du High-School était destinée aux écoles normales protestantes qui devaient être tenues sur un pied indépendant de l'Université. McGill qui en à aujourd'hui le patronage, pour ainsi dire le contrôle absolu. ,

Les écoles normales protestantes à Montréal sont pour les deux sexes, et les filles et les garçons y reçoivent simultanément l'instruction, mais les écoles normales, catholiques, Laval à Québee, et Jacques Cartier, à Montréal, sont destinées exclusivement à l’usage des garçons. Il n’y à pas d'école normale protestante pour les filles à Québec, ni d'école normale catholique séparée pour les filles à Montréal, mais les Dames Ursulines de Québec se sont de nouveau chargées de l’enseignement nermal qu'elles donnent à un grand nombre de jeunes filles avec autant de zèle que de succès à toutes celles qui le demandent de toutes les parties du paYs.

Cependant, pour être juste, il faut convenir que, pour l’enseignement, ces dames ont pour cette fin, l'aide habituel des professeurs habiles de l’école Normale-Laval de Québec, et on remarque qu'elles forment ainsi, aux frais du gouvernement, plus d'institutrices, ou de filles potr l'être, qu'il en est besoin. Bon nombre ne trouvent pas d'emploi comme institutrices. ;

L’inauguration de Pécole normale appelée l'école Laval a eu lien à Québec dans Pappendice du Vieux Ghâteau SL Louis (?) peu de temps après l'inauguration des écoles normales de Montréal avec les mêntos formalités etie même dégré d'intérêt. de satisfaction et de bon vouloir. :

Chacune des écoles normales catholiques à pour en diriger la discipline et l’enseignement, un chapelain qui en est, d'ailleurs, comme nous venons de le voir, formellement le Directeur désigné sous le factice de ** Principal.”

Le Principal de Université McGill est eæ-officio, le Principal des écoles normales protestantes établies à Montréal.

On suit aussi, vraisemblablement, que nos corps religieux enseignants ont leurs écoles normales tenues à l'intérieur dans leurs noviciats où les profes enseignent à leurs novices la pédagogie en mème temps que les sciences usuelles dont les noms remplissent leurs programmes.

(2) Le Château St. Louis, dont Samuel Champlain, fondateur de la ville de Québec en 1608, avait jeté les fondements en 1620, devint la proie des flammes le 23 Janvier 1834, moins l’appendice érigé en 1784 par ordre du sénéral Haldjmand. L'école Laval y est tenue, et a, en même temps la jouissahce du jardin adjacent, Mais il no faut pas confondre la date de la fondation de Québec avec celle du Château St. Louis, ni hésiter à laisser aux élèves-maitres de l'Ecole Normale-Laval la jouissance pleine et entière de ce jardin, Plus que tous autres, ils y ont droit en considération du besoin d'espace, du besoin de bon air et d'exercice pour maintenir leur santé, et se préparer, sans encombre, à remplir les devoirs inhérents à ta charge importante d'instituteur. Si on les déplacait, ce ne devrait être que pour leur donner un local et un logement à la fois plns spacieux et plus commode, On ne peut trop faire pour encourager les jeunes gons instruits dont les intentions honnètes sont de se consacrer à l'enseignement.

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Mais, pour comprendre l'institution des écoles normales, il faut consulter et étudier la 50e clause de la loi d'éducation passée en 1846. I faut en comprendre toute l'utilité, la portée et l'importance, C'estsur cette clause que repose la loi spéciale des écoles noymales passée en 1851, qui n'est elle-même qu’une loi auxiliaire à la loi de 1846. Gelle-là tire de celle ci sa force et sa vigpeur et ne saurait fonctionner régulièrement sans son concours. {1 faut don: étudier la teneur de la 50e clause de la loi de 1846 et savoir en faire l'application dans le besoin, En vertu de cette importante section de la loi d'éducation passée en 1846 ct amendée en 1849, les branches d'instruction primaire sont déterminées, les instituteurs sont classés, et les conditions auxquelles seules ils peuvent être admis à l'ensei. gnement sont prescrites. (1) À

Or, ces conditions sont péremptoires, et l'instruction etla moralité des maîtres et des élèves Sont en parfaite sécurité ; la liberté de l’enseignement et la coopération du clergé, consacrées par la loi, en sont une garantie.

En effet, il faut que les aspirants à l'enscigriement, avant d'être admis à une école normale, ou à subir d'ailleurs l'examen voulu par la loi, soient munis chacun du certificat du curé'de la paroisse où il a résidé pendant les derniers six mois, et l’exhibent, soit au Principal, soit au bureau d’examinateurs, suivant le cas, sans quoi ilne peut légalement être admis ni à l’école normale ni à cet examen devant l’un de ces bureaux. Ces exigences sont de rigueur, et rien dans la loi ne saurait v autoriser la moindre exception. D'où il suît que.les aspirants à l’enseignement ne peuvent légalement y être admis sans le consentement et l'approbation du clergé, Il en est ainsi des livres d'école aui ont trait à la morale ou à la religion : ils sont choisis & ipprouvés par le curé.

C'est en vertu de la loi d'éducation de 1846 que la liberté d'enseignement est garantie, et que l'Eglise et les parents des enfants usent de leur droit de les faire instruire dans des écoles de leur choix. Le dispositif.de cette loi est utilisé de part et d'autre pour cette fin. C'est en vertu de ce même dispositif et de l'esprit de cette loi que des écoles dissidentes, catholiques et protestantes, sont établies librement et maintenues de même sur un pied effectif et satisfaisant, dans le Bas-

Canada, sans l'intervention légale autorisée, ni de la part des parents contribuables au fonds commun des écoles, ni de celle des commissaires d'école, ni de celle des autres officiers de la loi. Ce sont les résidents formant les minorités respectives, sous le rapport des croyances religieuses différentes, soit protestante, soit catholique, qui sont consciencieusement intéressés à établir ainsi des écoles dissidentes. Les parents ont pour cette fin la garantie du libre exercice de ce droit indéniable et imprescriptible.

Hé bien : c'est le Bas-Canada qui à initié, législativement.

(1) Dans les statuts refondus, toute la législation de l'instruction publique

se trouve dans les chapitres 15, 16 et 17 du volume,

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cette garantie en faveur des écoles dissidentes, et les autres provinces n’ont fait que suivre, péniblement son exemple, Ge qui s’est passé à cot égard dans le Haut-Canada, et ce qui se 1886 encore aujourd'hui même dans le Nouvéau-Brunswick le prouvent amplement. Nos écoles normales sont autant dé monuments glorieux qui attestent notre libéralité ét notre appréciation de la liberté de conscience et d’ensgigeement. Mais, ce n'est pas dans la loi spéciale des écoles normäles que se trouve cette attestation manifeste, mais bien dans la loi des écoles primaires, protestantes ou catholiques. ,

Nous voyons par le rapport de l'éducation peur l'année scolaire 1871-72, que le. nombre des écoles dissidentes est de :

Catholiques, 27, Protestantes, 182, fonctionnant dans le Bas- Canada, sous les auspices de la mème loi.

Je néglige ici quelques dispositions favorables à la liberté d'enseignement dans le Bas-Canada, et je supprime quelques observations assez considéräbles sur les écoles-normales, faites à leur occasion; mais, en résumé, il restéra constant que leur existence et fonctionnement marquent une ère nouvelle dans l’enseignement primaire dans ce pays, et que j'ai en ma part de coopération dans leur fondation. Mgr. J. Langevin, Evèque de Rimouski, à proclafné hautement ce fait dans son habile discours d'adieu, lorsqu'il laissa la direction des écoles normales-Lavul ; en faisant, toutefois la part des circonstances, et en allouant à mon successeur tout ce qui lui appartient dans cette fondation, J'ai heureusement eu l'initiative, et lui, après mon départ, la continuation de cette belle œuvre. ?

Mgr. Langevin nous dit alors que Mgr. Baillargeon, Archevèque de Québec, a contribué lui aussi beaucoup, à l'établis. sement des écoles-normales, ct, avec autant: de vérité, Mgr. Langevin, aurait pu dire la même chose de lui-même relativement aux écolesnormales de Québec. La large part qu'il a prise dans le fonctionnement et la direction de ces écoles est notoire. L'habileté et le zèle avec lesquels il a rempli, le premier, la charge difficile de ‘* Principal” et son traité de pédagôgie, fort apprétié, sont des preuvés irrécusables des services éminents'que Sa Grandeur à rendus à la cause de l'éducation dans ke Bas-Canada.

Au moyen de cet excellent traité, l'enseignement normal peut être donné plus facilement aujourd’hui, dans le pays, qu'auparavant. À l’aide de ce livre, nos institutions supérieures d'éducation pourraient plus ou moins se charger de l’enseignement normal avec succès dans ces institutions. L'usage universel de ce traité mettrait à l'unisson la méthode et les principes des sciences usuelles dans l’enseignement, non seulement dans nos écoles normales, mais encore dans nos écoles primaires comme dans nos institutions supérieures d'éducation. Chacune, dans son espèce d’ubiquité, agirait d'une manière conforme à la pratique suivie en même temps partout ailleurs dans le pays, et il en résulterait une harmonie

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effective fort-agréable pour établir partout l'uniformité prati. cable dans l’enseignement.

Voilà pour la méthode ou le mode d'enseignement dans nos institutions d'éducation primaire, et, pour les matières, les branches d'instruction prescrites par la 50e clause de la loi d'éducation pourraient ètre partout les mêmes, et énseignées simultgnément dans tout le pays, suivant ce mème mode d'enseignement, si elles étaient consignées dans un seul et même livre. Et bien ! nous l'avons ce livre, mais la dernière édition est épuisée.

Or, ce livre, c'est le Guide de linstityteur, rédigé par demandes et par réponses. Ii contient un abrégé de toutes les sciences prescritesgar la loi d'éducation, développées à un degré suffisant pour le besoin des élèves des écoles primaires.

Le Guide de l'instituteur, qui contient un abrégé des sciences usuelles dont la connaissance pourrait être grandement utile au lecteur dans toutes les phases de la vie active, devrait être en usage dans tontes nos écoles primaires ct se trouver dans toutes les familles. Il pourrait être pour toutes un véritable guide et un bon instructeur. Au moyen de ce livre, ces sciences seraient bientôt répandues partout le pays sur une base unique, uniforme et solide. Avec quelques ajoutés, faciles à faire, et un peu de bonne volonté de la part des hommes habiles parmi nous, ce livre pourrait être un excellent moyen d'instruction pratique, et un précieux volume squs le rapport du fond et de la forme.

Je réclame donc humblement, en faveur de notre jeunesse, l'usage universel de ce bon livre dans nos écoles, et dans les familles laborieuses et industrielles.

Le contenu du Guide de l'instituteur est une réponse faite en détail à une série de questions imprimées que j'avais répandue dans tout le pays à l'adresse des commissaires d'école, des bureaux d'examinateurs et des instituteurs qui s'en servaient habituellement dans leurs écoles respectives® Ces questions étaient déjà un pas fait vers l’uniformité dans l’enseignement, etelles étaient généralement très-utiles ; mais les réponses étant nécessairement le produit de létude de différents auteurs, souvent trop spéculatifs, elles ne pouvaient être uniformes. Ce fait était un inconvénient qui demandait un prompt remède. C'est pourquoi, je priai un äncien ami, professeur actif depuis près de 50 ans, de se charger de rédiger une réponse à chacune de ces questions, et il le fit avec un succès remarquable.

Le Guide a été imprimé à six éditions, je crois, et la dernière à 8,000 exemplaires. Cette édition est épuisée, et l'auteur, plus modeste qu'ambitieux,- et déjà sur le déclin de la vie, n'a pas le courage de refaire un peu son travail, de l'augmenter suivant le besoin actuel, et de le remettre sous presse. Dans tous les cas, l’auteur, homme instruit, expérimenté et-éminemment respectable, aura bien mérité du pays pour le progrès signalé qu'il a contribué à faire faire à la

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