ACADÉMIE COMMERCIALE CATHOLIQUE DE MONTRÉAL
Nous enrégistrons avec une extrème satisfaction cette nouvelle institution au nombre de celles de ce genre qui promettent le plus au commerce et à l'industrie, Déjà elle a fait ses preuves, et elle fait honneur au bon goût etau dévouement de MM. les commissaires d'écoles catholiques de Montréal, an nombre desquels figurent, ay premier rang, le Rév. M. Rousselot, S. S. curé de Notre-Dame de Montreal, et P. S. Murphy, Ecr.
Le programme du cours d'études de cette institution, récemment ouverte à la jeunesse du pays, est fort intéressants mais, étant très-long, nous regrettons de ne pouvoir ke reproduire ici en entier. Au reste, tous les journauX périodiques français l'ont publié, ct l'ont chacun*accompagné d'une appréciation qui fait à la fois de cette nouvelle maison d'éducation l'éloge et la recommandation. Ge cours est industriel et pratique, et l'étude du génie en fait une spécialité.
Ce sont les moyens de se procurer une éducation rationnelle et pratique que nous demande ANjoure nl notre studieuse jeunesse. C'est pourquoi MM. les commissaires d'écoles catholiques de Montréal en ayant vu tout le besoin, ont généreusement doté pour y subvenir, cette florissante ville du magnifique établissement que nous Me Are sis sur la côte à Castongué. Mais laissons M. U. E. Archambault, le Principal de l'institution, nous dire quelque chose du cours d’études qui est suivi : ,
& Les études de ce cours ont pour but de donner à la jeunesse une éducation solidë, substantielle et essentiellement pratique dans les arts et les sciences. Elles @uvriront ayx jeunes gens les diverses professions ou branches de profession énumérées ci-après et fourniront
‘au pays Rs hommes pratiques nécessaires à la création et au mouve-
ment industriel.
Ces études, nous le répétons, seront non seulement $héoriques mais pratiques. Le but de la maison ne sera pas de former des savants proprement dits mais des hommes spéciaux et, par cela même, ayant une connaissance parfaite de leur branche. Quand on songe au développement actuel des industries extractives, manufacturières et commerciales, aux di me coloniales, aux routes, ‘canaux et cheeng de fer méme ma en pr deg ou en activité et a; Se
es jeunes gens employés ou à emplpyer par ces grandes compagnies, quand on songe que la plupart Fes premiers ont été recrutés à l'étranger, on se sent convaincu qu’en ouvrant une école semblable on ouvre à la jeunesse un avenir certain. .
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De di DL ti | | | 286 ‘1 14 LXII ‘ À 4 | COLLEGE DE ST. JOSEPH DE TROIS-RIVIERES.
| Après Québec, fondé par Champlain en 1608, la ville de Al Trois-Rivières est la plus ancienne du Canada. Sise sur la 4 " rive nord du fleuve S'. Laurent (1) à l'endrait où le St. Maurice (ll se décharge, la ville de Trois-Rivières est dans un lieu à la Lil fois central, salubre et pittoresque. Elle tire son nom de “ cette circonstance particulière il Une école ayant été établie À Trois Rixivres par les Récollets, vf en 1616, pour l'instruction des enfants des sauvages et des il colons français résidents, cette ville est, pour ainsi dire, le (il! berceau de l'instruction primaire en Canada. il Cependant çe ne fut qu'en 1634 qu'une habitation régulière (li eut lieu à Trois-Rivières, et qu'un fort permanent y fut | construit, sous les auspices immédiats de Laviolette.. Des (fl: écoles y ont toujours été tenues depuis 1616, . . M Comme nous l'avons déjà vu dans le premier article du jp remier chapitre de ce travail, c'est le bon Frère Pacifique (1 uplessis, Récollet, qui a établi la première école à Troisll Rivières. »
qui Dès 1677, les Dames Ursulines établirent à Trois Rivières | | des écoles dans l'Hôpital-Général, qu'y avait fondé Mgr. St. I Valier, pour le soulagement des malades et pour l'instruction fi des filles. Mais, ce ne fut qu'en 1859 qu'il fut sérieusement (fl question d'établir un collége classique à Trois-Rivières, dans séan a | les anciennes bâtisses du gouvernement qui avaient servi SA | autrefois de logement aux anciens gouverneurs de Trois- ° AO | 1 Rivières. Ces bâtisses, occupées comme casernes pendant CASSTL Li partie du temps qui s’est écoulé depuis la cessioy, en 1763, du es l Canada à l'Angleterre, par les troupes de Sa Majesté britan. Mot eh Î ‘nique, furent mises, en 1860, à la disposition des fondateurs PetitS \l) du collége de Trois-Rivières, pour l'usage de cette insti- l I À! tution. (2 Les Her u | Avant cette époque, déjà un peu reculée, alors que les de au {l besoins de moyens d'instruction, suivant'le chiffre de la dar À opulation étaient proportionnellement Moins grands qu’au- Poe | Jourd’hui, le collége de Nicolet, établi en 1803 en cette belle Troi. R { paroisse, répondait seul, et parfaitement, aux besoins de la ENT | populatfon du district de Trois-Rivières. Mais la population re | | de ce district a considérablement augmenté depuis. a Hu | En 1860, le collége de St. Joseph de Trois-Rivières ayant le pu | pris un accroissement considérable, fut en cette année incor- sant” 8 | poré par acte de la législature provinciale, et affilié, comme ont u} institution classique à l'Université-Laval, de Québec. tir | | pan LE PUOOLUT AND, U0 Ar LALAL EoRS mise pli 41 (1) Toutes les villes principales du Canâda sont situées sfr la rive nord
| du fleuve St Laurent ou des grands lacs, telles que Québec, Trois-Rivières, (1) Mgr Montréal, Kingston, Toronto, Hamilton, etc. à 30 avril 1, {|| (2) Voir le discours qu'a fait M, le Grand-Vicaire Caron, le jour de sa
1 | fète patronale, le 4 novembre 1874.
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La corporation du collége de Trois-Rivières se compose de laïques chargés de pourvoir aux dépenses et aux frais d'opéation de l'établissement ; mais Mgr. l'évêque de Trois-Rivières en a le contrôle absolu. D'où il suit que tout le personnel de l'enseignement est du ressort de l'évêque diocésain, et qu'il se compose de membres du clergé. Cela doit être, êt, snus ce apport le collégg de Trois-Rivières est comme toutes nos autres institutions Classiques catholiques du Canada.
Mgr. Thomas Cooke, 1ef évèque du diocèse de’ Trois- Rivières (1) s’est montré très - favorable à cette nouvelle institution, et n’a pas peu contribué au succès signalé qu'elle a obtenu sous l'habile direction du Rév. M. Joseph Elie Panneton, son premier directeur, et sous l'heureuse gestion de Rév. M, C. F. Baïllargeon en 1867 et les années suivantes.
Les élèves reconndissants en ont rendu avant nous à M. Bäillargeon, un semblable témoignage dans l'adresse qu'ils lui ont envoyée à l’occasion de sa fète patronale. Ce témoignage flatteur de la part des bons élèves de cette jnstitution leur fait honneur autant à eux qu'à M. le curé de’ Stanfold qui en était l’objet. ,
Les professeurs sont au nombre de douze; dont sept prètres, en comptant le Directeur. Les autres professeurs, ou maîtres de salle, sont des ecclésiastiques appartenant aux ordres mineurs, comme on en voit plus ou moins étudiant en même temps la théologie dans nos autres institutions classiques.
Les élèves, au nombre de plus de 100, sont principalement de la ville de Trois-Rivières et des paroisses circonvoisines, sises du côté nord du fleuve St. Laurent. Comme généralement ailleurs, les élèves sont divisés en pensionnaires cet externes.
Le cours d'études est celui qui est généralement suivi dans nos anciennes maisons d'éducation classiques, savoir ; Québec, Montréal, Nicolet. Le rëglement est celui qui est suivi au Petit-Séiinaire de Québec. D'ailleurs, à l'exception en partie, de celui du collége de l’Assomption, les règlements,de nos institutions classiques sont tous pit ou moins semblables, depuis des siècles, parceque les besoins sont plus ou moins partout les mêmes, ;
M. Panneton, qui a été le premier Directeur du collége de Trois-Rivières, l’a pris à son berceau, et la conduit à l’état de prospérité où nous le voyons aujourd'hui. Mais il est juste de faire observer que, dans sa difficile direction, M. Pannetou a été puissamment aidé des laïques amis de l'éducation sur les lieux, et notamment de l'Honorable J. E. Turcotte, et que, sans un incident malheureux, qui en a pour un instant, embarrassé les affaires monétaires, cette maison aurait été mise plus tôt sur le pied où nous la voyons. Cet embarras,
(1) Mgr. Ths. Cooke, né à Fointe-du-Lac, en février 1792, est décédé le 30 avril 1870, à l'âge de 78 ans.
inopiné, donnant force aux difficultés qui s'opposaient à son succès, en a plus ou moins ralenti le progrès. 1
Le fait est que, outre nos colléges industriels, la fondätion de la plupart de nos colléges classiques est due à un heureux concours des citoyens ct des membres du clergé, et que la proposition de l'établissement de trois d'entre ceux-ci a été,
ur chacun faite pi un laïque, savoir; le coMége de ’Assomption en 1832, le collége Joliette en 1846, et le éollége de Trois-Rivières en 1859. L'Homorable Joliette ayant autant de moyens que de bonne volonté, voulut généreusemertt faire seul ce qu'il voulait, le bien. Son collége, son couvent et son église en font foi.
L'esprit de sacrifice et d'entreprise qui distingue les membres de la corporation du collége de Trois-Rivières les a nonqgbstant portés à faire les frais de l'instruction spéciale de l'un de ses élèves qui promet le plus dans le genre didactique, et ils l'ont envoyé à l'Ungversité-Laval pour En former de manière à pouvoir remplir convenablement la chaire de philosophie dans leur établissement.
L'Université-Laval, le collége de St. Hyacinthe et le collége de L'Assomption sont les seuls, croyons-naus, de nos institutions classiques, à part le collége de Trois-Rivières et celui de Nicolet, dont les corporations respectives ont: donné l'exemple de sacrifices faits spécialement pour mieux former à l'enseignement des sujets connus, aptes et biew disposés. Cet exemple, successif ou simultané, est heureusement suivi
ar plusieurs autres institutions d'éducation. MM. les abbés ‘et Isaac Desaulniers, dont l'un du coilége St. Hyacinthe et l’autre de celui de Nicolet, ont été aux Etats-Ums, M. Pabhé Pâquet et M'Lucien Turcotte, de l'Université-Laval de Québec, ot M. l'abbé Langlais, du collége de L'Assomption, ont été en Europe pour cette mème fin.
Depuis l'occupation des casernes par le collége de Trais- Rivières, Mgr. l'évêque a fait ériger, en sa ville épiscopale, une spacieuse bâtisse, destinée à trois institutions différentes, savoir * le collége dont précède l'historique, le séminaire et l'évèché de Trois-Rivières. | '
Cette magnifique bâtisse, qui fait bien honneur au zèle et à l'esprit d'entreprise des généreux fondateurs, compte, à l'extérieur, 220 pieds de longueur avec quatre. tourelles, 60 pieds de largeur et 70 au centre, à cinq étages avec toit en mansardes.
.Gette bâtisse dont les diménsions ne sont guëre surpassées par les premières de ce genre ep Canade, est en pierre ef en brique, et lé plan en est autant remar uable par son élévation que par sa convenance. C’est M. l’abhé Louis Richard, procureur, qui est l’auteur du plan de l'édifice, et M. Thomas Milette, habile architecte, en a fait faire l'exécution.
Le nombre des élèves du collége de Trois-Rivières, comme aussi celui de toutes les autres institutions du même genre, à
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gene depüis quelques aunées, en proportion du chiffre de la population, et aussi, considérablerhent en proportion des efforts et des sacrifices faits pour répondre d'une manière convenable à l'opinion si favorable que partout on a d'elles. Il serait aiseux de faire, de ce généreux dévouement, une juste appréciation de leur mérite, nvais je suis heureux de pouvoir au moins be constater, ici, sans équivoque ni partialité aueunc.