CHAPITRE QUATRIÈME
OBSERVATION SUR LE FONCTIONNEMENT DES LOIS D'ÉDUCATION DEPUIS 1842 JUSQU'A 1855. (1)
Depuis que j'ai laissé le département de l'Tstruction Publique, nombre de personnes, et des plus respectables, m'ont demandé de publier une série de mes rapports et de mes circulaires sur l'éducation primaire du Bas-Canada, accompagnés de telles remarques que je jugerais à propos de faire pour la meilleure intelligence de {a chose. Mais ce travail me paraissant consiérable et presque au-dessus de mes forces, vù surtout mes occupations journalières, j'ai hésité jusqu’à ce jour de l'entre-
rendre, sans pourtant avoir Jamais décidé de ne pas le faire. J'ai même souvent pensé que je devais me rendre à cette demande réitérée, quand ce ne serait que pour remplir un dernier devoir envers les amis de l’éducaiion et envers la jeunesse de mon pays.
Ce serait le moyen de rendre justice à toutes les parties qui ont pris part à cette belle cause et se sont intéressées à la faire triompher de tous les obstacles qui s’opposaient à son succès. Toutefois, il me sera bien permis, sans doute, comme étant la personne qui à eu le plus à faire pour les combattre et pour les vaincre, de me rendre, aussi, un pen justice à moi-même. Au reste, j'ai raison de croire qu'on s'attend à cet acte de juste appréciation de ma part qui devra être ni partial ni trop restreint.
Il est des circonstances qui m'invitent, d'autres qui me commandent de le faire, et dans tous les cas, je sens que, en le faisant, je remplirai un devoir.
(1) En comprenant l'historique des institutions d'éducation qui ont pris existence entre 1842 et 1855 inclusivement dans le Bas-Canada, et mentionnées par ordre de date dans un chapitre précédent, les deux chapitres suivants et celui qui contient des extraits de journaux périodiques, contiennent l’histoire abrégée de mon administration, comme surintendant de l'instruction publique de ce pays.
Je sens bien que la tâche est ardue, et, en tant que son exétu tion Concerne personnellement, extrêmement délical. Je Vis néanmoins l'entreprendre, sans toutefois dissimulers que le principal motif qui me fait agir, est l'espoir, non de pœu Vol! yépondre convenablement à l'attente, mais d’at. telle, bièn que faiblement, peut-être, ce double but, tout en satsfæiSant yi peu à la curiosité et au droit de l'histoire.
En EfTet, Linsteuction d'un peuple, et la législation dont son
pays sb lé pour la répandre, constituent une partie impor.
tante cJæ s0ù histoire, qui ne doif pas être entièrement laissée das j'oulli ni être abébdantite à une appréciation trop tardive et hasgaraée, Toutes les lois, toutes les mesures réunies, 4OUS Les Moyens et sacrifices mis en pratique pour répare lusruction, doivent être notés et étudiés soigneuseen { dans jotts leurs degrés d'opération, dans toutes leurs phies + léndances, dans tous leurs résultats appréciables, deptis, L’inil\yive jusqu'à l'actualité, car C'est justice due aux parties E nillèes et au peuple que de le faire, Cette étude empêcle de tevenir sais cesse aux moyens impraticables qui aurtie n® él0 rejetés, et cette justice, ainsi rendue à qui de droit, l'ellui d'établir le mérite réel et légitime, de mettre un frein à l'amjition désordonnée et d'arrêter les cabales, en fétriss amil (Oyx Qui se Sont coalisés pour ralentir le succès de la 10 @t 1e progrès de l'équcation.
O1 Les riüpports et cireulaires que j'ai écrits sur ce sujet, pendarat mi Gugue administration, feraient voir toutes ces chofs, &t jisqu'à quel degré elles ont eu lieu pendant sa durée. On ‘er péaitT ces documents, que jé n'ai rien négligé pour relié Stlüpnleusement mon devoir; que j'ai signalé, avec indépewante ot impartialité, tout ce qui se passait sous les auspices de la joi d'éducation, et sous Pinus de l'opposition qu ‘# s0n gébut surtout cette loi a rencontrée dans plusieuls partis du pays; et l’on verrait que si, dès lors, la loi n'a pis bien fonctionné partout, la chose n'a dépendu ni de moini des 10mbreux amis de l'éducation. dont les efforts et les sCr-j£ices, pour en faire atteindre le but, sont au dessus de tout 6 loge,
Milhætrelsement, l'opposition ue se composait pas seulement Qe Cyx qui agissaient ouvertement; elle comptait encore des lommes qui, par la position qu'ils occupaient, et par là mature ges devoirs qui leur étaient dévolus, äuraient dû 105 Soûtenir et nous encourager, Mais qui, pour des rais0ùs À CUX guls Connues, nous faisaient des embarras, et ne Mmofraient à moi personnellement, que le découragement et l'tbagtemint au milieu du combat que j'avais à soutenir. Plus d'en personnage important peut se reconnaître à cette seult o pser\ujon que je ne fais ici que pour donner une idée le jæ position difficile que de part et d'autre on m'a faite pendink rnon administration.
Cependant, pas moins de neuf des principaux opposants
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sont défunts aujourd'hui, et la plupart déjà depuis nombre d'années, Ils étaient tous plus ou moins élevés dans l'échelle sociale, et surtout dans les partis politiques, où ils jouaient chacun un rôle préjudiciable au fonctionnement de la loi d'éducation. Quatre des plus actifs et des plus influents étaient membres du Parlement Provincial, et leur opposition se faisait sontir jusque dans le gouvernement ; mais elle n'eût pas partout le même effet. Cet effet dépendait beaucoup de la disposition, mais surtout de la force et de l'indépendance relative des ministères.
Trois de ces opposants moururent dès les premières années du fonctionnement de la loi d'éducation, toutefois, après avoir été destitués de plusieurs charges honorifiques, qu'ils tenaient du gouvernement deux autres ayant reconnu leur erreur, laissèrent, bien que tard, l'opposition et se rangèrent du côté de la loi pour contribuer à la faire fonctionner, Au reste, l’opinion publique était tellement éclairée et édifiée à cette époque, que l'intérêt personnel de ces opposants demandait qu'ils fissént le sacrifice de la leur, afin de pouvoir conserver un reste de popularité. L'un d'eux a renoncé formellement aux pratiques d'opposition, et un autre a fait assez de bien à la cause de l'éducation et à la Religion pour couvrir honorablement ses fautes, Mais arrêtons-nous à la mémoire des défunts et de l'inviolabilité de leurs tombeaux ; inclinons-nous silencieusement devant eux, car, ils sont sacrés, et la charité nous commande de ne pas troubler leur sommeil éternel.
L'opposition formelle et l'opposition indirecte étaient également offertes par des hommes égoistes et des ambitieux, intéressés au même degré à gêner, et même à empêcher le fonctionnement de la loi d'éducation, et, pour combattre les uns et déjouer les autres, il m'a fallu faire, surtout pendant quatre à cinq ans, de fréquentes courses par tont le pays. Je rencontrais dans ces tournées, les habitants assemblés, leur expliquais les principes de la loi, les exhortais à les mettre fidèle ment en pratique, et leur faisais voir les grands avantages qui devaient nécessairement en résulter pour leurs enfants, pour la patrie et pour la religion. D'un autre côté, mes rapports et circulaires se succédaient rapidement ; les premiers auprès du gouvernement et les autres auprès des officiers de la loi. j
J'ai écrit dix huit rapports pour l'information et l'usage du gouvernement et près de trente circulaires pour la gouverne des personnes qui étaient appelées à prendre part au fonctionnement local de la loi d'éducation primaire.
Ces circulaires contenaient les explications et les règles de conduite dont avaient besoin, pour leur gouverne, les officiers de la loi sur les lieux, et elles ont toutes eu leur application générale et utile. Le fait est que, pour la plupart, elles servaient encore de guide dans es affaires scolaires. Dans tous les cas, elles étaient souvent invoquées et consultées.
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Un jour, gages mois après mon départ Au département de l'instruction publique, un ami me dit, dans une espèce de conférence, que je pouvais m'attendre à recevoir la demande de copie de toutes mes circulaires, pour les réunir êt les faire imprimer et distribuer de nouveau avec la loi d'éducation, en un seu et même volumé pour l'usage des initiés et intéressés. Il me dit que c'était là l'opimion, en haut-lieu, et que la proposition en serait faite. Mais, pour une raison ou pour une autre que je ne suis pas censé connaître, cette opinion ne m'a jamais été communiquée officiellement, et jamais la demande de copie de mes circulaires ne ma été faile par autorité, Quelqu'influence indue a sans doute fait écarter, dans le temps, cette proposition bienvoillante ét abandonner le besoin du faire cette publication, et les parents, les contribuables au fonds des écoles et tes fonctionnaires de la loi ont ainsi été également privés de ce volume. Les principaux sont celles numéro ler, 9, 12'et 15, 61 mes instructions aux inspecteurs d'école. Je regrette de ne pouvoir les reproduire,
Mes rapports ont généralement été publiés par ordre de 14 législature, et mes circulaires, imprimées et mises en circulation par nes propres ordres, ont été adressées spécialoment aux commissaires d'école, et aux inspecteurs d'école, qui m'ont été donnés comme auxiliaires pendant les trois dernières années de mon administration. Douze circulaires ont été adressées à ces derniers oMciers, nutre les instructions géné- ‘ales que je leur ai données lors de leur initiation à la charge qu'ils remplissent, Il sera donc toujours intéressant et souvent même encore utile de consulter ces divers documents, el, réunis en un seul et mème volume, il serait facile de le faire. Peu dé personnes les possèdent au complet aujourd’hni, et beaucoup les demandent, mais depuis longtemps déjà, on ne peut plus s'en procurer.
D'ailleurs, mes rapports ont éte imprimés sous des formats si différents, qu'il est impossible de les relier ensemble ; puis, ils contiennent généralement beaucoup de fautes typographases, Mes premiers et derniers rapports surtout, moins e dernier de tous, paraissent avoir été les plus sujets à cette espèce de calamité, comme aussi à un délai apporté à leur publicité qui en à heaucoup diminué l'intérêt et Putilité. Ce délai a été quelquefois inexplicable, et‘ dans tous les cas il à toujours retardé considérablement la connaissance des rensei. gnéments précieux dont on sentait le besoin, et qu'on demandait en conséquence,surtout en 1854, pour pouvoir se prononcer avec connaissance de cause sur les mesures que je proposais. Les amis de l'éducation concouraient par avance dans ces mesures en partie connues et comptaient avec confiance sur leur adoption. Plusieurs ont été adoptées depuis; mais les deux principales sont encore à venir, savoir: la qualification littéraire des commissaires d'école, et une augmentation dans l'allocation faite pour aider à rémunérer plus convenablement les instituteurs de leurs services,
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Mon successeur me pardonnera bien, j'espère, de m'avancer ainsi jusqu'à lui, pour rendre compte de faits qu'il n'a pas été en monpouvoir de contrôler, Au reste, le département auqual il préside a été Ie mien, et l'instruction publique étant une cause commune, au succès de laquelle tous les amis du ays s'intéressént vivement, je ne puis que partager avec eux È sentiment qui les anime envers cette belle eause C'est pourquoi j'y suis toujours demeuré sincèrement attaché, et, aujourd'hui encore, je n'écris que pour la servir. Que mon successeur en fasse autant que moi, lorsqu'il laissera le département de l'éducation, et nos institutions littéraires et leurs amis pourront, dans la suite se procurer et utiliser les véritables annales de l’Instruction Publique du Bas-Canada.
Cependant, je ne puis réunir, en ce moment, toutes mes circulaires, ni même tous mes rapports. Mais je suis en possession de mes principales circulaires et de presque tous mes rapports, même d'un rapport assez important qui n'a jamais été publié. C'est çgelui du 25 mars 1851, dont les conclusions avaient déjà été comprises dans les rapports précédents, et ont été en partie répétées dans plusieurs rapports subséquents. (1)
ai suivi pas à pas, sinon dirigé soigneusement la marche de l'instruction primaire dans le Bas-Canada, et pendant plus de 13 ans, jen ai indiqué graduellement le progrès ou l'insuccès, selon qu'ils étaient plus ou moins saisissables et appréciables. Les amis de l'éducation ont pu, tôt ou tard, en prendre connaissance lorsqu'il l'ont voulu.
Les principaux documents à consulter, puur comprendre la marche qu'a suivie l'instruction publique peudant mon administration, et les moyens dont j'ai recommandé la pra. tique pour le qu grand succès de cette cause, sont mon rapport du 31 décembre 1842, celui du 15 avril 1846, celui du 11 mars 1848, celui du 25 mars 1851, celui du 20 avril 1853, celui du 31 mai 1854 et celui du ?8 avril 1855; et mes cireulaires No. ler, 5, 6,9 et 12 adressées aux commissaires d'école, et mes 12? circulaires aux inspecteurs d'école, ontre les instructions générales qui leur ont été données au préalable pour leur gouverne.
Mon rapport de 1842, fut le premier, et il fut écrit en anglais.
Le but de mes premiers efforts étant celui que se proposait la loi d'éducation que j'avais à faire fonctionner, je proposai d'établir de suite des écoles, en réunissant pour cette fin, tous les moyens praticables, sauf à les modifier plus tard dans la
(1) Gependant, faute de moyens, cette édition, non plus que la première, ne pourra comprendre tous ces documents, et mes remarques y relatives ne seront pas plus modifiées à cause de cette omission, parcequ'ellés ont encore leur opportunité et la même valeur, D'ailleurs, les amateurs possèdent déjà généralement ces documents, et ils pourront, par conséquent y recourir nonobstant dans le besoin.
watique. Ainsi, pour l'instant, on établissait, à l'instar de ltrlande. des écoles de croyance mixte, mais avec la détermination de les séparer et d’en former des écoles indépendantes aussitôt que la loi, amendée à cet effet, le permettrait. La chose eut lieu bientôt après. * Pour donner l'impulsion et ciéer de la ‘confiance, il fallait, de la part du gouvernement, un encouragement immédiat et puissant pour atteindre, tout d’abord, ce ‘but important. Or, l’encouragement le plus puissant qu'il pouvait donner était l'octroi pour les écoles effectives. C'est pourquoi je me hâtai de faire un rapport pour l'obtenir. Il fallait montrer autant d'écoles effectives que possible et convaincre le gouvernement que le but üe la loi était atteint; mais, comme plusieurs membres du Conseil Exécutif n’entendaient pas le français, j'écrivis‘on prenrier rapport en anglais, afin d'éviter le délai qu'aurait occasionné le temps qu'il eut fallu pour le traduire. Mon rapport mis à la portée de tous, eut un effet immédiat, mais la version francase n'est pas de moi. Vu les défauts, presque l’impraticabrlité de la loi sans quelques compromis de la sorte et la forte opposition qu’elle rencontrait partout, ce rapport ‘est de nature à intéresser les amis de l'Education. L’encouragement substantiel dont il fut immédiatement suivi est un véritable événement dont l’époque sera à jamais mémorable dans le pays. En toute justice pour le gouvernement, pôur le surintendant et pour les autres amis de l'Education, l’histoire doit garder un heureuxsouvenir de ce fait honorable, car il est digne de mémoire.
Néanmoins, il n’est pas à dire que mes autres rapports et mes autres circulaires soient absolument sans intérêt pour les amis de l'éducation, même pour l’histoire qui a besoin, pour être complète, de réunir tous les faits qui sont de quelque importance. Comme les autres, ces documents prouvent au moins l’empressement et la sollicitude avec lesquels je recueillais les faits, en faisais l’étude et l'appréciation, et les mettais à profit, avec l'expérience acquise, à mesure que les circonstances me le permettaient. Ces documents de toutes espèces prouvent mon attachement aux principes constitutionnels et populaires dont je n'ai recommandé la déviation qu'à regret, et suivant ie besoin.
Voici ce que je dis dans ma circulaire numéro:5, en date du 1er mai 1844 :
MM. les commnssaires d'école doivent s’apercevoir par ce qui précède, que l'intention de ce département n’est pas d'intervenir le moins du monde, dans læ régie locale des écoles tenues sous leur contrôle. Le désir du surintendant de léducation se borne particulièrement à conseillér la pratique des moyens propres à'atteindre le but de la loi, et à encourager les etiorts des amis de l'éducation primaire. Les commissaires ont par la loi la régie pleine et entière des écoles, n'étant guère tenus qu'à faire rapport de leurs écoles pour
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pouvoir toucher leur part des deniers publics, et à faire ensuite rapport de la manière dont iis ont employé:ces deniers.
J'aurais voulu voir les parents et les intéressés prendre
volontiers, par tout le pays, le fonctionnement local de la loi en leurs propres mains et s'exécuter eux-mêmes, comme ils l'ont fait d’abord en bien des places, et si généralement et si généreusementensuite. Mais les préjugés si naturels à la vue d'une loi coërcitive qui exige des contributions, et les perfides menées des hommes turbulents qui les ont avivés et exploités dans leur intérêt personnel, ne m'ont pas permis cette douce satisfaction.
Ces documents prouvent encore, et surtout mon rapport du I mars 1848, que non seulement je voulais que les parents et les intéressés prissent en leurs propres mains le- fonctionnement local de la loi, et l’effectuassent par le concours de leur influence et de leurs moyens, mais encore qu'ils le fissent avec économie, et des épargnes fui auraient rendu la loi plüs populaire, tout en s’assurant également de l’efficace de son fonctionnement, sans nécessiter ni loi additionnelle ni alloca. tion spéciale à cet effet ; en un mot, sans se faire donner des maitres dans la personne des inspecteurs d'école.
C’est ainsi que j'aurais voulu voir messieurs les ‘visiteurs remplir volontairement, dans leurs localités respectives, le rôle d'inspecteurs d'école, et épargner au budjet la somme de près de £6,000, appropriée aujourd'hui pour solder annuellement messieurs les inspecteurs d'école, somme qu'on aurait pu employer à rémunérer plus convenablement les bons instituteurs de leurs importants services, disons au moins les instituteurs des écoles modèles. L'intérêt bien entendu de Féducation demandait que quelques hommes capables et dévoués se chargeassent de remplir le rôle devenu indispensable de surintendants locaux, et, à défaut des visiteurs pourvus de pouvoirs suffisants à cet effet, en vertu de la loi de 1846, messieurs les inspecteurs d'école, nommés à cette charge en vertu de la loi spéciale de 1854, étaient reux qu'il nous fallait pour cette fin.
J'ai donc dû demander plus tard ces auxiliaires, parce que les visiteurs, faisant géné-alement défaut, et l'agitation continuant sur les lieux sans frein ni vergogne, le ministère des inspecteurs me parut écessaire, L'expérience a prouvé depuis que les dépenses encourues pour les maintenir ne sont pas sans résultat généralement bon et très-satisfaisant.
Quelques inspecteurs ont fait un bien signalé, entre autres M. F. X. Valade, auteur du livre d'école intitulé : # Guide de l'Instituteur,” dont j'ai déjà parlé.
Le Guide de l'Instituteur, qui est une espère d'encyclopédie, était destiné à'faciliter beaucoup l'acquisition desconnaissances usuelles et l'avancement de l'éducation populaire. Or, l’intelligence pratique de ces connaissances est la seule dont a besoin la grande majorité des enfants du peuple, pour se livrer avec
avantage à l'agriculture, au commerce, aux arts mécaniques et métiers et à toutes les branches d'industrie honnête et profitable, et le plus tôt nous pourrons les initier à ce degré d'instruction préliminaire, le mieux ce sera pour eux et pour le bien moral et inatériel de la société dont ils sont destinés à opérer la partie fondamentale,
La masse de nos enfants doit être une phalange de sujets industriels, laborieux, religieux, pacifiques et ambitieux de se former #t de se perfectionner de is en plus dans ces divers genres d'occupation et dans la pratique des vertus chrétiennes, et non une classe de philosophes oisifs, besogneux et impies, à charge à la société et à eux-mêmes, comme il en est souvent des enfants que nous tenons trop longtemps aux écoles contre leur goût, contre leur gré et contre leur destinée. J'espère qu'on me pardonnera cette petite digression en considération d’un sujet qui se rattache tant à notre avenir comme peuple et qu’on ne saurait trop étudier, (1)
Pendant mon administration, je n'ai pas eu moins de cinq lois principales d'éducation à faire fonctionner, des unes successivement et les autres simultanément, savoir : l'Acte 4 et 5 Vict., ch. 18, passé le 18 Septembre 1841, lActe 8 Vict. ch. 41, passé le 29 Mars 1445, l'Acte 9 Vict., ch. 27, passé le 9 Juin 1846, l'Acte 12 Vict. dh, 00, passé le 30 Mai 1849, l'Acte 14 et 15 Vict., ch. 97, passé le 30 Août 1851. Ges lois, moinsles deux premières, ont été codifiées depuis.
Les deux premières lois ont fonctionné successivement, mais d'une manière très irrégulière et très peu satisfaisante, et les trois dernières ont fonctionné et fonctionnent encore simultanément avec de bons résultats.
Les autres actes sont de petites lois auxiliaires dont}l'une, passée le 9 Décembre 1843, pour légaliser l'octroi qui avait été fait préalablement d’une manière irrégulière: aux écoles, et autoriser l'emploi de la balance de la part d'allocation afférente au Bas-Canada pour l'année 1842 et 1843 à aider à la construction de maisons d'école, et l'autre passée en 1847, pouir diviser la paroisse de Montréal en plusieurs municipalités scolaires séparées, et en autoriser les commissaires d'école à prélever sur leurs habitants une somme se montant à trois fois autant que leur part respective de l'allocation afférente pour l’établissement et,le soutien des écoles. Cette dernière loi existe encore, et, outre les deux lois amendant l'acte passé le 9 Juin 1846, elle est accompagnée de deux autres lois d’amendements passées en 1896. Mais je n'ai eu rien à faire avec ces petites lois.
IL est facile de voir qu'une législation successive aussi fréquente et aussi fariable était propre à diminuer la confiance
. des habitants dans la loi, à encourager le parti de l'opposition,
et, partant, à embarrasser mon administration, surtout au
(1) Voir à ce sujet ma recommandation du guide de l'instituteur,
Or, ] A r'eus priv réel:
été gen et n pers poui raisd
Le exor caus l’'éga loi, 1 par :
début où le besoin d'une loi unique, fixe et permanente se faisait le plus imrpérieusement sentir. ;
L'acte de 1841, dont la loi des municipalités rurales faisait partie, réunissait presque tous les pouvoirs administratifs entre les mains du gouvernement, et ce fait-là seul la rendait odieuse et très impopulaire. Cette législation comprenait deux lois qui avaient chacune un but différent à atteindre, bien
w’elles ne formassent qu'une seule et mème loi dans son onctionnement local pour l'objet de léducation. Cette complication fortifia les préjugés des habitants qui, au lien d'accepter la loi et d'essayer à la faire fonctionner, la rejette. rent comme aibitraire, inintelligible et impraticable.
Le conseil municipal était de fait Le bureau d'éducation pour son district, et son pouvoir ne $e bornaït pas à la direction des écoles y établies. Ge’corps coactif était chargé de prélever toutes les taxes nécossaires, soit pour les fins münicipales soit pour la subvention des écoles. Le conseil municipal était encore chargé de faire rapport de ces écoles, et de réclamer, pour les soutenir, la pärt de l'allocation afférente à son district pour l’objet de l'éducation.
Tous les officiers du conseil municipal étaient nommés par le gouvernement, et étant tout en même temps les officiers de la loi d'éducation sur les lieux, il s'ensuivait que ces mêmes hommes, composant ces deux classes d'officiers publics, étaient également nommés par le gouvernement et lui étaient également responsables d'une manière directe et indépendante de la coopération des habitants. Leur nomination relevant immédiatement du patronage du gouvernement, ils étaient également sujets à la même Di Ar et à être les instruments obligés de la même volonté suprème et absolue. Or, cette sujétion, comparée à l'objet de l'éducation de notre jeunesse, paraissait incompatible et d'une tendance dange. reuse, et même attentatoire dans la pratique, à nos droits et priviléges, comme peuple, et à la liberté d'enseignement réclamé ‘par les pères de famille et le clergé de toute origine et de toute croyance religieuse.
C'est là la principale cause de l'opposition inopinée qui a été offerte à la loi de 1841, opposition à laquelle beaucoup de gens de bien ont applaudi, et qu'ils n’ont cessé d'approuver, et même de faire eux mêmes, jusqu'à ce que j'aie pu les persuader que ces dispositions de la loi seraient abrogées pour faire place à celles. qu'ils réclamaient avee tant de raisons légitimes et justes.
La crainte de la taxe imposée généralement, et à un degré exorbitant pour toutes especes de choses, ‘n'était alors que la cause secondaire de l'opposition faite à la loi d'éducation de 1841, mais elle devint is principale ét la plus excitante à l'égard de la loi de 1846, bien que, en vertu de cette dernière loi, les contribuables aient le droit de nommer eux-mêmes, par ‘voie d'élection, tous les officiers locaux pour les fins
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