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tribunes iluns lesquelles accoururent les orateurs les plus virulents : La llurpe, Séri/.i, l.aerelelle jeune, Vu u blanc, llegnault, etc. Il fallait peu
j île talent pour exciter tous les esprits contre In Convention , et plusieurs de ces oraleurs en montrèrent beaucoup.
Lu capitule fut ainsi mise en fermentation. Apres le 9 iheimitlor. ou avait organisé la sarde nationale. On avait eu en vue d'en éloigner les jacobins, mais on éluil tombé dans l’excès contraire, et les eonlre-révoi I lutionnuires s’y trouvaient eu assez grand nombre.
Celte garde nationale était de plus de quarante mille hommes, armée et habillée; elle partagea loule l’exaspération des sectkmnaires contre la i Convention , et les lois additionnelles furent rejetées dans Paris. Les sections se succédèrent à lu barre de la Convention, et y manifestaient hautement leur opinion La Convention cependant croyait encore que toute cette agitation se calmerait aussitôt que les provinces auraient manifesté leur opinion par l'acceptation de la constitution et des lois additionnelles. Lite croyait pouvoir comparer celle ugilation de lu capitale à ces commotions si communes il Londres, et dont Home avait si souvent donné l’exemple au temps des comices. Elle proclama, le 25 septembre, l'acceptation de la constitution et des lois additionnelles par la majorité des assemblées primaires; mais, dès le lendemain, les sections de Paris
Le décret ilc‘ la Convention qui fermait l'Odéon excita l'indignation de toutes les sections. Celle l.rpcllelier, dont le elieMien était nu couvent des Filles Saint-Thomas, paraissait être a In tète de ce mon veinent. Un décret de lu Convention ordonna que le lieu de ses séances fût fermé, l'assemblée ! ! dissoute, et In section désarmée.
Le 1 2 vendémiaire ( 5 octobre ), a sept ou huit heures du soir, le général Menou, accompagné des représentants du peuple, commissaires prés de l'armée de l'intérieur, se rendit, avec un corps nombreux de Ironises, nu lieu des séances de la section Le pelletier pour y faire exécuter le décret
nommèrent des députes puur former une assemblée centrale d'électeurs qui se réunirent n l'Odéou.
IV. Rixistnnce armée des Mêlions de Pari». — Les sections avaient mesuré leurs forces, évalué lu faiblesse de la Convention : celte assemblée d'électeurs tut une assemblée d insurgés.
Igi Conrrnliun annula l'assemblée de l'Odéon, lu déclara illégale, et ordonna à ses comités de la dissoudre pur lu force. Le 10 vendémiaire, lu force armée se poi lu à I Odéon et exécuta cet ordre. Le peuple, rassemble sur lu place de l'Odéon, lit entendre quelques murmures, se permit quelques injures, mais n opposa aucune résistance.
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île luOonventiou, Infanterie, cavalerie, artillerie, tout fut entassé dans la rue Vivienne, à l’extrémité de laquelle était le couvent des Filles-Saint- Thomas. l.es seetionnaires occupaient les fenêtres des maisons de celle rue ; plusieurs de leurs bataillons se rangèrent en butuille dans la cour du [ couvent, et la force militaire que commandait le général Menou se trouva compromise.
Ix‘ comité de la section s’était déclaré représentant du peuple souverain : dans l'exercice de ses fonctions. Il refusa d’obéir aux ordres de la Convention ; et, après une heure d'inutiles pourparlers , le général Menou et les commissaires de la Convention se retirèrent, par une espi’ce de capii lulation, sans avoir désarmé ni dissous ce rassemblement.
V. Menou est destitué du commandement de l'armée de l'intérieur. — lia , section , demeurée victorieuse , se constitua en permanence, envoya des députations à toutes les autres sections , vanta ses succès, et pressa l’or- j ganisation qui pouvait assurer sa résistance*. On se prépara à la journée du 15 vendémiaire.
Le général Bonaparte, attaché depuis quelques mois à la direction du mouvement des armées de la république, était dans une logea Feydeau lorsque de ses amis le prévinrent de la scène singulière qui se passait. Il fut curieux d’observer les détails d’un si gland spectacle. Voyant les ; troupes conventionnelles repoussées, il courut aux tribunes de l'assemblée
pour y juger de l'effet de celle nouvelle , et suivre les développements el i la couleur qu’on y donnerait.
I,n Convention était dans la plus grande agitation. Les représentants auprès de l’année, pour se disculper, se bâtèrent d'accuser Menou. Oii attribua à la trahison ce qui n'était dil qu'à la malhahilelé. 11 fut mis en arrestation.
Alors différents représentants se montrèrent successivement à la tribune; ils peignirent l'étendue du danger : les nouvelles qui, à chaque instant, arrivaient des sections, ne faisaient voir que trop combien il était grand. Chacun des membres proposa le général qui avait sa confiance. Ceux qui avaient été à Toulon, à l'armée d'Italie, et les membres du comité de salut publie qui avaient des relations journalières avec Napoléon le proposèrent comme plus capable que personne de les tirer de ce pas dangereux par la promptitude de son coup d'œil et l'énergie de son caractère. On l’envoya chercher dans la ville.
Napoléon , qui avait tout entendu et savait ce dont il était question, délibéra près d’une demi- heure avec lui- même sur ce qu’il avait à faire.
» Une guerre à mort éclatait entre la Convention et Paris. Était -il sage de « se déclarer, de parlerau nom de toute la France? Qui oserait descendre « seul dans l’arène pour se faire le champion de la Convention? La vic- « toire même aurait quelque chose d’odieux, tandis que la défaite vouerait « pour jamais à l'exécration des races futures.
« Comment se dévouer ainsi à être le bouc émissaire de tant de crimes « auxquels on fut étranger! Pourquoi s'exposer bénévolement à aller > grossir en peu d'heures le nombre de ces noms qu’on ne prononce » qu'avec horreur?
« Mais, d’un autre côté , si la Convention succombe , que deviennent les « grandes vérités de notre révolution? Nos nombreuses victoires, notre
• sang si souvent versé , ne sont plus que des actions honteuses. L'étran- « ger, que nous avons tant vaincu , triomphe et nous accable de son mé-
• pris Un entourage insolent et dénaturé reparaît triomphant avec
• lui; il nous reproche nos crimes, exerce sa vengeance, et nous gouverne « en ilotes par la main de cet étranger.
« Ainsi la défaite de la Convention ceindrait le front de l’étranger, et « scellerait la honte et l'esclavage de la patrie.
« Ce sentiment, vingt-cinq ans, lu confiance en ses forces, sa destinée !.. »
It se décida, et se rendit au comité, auquel il peignit vivement l’impossibilité de pouvoir diriger une opération aussi importante avec trois représentants qui, dans le fait, exerçaient tous les pouvoirs el gênaient toutes
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les opérations du général ; il ajouta qu'il avait été témoin de l'événement 1 de la rue Vivicnne, que les commissaires avaient été les plus coupables , et s'étaient pourtant trouvés nu sein de l'assemblée des accusateurs | triomphants.
Frappé de ces raisons, mais dans l'impossibilité de destituer les commissaires suns une longue discussion dans l'assemblée, le comité, pour tout concilier, car on n’avait pas de temps a perdre, détermina de prendre i le général dans l'assemblée même. Dans cette vue, il proposa Barras a la Convention comme général en chef, et donna le commandement à Napoléon, qui, par là, se trouvait débarrassé des trois commissaires, sans qu'ils eussent à se plaindre.
Aussitôt que Napoléon se trouva chargé du commandement des forces qui devaient protéger l'assemblée , il se transporta dans un des cabinets des Tuileries où était Menou , afin d'obtenir de lui les renseignements nécessaires sur les forces et la position des troupes et celle de l'artillerie. I.’armée n’était que de cinq mille hommes de toutes armes, avec quarante pièces de canon, alors aux Sablons, sous la garde de quinze hommes. Il était une heure après minuit. Napoléon expédia aussitôt un chef d'escadron du 21' de chasseurs (Murat), avec trois cents chevaux, pour se rendre, en toute diligence, aux Sablons, et ramener l'artillerie au jardin I
des Tuileries. Un moment plus tard, il n'était plus temps. Cet officier, arrivant à deux heures aux Sablons, s’v trouva avec la tète d'une colonne
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de In section Lepelletier qui venait saisir le parc; mais il était à cheval ; on était en plaine : la section se retira ; et à six heures du matin les quarante pièces entrèrent aux Tuileries.
VI. Dispositions d'attaque et défense des Tuileries. — Depuis six heures jusqu’à neuf. Napoléon courut tous les postes, et plaça cette artillerie a la tète du pont Louis XVI , du pont Royal , de la rue de Rohon , au cul-de- | sac Dauphin, dans la rue Saint-Honoré, nu Pont-Tournant, etc., etc. ; il j en confia la garde à'des officiers sûrs. La mèche était allumée partout , et la petite armée était distribuée aux différents postes, 'ou en réserve au jardin et au Carrousel.
La générale battait par tout Paris, et les gardes nationales se formaient à tous les débouchés, cernant ainsi le palais et les jardins. I.eurs tambours portaient l'audace jusqu'à venir battre la générale sur le Carrousel et sur la place Louis XV.
Le danger était imminent, quarante mille gardes nationaux bien armés, organisés depuis longtemps, se présentaient animés contre la Convention ; les troupes de ligne, chargées de In défendre, étaient peu nombreuses, et pouvaient être facilement entraînées par le sentiment de la population qui les environnait. Iai Convention, pour accroître ses forces, donna des j armes à quinze cents individus dits les patriotes de 89. C'étaient des hommes qui, depuis le 9 thermidor, avaient perdu leurs emplois, et quitté leurs départements où ils étaient poursuivis pur l'opinion. On en forma trois butuilions, que l'on confia au général Herruyer. Ces hommes | se battirent avec la plus grande valeur. Ils entraînèrent la troupe de ligne et furent pour beaucoup dans le succès de la journée.
Un comité de quarante membres, sous la présidence de Cambacérès, et composé du comité de salut public et de sûreté générale, dirigeait toutes les affuires. On discutait beaucoup, on ne décidait rien, et le danger devenait à chaque instant plus pressant.
Les uns vouluienl qu'on [Misât les armes , et qu’on reçut les sectionnaires comme les sénateurs romains avaient reçu les Gaulois. D'autrès voulaient qu'on se retirât sur les hauteurs de Saint-Cloud, au camp de César, pour y être joint par l'armée des côtes de l'Océan. D'autres voulaient qu’on envoyât des députations aux quarante-huit sections pour leur faire diverses propositions. Pendant ces vaines discussions, et a deux heures après midi, un nommé Lafond déboucha sur le Pont-Neuf, venant de la section Lepelletier, à la tète de trois ou quatre bataillons , dans le temps qu'une autre colonne de même force venait de l’Odéon à sa rencontre : ils se réunirent sur la place Dauphine.
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l.o général Curiaux, i|ui avait élé placé au Pont-Neuf avec quatre cents lioinmes et quatre pièces do canon, ayant l'ordre de défendre les deux ! côtés du pont , quitta son poste , et se replia sous les guichets. Lu mémo temps un bataillon de gardes nationaux venait occuper le jardin de l’Infante : il se disait affectionné à la Convention , et pourtant saisissait ee poste suns ordres. D’un autre côté, Saint-Koch , le Théâtre-Français et l'hôtel de Nouilles étaient occupés en force pur la garde nationale. Les postes opposés n'éluient séparés que de douze à quinze pas. Les sectionnâmes envoyaient des femmes à chaque instant, ou se présentaient eux- ! mêmes , sans armes et les chapeaux en l'air, [mur fraterniser avec la ligne.
VII. Combat du 15 vendémiaire. — A chaque instant les affaires em- I piruieul.
A trois heures, Dunican, général des sections, envoya un parlementaire sommer la Convention d'éloigner les troupes qui menaçaient le peuple, et ' de désarmer les terroristes. Ce parlementaire traversa les postes les yeux
bandés, et avec loutcs les formes de la guerre. Il fut introduit ainsi au milieu du comité des quarante' qu’il émut beaucoup pur ses menaces :
ÜE SAINTE-IIÉLÈNE. SI*
on le renvoya vers les quatre heures. Lu nuit approchait, il n'était pas douteux qu’elle ne dût être favorable aux sectionnaires, vu le grand nombre. lia pouvaient se fuuGler de maison en maison . dans toutes les avenues des Tuileries, déjà étroitement bloquées. A peu près il la même heure, on apporta dans la salle de la Convention sept eents fusils, des I gibernes et des cartouches pour armer les conventionnels eux-mêmes comme corps de réserve ; ee qui en alarma plusieurs qui ne comprirent qu'alors la grandeur du danger où ils étaient.
Knfin, à quatre heures un quart , des coups de fusil furent tirés de l'hôtel de ÎNoailles, où s'étaient introduits les sectionnaires; les balles arrivaient jusqu'au perron des Tuileries. Au même moment la colonne Larond déboucha par le quai Voltaire, marchant sur le pont Royal. Alors on donna l'ordre aux batteries de tirer, line pièce de huit, au cul-de-sac Dauphin, commença le feu, et servit de signal pour tous les postes. Après plusieurs décharges, Saint-Roch fut enlevé, lai colonne Lafond , prise en
tète et en écharpe par l’artillerie placée sur le quai , à lu hauteur du guichet du Louvre , et à la tète du pont Royal , fut mise en déroute. La rue ! j Saint-Honoré, la rue Saint-Florentin et les lieux adjacents furent balayes. ,
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Une centaine d'hommes essayèrent de résister, un Théâtre de la Uépublique, quelques obus les délogèrenten un instant: à six heures tout était
Si l'on entendait dans la nuit, de loin en loin, quelques coups de canon, c'était pour empêcher les barricades que quelques habitants avaient cherché ù établir avec des tonneaux.
Il y eut environ deux cents tués ou blessés du côté des section noires, et presque autant du côté des conventionnels; la plus grande partie de ceux-ci, aux portes de Saint-Koch.
Trois représentants, Fréron, Uoiivet et Sieves montrèrent de la résolution.
La section des ljuinze-Vingts , faubourg Saint- Antoine , est lu seule qui ait fourni deux cent cinquante hommes à la Convention; tant ses dernières oscillations politiques lui avaient indisposé toutes les classes ; toutefois, si les faubourgs ne se levèrent point en sa faveur, du moins ils n'agirent pus non plus contre elle. Il est faux qu'on ail fait tirer à poudre au commencement de l'action ; cela n’eiit servi qu’à enhardir les sectionnâmes et à compromettre les troupes; mais il est vrai que le combat une fois engagé , le succès u'étant plus douteux , alors on ne tira plus qu’à poudre.
VIII. Le 14 vendémiaire. — Il existait encore des rassemblements de la section Lepelletier.
Le 14, au matin, des colonnes débouchèrent contre eux , par les boulevards, la rue de Richelieu et le Palais -Royal, Des canons avaient été placés aux principales avenues. Les sectionnâmes furent promptement i délogés, et le reste de la journée fut employé à parcourir la ville, à visiter les chefs-lieux des sections , à ramasser les armes et à lire des proclamations. Le soir tout était rentré dans l'ordre, el Paris se trouvait parfaitement tranquille.
Lorsque, après ce grand événement, les officiers de l'armée de l'intérieur furent présentés en corps à la Convention, celle-ci, par acclamation, nomma Napoléon général en chef de cette année, Barras ne pouvant cumuler plus longtemps le titre de représentant avec des fonctions militaires.
Le général Menou fut traduit à un conseil de guerre ; on voulait sa mort, le général en chef le sauva en disant aux juges que si Menou méritait la mort , les trois représentants qui avaient dirigé les opérations et parlementé avec les sectionnâmes lu méritaient aussi; que la Convention n’avait qu'à mettre en jugement les trois membres , et qu’alors on jugerait Menou, L’esprit de corps fut plus puissant que la voix des ennemis de Menou.
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I ji même commission condamna plusieurs individus à mort par contumace , entre autres 1 aublanc. I.e nommé Lafoud fut le seul exécuté. Ce jeune homme avait montré beaucoup de courage dans l'action ; la tète de sa colonne, sur le pont Hoyal, se reforma trois fois sous la mitraille avant de se disperser tout à fait. C'était un émigré; il n'y eut pas moyen de le sauver, quelque désir que l'on eût : l'imprudence de ses réponses déjoua constamment les bonnes intentions de ses juges.
IX. A’apo/éon commande en chef l'arméede l'intérieur. — Apres le 13 vendémiaire, Napoléon eut à organiser la garde nationale , qui était un objet de la plus haute importance, comptant alors jusqu'à cent quatre bataillons.
II forma en même temps la garde du Directoire, et réorganisa celle du Corps législatif. Ces mêmes éléments se trouvèrent précisément dans la suite une des causes de son succès à lu fameuse journée du 1 8 brumaire. Il avait laissé de tels souvenirs parmi ees corps, qu'à son retour d’Kgypte, bien que le Directoire eût recommandé à ses soldats de ne point lui rendre d’ honneurs militaires qu'il ne fût en grand uniforme, i irn ne put les empêcher de battre nu champ, de quelque manière qu'il parût
Le peu de mois que Napoléon commanda l'armée de l'intérieur se trouvèrent remplis de difficultés et d’embarras. Ce furent l'installation d'un gouvernement nouveau, dont les membres étaient divisés entre eux et souvent en opposition avec les Conseils; une fermentation sourde parmi les anciens sectionnâmes qui composaient la majorité de Paris; la turbulence active des jacobins , qui se reformaient sous le nom de société du Panthéon; les agents des étrangers et ceux du royalisme, qui formaient un parti puissant; le dise rédit des lina lices et du papier-monnaie, qui mécontentait les troupes a l'extrême ; mais, plus que tout relu encore, l'horrible famine qui, à celte époque, désola la capitale.
Dix ou douze fois les subsistances manquèrent . et les faibles distributions journalières que le gou vernement avait été contraint d’établir furent interrompues. Il fallait une activité, une dextérité peu communes pour surmonter tant d'obstacles et maintenir le calme dans la capitale, en dépit de circonstances fâcheuses et si graves.
1a société du Panthéon donuait chaque jour plus d'inquiétudes au Directoire. La police n’osait aborder cette société de front. Le général en chef lit mettre le scellé sur le lieu de ses assemblées , et les membres ne bougèrent plus tant qu’il demeura présent. Ce ne fut qu’après sou départ qu’ils parurent de nouveau , sous l’influence de Babœuf , Antonelle et autres, et éclatèrent au camp de Grenelle
Il eut souvent à haranguer à la halle, dans les rues, aux sections et dans les faubourgs; et une remarque singulière à ce sujet, c'esl que, dans toutes les parties de la capitale , le faubourg Saint- Antoine est celui qu'il a toujours trouvé le plus facile à entendre raison et à recevoir des impulsions généreuses.
Ce fut pendant le commandement de Paris que Napoléon fit la connaissance de madame de Beauharnais.
On avait exécuté le désarmement général des sections. Il se présenta à j l' État-Major un jeune homme de dix à douze ans , qui vint supplier le général en chef de lui faire rendre l'épée de son père, qui avait été général de la république. Ce jeune homme était Eugène de Beauharnais , depuis
vice-roi d Italie. Napoléon , louché de 1a nature de sa demande et des grâces de son âge, lui accorda ce qu'il demandait : Eugène se mit à pleurer en voyant l’épée de son père. Le général eu fut touché, et lui témoigna tant de bienveillance, que madame de Beauharnais se crut obligée de venir le lendemain lui en faire des remerciraents : Napoléon s'empressa de lui rendre sa visite.
Chacun connaît la grâce extrême de l'impératrice Joséphine, ses manières douces et attrayantes. La connaissance devint bientôt intime et tendre , et ils ne tardèrent pas â se marier.
X. Napoléon rsl nommé générale n chef de iarmèe dttalie. — On reprochait à Scherer, commandant de l'armée d'Italie , de ne pas avoir su
profiler <Jc sa bataille de Louuo ; depuis on éluil peu satisfait de sa cou duite. Ou voyait à son quartier général de Nice beaucoup plus d'employés | que de militaires. Ce général demandait de l'argent pour solder ses troupes et réorganiser les différents services; il demandait des chevaux pour i remplacer les siens qu'on avait laissés périr faute de subsistance : le gouvernement ne pouvait donner ni l'un ni l'autre; on lui lit des réponses dilatoires , on l'amusa par de vaines promesses. Il fit connaître alors que si l’on tardait davantage, il serait obligé d'évacuer la rivière de Gènes, de revenir sur la lloya, et peut-être même de repasser le Var. Le Directoire résolut de le remplacer.
lin jeune général de vingt cinq ans ne pouvait rester plus longtemps à lu tète de l'armée de l’intérieur. Le sentiment de ses talents et la confiance que l'armée d'Italie avait en lui le désignaient comme seul capable de la tirer delà fâcheuse situation où elle se trouvait. Les conférences qu'il eut avec le Directoire à ce sujet, et les projets qu’il lui présenta, ne laissèrent plus aucun doute. Il partit pour Nice, et le général llatri, âgé de soixante ans, vint de l'armée de 'Sambre-el -Meuse le remplacer a l'armée de l'intérieur, laquelle avait perdu son im|Jortauce, depuis que la crise des subsistances était passée et que le gouvernement se trouvait assis.
Ilaljille de Munit no lie. — Depuis l'arrivée du Réitérai eu ciief à Nice. le 28 mars 1796, jusqu'à l'armistice de Clierasque. lé 28 avril suivant : espace d'uu mois.
Il * I
I. l’ian de campagne pour entrer en halte en tournant les Alpes. — Le roi de Sardaigne, que sa position géographique et militaire a fait appeler le portier des Alpes, avait eu 1 706 des lorteresses à l'issue de toutes les i gorges qui conduisent en Piémont. Si l’on eut voulu pénétrer en Italie, en forçant les Alpes, il eut fallu s’emparer de ces forteresses ; or, les routes ne permettaient pus les transports de l'artillerie de siège ; d'ailleurs les montagnes sont couvertes de ueige les trois quarts de l'année ; ce qui ne laisse que tres-peu de temps pour le siège de ces places. On conçut l'idée île tourner les Alpes, et d entrer eu Italie précisément au point où cessent ccs hautes montagnes, et où les Apennins commencent. Le Saiut-Gothurd est le col le plus élevé des Alpes. A partir de ce col , les autres vont toujours en baissant. Ainsi le Saint-Gotliurd est plus haut que le Brenner;
; celui-ci , que les montagnes de Cadore ; les montagnes de Gadorc , que le i col de Tarvis et les montagnes de lu Carniole De l’autre coté , le Saint- Gotliard est plus liant que le Simplon ; le Simplon plus haut que le Saint- Bernard ; le Saint-Bernard plus liant que le Mont-Cénis ; le Mout-Cénis
plus baul que le col de Tende. Depuis celui-ci , les Alpes continuent de baisser toujours, et finissent enfin aux montagnes Saint-Jacques, près Savone, où commencent les Apennins. Alors la chaîne de l’Apennin se relève, et va toujours en augmentant par un mouvement inverse; de sorte que la Bochetta , les cols voisins, ceux qui séparent la Ligurie des États de Parme, In Toscane du Modenais, du Bolonais, vont toujours en s’élevant La vallée de la Madone de Savone, et les mamelons de Saint-Jacques et de Montenotte sont donc tout à la fois les points les plus abaissés des Alpes et des Apennins, celui où finissent les uns et où les autres commencent.
Savone, port de merci place forte, se trouvait placée pour servir tout à la fois de magasin et de point d’appui. De cette ville ù la Madone, le chemin est une chaussée ferréede trois milles, et de la Madone è InCarcari il y a quatre ou cinq autres milles. Ce dernier intervalle pourrait être rendu praticable à l'artillerie en peu de jours. A Carcari l’on trouve des chemins de voiture qui conduisent dans I intérieur du Piémont et du Montferrat.
Ce point était le seul par où l'on put entrer en Italie sans trouver de montagnes ; les élévations dn terrain y sont si peu de chose qu’on a conçu plus tard, sons l'Enapirc , le projet d’un canal qui aurait joint l'Adriatique à la Méditerranée , à l'aide du P<\ et d’une branche de la Bormidu , dont la source part des hauteurs qui avoisinent Savone.
En pénétrant en Italie par lue sources de la Bormidu, on pouvait se flotter de séparer cl de désunir les armées sardes et autrichiennes , puisque de là on menaçait également lu Lombardie et le Piémont. On pouvait marcher sur Milan comme sur Turin. Les Piémontais avaient intérêt à couvrir Turin, et les Autrichiens àr couvrir Milan.
IL Étal des deux armées. — L'armée ennemie était commandée par le général Beaulieu, officier distingué, qui avait acquis de la réputation dans les campagnes du Nord. Cette armée se trouvait munie de tout ce qui pouvait la rendre redoutable. L'armée française, au contraire, manquait de tout, et son gouvernement ne pouvait rien lui donner. L'armée des alliés se composait d Autrichiens , de Sardes , de Napolitains : ils se trouvaient déjà triples de l'armée française, et devaient s'accroître encore successivement des forces du pape , de Naples, de celles de Modène et de Parme.
Cette armée se divisait en deux grands corps : l'armée active autri chienne, composée de quatre divisions, d'une forte artillerie et d'une nombreuse cavalerie, accrue d’une division napolitaine, formant un total de soixante mille hommes sous les armes. L’armée active de Sardaigne,
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composée de trois divisions piéinon taises, d'une division autrichienne avant quatre mille chevaux, était commandée pur le général autrichien Colli.qui lui-mènie était aux ordres du général Iténulieu. l.e reste des j | forces sanies tenait garnison dans les places, ou défendait les cols opposes [ il l’armée française des Alpes : elles étaient commandées par le duc d' Aoste. L’armée française était composée de quatre divisions actives, j sons les généraux Mnsséna, Augercau, Laharpe et Serrurier : eliaeime de | ees divisions pouvait, l’une portant l'autre, présenter six ti sept mille hommes sous les armes. La cavalerie, de trois mille chevaux, était dans le plus mauvais état, quoiqu'elle eût été longtemps sur le Rhône pour se reî faire; mais elle y avait manqué de subsistances. L’arsenal d' Antilles et celui de Nice étaient bien pourvus, maison manquait de moyens de transports • tous les chevaux de trait avaient péri de misère. La pénurie des | | finances était telle en France, que, malgré tous les efforts du gouvernement, on ne put donner que deux mille louis en espèces nu trésor de l’armée pour l'ouverture de la campagne; il n'y avait donc rien il espérer j de lu France. Toutes les ressources désormais ne pouvaient s'attendre que i de la victoire. Ce n'était que dans les plaines d'Italieque l'on pouvait organiser les transports, atteler l'artillerie, habiller les soldats, monter la j cavalerie. On conquérait tout cela, si l'on forçait l’entrée de l'Italie. L'ar- I ruée française n’avait guère il lu vérité-que trente mille hommes, et on lui en présentait plus do quatre-vingt-dix mille. Si ces deux armées eussent eu à lutter dans une bataille générale, sans doute l'infériorité du nombre de l’armée française et son infériorité en artillerie et cavalerie ne lui eussent pas permis de résister; mois ici on pouvait suppléer au nombre par la rapidité des marches; ü l'artillerie, par la nature des manœuvres; au manque de cavalerie, par la nature des positions; et le moral de nos troupes était excellent : tous les soldats avaient fait les autres campagnes d’Italie on celles des Pyrénées.
III. Napoléon arrive à Nice. — Napoléon arriva à Nice du 2<> au 2!) mars. Le tableau de l'armée, qui lui fut présenté par Scbcrer, se trouva pire encore que tout ce qu'il avait pu s'imaginer. Le pain était mal assuré, depuis longtemps il ne se faisait plus de distributions de viande; il ne fulhiil compter que sur deux cents mulets pour les transports, et l'on ne devait pas songer à conduire plus de douze pièces de ' canon : chaque jour la position empirait. Il ne fallait pas perdre un instant, l'armée ne pouvait plus vivre où elle était, il fallait avancer on reculer.
Le général français donna des ordres pour que son armée se mit en
i. -il
mouvement. Il voulait surprendre l'ennemi dés le début de la campagne, et l'étourdir par des succès éclatants et décisifs.
Le quartier général n'nvtiit jamais qui lté Nice depuis le commencement j de la guerre : il reçut l’ordre de se rendre il Albcnga. Depuis longtemps I j toutes les administrations se regardaient comme à poste fixe, et s'occupaient bien plus des commodités de la vie que des besoins de l'année. Le général français passa la revue des troupes et leur dit : « Soldats! vous êtes
« nus, mal nourris; ou nous doit beaucoup, on ne peut rien nous donner. •• Voire patience , le courage que vous montrez au milieu de ces rochers.
* sont admirables, mais ils ne vous procurent aucune gloire. Je viens vous ■ conduire dans les plus fertiles plaines du monde. De riches provinces,
* de grandes villes seront eu noire pouvoir, et là vous aurez richesses, « honneurs et gloire. Soldais d'Italie, manqueriez-vous de courage? -
Ces discours, un jeune général de vingt-cinq ans, en qui la confiance était déjà grande par les opérations brillantes de Toulon, de Saorgio, de Savone, dirigées parlai les années précédentes, étaient accueillis par de vives acclamations.
En voulant tourner toutes les Alpes et entrer en Italie par le col deCadihonne, il fallait que toute l'armée se rassemblât sur son extrême droite; opération dangereuse, si les neiges n'eussent pas alors couvert les détouchés des Aljies. Le passage de l'ordre défensif à l'ordre offensif est une
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ilt-s opérations 1rs plus délicates. Serrurier fut placé à Garezzio, avec sa division , pour observer les camps que Colli avait sur Cevn. Masséna et Augereau furent placés en réserve à I.oano, Finale, et jusqu'à Savone. Laharpe marcha pour menacer Gènes; son avant-garde, commandée j parCervoni, occupa Vol tri. Au même moment, le général en chef lit de- ] mander au sénat de Gènes le passage de la Boelietln et les clefs de Gavi , annonçant ainsi qu'il voulait pénétrer en Lombardie, et appuyer scs I opérations sur la ville de Gènes. La rumeur fut (^gréme à Gènes; les !
' conseils se mirent en permanence.
IV. Rataillc de Monlenolte , Il avril. — Beaulieu, alarmé, court en toute hâte de Milan au secours de Gènes. Il porte son quartier général à Novi , partage son armée en trois corps. La droite, sous les ordres de ; i (’.olli , composer de Piémonlais, eut son quartier général à Leva; elle 1 fut chargée de la défense de la Stura et du Timaro. Le centre, sous les ordres de d'Argenteau, marche sur Montenotlc^Nuir couper l'armée j française en tombant sur son flanc gauche, et lui' intercepter, à Savone, j la roule de la Corniche. Ifesa personne, Beaulieu, ®vee sa gauche, couvre ! Gènes et marche sur Voltri. Au premier aspect, ces dispositions |>arais- ■ saient bien entendues; mais, en étudiant mieux les circonstances du pays, i | on découvre que Beaulieu divisait ses forces, puisque toute communica- ; tion directe était impraticable entre son centre et sa gauche, autrement que par derrière les montagnes; tandis que l'armée française, au con- i traire, était placée de manière à se réunir en peu d'heures, et tomber en j masse sur l'un ou l’autre des corps ennemis; et, l’un d'eux fortement j battu , l'autre était dans l’absolue nécessité de se retirer, j I lx- général d'Argenteau , commandant le centre de l'armée ennemie , vint camper ù Monlenolte- Inférieure, le !l avril. Le 10, il marcha sur Monte-Lcgino, pour déboucher par la Madone. Le colonel Bum|K>n, qui | j avait été chargé de lu garde des trois redoutes de Montc-Legino, ayant eu avis de la marche de l’ennemi, poussa une forte reconnaissance à sa ren- | I contre. Sa reconnaissance fut ramenée depuis midi jusqu’à deux heures, qu'elle rentra dans les redoutes. D'Argenteau essaya de les enlever d'emblée; il fut repoussé dans trois attaques consécutives : il y renonça, j j Comme scs troupes étaient fatiguées, il prit position, et remit au leudemain à tourner ces redoutes pour les faire tomber. Beaulieu, de son côté, déboucha le 9 sur Gènes. Toute la journée du 10, Ixharpesc trouva engagé avec ses avant-gardes en avant de Voltri, pour lui disputer les gorges j et le contenir. Mais le 10 au soir, il se replia sur Savone, et le 1 1, à lu pointe du jour, il se trouvait, avec toute su division, derrière Bampon et ; J
MEMO III AL
les redoutes de Moiite-Lcgino. Dans celte même nuit du 10 au 11, le général en chef marcha avec les divisions Massénn et Augenau, par le col Cadihonne, cl dehouchn derrière Montenotle. A la pointe du jour,
d'Argenleau, enveloppé de tous rôles, lui attaqué en léle |iar (tampon
el Laluirpe, en queue et en liane par le général en chef. La déroute fut complète; tout le corps ded'Argenteau fut écrasé, dans le même temps que Kruuliru se présentait il Vol tri, où il ne trouvait plus personne. Ce ne fut que dans la journée du 1 1 que le général apprit le désastre de Montenotte et l’entrée des Français dans le Piémont. Il lui fallut alors replier en toute lutte ses troii|>rs sur elles-mêmes, el repasser les mauvais chemins où les dispositions de son plan l'avaient forcé de se jeter. Il s'ensuivit que, trois jours après, à la bataille de Millésime, une (tarliu seule de ses troupes put arriver à temps.
V. Bataille de MHUtimn, I l avril. — Le 12, le quartier général de l'armée française était ùCaivari ; l'armée battue s'était retirée: lesPiémoutais sur Millésime, et les Autrichiens sur Dégo.
Ces deux positions étaient liées par une division piémonlaisequi devait occuper les hauteurs de Biestro.
A Millésime , les Piémontais se trouvaient à cheval sur le chemin qui couvre le Piémont; ils furent rejoints par Coll i avec tout ce qu'il put tirer de la droite.
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A Dégo, les Autrichiens oern|Hiieiit la position qui dérend le chemin d'Acqui, route directe du Milanais ; ils furent successivement rejoints par tout ce que Beaulieu put ramener de Vol tri : ils sc trouvaient In en position de recevoir tous les renforts que pourrait leur fournir la Lombardie. Ainsi les deux grands débouchés du Piémont et du Milanais étaient couverts : l'ennemi se flattait d'avoir le temps de s'y établir et de s'y retrancher.
Quelque avantageuse que nous uit été la bataille de Montenotte, l'ennemi avuit trouvé dans la supériorité du nombre de quoi réparer ses pertes ; mais, le surlendemain 14, la bataille de Millésimo nous ouvrit les deux routes de Turin cl de Milan.
Augereau, formant la gauche de l'armée française, marcha sur Millésimo; Masséna, avec le centre, se |x>rta sur Dégo, et I-nharpe, commandant la droite, cheminait sur les hauteurs de Cairo. L'ennemi avait appuyé sa droite, en faisant occii|>cr le mamelon de ('.osseriu qui domine les deux branches de la Bormida ; mais dés le 15 le général Augereau, qui n'avait pas donné à la lia taille de Montcnulte, poussa lu droite de l'ennemi
avec tant d'impétuosité, qu’il lui enleva les gorges de Millésimo, et cerna le mamelon de Cosseria. Provern, avec son arrière-garde, forte de deux mille hommes , fui coupé. Dans une position uussi désespérée, il paya d'audace : ce général se réfugia dans un vieux castel ruiné et s'y barricada.
M KM OUI Al.
! I)o cette liimtcur, il voyait In droite de l'armée sarde <|tii faisait des dis- |M)sitions ]h >11 r la lia taille du lendemain, où il esj>érait être dégagé. Toutes I les troupes de Colli, du camp de Ceva, devaient être arrivées dans la nuit. On sentait donc l'importance dé s'emparer, dans la journée, du château deCosseria ; mais ce poste était fort : on y échoua. Le lendemain les deux armées en vinrent aux mains. Massénn et Lnharpc enlevèrent Dégo apres un combat opiniâtre ; Ménarscl Joubcrt, les hauteurs de lîiestrn. Toutes les atlimues de Colli pour dégager Cosseria furent vaines; il fut lwtlu et poursuivi ré|>ée dans les reins : alors Provcrn dut |>oser les armes. L'ennemi, vivement poursuivi dans les gorges de Spigno, y laissa une partie de son artillerie, beaucoup de drapeaux et de prisonniers, la séparation des deux armées autrichienne et sarde fut dès lors bien marquée. Itcaulicu porta son quartier général à Aoqui, route du Milanais, et Colli se porta à Ceva, |>our s'opposer à la jonction de Serrurier et couvrir Turin.
VL Combat de üégo, L‘i août. — Cependant une division de grenadiers autrichiens, qui avait été dirigée de Yoitri pur Sossello, arriva à trois heures du mutin à Dégo. I.a position n'éluit plus oeciipée que par desavantgardes. Ces grenadiers enlevèrent donc facilement le village, et l'alarme fut grande au quartier général français, où l’on avait peine à comprendre comment lesennemispouvaientètreii Déso, lorsque nousa vionsdesavanlpostes sur la route d'Acqui. Après deux heures d'un conduit très-chaud, Dégo fut repris, et la division ennemie presque entièrement prisonnière.
Nous perdîmes dans ces affaires le général Panel à Millésime, et le général Causse à Dégo. Ces deux officiers étaient de la bravoure lu plus brillante; ils venaient tous les deux de l'armée des Pyrénées-Orientales, et il étaità remarquer qurles officiers qui arrivaient de cette armée montraient une impétuosité et un courage des plus distingués. C'est dans le village de Dégo que Napoléon distingua, pour la première fois, un chef de balaillon qu'il fit colonel : c'était Lan nés qui, depuis, fut maréchal de l'empire, duc de Moulcbello, et déploya les plus grands talents. On le verra constamment dans la suite prendre lu plus grande part à tous les | événements militaires.
| Le général fiançais dirigea alors ses opéra lions sur Colli et le roi de j Sardaigne, et se contenta de tenir les Autrichiens en échec. Lnharpc fut I placé en observation près de Dégo, pour garantir nos derrières et tenir en respect Beaulieu , qui, Irès-affaihli, ne s'occupait plus qu'à rallier et réorganiser les débris de son armée. La division Uibnrpe, obligée de demeurer plusieurs jours dans cette position, s'y trouva vivement
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tourmentée par le défaut île subsistances, vu le mun<|iie do trnns|K»i*lK cl l'épuisement du pays où avaient séjourné tant de troupes; ee qui donna lieu à quelques désordres.
Serrurier, instruit à Curossio des batailles de Montenotle et de Millésimo, se mil en mouvement, s'empara de la hauteur de Saint-Jean, et entra dans Ceva le même jour qu'Augereau arrivait sur les hauteurs de Montezemoto. Le 17, aprèsquelques Itères affaires, Colli évacua le camp retranché de Ceva, les hauteurs de Montezemoto, et se retira derrière la Cursaglia. Le même jour, le général en chef porta son quartier général ii Ceva. L'ennemi y avuit laissé toute son artillerie qu'il n'avait pas eu le temps d'emmener, et s'était conlenléde laisser garnison dans lechAteau.
Ce fut un spectacle sublime que l’arrivée de l'armée sur les hauteurs de Montezemoto ; de là se découvraient les immenses et fertiles plainesdu
Piémont. Le Po, le Tanuro et une foule d'autres rivières serpentaient au loin ; une ceinture blanche de ueige et de glace, d’une prodigieuse élévation , cernait à l'horizon ce riche bassin de la terre promise. Ces gigantesques barrières, qui paraissaient les limites d'un autre monde, que la natures'était plu à rendre si formidables, auxquelles l'art n'avait rien épargné, venaient de touiller comme par enchantement. « Annihal a forcé les « Alpes, dit le général français en fixant ses regards sur ces montagnes ;
! » nous, nous les aurons tournées. • Phrase heureuse, qui exprimait en
doux mots la («'nsec et le résultat de lu campagne.
L'armée passa leTnnaro. l’ourla première fois, nous nous trouvions absolument en plaine, et la cavalerie put alors nous être de <|uel(|itr secours. Le général Stengel , qui la commandait, passa la Cursuglin à | l,C7.egno , et battit lu plaine. Le quartier général fut |H>rté nu ebiHeuu de j | Le/.egno, sur In droite de la Cursaglia, près de l'endroit où elle se jette ! dans le Tunaro.
VIL Combat de Saint-Michel , bataille de Mondori, 20 et ihi avril. —
Le général Serrurier réunit ses forces il Sainl-Miebel. Le 2t), il passe le jHiiil de Soint-Miebel en même temps que Masséna passait lé Tunaro pour ntbii|uer les Piémontais. Mais Colli, jugeant le danger de sa position , abandonna le confluent des deux rivières, marcha lui-même pour prendre pisition ù Mondovi. II se trouva, par une circonstance fortuite, avec i ses forces, précisément devant Saint-Michel, comme le général Serrurier débouchait du pont. Il lit balte, lui op|K>sa des forces supérieures et le força de se replier. Serrurier se fût pourtant maintenu dans Saint-Michel,
I si un de ses régiments d'infanterie légère ne se fût livré nu pillage. Le général français déboucha, le 22, par le pont deTorre, et se porta sur Mondovi. Colli y avait déjà élevé quelques redoutes, et s’y est trouvé en position ; sa droite à Notre-Dame de Vieo, et son centre à la Bicoque. Dans lu journée même. Serrurier enleva la redoute de lu Bicoque, et décida de In bataille, qui a pris le nom de Mondovi. Cette villeet tous ses magasins tombèrent au pmvoir du vainqueur.
Le général Stengel, qui s'était trop éloigné en plaine avec un millier de chevaux, fut attaqué par les Piémontais, doubles en force. Il lit toutes les dis|Misitions qu'on devait attendre d'un général consommé, et o|>érnit sa ! retraite sur ses renforts, lorsque, dans une charge, il tomba blessé ù mort ! d'un coupde pointe. l.e général Mural, à la tète de la cavalerie, repoussa les Piémontais et les pnirsuivit à son tour pendant quelques heures. Le général Stengel, Alsacien, était un excellent officier de hussards : il avait servi sous Dumouriez aux campagnes du Nord, était adroit, intelligent, alerte; il réunissait les qualités de In jeunesse à celles de l'âge avancé ; l e’ébiit un vrai général d'avant-postes. Deux ou trois jours avant sa mort, il était entré le premier dans Le/.egno. général français y arriva qucl- ! ques heures après, et, quelque chose dont il eût besoin, tout était prêt.
1 Les défilés, les gués niaient été reconnus ; des guides étaient assurés ; le curé, le maître de poste avaient été interrogés ; des intelligences étaient déjà liées avec les habitants ; des espions étaient envoyés dans plusieurs
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