‹ Mémorial de Sainte-HélèneChapitre 36 sur 51 · partie de l’administration publique · texte numérisé non relu

partie de l’administration publique

» Eli fructidor il forma , avec Itevvbell et Iji Keveillère-l.epaux, la ■■ majorité contre Carnot et Itarthéleini ; après cette journée, il fut en » apparence l'homme le plus considérable du Directoire; mais en *• réalité c'était Itevvbell qui avait la véritable influence des affaires.

" Barras soutint constamment en publie le rôle d’un ami chaud de » N’a|ioléonXLors du ôO prairial, il eut l'adresse de se concilier le » parti dominant dans l'assemblée, et ne partagea pas la disgrâce de « ses collègues.

« La Revtillirt-Lepaux, natif d'Angers, était de la très-petite bout-- •

- geoisie, petit, bossu, de l'extérieur le plus désagréable qu'on puisse » imaginer : c'était un véritable Ésope. Il écrivait passablement . son " esprit était de peu d'étendue, il n'avait ni l'habitude des affaires ni la

connaissance des hommes. 11 fut alternativement dominé, selon les

- temps, par Carnot et Revvbell. Le Jardin des Plantes et la thcophilan- « ihropir, nouvelle religion dont il avait la manie de vouloir être fon- « dateur, faisaient toute son occupation. Du reste, il était patriote chaud « et sincère, honnête homme, citoyen probe et instruit; il entra pauvre « nu Directoire et en sortit pauvre. La nature ne lui avait accordé que « les qualités d'un magistrat subalterne. »

Napoléon, après son retour de l'armée d'Italie, se trouva, sans qu'il en pùt deviner la cause, l'objet tout particulier du soin, de l'attention ! et des cajoleries du directeur La llcvcillère, qui un jour lui offrit un dîner strictement en famille, et cela, disait-il, pour être plus ensemble.

Le jeune général l’accepta ; et en effet il ne s'y trouvait que In femme et la fille du directeur ; et tous les trois, par parenthèse, disait l'Empereur,

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étaient trois ehefs-d’ceuvre de laideur. Après le dessert, les deux femmes se retirèrent, et la conversation devint sérieuse. Iji Itevcillère s'étendit

longuement sur les inconvénients de notre religion, la nécessité néan- j moins d’en avoir une, et vanta eu grand détail les avantages de celle i|u'il prétendait instituer, la ihéophilanthrnpir. « Je commençais à trou- « ver, disait l’Empereur, la conversation longue et un |>eu lourde,

« quand tout à coup, se frottant les mains avec satisfaction et d’un air " malin : l)e quel prix serait pourtant une acquisition comme la votre ! i

de quelle utilité, de quel |>oids ne serait |>as votre nom ! et comme cela » serait glorieux pour vous ! Allons, qu’en |icnses-vous? I.e jeune géné- •• ral était loin de s’attendre à une parejlle proposition ; toutefois il ré- | « pondit avec humilité qu’il ne se sentait pas digne d'un tel honneur ;

" et puis, que dans les routes obscures il avait |H>nr principe de suivre « ceux qui le devançaient; qu'ninsi il était résolu de faire là-dessus " comme avaient fait son père et sa mère, line réponse si positive lit « bien voir nu grand prêtre qu'il n’y avait rien a faire, et il en demeura « là; mais aussi, depuis, plus de petits soins ni de cajoleries pour le " jeune général.

<• Hewbell, disait l'Empereur, natif d'Alsace, était un des meilleurs «avocats de Colmar. Il avait de l'esprit, esprit qui caractérise un bon « praticien ; il influença presque toujours les délibérations, prenait

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