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l'i'il fui avoir des suites si importantes, si elle eût été soutenue, ainsi que rein avait rie décidé; ri rnlin mi grand nombre d'autres.
HiHii.tns ilr l'Eii»|MTrtir. - N*|n»ltV»n |mii i'mihiu tir m maiM>u mftiM*. - Sr*. itltVs rrlijiriN'»,
V«Hrrili 7. •uiw.li M.
Dans une longue conversation privée <lu malin, l’Empereur aujourd'hui revenait sur Inities les horreurs de notre situation présente, el épuisait les ehances d'un meilleur avenir.
A la suite de tous ees objets, que je ne puis rendre iei, s'nhandnnnanl il son imagination, il disait qu’il n'y avait plus pour lui de séjour que l’Angleterre el l'Amérique. Celui de son inelination, disait-il , serait l'Amérique, parer qu'il y serait vraiment libre, et qu'il n'aspirait plus qu'a l'indépeildniire et au ro|ms: et il faisait alors son roman. Il se voyait pris de son frère Joseph, entoure d'une petite France, etc., etc.
Toutefois la politique, remarquait-il , pouvait décider pour l'Angleterre. Il devait demeurer peut-être l'esclave des événements. Il se «levait, après tout, à un peuple qui avait fait plus pour lui qu’il ne lui avait rendu liii-mèmc à son tour, etc. Et alors il faisait encore son roman, etc., etc.
De là, la conversation allant toujours, l'Empereur ne revenait pas île s'être convaincu que beaucoup de ceux qui l’entouraient et qui formaient sa cour croyaient la plupart des absurdités et des balivernes qui araientété débitées sur son compte, el allaient jusqu'à douter de la fausseté des horreurs dont on souillait son caractère, Qn’ainsi nous le croyions cuirassé au milieu de nous, soumis aux pressentiments et au fatalisme, sujet à des accès de rage ou d’épilepsie; ayant étranglé Pirhe-
gm, fait couper le cou à un petit capitaine anglais, etc Et sa sortie
contre nous étajt en quelque sorte méritée; nous étions obligés d'en convenir; seulement nous avions à répondre que bien des circonstances se réunissaient pour que le gros de son entourage d'alors demeurât encore le vulgaire. Nous apercevions souvent sa personne, disais-je; mais nous n'avions jamais aucune communication avec lui : tout demeurait j mystère pour nous. Aucune voix ne s’élevait pour réfuter, tandis qu'il en éjait une foule dans l'ombre, et quelques-unes des plus rapprochées de luit-qui, par travers d'esprit ou mauvaise intention, ne semblaient | • occupées qu’à insinuer sans cesse. Quant il moi, je confessais de bonne foi n'avoir en d'idée certaine de son caractère qu'iei, bien que j'eusse à me féliciter de l'avoir réellement en partie deviné. « Et pourtant,
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; « répliquait-il à cela, vous m'avez vii et entendu souvent au Conseil , ! « d’Klat. « ,
I.esoir. après le iliiuT', lu conversation tomliu sur lu religion. l.'Kin- |ieretir s’y est arrêté longtemps. 4«* vuis en transcrire ici avec soin le ré- ■ siimé, en mine tout ù fuit caractéristique sur un point <|tii u dti exercer sans limite souvent lu curiosité de plusieurs.
l.'Kmpereur, apres un mouvement très-vif et Ires-eliaud, a dit : « Tout « proclame l'existence d’un Dieu, c'est indiiliilnlile ' ; mais loutes nos re- - liftions soutévideininent les enfants des hommes. Pourquoi y en avait-il i i | « tant'/ |Hiurqiioi lu nôtre n'avuit-elle pus toujours existé? |toiiri|in>i étnit-
« elle exclusive? que devenaient les hommes vertueux qui nous avaient 1 « devancés? pourquoi ces religions se décriaient-elles, se eomhultuient- " elles, s'exterminaient-elles'/ pourquoi cela avait-il élude tous les temps, i j « de tous les lieux? C'est que les hommes sont toujours les hommes,
« c'est que les prêtres ont toujours glissé partout lu fraude et le men- « songe. Toutefois, disait l'Empereur, des que j’ai eu le pouvoir, je me « suis empressé de rétablir la religion, .le m'en servais comme de hase
• et de racine. Elle était il mes yeux l’appui de la Itonne morale, des « vrais principes, des lionnes nui'urs. Kt puis l’inquiétude de riiomme
I » est telle, qu'il lui faut ce vague et ce merveilleux quelle lui présente.
; « Il vaut mieux qu’il le prenne là que d'aller le chercher elles Caglioslro. j
■•elle/, mademoiselle Lcnornuiml, elle* toutes les diseuses de lionne « aventure et che* les fri|ums. » Quelqu'un ayant osé lui dire qu'il |h m r- ; rail se faire qu’il linit par être dévot, rEni|iereur a réjtondu, avec, l'air ,
1 de conviction, qu'il craignait que non, e.t qu’il le prononçait à regret ; {
car c’était sans doute une grande consolation; que toutefois son incrédulité ne venait ni de travers ni de lihcrlinagc d’esprit, mais seulement de la force de sa raison. « Cependant, ajoutait-il, l'homme ue doit jurer « de rien sur tout ce qui concerne ses derniers instants. En ce moment, j «sans doute, je crois bien que je mourrai sans confesseur ; cl néan- | « moins voiti) un tel, montrant l’un de nous, qui me confessera pcnl-
' Depuis mim retuur en Kim')*-1, je Uen.de VI. iSvè'jiii' Grégoire tpi'eu pin* for! de U cri*** du I concordat, mandé avant le jour A la Malmalson, quand il > arriva, le Premier Consul se promenait déjà i dans uiu* allé»*, discutant vivement avec I** téiulcnr Volncy. • Oui, Monsieur, lui disait-il , on dira ce
• qu'on voudra, mais il faut au peuple une religion , et surtout de la croyance ; et quand je dis le |w*u-
! « pie. Monsieur, je ne prétends pas enroredire assez, car moi-même, » et il élenilait en cet instant
1 se* liras avec une e*|iécc d’inspiration enthousiaste vers le soleil qui précisément en cet instant
« apparaissait radieux à l'horizon, • moi-même, exprimait-il avec eliaieur, à la vue d'un tel spectacle, j • je me surprends à être ému , entraîné , convaincu. » Et se tournant vers l'abbé Grégoire, il lui dit t
• Et vous. Monsieur, qu'en dites-vous? » A quoi celui-ci n'eut qu’à répondre qu'un pareil spectacle était
• bien fait pour donner lieu aux plus sérieuses et aux plus féoondes méditations.
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« être. Je suis bien loin d'être alliée, assurément; mais je ne puis croire » tout ce que l'on m'enseigne en dépit de ma raison, sous peine d'ètre » faux et hypocrite.
" Sous l’empire, et surtout après le mariage de Marie-Louise, on lit « tout au monde pour me porter, à la manière de nos rois, à aller en « grande pom|>e communier à Notre-Dame ; je m'y refusai tout à fait ; »je n’v croyais pas assez, disais-je, (mur que ce put m'ètrc bénéficie), » et je croyais trop encore |iour m'exposer froidement à un sacrilège.» A cela, comme on citait <|iicli|u'un qui s'était vanté cil quelque sorte de n'avoir pas fait sa première communion : » C'est fort mal a lui. a re- » pris l'Cmpereur : il a manqué là à son éducation, ou l'on s'est rendu » coupable vis-à-vis d'elle. » Puis continuant son sujet : » Dire d'où je " viens, ce que je suis, où je vais, est au-dessus de mes idées, et pourtant » tout cela ist. Je suis la montre qui existe et qui ne se connait pas. » Toutefois le sentiment religieux est si consolant, que c'est un bienfait » du ciel que de le posséder. De quelle ressource ne nous serait-il pas « ici Y quelle puissance |>ourraicnt avoir sur moi les bommes et les cho- » ses, si, prenant en vue de Dieu mes revers et mes peines, j’en atlen-
« dais le bonheur futur pour récompense!' A quoi n 'aurais-je pas
» droit, moi qui ai traversé une carrière aussi extraordinaire, aussi « orageuse, sans commettre un seul crime; et j’ai pu tant en commettre! « Je puis paraître devant ce tribunal de Dieu, je puis attendre son juge- » ment sans crainte. Il n’entreverra jamais au dedans de moi l'idée de « l'assassinat, de l'empoisonnement, de la mort injuste ou préméditée, » si commune dans les carrières qui ressemblent à la mienne. Je n'ai « voulu que la gloire, la force, le lustre de la France; toutes mes facul- » tés, tous mes efforts, tous mes moments étaient là. Ce ne saurait être » un crime, je n’ai mi là que des vertus ! Quelle serait donc nia jouis- » sauce, si le charme d'un avenir futur se présentait .à moi pour cou- » ronner la (in de ma vie, etc. »
Plus loin, il disait : « Mais comment pouvoir être eon-
» vaincu pur la bouche absurde, par les actes iniques de la plupart de « ceux qui nous prêchent ? Je suis entouré de prêtres qui me répètent » sans cesse que leur règne n'est pas de ce monde, et ils se saisissent de » tout ce qu’ils peuvent. Le pape est le chef de cette religion du ciel, et » il ne s'occupe que de la terre. Que de choses celui d’aujourd’hui, qui » assurément est un brave et saint homme, m'offrait pour retourner à » Home! La discipline de l'Église, l'institution des évêques, ne lui étaient » plus rien, s'il pouvait à ce prix redevenir prince temporel. Aujour-
Il K SA IN T R -II Kl. EN E.
« d’hui même, il est l’ami de tous les protestants, qui lui accordent tout « parce qu'ils ne le craignent pas. Il n'est l’ennemi que de l'Autriche « catholique, parce que celle-ci serre de près son territoire, ete.
« Nul doute, du reste, continuait-il encore, que mon
« espèce d'incrédulité ne fût, en ma qualité d’Empereur, un bienfnil « pour les peuples ; et autrement, comment aurais-je pu exercer une « véritable tolérance ? comment aurais-je pu favoriser avec égalité des ! « sectes aussi contraires, si j'avais été dominé par une seule? comment « aurais-je conservé l'indépendance de ma |iensée et de mes roouve- « ments, sous la sugg<“slion d'un confesseur qui m'eût gouverné par les «craintes de l'enfer? Quel empire un méchant, le plus stupide des « hommes, ne peut-il pas, à ce titre, exercer sur ceux qui gouvernent « les nations? N'est-ce pas alors le moueheur de chandelles qui, dans « les coulisses, peut faire mouvoir à son gré l’Hercule de l'Opéra ? Oui « doute que les dernières années de Louis XIV n'eussent été bien dif- « férentes avec un autre confesseur? J'étais tellement pénétré de ces « vérités, que je me promettais bien d* faire en sorte, autant qu'il eût « été en moi, d'élever mon lils dans la mémo ligne religieuse où je me ! « trouve, etc., etc. »
L’Empereur a terminé cette conversation en envoyant mou lils cher- 1 cher l'Evangile, et le prenant au commencement, il ne s'est arrêté qu'a- 1 près le discours de Jésus sur la montagne. Il se disait ravi, extasié du lu pureté, du sublime et de la beauté d’une telle morale, et nous l’étions de même.
I Portrait tir* «lirrctcur*.— Anecdote*. -I* frurtldnr.
Ihwinrhr 9.
L'Empereur a beaucoup parlé de lu création du Directoire; il l’avail installé, se trouvant alors commandant en chef de l'armée de l'in té- , rieur. Cela La conduit à passer en revue les cinq directeurs dont il a donné le portrait et le caractère. Il a peint leurs ridicules et leurs fautes, ce qui a conduit aux événements de fructidor, et a fourni un grand nombre de choses fort curieuses. Voici ce que j’en ai recueilli, partie de ses conversations perdues, partie de ses dictées sur les campagnes d’Italie.
« Marras, disait l'Empereur, d'une des bonnes familles de Provence,
« était officier au régiment de l'Ile-de-France; à la révolution, il fut « nommé député à la Convention nationale par le département du Var.
« Il n’avait aucun talent pour la tribune, et nulle habitude de travail.
• Après le 51 mai, il fui nomme, avec Kreron, commissaire a l'urinée j "d'Italie et en Provence, alors loyer de la guerre civile. De retour à
« Paris, il se jeta dans le parti thermidorien ; menacé par Itohespierre, ■ ainsi que Tullien et tout le reste du parti de Danton, ils se réunirent,
I « et tirent la journée du !) thermidor. Au moment de la crise, la Con-
• vention le nomma |>our marcher contre la commune, qui s'était in-
[ < surgée en faveur de Robespierre; il réussit.
» Cet événement lui donna une grande célébrité. Tons les thermido- • riens, après la chute de Itohespierre, devinrent les hommes de lu
■ France.
« Le 12 vendémiaire, au moment de la crise, on imagina, pour se dé- { I
■ faire subitement des trois commissaires près de l'année de l’inté-
« rieur, de réunir dans sa personne les pouvoirs de commissaire et 1 » ceux de commandant de cette armée. Mais les circonstances étaient
■ trop graves pour lui, elles étaient au-dessus de ses forces : Barras n'a- l
» vuit pas fait la guerre, il avait quitté le service n'étant que capitaine ; i
« il n'avait d’ailleurs aucune connaissance militaire.
« Les événements de thermidor et de vendémiaire le portèrent au
• Directoire : il n'avait point les i|iialités nécessaires pour cette place ; il » lit mieux que ceux qui le connaissaient n'attendaient de lui.
« Il donna de l’éclat il sa maison ; il avait un train de chasse, et fai- | « sait une dépense considérable. Quand il sortit du Directoire, au
■ 18 brumaire, il lui restait encore une grande fortune; il ne la dissi- » Huilait pas. Cette fortune n’était pas, il s’en faut, de nature à avoir " influé sur le dérangement des finances; mais la manière dont il l’avait » acquise, en favorisant les fournisseurs, altéra la morale publique.
« barras était d’une haute stature ; il parla quelquefois dans des mo- » iiicnts d'orage, et sa voix couvrait alors la salle. Ses facultés morales « ne lui permettaient pas d'aller au delà de quelques phrases. I.a passion
■ avec laquelle il parlait l'aurait fait prendre pour un homme de réso- •• lulion, il ne l'était point; il n'avait aucune opinion faite sur aucune