‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 2 sur 89 · II. H · texte numérisé non relu

II. H

5S Ml. MO MAI.

passage des blessés, elle voulait gagner Brescia; mais elle se trouva arrêtée par l'ennemi déjà à Ponte- Marco. Dans l'inquiétude, l'agitation du moment, la crainte la saisit, et elle pleura beaucoup en quittant son mari, qui lui dit en l'embrassant avec une sorte d'inspiration : « Wiirm- « ser va payer cher les pleurs qu'il te cause! ■ Klle fut obligée de longer

en voiture, et de très-près, le siège «le Mail loue. On tira sur elle de la plaie, et quelqu'un de sa suite fut même atteint. Elle traversa le Pô, Bologne , Ferrure, et gagna I.ucques, poursuivie par la crainte et les mauvais bruits qui volaient d'ordinaire autour de nos armées patriotes, mais soutenue intérieurement par son extrême cou lin lire en l'étoile de son mari.

Telle était pourtant déjà l'opinion de l'Italie, ol»servait l'Empereur, et les sentiments imprimés par le général français, qu'en dépit de la crise du moment et de tous les faux bruits qui l'accompagnaient, sa femme fut reçue à Lucques pur le sénat, et traitée par lui comme l'eût été la plus grande princesse : il vint la complimenter, et lui présenta les huiles d'honneur ; il eut lieu de s'en applaudir. Peu de temps après, les

courriers annoncèrent les prodiges de son mari el l'anéantissement de \Y h miser.

L'Empereur a déjeuné sous la (ente ; il y a travaillé le chapitre de lu Bien lu, où l'audace des entreprises, la multitude descomliaLs, le prodige des liuuts faits, semblent appartenir bieu plus aux lietions du Tusse qu'aux vérités de nos temps modernes.

A trois heures il est monté en calèche. Le gouverneur s'était présenté durant notre promenade; il eût désiré parler à l'Empereur au sujet, croit-on, de la Tète du prince régent, qui est lundi prochain, 12 du courant, et le prévenir des salves que eette circonstance occasionnera un camp, si près de nous. D'un autre côté, on dit qu'il a donné l'ordre de ne fournir que la table de l'Empereur, et de faire un compte particulier |K>ur chucun de nous, trouvant la dépense fort nu-dessus de son crédit Cela esté peine croyable; toutefois nous verrons.

CattMrkH ll.-<;ar«lci imiicriaU-s.-l'aul l". rie- Hrojrt sur l'l:iJc. clc.

L'Empereur a été souffrant et a pris un bain. Sur les trois heures, il

s'est promené et a demandé la calèche. Il venait de lire l'histoire de Catherine. « C'était une maîtresse femme, disait-il : elle était digne d'avoir « de la barbe au menton. Im catastrophe de Pierre, celle de Paul, étaient « des révolutions de sérail, des coups de main de janissaires. Ces mi- « lices de palais sont terribles, ajoutait-il, et d'autant plus dangereuses « que le souverain est plus absolu. Ma garde impériale aussi eut pn deve- « nir fatale sous une antre main que la mienne. »

L'Empereur disait que lui et Paul avaient été au mieux ensemble. Lors de la catastrophe de celui-ci, dans laquelle, du reste, le publie n'a épargné ni les siens ni ses alliés. Napoléon complotait, ajoutail-il, précisément en ce moment-là même avec lui une expédition des Indes, et il l'eut certainement porté à l'exécuter. Paul lui écrivait très-souvent et fort au long : sa première communication avait été curieuse et originale. « Citoyen Premier Consul , lui avait-il écrit de sa main, je ne « discute point le mérite des droits de l'homme; mais quand une nation » met à sa tète un homme d'un grand mérite et digne d'estime, elle a un ■ gouvernement, et la France en a désormais un à mes yeux, etc., etc. »

Au retour, nous avons trouvé l'amiral et sa femme ; l'Empereur les a fait monter en calèche, et a fait un lourde plus; il s'est ensuite promené quelque temps d'une manière tout à fait gracieuse avec lady Malcolm.

l'Empereur éréqne . rte. - !« a*ait jamafe «nattcrl Je I wlnnuc

Après le déjeuner sous la tente et quelques tours de jardin, l'Empereur a fait une dernière lecture du chapitre d'Aréole : on le trouve dans ce Recueil.

Durant notre tour en calèche : « C'est dimanche, a fait observer quel- !

• qu'un. Nous aurions la messe, a dit l'Empereur, si nous étions en pays « chrétien, si nous avions un prêtre, et cela nous eût fait passer un in-

• stantde la journée. J'ai toujours aimé le son des cloches de campagne,

• disait-il. II faudrait se décider, ajoutait-il gaiement, à faire un prêtre « parmi nous : le curé de Sainte-Hélène. — Mais comment l'ordonner, i a-t-on dit, sans évèque? — Et ne le suis-je pas, a repris l'Empereur, » n'ai-je pas été oint du même chrême, sacré de la même manière? « Clovis et ses successeurs n'avaient-ils pas été oints dans le temps avec « la formule de Rex Chrittique aacerdos? N'était-ce pas là réellement de « vrais évèques ? La jalousie et la politique des évéques et des papes n'ont-

• elles pas seules amené depuis la suppression de cette formule, etc.? » A dîner, je ne mangeais pas; l'Empereur a voulu en connaître la

cause. J'avais un jirand mal d'estomac, souffrance ù laquelle je disais être fort sujet. « Je suis plus heureux que vous, a observé l'Empereur ; « de ma vie je n'ai senti ma tète ni mon estomac. » L'Kmpereur se répétait volontiers ; aussi a-l-il prononcé ces mêmes paroles peut-être dix, vingt, trente fois au milieu de nous en différents moments '.

Campagne de («09. alite tic Wagram : espace de sis mois.— Klal de ITtirope.- Plans dHa cinquième eoalilion.- Machination» inttoenre».- Bataille dTxkmolh.- Belle» leçon* de stratégie. - Réflexion* ; amséqiience*.- Bataille d'EssUng. - Bataille de W agram.- Trailé de vienne . le M octobre.

l**k is.

l/Empereur a pas^é In matinée dans son liain à lire les journaux des Débats de mars et d'avril, venus hier par In voie du Cap. l/Empereur s'en est fort occupé : ils lui laissaient beaucoup d'agitation.

En général, depuis que l'Empereur avait reçu des livres et surtout les Moniteurs, il demeurait beaucoup plus chez lui, il sortait à peine : plus de cheval , pas même la calèche; à peine respiraii-il quelques instante dans le jardin ; il ne s'en |iorlnit pas mieux ; ses traits et sa santé s'altéraient visiblement.

Aujourd'hui je l'ai trouvé lisant les Croisades de Michaud , qu'il a quittées pour parcourir les Mémoires de Itezenval. Il s'est arrêté sur le duel de M. le eomtc d'Artois et du duc de Bourbon; il en trouvait les détails curieux, mais bien loin de nous. « Il est difficile, disait-il, devoir • des temps plus rapprochés et des menues aussi différentes. »

Dans le cours des conversations du jour, il est arrivé à l'Empereur i de dire de nouveau, ce que je dois avoir déjà mentionné ailleurs , que J sa plus belle manœuvre nvnit élé à Eckmulh, sans toutefois la spécifier t davantage.

J'exprimais, et au moment même de l'impression de ce volume, mes regrets à cet égard à un de mes amis auquel je laissais parcourir mon manuscrit. Il m'a dit qu'il n'hésitait pas à prononcer que ces mots de l'Empereur dussent s'entendre, non-seulement de tout l'ensemble de la bataille, mais encore de celui de toute la campagne, qu'il disait être celle qui avait renfermé le plus d'embarras et requis le plus de combinaisons

• D'ordinaire je passe ton* les détails de ce genre, a cause de Irnr minutie : mal* celui <p>e Je vien» de mentionner en cet instanCn 'acquiert qu'une trop gratKlr importance par la nature de la mort et 1rs agonie» prolongée* et terrible* de l'immortelle victime qui a succombé «ou* le* triple* tourment* du corp» , de l*e*prit et dn raw. Il eflt en bien moin* a souffrir entre le* mains des cannibale*:... El ce supplice . ce* tourment» , lui ont été froidement ménagé» par une administration barbare tpii a entaché de cet acte le* annale* d'nn peuple si justement renommé par l'élévation de «es sentiment» et sa sympathie pour le malheur ! Mal» au«*i une triste et pénible célébrité s'attachera an nom de* bourreaux

de Napoléon. L'indignation de* en urs généreux de tous le» pays cl de loi» le» âges le* frappe a jamais d une éternelle réprotatlon •

et degéuie. L'Empereur, medisait-il, y est toujours eu action; il tient • consla m ment les (ils qui non-seulement vont déterminer la victoire « sur le terrain où il opère, mois réagiront encore sur l'universalité de « l'Europe. » 11 a voulu me le prouver, et cette circonstance m'a valu son secret. D'un rang élevé dans la garde, ce digne oflicier à la teinte ! antique par son amour de la patrie, sa lièvre du bien, su brusque franchise, sa rigide droiture, à l'écart aujourd'hui par la nature de ses opinions et de ses sentiments, s'occupe dans sa retraite avec autant de talent que de modestie d'une entreprise vraiment nationale : le Tableau des campagnes Je Napoléon.

Sa campagne de 1H0Î) étant entièrement Unie, sauf rédaction, il a bien voulu me la confier ; il a fait plus, il m'a fait l'insigne faveur de la mettre à mon entière et libre disposition. Mon embarras dès lors n'a plus été que dans le choix; car, gouverné par l'espace et dans l'obligation d'u- I bréger, j'ai dû mutiler sans cesse, c'est-à-dire gâter, Quoi qu'il en soit, en voici l'extrait :

« Napoléon , au milieu de son expédition d'Espagne, est contraint de quitter inopinément ce pays, et reparaît tout à coup aux Tuileries le 25 janvier 1809. Il devenait urgent pour lui d'accourir à la défense de I empire menacé du péril le plus imminent.

« Quelque rapide qu'eût été l'incursion de l'Empereur dans la Péninsule, ce court intervalle avait sufli aux intrigues du ministère anglais et à la malveillance des cabinets du continent pour accomplir une nouvelle coalition.

m La Prusse avait armé furtivement, et s'engageait à se déclarer dans l'occasion ; l'enthousiasme d'Alexandre pour Napoléon s'était éteint, l'n voyage du roi et de la reine de Prusse ù Pétersboiirg avait opéré ce changement : la Kussie épiait le moment favorable , se concertant déjà en secret avec la Prusse , et liant des intelligences mystérieuses avec Vienne. Quuutù l'Autriche, ellen'uvait d'autre sentiment que de dévorer i ses peines en multipliant les protestations d'amilié, d'autre occupation

' Cet ami . dont je n'ai pas cru pomoir inscrire le nom dan» la pirinii tv |.id>lkaliui> de cet ouvrage, par la crainte . grâce au régime «ou* lequel nous viviou» , de cuuq>rouu'tlre son irpos, c»l le général baron Pelel , de la garde impériale ; depuis la révolution de IMO directeur «lu dipôï de la guerre, trois foi* député de Toulouse, «a ville natale, et enfin pair de France. Son amour |>our l*l-.iii|Hareiir. le culte religieuv <|u'il |Hirte à si mémoire l'ont occu|>é suit ces**, au |io»te qu'il dirige, à rassembler et a coordonner toute» le» lettre* de Napoléon , se» ordre* de guerre et antre* document» de la «orte ; il eu .1 fait rentrer un graiid iioudire qu'on t'était approprie par curiosité , et a signalé ceux qu'on avait fait disparaître dan* des intérêts pereonncls; eulin il le» a Tait retr.mscrire en plu-leuis exemplaire*, de manière à ce que ce* pm ieuv olijets ne purent jamais cire |<crdo>. Ce sera un trésor ualional que nou* devrons a se» «tins , et dont l'histoire et tous le* mur» français demcurciont a jamais recuunais* j saut». La BioçiaykU drt Conltwpo> olH$ fait connallre «es nombreux fait» militaire*.

l)F. SAINTE-HÉLÈNE. «5

, que de songer a recouvrer ses perles. Knfin toute l'Allemagne , etsur- ! tout le nord de ce pays, étnit remplie d'associations secrètes dirigées contre In France. I.a masse démocratique, conduite par des pu bl ici s tes et des professeurs exaltés, rêvait la régénération politique, besoin du ! siècle. Les intérêts aristocratiques se joignaient ardemment a ceux-là , | sous l'apparence patriotique de la libération allemande, ne calculant au ' j 1 fond que le retour de leurs privilèges. Tous étaient unis sous le nom généralement connu du Tngendbund ( Association de la vertu).

« Ainsi la cinquième coalition se présentait tout à la fois guerrière et | i | conspiratrice.

« Cette fois, continue l'auteur, les années outricliiennes devaient attaquer de front et marcher droit sur nos frontières, non comme en 1 79!), 1805 ou 1814 , en cherchant les endroits faibles, mais comme gens au contraire qui ne craignaient pas les parties les plus fortes, étant assurés d'y trouver de l'appui. En même temps on devait détacher au loin des [ corps autrichiens, dans la Prusse méridionale, sur laVistule, dans In Saxe, dans la Bavière, dans le Tyrol et le Vorarlberg , appelant partout à des insurrections qu'on avait préparées, et auxquelles devaient prendre part surtout les anciens sujets prussiens plus exaspérés que tous les autres, excités en dessous main par leur ancien gouvernement.

« Le corps de l'archiduc Ferdinand devait arriver jusqu'à Thorn, amenant cent pièces de canon dont la Prusse avait besoin avant de se déclarer. La coalition comptait que les souverains de la confédération du Khin se joindraient à elle, soit de gré, soit de force, à mesure que les ! armées autrichiennes s'avanceraient sur leur territoire. Des promesses et I des menaces leur avaient été déjà adressées ; et, s'il faut juger de celte époque par celles qui ont suivi, les espérances des coalisés n'étaient pas ! entièrement dénuées de fondement.

« L'Angleterre devait opérer conjointement avec l'Autriche et faire en même tem|» de fortes diversions. Un armement, le plus considérable qu'elle eût jamais rassemblé, était dans ses ports de la Manche, et pouvait jeter une armée de plus de quarante mille hommes, soit dans ' le nord de l'Allemagne, soit dans la Hollande ou dans la Belgique, qu'on supposait mécontentes. Cette armée, marchant au-devant de la grande armée autrichienne, pouvait se joindre à elle sur le Rhin, au ; travers des pays insurgés. Des troubles éclatèrent effectivement dans le nord de l'Allemagne, en Hollande et dans l'ancien électoral de Trêves, i pays le plus favorablement situé pour une telle opération. Des bouches du Weser et des côtes de la Hollande aux frontières de la Bohême, il

n'y a guère plus de cent lieues de distance. Il suffisait doue de quelques jours pour accomplir cette jonction. Une autre année anglaise de quinze mille hommes, réunie en Sicile, devait déharquer à Naplos, faire soulever l'Italie méridionale, et aider ainsi aux opérations de l'armée autrichienne dans la Lombardie.

• A l'aide de toutes ces attaques des armées et des nations étrangères, des machinations peut-être plus terribles encore se tramaient dans l'intérieur de la France. Il est reconnu maintenant que le conventionnel Fouché, réunissant alors les ministères de l'intérieur et de la police, servait depuis longtemps la famille des Rourbons. Chaque semaine il lui livrait le bulletin secret destiné à Napoléon seul. • On prétend aussi que Fouché voulait se saisir du pouvoir lors des nouvelles de la bataille d'KssIing et de la rupture des ponts du Danube. » D'autres disent » qu'en cette circonstance ' la couronne impériale devait être déférée à Bernadotte 3. » Il est plus aisé de pressentir que de connaître exactement les intrigues auxquelles put se livrer ce ministre (Fouché), investi d'un si grand pouvoir et ayant des relations si étendues. D'un autre côté, l'Angleterre n'avait cessé d'entretenir des correspondances dans la Vendée; et quoique ce pays fût ramené par une administration douce et éclairée, les agents de l'étranger y trouvaient toujours quelques accès. Déjà, pendant la campagne de 1807, on avait tenté de le Taire soulever de nouveau : « On voulait, dans la supposition où Napoléon viendrait ii « être défait dans une grande baUiille, prendre les armes et recevoir le « duc de Berri.... Dix mille conscrits réfructaires étaient prêts à se sou-

' Monltéran , t. * ; Gai t rit klitori<i»e , t. Il cl r», eic

' Ceci me rappeUe uue circonstance personnelle qui présente un singulier rapprochement avec ce que rapiwrie cet ouvrage île klontvérau.

Lor» île l'attaque sur Amer» , ayant demandé a m'y rendre «mime volontaire , le fine île Feltre . ! ministre île la guerre . avec lequel je lue trouvais (ort lié , lue «le>tiiu i l'étal- uujor général du prince •le Ponle-Corvo ( lier na< lotte i. Ce ministre me dit. en m ei|KSIiant . qu'il allait me charger pour son beau-rrère, chef «le I éut inajor du prince, d un ménage verbal uu il n'eût |>as voulu eoulier au papier, tue priant il'en bien retenir lc< expression*. Mie» éUleut celles-ci : • Mou» avons de» raison» île croire a > d'étranges menées de la part de IVcrnailotte , a une aiubiiiou tout a fait extravagante. Ainsi imjIiiI de < démarches , poiut de signatures qui passent vous compromettre : vrillci aux piégea. • Ces |iarules . san» explication» ni commentaire», et avec l'état politique de» choses trlle» qu'elle» me paraissaient alors i roui , iwrlion du vulgaire, me neinblereut du véritable grec. Je les raidi» comme je le» a» al» reçue» . tan» m'en inquiéter autrement.

En addition a cette anecdote , en voici une autre ipjl m'a été coulée . depuis la première publication ■lu Mémorial , par quelqu'un <(ui prétendait la garantir. Elle est bien pro|>re à corroborer l'opinion cmi»e au lexte ci-dcs»u*. touchant le* macblnalion» intérieures ourdir» île longue main.

Immédiatement après la baUille d'EssUug, m'a-t-on dit, uu émissaire arriva du champ dr bataille a r'oucln1 |»»ur lui faire connaître l'état ilé»c»péré de» affaire», qu'on |ien»ait |iouvolr être Irés-favorable à certain* projets. Cet émissaire élait chargé de prendre «c* avt». et île savoir ce qu'on |K>uvait alleu dre du Oeilan». A quoi Fouché ré|ionilit ilan» un état i!e véritable indignation i « Mai» comment • venir nous ileinauder quelque choae . quand vous auriez déjà ilA avoir tout accompli a vous seul» ! « Mais vou» n'êtes la-bas que de» poule» mouillée» qui n'y entendez rien : on vous le fourre dan» uu . «ac , on le noie dans le Uinubc , et puis toul » arrange facilement cl |«rtout : »

« lever.... De la Vendée le complot s'étendait dans la Bretagne, le Maine, « la Basse-Normandie : Bordeaux n'y était pas étranger.... Au moindre revers des armées de Napoléon, et à la moindre crise politique, le feu « de l'insurrection laissait échapper ses étincelles. Le parti de l'opposition « avait dans la Vendée ses points de correspondance et de ralliement « (Bauchamps, t. IV). «Ainsi les espérances de la coalition sur ce pays

! n'étaient pas sans quelque fondement.

■ L'Angleterre avait préparé une autre machination en Espagne. Là,

; c'était une conspiration toute militaire. Il ne s'agissait rien moins que de soulever l'armée française de Portugal, de la réunir avec l'armée anglaise, d'engager les autres corps français en Espagne à imiter cet exemple, de marcher sur les Py rénées, où se trouverait une autre armée anglaise plus considérable, avec Morcau qui reviendrait de l'Amérique.

! On devait s'avancer sur Paris, et mettre Moreau à la tète du gouvernement. Les Anglais avaient répandu dans le payset parmi les troupes françaises le manifeste et les proclamations de l'Autriche. Des officiers de notre armée de Portugal étaient gagnés; ils avaient communiqué avec Wellington et Béresford; un crédit de (MO, 000 francs leur était ouvert à Porto. On annonçait l'espoir de se concerter avec les années d'Allemagne et d'Italie (Le Noble, Montvéran).

« Au printemps de 1809, toutes les chances de la guerre et de la politique étaient donc contre la France; l'Autriche avait sous les armes trois cent vingt mille hommes et sept cent quatre-vingt-onie pièces de canon ; cette armée avait été divisée, comme les armées françaises, en neuf corps actifs et deux réserves. Ces corps avaient en eux tons les moyens d'administration et d'exécution, de manière à pouvoir agir isolément ou combinés. En arrière de ces forces, entièrement disponibles, était une réserve imposante, préparée depuis longtemps, non en- | tièrement organisée, mais qui, pendant la campagne même, fournit d'abondants secours. Elle se composait des landwtrth ou défenseur» de la patrie, des dépôts d'infanterie et de cavalerie, enfin de l'insurrection hongroise, et pouvait s'évaluer à deux cent vingt-quatre mille hommes, qui, joints aux forces régulières indiquées ci-dessus, composaient à l'Autriche une masse de cinq cent quarante-quatre mille combattants. I<e prince Charles, ministre de la guerre et généralissime, commandait en Allemagne la principale armée, composée dis six premiers corps et des deux réserves. Le prince Ferdinand était avec le septième en Pologne; le prince Jean avec les huitième et neuvième en Italie. Tous les princes de cette maison prenaient partii la guerre.

r.r. MÉMORIAL

« Napoléon n'avait ù op|>oscr à toutes ces forées que deux cent vingt raille hommes en Allemagne, qui étaient loin d'être tous Français, einquanle-sept mille en Italie, dix-huit mille en Pologne, et un total de quatre cent vingt-cinq pièces de canon. Il avait la diversité des nations contre lui, et quarante mille hommes de moins que le prince Charles, lorsqu'il opéra en Bavière, etc.

« Les deux grandes lignes d'opération du nord et du midi de l'Allemagne sont éloignées de quarante lieues de distance moyenne entre Augsbourgct Bamherg. On peut agir sur chacune d'elles, ou passer de l'une ù l'autre; mais il est difficile, et surtout dangereux, d opérer sur les deux à lu fois, parce que l'armée ennemie qui se plaçait au milieu des deux lignes pourrait détruire successivement les corps séparés de son adversaire, même avec des forces inférieures, ou deviendrait du moins maîtresse des opérations. I .'armée, ainsi placée, arrêterait les mouvements de son ennemi, sur les derrières duquel elle peut manœuvrer. Il résulte de là que les points militaires les plus importants de ce théâtre sont les passages du Danube, surtout ceux où aboutissent les grandes communications, les confluents des rivières qui servent de lignes de défense, ceux qui maîtrisent les deux lignes d'opération, et les défdés de l'est et de l'ouest ( Uni et Passou); ensuite viennent les principaux passages, sur les grands affluents du Danube, les capitales, les villes, les nœuds de route, etc. Parmi celles-ei, le point de Ratisbonne est un des plus essentiels : il deviut, en celte occasion, de la plus haute importance pour les deux armées, afin de maîtriser les opérations sur les deux rives du Danube, etc.

« L'Autriche, ayant conservé des relations avec la Belgique et les pays allemands cédés depuis longtemps ù la France, espérait les soulever en y faisant pénétrer ses armées. Pour cela les principales forces autrichiennes, réunies en Bohème, et débouchant de ce pays, devaient d'abord suivre la ligne d'opération du Nord par lu Franconie. En quinze ou dix-huit marches elles devaient atteindre facilement l'embouchure du Mein. Traversent tous les cantonnements de l'armée du Rhin, elles pouvaient espérer, avec leurs masses supérieures, de les battre en détail, et d'empêcher ainsi les divers corps français du Nord et du Midi de se réunir. C'était un avantage capital ; c'en était un autre considérable que de gagner rapidement du terrain, pour faire déclarer les souverains de la confédération et insurger les peuples. On attribua dans le ternes au général Mnyer les dispositions militaires de ce plan, qui eut un commencement d'exécution, puisque les cinq premiers corps de l'armée

autrichienne, outre la première réserve, étaient placés en Bohème, tandis que le sixième et la deuxième réserve agissaient seuls en Bavière. I^es opérations, qui avaient dù commencer dès le mois de mars, furent ensuite renvoyées au 8 avril.

« i*es inconvénients du plan de Mayer n'avaient pas échappé à la pénétration de l'archiduc, dont le grand mérite était de bien connaître son ennemi et son terrain. Pendant que la grande armée autrichienne aurait marché, par la ligne d'opération du Nord, vers la frontière de France, où elle eût trouvé nos réserves et la défense nationale, le cœur de la monarchie autrichienne, sa capitale même, restaient à découvert devant un ennemi tellement actif, qu'il pouvait des Alpes Noriques y porter encore d'autres corps. Mais cette grande armée autrichienne ellemême était exposée aux manœuvres que Napoléon, laissé maître du Danube, pouvait exécuter sur ses flancs et ses derrières, soit par Straubing, après avoir battu le corps de Bavière, soit en débouchant de suite sur Bamberg, Wurzbourg et Hanau. Le prince Charles n'avait pas oublié la poursuite du Tagliamento jusqu'au delà deLéoben en 1797 ; surtout la prise de Vienne, une vingtaine de jours après la capitulation d'Ulm, en 1805 ; la destruction des armées prussiennes à léna, opérée en quelques instants par une manœuvre de flanc. L'archiduc savait bien qu'il n'avait plus affaire à un Moreau, qui, sans bouger, le laisserait derrière lui aller tranquillement de l'Iser sur le bas Rhin. Le prince sentit la nécessité d'occuper avnnt tout la ligne d'opération sur la rive droite du Danube : il revint à un projet d'offensive directe, qui le tenait sur le chemin de la capitale, et lit repasser le Danube, a Lintz, par la majeure partie de son armée, ne laissant en Bohème que les premier et deuxième corps. D'après les retards qu'éprouvait le commencement des hostilités, il eut le temps de terminer cette nouvelle disposition.

« Quanta Napoléon, il attend tout des mouvementsde l'ennemi. Son but est de battre la grande armée autrichienne et de retourner dans Vienne, pour y dissoudre celte nouvelle coalition, punir l'injuste agression et dicter encore une fois la paix. Son unique disposition préparatoire est de se tenir sur les deux rives du Danube, maître de se concentrer, selon l'occasion, sur l'une ou l'autre, entre DonawertetKatisbonne. Il attend que les mouvements de l'ennemi soient démasqués, et c'est suite terrain même qu'il improvisera ses dernières dispositions. Il abandonne tout à fait les montagnes dont il deviendra maître lorsqu'il le sera de la plaine où se trouve le chemin de Vienne, et au travers de laquelle il fera voler rapidement ses masses. Sans s'inquiéter de la

MÉMO Kl A I.

composition de son urinée, des conscrits qui s'y trouvent en quuulilé, des corps ulleiuuuds avec lesquels il devra agir, il u résolu de ne pasretirer un seul liomine de ses vieilles bandes d'Espagne, où elles combattent plus directement nos véritables ennemis, les Anglais.

» Au 20 mars, le corps de Davoust occupait les deux grandes routes qui conduisent de Bohème sur le Mein et dans le Palalinat du Kbin. Les corps deMasséna, Oudinot, Lefèvreet Yandamme étaient en Souabe sur la grande roule de Vienne, par Munich, Augsbourg et Mm. Tous ces corps devaient, en cas d'attaque, manœuvrer de manière à se réunir sur le Danube, vers Ingolstadt ou Itonawert. Ainsi l'armée française, qui s'étendait d'abord des montagnes de Thuringe au pied des Alpes, et dont les deux masses principales gardaient les lignes d'opération du .Nord et du Midi, dans la l'ranconie et la Souabe, était soumise d'avance à un plan général de concentration sur le Danube, vers les points d'où elle pouvait le mieux manauivrersur l'une ou l'autre rive. A cette même époque, les armées autrichiennes, d'abord réunies dans la Bohème, faisaient leur mouvement par Linlz, pour joindre les corps de Miller

au camp de Wels, laissant Bellegardeel Kollovvrath sur les frontières de la Bohème, en face de Bareulh et d'Amberg. Ce mouvement de l'archiduc avait été fort long, et ne s'était terminé qu'au commencement

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d'avril. On peut voir maintenant, d'après la position de l'armée française, qui devait être bien connue de l'archiduc, qu'en sortant vivement de la Bohème, il pouvait espérer de culbuter les cantonnements de rtavoust, et gagner leur droite vers le Danube ; du moins il pouvait atteindre directement les bords du fleuve et de l'Altmulh, au-dessus de Ratisbonne, et y faire sa jonction avec les corps de Hiller. Ce mouvement, opéré rapidement, empêchait ou reculait fort en arrière la réunion des corps de l'armée française, rendait l'archiduc maître des clefs du terrain et de la plaine, au moins jusqu'au Lech; il le tenait à portée en môme temps de la route directe de Vienne, comme des insurrections du Nord, dont il s'éloignait trop. Plus tard le prince Charles revint à cette opération, mais par un trop long détour ; alors il n'était plus temps.

« Bientôt la guerre commença. Les armées françaises ne s'attendaient nullement ù être attaquées aussitôt ; elles eussent été surprises, si cela eût été possible. Napoléon était encore à Paris, et n'en partit que sur la nouvelle de l'agression.

» Le A avril, Berthier arrivait à Strasbourg et s'y établissait.

« L'archiduc avait quitté Vienne le I" ; leG, sa proclamation à l'année autrichienne annonce la guerre. Le salut de la patrie nous appelle à de nouveaux exploits, etc., dit-il. Quel long commentaire mériterait ce peu «le mots !

« Le 8, les Autrichiens violent la foi des traités existants, surprennent le passage de l'Inn. Le lendemain seulement un simple billet de l'archi- | duc au commandant de l'armée française dénonce les hostilités, avec moins de formalités qu'on en met à la rupture du plus simple armistice. L'agression des Autrichiens avait commencé en même temps sur tous les points ; ils envahissent à la fois la Bavière, la Kranconie, le Ty roi, l'Italie et la Pologne. L'armée de l'archiduc Charles marche au delà de l'Inn, et les corps de Bellegarde débouchent de la Bohème.

« Le 9, l'empereur François arrive à l'armée, établit son quartier général à Lintz »

Ici l'auteur expose les vues qu'il suppose à l'archiduc, ses intérêts, ses dispositions ; il blâme la lenteur des Autrichiens, qui mettent onze jours à faire vingt-huit lieues, etc.

-Le 16, Napoléon arrivaità Slultgardetdonnait ses ordres directement à l'armée. Il était temps qu'il vint en prendre le commandement pour s'opposer à la marche de l'ennemi , mais surtout pour remédier aux fausses manœuvres de Berthier, et pour terminer ses incertitudes. Celui-

ci , arrivé à Donawert le 13 avril , se trouvait accablé sous le poids de ce commandement momentané; il se portait tantôt à Neustadt, tantôt à Augsbourg ; ordonnait à Oudinot de se rendre à Ratisbonne, à Davoust d'envoyer la division Saint-IIilaire et la cavalerie de réserve sur Landshut et Freysingen. L'arrivée de Napoléon suspendit tout mouvement. Il attendit, pour agir, des nouvelles de la Bohème et de la Bavière. Le 17, il se rendit h Donawert. Son arrivée a l'armée fut annoncée par cette belle proclamation : « Soldats! disait-il, le territoire de la confédération

« a été violé J'étais entouré de vous lorsque le souverain d'Autriche

« vint à mon bivouac de Moravie; vous l'avez entendu implorer ma clé- « menée et me jurer une amitié éternelle. Vainqueur dans trois guerres, « l'Autriche a dù tout à notre générosité ; trois fois elle a été parjure ! ! ! « Nos succès passés nous sont un sûr garant de la victoire qui nous » attend. Marchons donc, et qu'à notre aspect l'ennemi reconnaisse son « vainqueur ! »

« Le l(î, à l'arrivée de Napoléon à Stuttgard, nos deux grandes masses se trouvaient rangées autour de Ratisbonne et d'Augsbourg. Le troisième corps à Kterhauzen, Riedenbourg, Hemau, ayant sa deuxième division à Dassvang, sa grosse cavalerie autour de Ratisbonne, le corps de la Saxe ducale à Ingolstadt, où allait arriver bientôt la division de réserve du troisième corps. L'ennemi, qui avait manœuvré de manière à couper la

division Friant, trompé dans ses projets, se montre le lendemain 17 devant Ratisbonne , et fait trop tard quelques tentatives sur le pont de la Kégen. I,es troupes commandées par Masséna se trouvaient à Augsbourg. Le centre de la ligne française semblait dégarni ; mais, barré par le Danube et le Lech , il était gardé par les Bavarois , les Wurtembergcois et la division ducale de Saxe. Cette ligne de notre armée était brisée : des deux ailes placées aux saillants, les corps français pouvaient tomber sur leurs ennemis, s'ils s'engageaient dans ce piège qui leur était tendu.

« En arrivant à l'armée, Napoléon trouve le mouvement de la grande masse ennemie prononcé par la rive droite du Danube, entre ce fleuve et le bas Iser, de telle manière qu'elle ne peut plus atteindre la rive gauche du Danube qu'en forçant le passage de ce fleuve ou celui du Lech. Napoléon occupait par la place d'Augsbourg, qu'il fait mettre dons le plus grand état de défense par les postes retranchés de Landsberg, de Rain et de Donawert, tous les passages qui, sur la rive droite du Danube, portent en Souabe. 11 donne aussi l'ordre de défendre à Ratisbonne le passage vers la Franconie. L'armée autrichienne étendue sur l'Iser, depuis I^andshut jusqu'à Munich , mais attaquant en grande force sur l^andshut, et débouchant par là, menaçait évidemment le centre de la ligne française. C'est au plus actif à réunir ses forces. Mais sommes-nous à temps de le faire sur la rive droite du Danube, et oserons-nous le tenter? En marchant sur la rive opposée, il y aura un passage de fleuve à opérer, et par conséquent rien de décisif n'en peut résulter. Cependant l'ennemi était plus rapproché de Xeustadt sur le Danube, et du point de concentration que de nos ailes ; il avait son ordre de marche en avant, ses derrières, ses lignes de retraite, tout bien assuré. Malgré tous ces avantages, Napoléon ordonne le mouvement général sur In rive droite , et par des marches de flanc : h Duvoust, de Ratisbonne sur Neusladt; « Masséna, d'Augsbourg sur Pfaffenhoffen ; lui-même se porte au centre, au poste du danger et des difficultés, pour arrêter les tètes de colonnes de l'ennemi et laisser le temps à ses rapides ailes de se rejoindre. Pour tout autre, et avec d'autres troupes, cette manœuvre eût été fort scabreuse ; mais pour Nnpoléeon , c'est, comme il le disait , un calcul d'heure*; c'est aussi un calcul de terrain ; mais il ne faut s'y tromper ni d«> quelques minutes ni de quelques toises ; car il y va du salut de l'armée, yuont u lui, il s'est rendu par ses dispositions cette manœuvre absolument sûre. Si l'ennemi s'avance sur le centre, Napoléon le battra ; s'il cherche à le tourner par son extrême gauche, il trouvera Augsbourg

forme, de manière ù tenir tète à tonte son armée réunie ; s'il veut gagner Ratisbonne, il doit le trouver aussi en défense. Dans ces deux derniers cas, Napoléon tombait sur les derrières de l'ennemi, et le poussait, soit sur le Danul>e, soit sur les Alpes. Ainsi la manœuvre contre l'ennemi, qui finit par se diriger sur Ratisbonne, va être aussi désastreuse pour lui que brillante pour nous; car, avec sa droite, avancée entre le Danube et l'Iser, Nnpoléon va refouler dans le cul-de-sac, entre ces deux rivières, l'archiduc qui s'y est imprudemment enfoncé. Il ne s'agissait de rien moins que de la destruction totale de l'armée ennemie, si les ponts de Rntisbonne et de Landsliut ne s'étaient pas trouvés ouverts.

« Napoléon annonce à Massénn que, pour celte grande et décisive manœuvre, il va refuser sa gauche, avancer ta droite; et qu'entre le 18, le 19 et le 20, toutes les affaires de l'Allemagne seront décidées. »

Ici se trouve celle belle manœuvre qu'a voulu probablement mentionner l'Empereur, c'est-à-dire les dispositions préparatoires de la bataille, et elles sont en effet admirables. L'auteur décrit le placement et la marche de tous nos corps, ceux de l'ennemi, les engagements |>artiels, le résultat général, les fautes de l'archiduc, les nôtres même, dans les exécutions subalternes du moins; car, pour la conception du chef, il nous la montre complète et devant amener infailliblement l'annihilation entière de toutes les forces ennemies. Je saule à pieds joints sur lous ces détails très-curieux : ils seraient bien accueillis sans doute par les militaires ; mais ils pourraient paraître longs ù tous les autres, et ils m 'écarteraient de mon but outre mesure. Je passe tout de suite aux grands résultats exprimés dans la proclamation suivante de Napoléon, et puis aux réflexions de l'auteur :

« Soldats! dit l'Empereur, vous avez justifié mon attente, vous avez '•suppléé au nombre par votre bravoure! En peu de jours vous avez « triomphé dans les trois batailles de Thann, d* Abensberg et d'Eckmùlh,

- et dans les combats de Peissing, de Landsliut et de Ratisbonne. Cent « pièces de canon, quarante drapeaux, cinquante mille prisonniers, trois « équipages, trois mille voitures attelées portant les bagages, toutes les « caisses des régiments : voilà le résultat de In rupidité de vos marches el

île votre courage.

.< Naguère l'ennemi se promettait de porter la guerre au sein de notre

- patrie; aujourd'hui, défait, épouvanté, il fuit en désordre. Déjà l'avant- « garde a passé l'Inn, avant un mois nous serons à Vienne. »

« Cette proclamation, envoyée de tops côtés, annonça aux amis comme aux ennemis de lu France les victoires et les projets de l'Empereur, etc.

«• Ainsi, en quatre jours de combats et de manœuvres, sont accomplies les destinées de l'armée autrichienne , de cette armée si arrogante , si nombreuse, la plus belle qu'eût jamais mise sur pied la maison d'Autriche ! Par ses premières dispositions Napoléon a organisé le plan de sa grande bataille; il a assuré la défense de ses postes, fait reconnaître le terrain pour une bataille en avant d'Augsbourg, dans la direction par laquelle l'ennemi semblait devoir s'avancer. Il a rectifié les fausses dispositions de Berthier, ramassé ses forces aux ailes, laissant libre le terrain où il voulait attirer l'ennemi. Il l'y a amené peu à peu, tout en prenant ses mesures pour le battre ensuite de quelque côté qu'il se tournât. Le 17 ù midi, Napoléon arrive à l'armée; le 18, il donne ses ordres, et annonce que dans trois jours tout doit être lini ; si sa prédiction éprouve un relard de quelques heures, c'est que sa jeune armée, composée en grande partie de conscrits, n'a pas eetle vigueur des troupes d'Austerlitz cl de léna. Le 19, commence l'exécution de ce plan dont ou est obligé de reconnaître les fondements dans le« premières dispositions des mois précédents; la jonction de l'armée s'opère sous le canon de l'archiduc. Le 20, Napoléon rompt h Abensl>erg la ligne de l'ennemi cl sépare tota-

lement la gauche du centre. Le 21, il détruit a Landshut cette gauche , s'empare des magasins, du pair, de tous les équipages et des communications de la grande armée ennemie. Le 22, il revient à Eckmiilh porter les derniers coups à l'armée de l'archiduc, dont les débris se sauvent honteusement au travers de Katisbonne et des montagnes de la Bohème.

Si Landshut eût été attaqué à temps par la rive droite, les corps de Hiller ne pouvaient plus se retirer et étaient entièrement écrasés sur les bords de l'Iser. Si Ratisbonne n'eut \ws été livrée à l'Autriche, ses débris, accablés par toute l'armée française sur les bords du Danube, coupés de Straubing, privés de tout passage et de tout moyen de faire des ponts, étaient réduits aux dernières extrémités. Ainsi, sans ces deux contre-temps, l'armée du prince Charles était entièrement détruite en quatre jours. Uien, du reste, n'en est échappé que par morceaux et en fuite.

« A aucune époque de l'histoire on n'a vu une telle bataille, livrée sur un aussi grand terrain et dans des directions opposées, conduite à vue par la même tète, exécutée par les mêmes bras, avec une aussi rigoureuse précision, une telle rapidité et le meilleur emploi de tous les moyens, à moins qu'on en excepte toutefois, dans le début de Napoléon en Italie, Castiglione, Arcoleet Rivoli surtout, où le génie avait devancé l'expérience.

« Il faut que les militaires se gardent bien de confondre ces manœuvres exécutées au loin, mais toujours en parlant d'un centre unique, avec le système opposé de lignes étendues démesurément, sur lesquelles les plus grandes forces disparaissent, où le commandement suprême ne pouvant atteindre sur tous les points, la grande direction manque partout. L'un est le système des Daun , des Lascy, des Moreau ; l'autre celui de Frédéric et de Napoléon.

« Pendant ces batailles, tous ces mouvements de concentration et d'extension furent faits à la minute et dans la circonstance la plus opportune, l^s troisième et quatrième corps, d'abord éloignés de plus de quarante lieues, se trouvèrent réunis dès le second jour par la manœuvre la plus audacieuse pour entrer sur la même ligne de bataille. Le quatrième corps fit en trois jours trente-six lieues, en poursuivant les ! lauriers que d'autres corps venaient saisir en avant de lui. Ensuite Napoléon fait des détachements successifs à mesure des besoins de tout ce vaste champ, qu'il embrasse dans tousses points. Avant d'attaquer à Landshut, il détache Lefèvre pour venir au secours de Davoust ; avant Eckmiilh, Bessières a la poursuite d'Hiller; avant Ratisbonne, Masséna sur le bas Danube et le bas Inn ; à peine Ratisbonne est enlevée qu'il envoie à Landshut les grenadiers d'Oudinot, les Bavarois de Lefèvre, le corps de Lan nés pour soutenir Bessières et former la tête de la colonne qui doit prévenir l'archiduc sur Vienne. Cependant Napoléon ne laisse pas un instant douteux le succès de ces belles combinaisons , car les

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corps de Masséua el d'Oudinot, qui ont tourné constamment la gauche de l'ennemi, sont toujours à même d'aider les corps engagés dans les j j journées des 20, 21 et 22. Davoust, tenant tète à la majeure partie de ; l'armée ennemie, reçut à propos les secours dont il avait besoin ; et s'il eut été poussé un peu le 21 , l'armée aurait eu quelques lieues de moins à faire le 22, et des chances de succès de plus.

« Jamais on n'a mieux vu tout ce que peuvent le coup d'oeil et l'à-propos. Ici, dans eet immense champ, pas un homme, pas un moment, pas le moindre avantage du terrain n'ont été perdus devant des ennemis qui ne savaient tirer parti ni des forées, ni du temps, ni des positions. Pas un combat n'était livré qui n'eût un but déterminé et souvent décisif. •

La stratégie semble surtout être la prédilection de l'auteur ; il en a j fait et avec succès sa constante occupation. 11 m'a montré la preuve authentique qu'il s'était exprimé, il y avait déjà deux ans, sur les célèbres | campagnes d'Italie, en 1796, et celle de Marengo, précisément comme | le fait l'Empereur dans ses dictées de Sainte-Hélène, qu'on vient de publier en cet instant ; c'est-à-dire qu'il avait deviné, saisi toutes ses idées j et ses vues à cet égard. Il a fait un travail sur la topographie militaire du } théâtre de la guerre en Italie, qui, présenté à Napoléon lors de son cou- [ ronnement, le frappa tellement, qu'il s'écria : J'aurais payé des million* pour avoir um telle chose quand je commandais ici. A ce talent reconnu, mais ignoré de Napoléon , se trouvaient réunis encore beaucoup de traits de courage très-remarquables et grand nombre de blessures. Mal- j heureusement la fatalité a voulu que les hautes chances offertes à nos braves se soient trouvées finies précisément à l'instant où celui-ci, entrant dans la garde, allait sortir de la foule. On sait que l'Empereur se plaisait à y puiser, et son coup d'œil si juste le faisait toujours à coup sûr. C'est sans entourage, sans intrigue, sans sollicitations aucunes qu'on I a vu surgir inopinément les Eohau, les Drouot, les Bernard; mon ami allait avoir son tour, son heure était venue. '

« I^s bords de l'Abens elde la Laber, dit-il, sont désormais devenus classiques pour l'art de la guerre. Les militaires iront étudier là, bien mieux que dans les livres, les théories des grandes opérations. l.à ils verront inscrite pour des siècles la resplendissante gloire des armées françaises! Là est un des plus beaux monuments, impérissable à jamais, tant qu'on lira dans l'histoire que des batailles ont été livrées par le môme général et les mêmes troupes, le 19 à Thann, le 20 à Abensberg, le 21 à Landshut, le 22 à Eckmulh, le 23 à Ratisbonne. Là les militaires

apprendront la connaissance du terrain, la pratique du coup d'œil, ! ; l'emploi des forces, l'opportunité des détachements, tout le secret des j grandes batailles, qui consiste à savoir s'étendre et se concentrer à propos, et diriger ses masses selon le terrain et les dispositions de l'ennemi. J Mais ces manœuvres doivent servir de leçons, et non pas d'exemple ; il \ faut les étudier et non les copier. Malheur à qui s'aviserait d'en exé- i cuter de pareilles, même dans des conjonctures analogues, car il y perdrait certainement son honneur et son armée. Pour oser les tenter et pour en venir ù bout, H fallait la toute-puissance du génie et du commandement dans le chef, jointe nu plus absolu dévouement de la part i de loule l'armée. I « Ces manoeuvres présentent une leçon précieuse sur une des parties \ | les plus difficile* de la guerre. On y apprendra comment on peut ar- | rèter l'exécution d'une opération commencée, et détruire ces avantages j 6i vantés de l'initiative. Ici, en effet, l'archiduc était en pleine opération \ quand Napoléon est arrivé. Si ces deux généraux avaient été d'une égale ( force secondaire, le chef français se serait hAlé de gagner, par Donavvert j et Ratisbonne, la rive gauche du Danube ; il aurait gardé ces deux tètes j en se réunissant entre Ncustadl et Neubourg. Le chef autrichien nuroit longuement mano-uvré sans passer le Danube. Des semaines, des mois j se seraient écoulés sans qu'il y eût rien de fait ; on eut vu une campagne j à la Daun ou à la Moreau. Si les deux «zénéraux avaient été également \ ! supérieurs, le chef autrichien aurait continué sa pointe malgré celle des Français, se serait précipité sur le corps de Davoust, et l'aurait culbuté sur Ratisbonne; la, le livrant au corps delà rive gauche ou au canon de Stadtamhof, si la ville tenait encore, il serait venu avec sa masse >

tomber successivement sur le centre et la gauche de I armée française, dont il aurait eu probablement l>on morché. Ou peut supposer que Napoléon aurait manœuvré avec moins d'audace s'il eût eu affaire à un ennemi de cette force, car il a dit dès le début de sa carrière : La guerre nt une affaire de tact. La première chose est de savoir contre qui et avec qui on guerroie. L'archiduc le savait bien.

« Masséna, toujours grand à la guerre, Davoust se montrant tous les jours plusdigne des plus grands commandements, donnèrent à Napoléon des preuves de tèle et de dévouement, qualités qui commençaient à , devenir assez rares pour pouvoir être louées; mais Lan nés fut l'Achille

i de l'armée, glaire exterminateur dans les cinq journées, où, avec les mêmes troupes, il combattit à de si grandes distances ; ù Àrnhofen, ù

, Altiihausen, à RemlwHlourg, à Landshut, à Kckmùlh, à Ratisbonne.

Pourqtioi des destinées qui se développaient si éclatantes, et qui alors Atteignaient la maturité du premier talent, devaient-elles être si vite [ j terminées ! ! ! Après ces illustres personnages, les généraux, les officiers, toute l'armée, jeunes et vieux soldats, cavaliers et fantassins, Allemands et Français, tous se montrèrent dignes du grand capitaine.

« Ces victoires de Napoléon furent couronnées par les plus grands résultats. La désorganisation des armées de l'Autriche, l'ouverture des chemins de sa capitale, l'envahissement de ses provinces et lu destruction des préparatifs d'invasion, des magasins, de la landwehr, des milices, etc.; enfin la perte des conquêtes éphémères des archiducs Jean et Ferdinand, etc.

<• l/Autriche se trouvait violemment frappée et plus qu'à demi vaincue. Mais ce coup terrible se ressenluil bien plus loin encore dans toute l'Allemagne et môme dans toute l'Europe. La coalition de IH09 venait d'être terrassée 'tout entière dans les champs de la taber. Tousses projets dépendaient de l'issue de la première bataille. Si l'affaire eut été douteuse, ou si elle eût été contraire à Napoléon ; si seulement il avait différé son attaque, qu'il eut attendu ses ennemis ou porté des coups ! moins assurés, il eût été bientôt rejeté de l'autre côté du Hliin et accablé par l'Europe entière. En ce môme moment éclataient les insur- j reetions organisées dans le Tyrol, la Westphalie, la Prusse; mais les ; triomphes d'Eckmiilh arrêtèrent l'embrasement qui allait s'étendre du Tyrol à lu Baltique, raffermirent pour le moment la foi chancelante de la Prusse et de la Russie, retardèrent le départ de l'expédition an- i glaise, et dérangèrent le plan combiné contre la Belgique et la Hollande. ! Enfin ces triomphes comprimèrent aussi, h l'intérieur de la France et j ] dons nos armées, ces intrigues que nous verrons s'y développer plus j lard, etc.

- Cependant Napoléon ne devait pas laisser à l'Autriche le temps de réparer ses pertes, à la coalition celui de réunir ses forces et de renouer ses intrigues. Il fallait aller à Vienne pour forcer l'une et l'autre à la paix ; car celle-ci était toujours le but de toutes nos guerres, comme le prix de nos triomphes.

" Après Eckmulh se présente une grande question de guerre et de politique. Que devaient faire les chefs des deux armées? On a récemment approuvé l'archiduc de s'être retiré en Bohème : on a blâmé Napoléon de ne pas avoir poursuivi une armée battue.

• Mais le prince Charles ne pouvait absolument faire autre chose que ce qu'il a fait; il devait se mettre au plus vite à couvert; il n'avait

pas de choix. Seulement il a marché encore Irop lentement, etc.

« Napoléon aussi a fait ce qu'il devait. A deux marches en arrière de Batisbonne, le prince Charles avait trouvé un pays de montagnes et de défilés, la Bohème, où la défensive est si favorable. A la droite du Danube, Hiller s'était rallié, renfoncé sur l'ïnn, cl même s'avançait sur Neumarck. Si Napoléon s'était engagé d'une ou deux marches au delà de Batisbonne, il laissait toute lilwrté au prince Charles de regagner, à Passau ou à l.inlz, la rive droite du Danube, d'y faire sa jonction avec Hiller, de défendre les approches de Vienne et de se réunir plus tard au prince Jean. Napoléon perdait alors le plus beau fruit de la bataille d'Eckraùlh ; et ce n'était pas pour les laisser rejoindre qu'il avait séparé les deux armées autrichiennes ; il eut abandonné par là tout l'avantage de la victoire, de sa position et du terrain. Pour aller de Kalisbonne à Vienne par la Bohême, le chemin est mauvais, difficile; il forme un grand contour, un arc dont une autre route, belle, facile, directe, forme la corde. Or, c'est celle dernière qu'occupait Napoléon sur la rive droite du Danul>e. Vienne est sur celte même rive, entourée d'une forte enceinte, susceptible d'une grande défense. Il ne pouvait espérer de l'occu|>er que par une marche rapide, par un coup de main. Il ne pouvait donc hésiter un instant à y courir. Cette détermination lui présentait toutes sortes d'avantages : elle maintiendrait la séparation des diverses armées autrichiennes, concentrerait autour de celle capitale toutes les forces françaises de l'Allemagne et de l'Italie; rappellerait au centre de la monarchie tous les corps ennemis destinés à faire insurger au loin les |>cuples contre la France : toute autre conduite eût été une faute.

« Aussi la marche sur Vienne s'exécute avec la même habileté qui en avait ouvert la route. C'est la même célérité dans la course, la même précision dans les mouvements, la même étendue dans l'ensemble. Des

! ordres partent aussitôt pour Kugène, Bernadolte, Poniatouski. Na|K>léon fait écrire au premier : «< Avancez en toute confiance, l'Empereur «va percer au cu'iir de l'Autriche ; l'ennemi ne tiendra pas devant

; • vous, etc., etc. » Au dernier : « qu'il s'en rapporte à mm zèle. •<

« Cependant à coté de tant d'audace se multiplient toutes les mesures de prudence; une première réserve se forme à Batisbonne pour nous garantir la ligne d'opération sur In rive gauche du Danube; une deuxième se forme à Augsbourg, pour assurer la ligne d'opération de la rive droite ; une troisième se forme sous le nom de corps d'observation de l'Elbe. Les places intermédiaires sont mises en état de défense. A

Mayencc , les conscrils , à mesure qu'ils arrivent de l'intérieur, sont organisas en bataillons provisoires et acheminés vers l'armée, etc. »

L'auteur, après avoir décrit ici lesdis|M>sitions nouvelles, continue : •* Ainsi cette armée française, tellement concentrée quand il Tant combattre, s'étend maintenant en colonnes de corps échelonnés au fond de la vallée du Danube, suivant parallèlement la marche de l'archiduc sur la rive opposée aux frontières de la Bohème, prèle à faire face par la gauche le long du Danube, si l'armée de l'archiduc se présentait. L'armée pouvait se concentrer aussi sur un point quelconque de sa ligne en quarante-huit heures. C'est par cet hcureui mélange de concentration et d'extension de corps si nombreux, manœuvrant avec la précision d'un régiment, que Napoléon déterminait d'aussi immenses succès et déconcertait le plan de ses ennemis, elr., etc.

« Nous vivons à une époque, remarque l'auteur, où les capitales prennent une telle importance sur les affaires de la guerre, que tout doit être sacriliéà la conservation de ces centres de l'administration et de la vie des empires ; de leur occupation dépendent presque toujours la défense et le sort des États. Les exemples de Vienne et de Berlin, dans les deux guerres précédentes, l'avaient assez démontré. Depuis, l'occupa-

tion de Paris en a fourni deux nouvelles preuves. Si la prise de Moscou el de Madrid semblait en donner de contraires, on a élé réduit à brûler la première, ne l'ayant |>as su conserver; et quant à la deuxième, il n fallu toutes les pa: ticularités de L'Espagne, qui ne se trouve nulle autre part, tous les secours de L'Angleterre, les diversions de l'Europe, et une foule d'accidents pour sauver lu Péninsule et produire celte exception à la règle général»'. Les capitales doivent donc être mises à l'abri de l'invasion étrangère, alin de laisser aux armées la liberté de manœuvrer, et aux nations le temps de pourvoir à la défense générale. » El à ce sujet il veut que Paris soil fortifié. C'était l'avis de Napoléon, dit-il ; c'était aussi celui de Yauban, el c'est encore celui de l'ingénieur qui citez nous le remplace aujourd'hui | llaxu), et qui ne porte qu'à 50,000,000 de francs les frais de cette défense toute extérieure, c'est-à-dire au triple seulement de ce qu'on consacre chaque année en embellissements, constructions, etc.

• Vienne, capitale de l'Autriche, était donc le but où tendaient également les deux commandants en chef, etc., etc.

« Or, aucune capitale n'était à cette époque dans une meilleure situation pour être défendue. A moitié couverte par le Danube, elle était entourée de deux fortilicutions : l'une extérieure, angulaire, à demirevètement, qui enferme ses faubourgs; l'autre intérieure, formée d'une très-forte enceinte, etc.

« Napoléon se présente devant Vienne le (0 au malin, quinze jours

après Eckmulh, moins d'un mois après l'ouverture de la lampa^ne ; il fait occuper les faubourgs sans résistance: mais, lorsque l'avant-garde

se présente sur les glacis qui séparent les faubourgs de la ville, elle est reçue à eoups de caooo. Le maréchal Lanncs envoie dans la place un aide de camp portenr d'une sommation. 'Cet officier est maltraité, retenu, et la ville lire contre ses faubourgs. Ceux-ci envoient une députation à Napoléon pour intercéder en laveur «le Vienne. Il la renvoie

avec une lettre de Berthier à l'archiduc Maximilien, qui commandait dans cette capitale ; mais à l'arrivée de cette députation le feu des remparts redouble. Dès lors Napoléon, qui voulait ménager cette capitale plus que ne le faisaient les princes autrichiens eux-mêmes, prend le moyen convenable pour forcer l'archiduc à l'évacuer sur-le-champ. Profitant de l'énorme faute qu'on avait commise en négligeant de lier la place au Danube, il conduit lui-même le quatrième corps, jette un |tonl sur le petit bras qui sépare le faubourg Landiraff&u Prater, et fait occuper le petit pavillon de Ltuthauu. En même temps, pour répondre au feu de la place qui ne cessait de battre les faubourgs, et pour détourner l'attention de l'archiduc, Napoléon fait établir une balterie

d'obusieis u peu près sur le même emplacement ou se lit l'attaque des Turcs en 1684.

- A neuf heures du soir des obus sont lancés dans la ville. Alors se trouvait malade dans le palais paternel la jeune archiduchesse Marie- Louise. Sur un simple avis de cette circonstance, la direction du feu est aussitôt changée et le palais respecté. O jeu de la fortune! qui eût dit alors à Marie-Louise qu'à peu de mois de là ces mêmes mains qui faisaient trembler Vienne tresseraient des couronnes pour sa tète ; qu'au palais des Tuileries, épouse et mère, elle régnerait sur ces Français qui la frappaient d'épouvante ! ! !

•< Cette résistance de l'archiduc Maximilien dans Vienne était coupable, puisqu'il avait négligé tous les moyens de la rendre le moins préjudiciable possible aux habitants, et qu'elle ne pouvait d'ailleurs être utile nià l'État ni à l'armée : Vienne pouvait être brûlée par un ennemi moins généreux, sans retarder d'une heure la possession de son enceinte. ►

L'auteur fait ressortir les fautes des deux archiducs, puis il continue ainsi :

■ C'était beaucoup aux yeux de l'armée et de l'Kurope d'avoir pris Vienne. Pour Napoléon c'était peu, lorsqu'il n'avait pas les ponts du Danube, (Mirée que la (in d'une guerre de coalition n'était pas a Vienne, mais dans la dispersion des restes de l'armée autrichienne et de la ligue des souverains, etc.

» Mais pour cela il fallait passer le Danube si impétueux, dans un

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