‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 39 sur 89 · Quelques remèdes ont affaibli le malaise · texte numérisé non relu

Quelques remèdes ont affaibli le malaise

M. O'Méara ajoute ici :

l.e duc de Rovigo et des officiers français m ont parlé souvent de l'humanité de Napoléon à la guerre. Quand une affaire était terminée, il visitait aussitôt le champ de bataille avec une partie de létal-major et des gens de sa maison portant des bouillons, du vin. On a vu ce grand, cet excellent homme passer plusieurs heures à remplir ces devoirs sacrés. Voilà pourquoi, indépendamment de son génie, les soldats l'adornienl !

I,e duc de Hoviso m'a raconté qu'à l'une des journées de la bataille de Wagram, I KmpereuT, suivi de ses officiers et de ses sen item s, visita

le champ de bataille. Il fit relever les blessés : il chercha à consoler ces malheureux. Arrivé devant un officier blessé, il reconnut le colonel Pépin, qu'il avait puni quelques années auparavant, et qui n'avait été remis en activité que peu de temps avant la campagne. Il ne l'avait pas vu de-

! puis plusieurs années. Cet oflicier était couché sur le dos, une bulle lui avait traversé la tète, mais la vie n'était pas éteinte chez lui. « Mon pauvre « Pépin, c'est loi! je suis désolé de te revoir là. Je foi |»ardonné il y a « longtemps, je ne pense plus au passé ! »

20. — On m'a demandé à Plantation-House. Je causais avec M. Baxter dans la bibliothèque, lorsque le gouverneur est entré. 11 me demanda avec grossièreté quelles étaient mes communications relativement à la santé du général. Ma réponse fut que jusqu à présent l'amélioration était incertaine ! « Esl il sorti ?— Non, monsieur.— Est-il allé dans la salle de billard ? — 11 y est allé.— Comment emploie-l-il le temps?— J'ignore. — Vous le savez, vous devez répondre; vous manquez à votre devoir! •

i lludson fit alors plusieurs fois le tour de la chambre, s'arrètant par intervalle, me toisant de toute la hauteur de son grade, de toute la distance j que la discipline met entre nous , avec des yeux flamboyants. Je restai impassible et tirai simplement ma montre pour lui faire voir que je comptais le temps qu'il me contemplerait de cette façon. Ma froide résignation

, et mon silence lui en imposèrent ; il recommença ses questions, et comme ]

j je n'y répondis point selon ses vœux, il passa à de nouvelles fureurs qui ne m 'ébranlèrent pas davantage. « Major Gorrequer, s'écria-t-il, écrivez « qu'il refuse de parler! » Alors je m'éloignai.

28. — L'Empereur est mieux. Il a parlé de Bernadolle et de Mural. « La bravoure de Murât était si grande, que les Cosaques lui en témoi- • gnaient leur admiration par des cris. Ils étoient saisis de respect en

| « voyant cet officier du premier rang, d'une noble figure, se battre » comme un simple cavalier. »

L'Empereur a fait l'éloge de l'intrépide I^abédoyère. Il a eu des pa- j

i rôles remarquables et touchantes pour. Drouot. « C'est le plus vertueux, « le plus modeste des hommes. Ses talents sont très-grands. C'est un « homme qui vivrait aussi satisfait avec quarante sous par jour, qu'a- - vec les revenus d'un souverain. Plein de charité et de religion, sa ! « probité, sa simplicité lui eussent fait honneur dans les plus beaux « jours de la république romaine. »

3 février. — La nouvelle de la mort de la princesse Charlotte vient

j d'être apportée ici par le vaisseau le Cambridge. J'en ai informé l'Em-

i pereur, qui en a été affligé ; il a parlé contre les accoucheurs.

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