‹ Mémorial de SaintHélèneChapitre 67 sur 89 · TESTAMENT DE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

TESTAMENT DE NAPOLÉON

5° Je meurs prématurément, assassiné par l'oligarchie anglaise et son sicaire. Le peuple anglais ne tardera pas à me venger.

ti° Les deux issues si malheureuses des invasions de la France, lorsqu'elle avait encore tant *de ressources, sont dues aux trahisons de Marmont, Augereau, Tal- I leyrand et de Lafayette. Je leur pardonne. Puisse la postérité française leur pardonner comme moi !

7° Je remercie ma bonne et très-excellente mère, le cardinal, mes frères Joseph, Lucien, Jérôme, Pauline, Caroline, Julie, Hortense, Catherine, Eugène, de l'intérêt qu'ils m'ont conservé. Je pardonne à Louis le libelle qu'il a publié en J 1820. Il est plein d'assertions fausses et de pièces falsifiées.

8° Je désavoue le manuscrit de Sainte-Hélène et autres ouvrages sous le titre de Maximes, Sentences, etc., que l'on s'est plu à publier depuis six ans : ce ne sont pas là les règles qui ont dirigé ma vie J'ai fait arrêter et juger le duc d'Enghien, parce que cela (tait nécessaire à la sûreté, à l'intérêt et à l'honneur du peuple français, lorsque le comte d'Artois entretenait, de son aveu, soixante as- ' sassins à Paris. Dans une semblable circonstance, j'agirais encore de même, j

!• Je lègue à mon fils les boites, ordres et autres objets, tels qu'argenterie, lit de camp, armes, selles, éperons, vases do ma chapelle, livres, linge qui a servi à mon corps et à mon usage, conformément à l'état annexé, côté A. Je désire que ce faible legs lui soit cher, comme lui retraçant le souvenir d'un père ; dont l'univers l'entretiendra.

2° Je lègue à lady Holland le camée antique que le pape Pie VI m'a donné à ' Tolentino.

3° Je lègue au comte Montholon, deux millions de francs comme une preuve de ma satisfaction des soins filials qu'il m'a rendus depuis six ans, et pour l'indemniser des pertes que son séjour à Sainte-Hélène lui a occasionnées.

4° Je lègue au comte Bertrand cinq cent mille francs.

5° Je lègue à Marchand, mon premier valet de chambre, quatre cent mille francs. Les services qu'il m'a rendus sont ceux d'un ami : je désire qu'il épouse une veuve, sœur ou fille d'un officier ou soldat de ma vieille garde.

6° Idem à Saint-Denis, cent mille francs.

7° Idem à Novarre, cent mille francs.

8° Idem à Piéron, cent mille francs.

9° Idem à Archambault, cinquante mille francs

10* Idem à Corsot, vingt-cinq mille francs.

I 18 Idem à Chandellier, idem.

12° Idem à l'abbé Vignali, cent mille francs. Je désire qu'il bâtisse sa maison ; près de Ponte-Nuovo di Rostino.

Idem au comte de Las Cases, cent mille francs. 1 i° Idem au comte de Lavalette, cent mille francs.

t5° Idem au chirurgien en chef Larrey, cent mille francs. C'est l'homme le plus vertueux que j'aie connu.

16° Idem au général Brayer, cent mille francs. 17° Idem au général Lefèvre Desnouettes, cent mille francs 18° Idem au général Drouot, cent mille francs. 19° Idem au général Cambrone, cent mille francs. Î00 Idem aux enfants du général Mouton-Duverney, cent mille francs.

St' Idem aux enfants du brave La Bédoyèrc, centmHle francs.

22° Idem aux enfants du général Girard, tué à Ligny, cent mille francs.

23° Idem aux enfants du général Chartrand, cent mille francs.

24° Idem aux enfants du vertueux général Travot, cent mille francs.

25° Idem au général Lallemand, l'aîné, cent mille francs.

26° Idem au comte Réal, cent mille francs.

27° Idem à Costa de Bastelica, en Corse, cent mille francs.

28° Idem au général Clausel, cent mille francs.

29° Idem au baron de Menneval, cent mille francs.

30° Idem à Arnault, auteur de Maritu, cent mille francs.

31° Idem au colonel Marbot, cent mille francs. Je l'engage i continuer à écrire pour la défense de la gloire des armées françaises, et à en confondre les calomniateurs et les apostats

32° Idem au baron Bignon, cent mille francs. Je l'engage i écrire l'histoire de la diplomatie française de 1702 à 1813.

33° Idem i Poggi, di Talavo, cent mille francs.

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