‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 24 sur 59 · DÉPENSES · texte numérisé non relu

DÉPENSES

Extraordinaires par semaine , payées par tes Français.

* Lst. sch. d.

Deuxdindons 3 00

Un jambon 3 00

Un cochon à rôtir oiio

Une bouteille de cornichons, etc. ... o 12 o

Trois bouteilles d'olives i 4 ^

L'état ci-dessus détaillé ne contient pas la quantité de viande achetée par les Français. Elle s'élevait de trois à cinq moutons par semaine, et à deux veaux par mois.

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Sur 4^ y Napoléon V^naporta viTement contre TAngleterre et contre moi , disant que c'était une atroce et infâme barbarie que d'en Tenir ju$qu'à compter les morceaux de pain qu'on lui jetait dans son cajchot. « Eh bien I ajoutait^l , je me le fpumirai ce pain. Ils m'ont enlevé mes trésors ;. qu'ils me les rendent, qu'ils Ësissent dégorger ces mis^ables qui se sont enrichis de mes 4^pouiIles ! ]$t,dans tous, les cas» je trouverai bien encore quel* que ame généreuse en Europe pour venir à mon secours ! il y a là bas plus d'un vieux soldat ^pii partagera sa ration avec moL Mais non, ils ne veulent, pas ; ils m'ont forcé à descendre à d'ignobles et pitoyables détails qui ja?nais nVussent dik entrer en mon esprit; ils m'ont fait m'occuper de légumes et d'office , comme Gharlemagne tenah le registre des dépenses et des recettes de ses jardins potagers et de ses fermes. Ce geôlier lésineux n'a* t-il pas eu la basse vilenie de venir compter avec moi jusqu'au sel blanc et au sel gris que l'on a employé dans ma cuisine? PTa-t-il pas eu l'atroce impudence de me mesurer une ration de' vin , connue on ferait au dernier des soldats? Pourquoi d<iiÉc, si le gouvernement anglais craint de ruiner sa nation en me donnant quelques livres de viande de plus, pourquoi n'accepte-t-il pas l'offre que l'Autriche et la Russie ont faite de me nourrir ? x oui, de me nourrir i car je suis réduit à l'aumône , je suis ici un pauvre soldat mendiant., mendiant

lia MÉMORIAL DE SIR HUDSON LOWE.

comme mes vieux soldats qui mendient en Europe , qui demandent pour prix de leur sang un peu de pain à ceux qui m'ont succède, et on le leur refuse. Je souffrirai donc, je souffrirai comme eux. Lorsqu'en Egypte ils mouraient de faim, de soif et de fatigue, n'allais-je pas comme eux à pied , dans les sables dévorants ; enle?ais-je jamais à aucun d'eux le bienfait d'une goutte d^eau ? Eh bien! maintenant qu'ils portent la peine de leur gloire , je veux la porter comme eux. Que l'Angleterre me fasse mourir ici de faim et de misère; c'est sur elle, sur les gouvernements qui me font subir un si long et si douloureux martyre , que doit retomber l'ignominie. >»

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