‹ Mémorial de Sir Hudson Lowe: relatif à la captivité de Napoléon à Sainte-HélèneChapitre 57 sur 59 · DE SIR HCB80W J.OWE. 38 S · texte numérisé non relu

DE SIR HCB80W J.OWE. 38 S

aprts^ il nteifit répèHMlre que Sa Majesté ï«Ai«ait de flue ^A^4 J< mvnh bietà -que Oeorgiâs lY aif^it été Mtn Icin d'approuver tout^ kâ «ivesuf e3 de ligueur i^i àveiiieiyt été prises à Sai«ite4Iëlètie ^ et que le âûmls«è^ m^a^aic enjmut dé prends* D TÉé «aehait -pat le f>e<i •d^êti»^ quil ëvtrit de moi ^ dtsim^ <^e jamaÎK H ne voudrait avéir en sia pré-t semeè «m mdâsiJgtidble ^t d%oÛtâtit geoiiei^^ et qa^^sa doudcieiice il détestait trop tiia tobduite poup ti^e mecfvoiir. "

Au itiscevictt A^était pas ^ s<eiulë|nekit à la ^o^ur^ que les outrages et les humiliations pko^railinfMir matéoe^ palrtout;HikinitoiM ^rài^s, datts 'toutes feaokteei , ie?éi^k un Jori igënerai^ une manifestatmi unaAtmeidc haine toontre moif p<Ma> é&at k» eitoyetisJde l'Angleierre^ mon nom «tait un nom mmidi't «k «xéévé.* £t ^moi^ hélas^l qui croyais arvoir digneoQientélipliUeinekit servi jua patrie xlaiàs mea fbnàtiolis ià iSuinite^elène ; qui pensais avoir ané' rhe une cmirottBe e^viipie et qui espérais là reco*» voir à mon retour en Angletem»^ leamhien je oà'é* tais «vueilement aibnséd condiien était aâûremt le inoMÉentioù je voyais mon illusion s'él^nouir pour nie laisser vcnr tdutenm^ vie d'ignominie^ mut u><i »i«nir d'anàthèmiB'! C'était^ au Haut, xuae diose ëtonriia^^e que ^ voir H;e peuple briilaanique^ tia* guère tant elinQmt ée Napoléon ^^revenîr maihte-* Mmàdes settitimeatstd'^dniiration pour >ee grand b^^me et dé oomiqiséraliaB p^r ^a d6ploMil)i0

3â6 MÉMORIAL

destinée. Les mêmes qui maudissaient de fout leur cœur, six ans plus tôt, le eonqu^nt de FEurope et le terrible antagoniste de la Grande-Bretagne, aujourd'hui compatissaient à ses infortunes , et Tersaient des larmes, sur sa captivité et sur sa mort. Ainsi, moi, qui croyais avoir servi la vengeance de l'Angleterre , qui avais souvent agi par esprit national et par l'impulsion d'une antipathie et d'une haine tout anglaise contre Napoléon, je me trouve maintenant désavoué par ma nation, et , de plus, exposé à ses malédictions et à ses mépris !

Je reçus une édatanta preuve de ces dispositions de la nation à mon ^rd , lorsque je me présentai au club militaire pour m'y faire recevoir. Tous les membres se récrièrent spontanément et unanimement sur l'inconvenance de cette admission; tous déclarèrent qu'ils sortiraient jJutôt que de se voir à côté d'un homme comme moi; bref, je fus r^îisé d'emblée, je fiis repoussé avec une hu^ miliante unanimité.

Je vis dès lors que le sol de l'Angleterre ne me convenait plus, qu'il me fsdlait aller cherdbier, dans les pays lointains, un asile contre cet universel déchaînement de mépris et de haine ; je. sollicitai les fonctions de gouverneur de l'ile de Geylan : on me les accorda , et je partis pour ma destination. Mais auparavant je voulus voir cette France dont j'avais tant ouï parler à Sainte-Hé-

lène^ que j^avaiè tant entendu reg^retter ; puis je voulais voir quel effet, ferak sur les Français , sur les andens sujets de Napoléon, la présence de celui qui avait été préposé à sa* garde, qui avait assisté à ses d^nier^, moments. * ' '

Je dois le dire, ma présence à Paris ne fit pas tout l'effet auquel je m'attendais : les journaux se livrèrent,, il est vrai ^ contre moi à de virulentes diatribes ; mais ils furent les seuls ; le peuple resta> calme ; je fus pour lui comme si je n'étais pas> Hudson Lowe , . le giaolier de Napoléon ; pas une querelle, pas une insulte, pas un cartel ne vint troubler mon repos : un seul événement remarquable rompit la monotone uniformité de la vie que je menais dans un bôtel de la rue de Rivoli.

Le jeune Las Cases, le même qui m'avait si violemnctônt insulté à Londres > , fut assassiné un soir comme il revenait de Passy , petit village aux portes de* Paris ;:il reçut un coup de poignard dans la poitrine; et, sans le porte-feuille qu'il avait dans la pocbe de son habit, nul doute qu'il n'eût expiré sur lecoup^ Aussitôt la voix publique, j'entends dire la voix des journaux, m'accusa de cet horrible assassinat; c'était, disait-cm, un lia-

* M. Las Gayes fiU donoa publiqmement.de» cotips de cra- Tache à sir Hudson Lowe , qui ne trouva d'autre moyen de yengeance qu'un ordre de i'alien-office , pour faire bannir M. Las Cases du sol britannique. On conçoit que sir Hudson ne s'étende pis sur cette aventuré. 1 ''■ '>

388 BfénoRiiij

lién^e f âtab h nion service ^ hAïtk à Hiaftk^ le ttylétycoiiiiiie'toKs ine$ atiéioiis bandits toti^ et'cahibrot»! qéî avait pofté le <^p. Me diseiiU pèr était iniltilç;; en était trop di^imsé à^iioiî'e de moi les plus hcurrtUes et^ «imcës a«tiofi%j J€f laîseandMietiii'e encore; et je partis pbdr les Indea/ :

11 y'«iivaî< uni liirre |éii» ciirieut qme dâltti'i^'à ikiresulrmee Tèya^es à trdreni làTurqaiie) ia Pétëe etfksJndéfr; nyais ce nVeetparsici mon but t qUëlc^iie jour peut-être je Tà(:ailteTai:«i|^ évitâtes dii tili-f Iteu/det^ipsiipies ^ et mbs ab$9rvalid|is ijtti'èë^ iatéienafeites contrébs ^ aujourd'hui je rm VéUlE c^Bey'dd ma vie et de meiB oonrse^, que ee ^ifi à uik rà{ipdrt immédiat à Id funeste lustcrira d« me^ fendtiens à S^inte-Hélèée. >

Ma rmennuce lA'ardit pi^c^d^ à €eytein ) on'sà-^ ▼i^it t}Hel gfipverne<n:*iéltaitd«»«ittëàlâ?eolot$ie> et j'y tro^i^ai^end^arqUaiit^ tmerë^ltitidn'des «tt*tr^gcs i[|ù'ob m'aTaii prodîgltés: en Angleterre^ et de rigplonlidieiix laëeaeil >qiiè'f y' dtaiA reo« i hï^ft^ après un ccmpt é^odi'^ je me vî» fore^ de qu^r eÂcoFt. €eyiBm: Je m'embbrqiim pcnMf Bombay : le je ne pMS^êfatéhirfeti^vce'd'^MKstttie nielisofit^^â-^ pectable ; partout j'y trouvai les portes fermées et le froid' méprw'sor ibb« ks risages ; j^ më fcàtai

Wâig iiii plus ëciàtànt accueil m'attenclaïi à ttte aunce : le peuple de cette colonie^ tout Fran-

DE Sia HUOSCm LOWE. 3^9

f^ 4^ i^ami^ §% d^,9»txAm6mp .m'y pnspàrait de

^^tBQÏf^ifU^ , ÎDSiiiteesi, i^rthiai , k Maup^ice e& ; mai

1828 , à bord du vaisseau l'Alexandre; jje :iAeiacc»-

4\s ^ imfi^ au bmit du ^anofi. ^Qùaiid je ids ié si-

hm^ ^%hjM%»jf^» , ha^Mitifé q^e pétais à «nittadre

§\j^f I90II passA^ ks. broyantes Qsol^matioiis d§

Ifl llftioiç^ jf «rOB .ajroûr trourfi'^çnfin ^imj £àfxige

«tOQ^tr^ ^e¥» liaiue^ ipe ^teyrre «de cepos au. iqilieu

4e Jjim^v^ra; qui me .maudissait). ^^ fis même part

4^ iQOapbaentatloiià un dbs.hatit9,£(ihoti9a«a(ioç^

4(9 i'A#; :; je :lui d^. qvas k peuple de Màudee tme

f^r^ift^ikit bien d^uxj , jet que j-aunais > j^sâr à en

^JTQ m)mm4 ^uivûnti^ujl ^mntétJQdsiraisiépmmr

y^mn $i^J£i^e AémkdïSiJOftpm^, Dans la matir

j)^, qpmm^ j'^ims vhi$fiv la libraij[iiejafl^^ûsé^

l^ 4o«le 4e prQ$«i^i$ 46Vd»t la portjie, et je.% si

f^rmUé fi» y<9y»»$ /f«t«i?; afibtt«»cç, que je jls. pffé^

i^^plr k goivr^^ur 4» ht po^tw^A.dan^ Jaquelljp

i» i^Q tmuy^if* £i^u}nci <«o;Hpya Mii4é ^s^^ides

4ç c^mp pour ^nn^g^ }e p^n^^ h .3e c^içepr^ «uâs

iîe fut ij^i4fle. Afers i^^oNivet'nflar^i»-rméj»$^ jir

Lowry-Cale, se résolut à venir me tirer d^emlârf'

m?9 ejt jiB p^ryi^ M «ortif ôw» ^ AaUf cUi milieu

4çcet^(H^e- î

J'^yajâ a^nc^ïioé <jlevoir aller ^n spectacle dans

}a soifféç : dcHUe à qu^^ d|ii»^ âeidemçàl: &'y isf^difi^nt ; le reg^e de VaL^^mMé^ était compoas d'bpiJ^P^ r q-Mλ M €€i ({W j^appi'iâ , devaient sontîr tous ensemble de la salle au moment où j'y «erais

3go MÉMORIAL

entre. Comme on pense bien , dè&que je fut averti du. projet, je me décidai bien vite à ne pas aller au théâtre.

. Le lendemain,. quand ce fut le moment de m'embarquer , et que je me dirigeai vers la mer, je trouvai près de cinq cents personnes réunies sur la place du çouvernement. Aussitôt ^u'on me vit paraître, ce fut une explosion effrayante de £ris et de huées; on disait : u Voilà l'assassin, le •geoliet, le bourreau de Saintetiélène ! A la po^ tence ! à Feau ! le scélérat , le brigand !» Ce fut au jmilieu de ce concert que je m'embarquai. Au -noment d'entrer dans la dbaloupe , un homme •sortit de la foule, et, phis furieux que les autres, jl me jeta des ordures au visage en.criant : m Va, .l>rigand.! va, que la malédiction de Dieu t'aocompagiieJ i> Alors les pierres commencèrent à pleuyoir sur moi ; j'en reçus un coup au bras, et un-coup à la tête. £nfin les vingt rameurs delà chaloupe de l'Alexandre parvinrent à me soustraire à cette grêle de pieires , d'injures et de malédictions.

Arrivé à bord, une nouvelle humiliation m'attendait : le capitaine Delancey, mon aide de camp, affecté d^une aussi affreuse scène, brisa publiquement sur le pont son épée, disant qu'il maudissait le moment où il avait été attaché à un homme repoussé et abhorré par le monde entier. ••

Dfi SIR HUDSON LOWE. 3gi

Ce fut là pourtant la dernière manifestation publique de haine que je dus essuyer. A peine arrivé en Ang;leterre , je me sauvai sur le conti* nent, dans un asile ignoré; je quittai le nom de Lowe ; et, sous celui de Hudson, je vis caché dans une petite ville, éloigné de ce tourbillon du monde et de la politique , où plût au ciel que je ne fusse jamais entré.

C'est de cet asile obscur et inconnu que je jette au monde ces mémoires : ils sont incomplets sans doute ; peut-être n'ai-je pas dit tout ce que j'aurais pu dire sur le captif dont la garde me fut confiée; mais au moins, dans ce que j'ai dit, on ne m'accusera pas de partialité. Certes je n'ai pas fait ici une justification : j'ai tout simplement conté des faits ; et , si j'ai cherché quelquefois à écarter de moi un peu de cet opprobre dont le monde m'a couvert , ce n'a été que pour en faire une juste et légitime part à ceux qui la méri«> taient. Car, ainsi que je l'ai dit, si j'ai été l'acteur principal de ce drame odieux, d'autres en étaient les auteurs. Si les. derniers instants du grand capitaine ont été remplis par les chagrins, les tourments et les peines de la plus dure captivité, c'est au ministre anglais, c'est aux puissances du continent, c'est à bien d'autres encorp que je pourrais nommer , qu'il faut attribuer ces vexations. Enfin, comme l'a dit Napoléon lui* même en parlant de moi, j'ai voulu, dans ces

392 MÉMOBlàL DE SIE HUMON U)WE.

notes tracées précipitamment, rejeter sur mon gouviçrnement l'odieux de ma propre condoîté. Y ai-je réussi? je le pense, moi : ua reste que le lecteur en décide.

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