TOAST DE H. CH. JOUANJAN
.'est un grand honneur, on même temps qu'un véritable plaisir :r moi, de vous souhaiter la bienvenue à l'Hôtel de Ville et de :8 remercier d'avoir accept*^ l'invitation du Conseil Municipal de nt-Malo.
,a fête, que nous sommes si heureus de célébrer avec vous, va uper autour de la statue de Jacques Cartier d£s Français de même fine, unis dans une seule et unique pensée : faire revivre le soulir de celui qui pouvait paraître oublié parce que son image ne se ssait pas sous une forme tangible, mais dont la gloire incontestée nait comme une auréole sur sa ville natale, e que fut Jacques Cartier, ce qu'il accomplit avec tant de sage et ien te énergie, vous allez l'entendre rappeler en termes plus élonts et plus vibrants que ceux que je pourrais emprunter moime. Permettez-moi toutefois de vous dire que cette cérémonie re-
POUR l'érection du monument de JACQUES CARTIER 49
vêt aux yeux de notre population malouine un caractère tout spécial d'intimitë et de solennité. Ce sont, en effet, des Malouins qui ont eu la pensée d'élever à celui qui a porté si loin le nom de Saiot-Malo un monument durable ; ce sont des Bretons qui ont sollicité les bonnes volontés et permis de réaliser le rêve caressé dt-puis si longtemps ; ce sont des Français d'outre-mer qui n'ont pas hésité à accomplir un long voyage pour rendre hommage, au nom des Canadiens du Saint- Laurent, au fondateur de la Nouvelle-France; c'est l'escadre du Nord qui vient rehausser l'éclat de cette fête et saluer l'une des figures les plus glorieuses de la marine française.
N'ai-je donc pas raison de dire qu'aucune arrière-pensée ne peut ee mêler à la joie universelle ; que, tous ici, nous ne sommes réunis que pour payer noire tribut d'admiration et de reconnaissance à celui qui ne poursuivait qu'un seul but: étendre au loin l'induence de son pays, l'enrichir sans violence, créer une nouvelle France semblable à celle qu'il quittait, aussi glorieuse et aussi prospère à la fois.
Aux membres du Parlement qui nous ont donné tant de preuves de dévouement et à vous en particulier, mon cher sénateur, qui n'avez rien épargné pour mener à bonne fin l'œuvre entreprise; au Conseil général qui nous a généreusement aidés et près duquel vous voudrez bien, M. le Président, être notre interprète; à M. le Préfet d'Ille-et- Vilaine qui a appuyé de sa haute autorité les démarches faites auprès du Gouvernement ; à tous ceux qui ont contribué à doter la ville de Saint-Malo du monument qui ornera l'une de ses plus belles promenades, j'adresse nos remerciements les meilleurs. A vous, amiral, en vous priant de transmettre à M. le Ministre de la Marine et au vice-amiral commandant en chef de l'escadre du Nord l'expression de notre vive gratitude, je dirai que si nous éprouvons une grande joie à recevoir sur notre rade la fiotte française, si notre population accueille gaiement les marins de l'escadre, elle sait aussi prendre sa part du deuil qui vous a douloureusement frappés à Rizerte. S'il nous est enfln donné d'admirer, aussi loin que la vue peut s'étendre, le splendide panorama qui s'étend du cap Frébel à la pointe de la Varde, c'est à vous, mon général, que nous le devons; à M. le commandant du génie et à ses collaborateurs, qui nous ont donné sans compter leur précieux concours,
M. le Ministre du Canada, si, contrairement à l'usage protocolaire, je m'adresse â vous en dernier lieu, excusez, je vous prie, cetle incorrection. Elle n'a pour cause que le profond désir de vous considérer comme faisant partie pour quelques jours au moins de la famille malouine. Ce n'est donc pas seulement comme des amis que nous vous Recueillons, mais comme des f^res qui ne sont séparés