POUR L ÉRECTION DU MONUMENT DE JACQUES CARTIER
Gama, Cortereal et Cabot et Vespuce
Lui sont des exemptes fameux I II veut gagoer son lot de ces Indes comme eui.
Mais sans cruauté, sans astuce.
Loyalement t II veut que la France ait son tour
Au partage du Nouveau Monde Et qu'elle fasse enfin dans l'empire qu'il fonde
Son œuvre de gloire et d'amour.
Oh I découvrir aussi, sur ces lointains rivages
Que nul pied n'a foulés encor.
De magiques forêts, des plaines ans fleurs d'or.
Où vivent des hommes sauvages!
Des montagnes qu'on voit dresser leurs pics géants Dans les nuages ; de grands fleuves
Ouvrant leur cours fertile au sein des terres neuves ; Des lacs qui sont des océans I
Là scintillent partout, dans la splendeur des choses,
Écailles au frisson changeant.
Coquillages de pourpre et fourrures d'argent,
Des ailes d^azur et de roses !
Là, les diamants sont les pierres des chemins
Et le flot tranquille déferle Sur des bancs de corail et des nacres de perle
Qu'on peut cueillir â pleines mains 1
Là, les bléa et les fruits mûrissent sans culture ;
Là, chacun, dans son libre effort.
Sent palpiter en lui, plus heureui et plus fort,
La jeunesse de la nature I...
Cet Eldorado s'ouvre à ses quinze ans hardis : Prendre en sa main les Lys de France
Et la Croix de Jésus et, des bords de la Rance, Les porter dans ce paradis 1
Les faire rayonner là-bas de plus de flammes
Et, soumettant tout à leur loi, Conquérir pour jamais des sujets à son roi
Et gagner à son Dieu des âmes.
MKMORLU. DES FETES ^lANCO-CA.'(APIEN^ŒS
Avoir tous ces trésors, avoir toas ces bonheurs,
Kt ce triomphe et celte gloire I...
Mais le rèvc est si beau qu'il n'ose plus y croire .
Et ses yeui se mouillent de plears.
11 n'est pas assez grand,' il n'est pas assez digne I
It hésite, il doute aujourd'hui !
Cest trop d'audace ! Un humble, un pécheur comme lui !
Si Dieu pourlaot montrait un signe !
Comme il courait vers ces bonheurs et ces trésors !
Quelle force alors le soulève Vers le triomphe et vers la gloire de son révo !
Et son rêve est vivant alors I
Or, soudain, sur la mer, de sa droite à sa gauche, Voici que, surgissant d'un grkad geste qui fauche,
Un arc-en-ciel aux sept couleurs Encercle tout l'azur de sa courbe irisée Et, parmi les rafons, des gouttes de rosée
S'égrènent ainsi que des fleurs.
Et c'est comme une porte immense et triomphale ! Noblesse de palais, splendeur de catliédrale,
Elle s'ouvre sur l'occident.
Sur l'occident vers qui se tend son bras qui tremble ! Et la Porte de Ciel éblouissante semble
Inviter son désir ardent !
Et son cœur bat plus fort et son regard se voile ! Est-ce un prestige? Est-ce un miracle?... Cette voile!
C'est un navirel... Il a cru voir!... il a vu!... Sous le vent en poupe qui le penche. Le navire a cinglé ; déjà la Voile Blanche
Entre sous la Porte d'Espoir.
Et la Voile a suivi le Sillage de Rêve ï...
Et debout, saluant cette aube qui se levé
Pour les Fleurs de Lys et la Croix, Et joignant ses deux mains vers le Ciel qui console. Sûr d'avoir entendu la Divine Parole,
L'enfant dit : J'espère et je crois !
Louis Tisbcelin.
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. Xavier Mercier avait donûé la note franco-canadienne, dans ces jolies chansons populaires, harmonisées si finement par Gagnon et si curieusement par Tremblay, Botrel et sa charmante femme ont donné la note franco- bretonne. On a épuisé toutes les formes de Téloge pour louer et applaudir le barde breton et sa jolie « douce n. Botrel est inlassable et on ne se lasse pas de l'entendre. L'aède ancien remuait les pierres aux accords de sa lyre : le jeune poète remue Tor au son de sa voix. C'est qu'il s'adresse au cœur et que par un incomparable don d'action et de pénétration, il émeut et il charme. Cette soirée s'ajoute à toutes celles où nos deux amis se sont fait aimer davantage et davantage apprécier.
Pour sonner l'adieu, Th. Botrel nous chante sur l'air de La Canadienne la jolie chanson qu'il vient d'improviser dans les coulisses :
VIVE LE CANADA t
A travers l'Atlantique,
Vole, mon cœur, vole I Au Nord de l'Amérique Mou souveuir s'en va !
Vive le Canada,
Oui-dâ !
Vive le Canada !
Vers la Côte divine,
Vole, mon cœur, vole !
Où la Petite-Hermine Autrefois aborda !
Vive le Canada, etc...
Vers la Terre bénie.
Vole, mon cœur, vole !
Où, l'âme épanouie, Cartier, jadis, priai Vive le Canada, ct«...
MËMOnUL DES FÊTES FRANCO-CANADIENNES
Plus loin que Terre-Neuve.
Vole, mon cœur, vole !
Au pays du graad Fleuve Que Cartier remonta I Vive le Canada, etc...
Au pays dea érables.
Vole, moD-cœur, vole!
Des forêts admirables Où oui jamais u'entra !
Vive le Canada, etc..
Au pays où tout homme, Vole, mon cœur, vole !
A l'air d'un gentilhomme :
Marin, prêtre ou soldat I Vive le Canada, etc..
Vers Montréal-la -Belle,
Vole, mon cœur, voie !
Vers la Ville Adèle Au vieux Pays ingrat!
Vive le Canada, etc..
Va, mon cœur, vole à l'aise.
Vole, mon cœur, vole !
Vers Québec -la-Française, Vers l'Auglaise Ottawa !
Vive le Canada, etc..
Vers la Terre accueillaute,
Vole, mon cœur, vole !
Toujours si bienveillante A ceux qu'on exila !
Vive le Canada, etc..
La Terre où, libre encore.
Vole, mon cœur, vole !
Le Drapeau tricolore A jamais flottera !
. Vive le Canada, Oui-dà !
Vive le Canada I - ■
Th. Bothbl.
POUn l'érection du monument de JACQUES CARTIER 97
André Colomb accompagnait M. et M"* Botrel avec sa maestria ordinaire et extraordinaire, on peut le dire sans exagération.
M"^ Douard. la pianiste si sympathique, de grand talent et de bonne grâce, avait tenu, pendant la soirée, le piano d'accompagnement.
Je n'ai rien dit de la composition de la salle, qu'une foule élégante emplissait ; habits noirs, uniformes, toilettes claires, savants décolletages, fleurs et diamants. Une vraie saîle de gala.
M. le Sous-Préfet avait reçu dans sa loge M. le Général Méerl et M. l'Amiral Leygue ; M. le Maire, dans la sienne, le Ministre Canadien, le Commissaire général du Canada, etc.
Aux fauteuils d'amphithéâtre : M. et M"' C. La Chambre, M.etM'"=A. Houittede la Chesnais.M.et M'"» Robert Surcouf, M. et M"* de Mestadier, M"* Hortense Cartier, M"" et M"«' Tiercelin, M. et M"" J. de Boismenu, M. et M"' F. Bazin, M. et M™» Pointel, M. et M™* Ameline, M. et M"" W. Rouxin, MM. et M""*' Edmond et Charles Saiot-MIeux, M. et M""* E. Herpin, le Docleur et M'"« Page, M. et M"" Thomas Maisonneuve, M. et M"^ Radenac, M. et M""* Mignot, le Docteur et jjme Ferrand, M. et M"^ Cuny, le Commandant et M"" Reige, M. et M"« Rosse, le Docteur et M"' Hervot, M. et M"» Ch. Vie, M. et M""^ Delestre, le Lieutenant et M™^ Muitzer O'Naghten, M. et M"" Baud, de nombreux conseillers municipaux, etc.
Aux fauteuils d'orchestre, les Commandants et les Officiers des vaisseaux, M. le Docteur Peynaud, M. Lempereur, M. Le Sage, conseiller général, M. Pottier, administrateur principal de la Marine, M. le Commandant Devoir, M. L. Ciblât, le Président et les Membres du Comité, etc.
Les entr'actes, dans le grand salon de jeu, étaient particulièrement animés.
Cependant, sur l'esplanade des écluses, un feu d'artifice,
98 MÉHOniAL DES FÊTES FRANCO-CANADIENNES
comme on û'cn avait jamais vu de pareil à Saint-Malo (1), érigeait ses multiples |)ièces et lançait ses innombrables fusées vers le ciel qui nous souriait toujours.
(1) Le 17 Juillet, j'avais reçu de M. C Rieger, membre de la Société Archëologiqae, la lettre suivante que je soumettais au Comité ; ■ Monsieur le Président, < Lors des Têtes cl réjouissances publiques, on allume des feui de Bengale
< dans les clochers ajourés des villes de l'Est et de la vallée du Rhin (Metz, « Strasboui^, Trêves, Cologae).
* Ces feus changent de couleur toutes les cinq minutes et sont entretenus peu-
< dani une heure environ.
■ Le clocher de Salnt-Malo se prêterait admirablement k ane illumination de * ce genre, dont la dépense serait bien minime eu égard à l'effet considérable et
< saisissant produit non seulement dans les trois villea, mais encore assez loin
< dans les campagnes.
< de la Société Archéologique. Heureux si elle peut contribuer pour une petite
< Dflrt B l'éclat des tètes données en l'honneur de Jacques Cartier. — , . . .. — . . .. ^., .. . jg ijj^ considération la
,Coogle
POSE OE U PUQUE GOMMÉMORATIÏE SDR LE lANOIR OE JACQUES CARTIER
{Paramé, 24 Juillet 1905)
L'inoubliable fête de t'inauguratioo de la statue devait avoir un lendemain, par la pose d'une plaque commémorative sur le manoir do Jacques Cartier, à Paramé. Mais la journée allait commencer à Saint-Mato.
La municipalité avait bien voulu nous prêter sa Salle des Fêtes, pour le déjeuner auquel nous avions convié les invités et les hôtes du Comité.