DISCOURS DE H. C. LA OHAMBBE
Monsieur le Maire,
Messieurs les membres du Conseil Municipal,
Comme représentant de la première circonscription de l'arrondissement de Saint-Malo, j'ai le grand honneur d'être auprès de la Municipalité de Paramé l'interprète du désir qu'ont bien voulu manifester l'Honorable M. Turgeon, Ministre des Terres de la province de Québec, et Messieurs les Membres de la Délégation Canadienne, (le visiter les lieux historiques où s'est déroulée toute une partie de la vie de Jacques Cartier.
Nos Ilotes distingués n'ont pas hésité à franchir l'Atlantique pour venir honorer nos fêtes de leur présence, et pour apporter un précieux tribut de reconnaissance au grand ancêtre dont nous célébrons la mémoire.
En effet, si noua avons qualité pour glorifier l'œuvre de notre illustre compatriote, ne sont-ils pas autorisés comme nous à rendre hommage au Découvreur du Canada, au fondateur de cette contrée que leur longue suite d'efforts est parvenue à rendre l'une des plus florissantes du continent américain î
Vous savez d^à avec quelle merveilleuse éloquence, avec quelle rare élévation de sentiments, ils se sont acquittés de leur noble mis-
Ils sont entourés des hauts représentants de la Marine et de l'Armée, que nos populations patriotes sont heureuses de voir prendre part si complètement à nos fêtes, et qui ont tenu à honneur dp venir célébrer avec noua l'une des gloires les plus pures de notre pays.
Ils sont accompagnés aussi dans leur pèlerinage par le distingué Président et les membres de la Société Historique et Archéologique de l'arrondissement de Saint-Malo.
Bien que comptant peu d'années d'existence, cette Compagnie a déjà su montrer en mainte occasion combien elle se préoccupait de conserver les souvenirs du passé dans ce paya du Clos-Poulet, où chaque pierre a pour ainsi dire son histoire.
Jamais mieux l'intérêt de ses recherches ne nous était apparu que dans cette circonstance, où tant de détails concernant la vie du grand an-être sont malheureusement perdus pour nous. Les actions d'éclat nous sont trasmises par l'histoire, mais combien nous aimerions à connaître le Jacques Cartier intime 1
POUR l'Érection du momumem dr jacoues cabtier H9
Auasi lea trop rares vestiges qui noua parlent de lui poasèJent-ils, à nos yeux, un prix inflni.
C'est ainsi qu'en 18i3, grâce au don précieux de la Société Littéraire et Scientifique de Québec, émule de la vôtre, le musée de Saint- Malo a eu l'heureux sort de s'enricbir des restes glorieux de ia Petite Hermine, retrouvés dans la baie de Sainte-Croix. Par un singulier contraste, il a été ainsi conservé trace du bateau abandonné par Jacques Cartier sur cette côte de tribus sauvages, alors qu'ont disparu, au contraire, en entier, les deux autres navires qui l'avaient ramené triomphalement avec ses compagnons dans notre port.
Détruite aussi, la maison que Jacques Cartier habita dans sa ville natale ; indéterminé également, le lieu où reposent ses cendres.
Mais, du moins, le manoir de Limoilou et des Portes-Cartier, sa résidence de campagne, reste encore debout. La jolie commune de Paramé, née sous une heureuse étoile, a eu, entre tant d'autres, la bonne fortune de le conserver intact.
Fière, à juste titre, d'en faire aujourd'hui les honneurs à ses insignes visiteurs, elle a revêtu sa plus belle pamre, s'efforçant ainsi d'égaler la proverbiale hospitalité canadienne.
Après avoir eiploré lea rives majestueuses du Saint-Laurent, découvert lea paysages grandioses du Canada, c'est ce coin de terre privilégié que le grand navigateur a choisi pour y établir sa demeure ; c'est là qu'à la suite de ses explpits renouvelés, il est revenu, comme le Cincinnatus de l'antiquité à son champ et à sa charrue ! Le président et les membres du Comité du monument Jacques Cartier, ici présents, qui ont préparé ces fêtes avec un zèle et un dévouement au-dessus de tout éloge, ont pensé avec raison trouver là le digne coui'onnement de la cérémonie d'hier. MieuK que partout ailleurs, dans cette souriante retraite des Portes-Cartier, nos hôtes distingués sentiront vibrer l'âme du commun ancêtre; et en scellant tout â l'heure la plaque oommémorative sur la demeure du héros, nous scellerons à nouveau le pacte d'entente cordiale qui n'a jamais cessé d'unir étroitement les Canadiens français et les habitants du pays malouin !
Et des applaudi ssemeats unanimes saluent ce discours, « où les plus heureuses pensées sont exprimées en une langue délicate », où les sentiments, les plus heureux aussi, ont trouvé la forme la pins chaleureuse et où la bonne grâce bien connue du député Ae Paramé s'est épanchée si naturellement.
120 MÉMOniAL DES FÊTES PnA.NC0-CA.NADIEM4ES
M. W. Rouxio, Maire de Paramé, prend la parole en ces termes ;
DISOOUBS DE M. W. BOtTXIN
Messieurs,
Je suis heureux, au nom du Conaeil Municipal et au mien, de vous souhaiter la bienvenue.
Je salue dans cette enceinte le Ministredea Terres du Canada, l'orateur distingué qui, hier, devant la statue du Découvreur de son pays, a fait battre si fort nos cœurs de Français, et dont les paroles si patriotiques ont fait couler bien des larmes.
Jacques Cartier ne fut pas oubliiï à Paramé ; lors de la restauration de cette mairie, son portrait, dû au pinceau d'un enfant du pays, M. Lemoine, fut placé â l'endroit où vous le voyez aujourd'hui.
On dit que Jacques Cartier, lorsqu'il revenait de ses expéditions lointaines et périlleuses, aimait à se reposer dans sa terre de Limoilou.
Cette tradition. Messieurs, s'est conservée de nos jours; il y a quelques années encore, le grand historien de notre Bretagne ne venait-il pas, lui aussi, se reposer à Paramé, je veux parler de M. Arthur de la Borderie, dont le nom, je l'espére, figurera d'ici peu de temps sur une de nos places publiques.
C'est bien aussi à Paramé que le Président de tontes ces fêtes, M. Louis Tiercelin, vient, je ne peux pas dire se reposer, mais bien travailler à ces poèmes, à ces pièces de théâtre, qui l'ont fait si justement apprécier de tous.
Je remercie Monsieur le Président de la Société d'Archéologie de Saint-Malo, qui renferme dans son sein tant d'hommes érudita constamment à la recherche de tout ce qui Intéresse le Cloa-Poulet. C'est à eus que je dois l'honneur de vous recevoir aujourd'hui.
Et, Messieurs, je m'en voudrais si j'oubliais Monsieur l'amiral, le représentant de notre chère Marine, qui a tenu à venir jusqu'ici rendre un dernier hommage à celui que nous fêtons aujourd'hui.
De chaleureux bravos soulignent ces paroles du sympathique Maire de Paramé.
Ce m'est un devoir, pour ma part^ de le remercier de m'avoir l'ail le très grand honneur d'associer mon nom à celui du Maitre éminent, si regretté, dont la mémoire
PODB l'Érection w uondment de iacqubs cartieb 121
survit, chère ol honorée. Nous ne pouvons qu'applaudir, en attendant mieux, à la promesse laite par M. W. Rouxin qu'une de nos places portera le nom de rilistorien de Bretagne. A quand sa statue aussi ?
M. Etienne Dupont, ensuite, au nom de la Société Historique et Archéologique de Saint-Mato ; puis M. Louis Tiercelin, au nom du Comité du Monument Jacques Cartier, remercient M. le Maire et le Conseil Municipal de Paramé, M. le Président et le Comité des Fêtes de Paramé (i), do l'accueil si chaleureux qui leur est fait et auquel toute la population s'est associée, en pavoisant et en fleurissant les maisons et les rues.
Mais voici que M. Robert Surcouf, Président de la Société des Combattauts d'IlIe-et-Vilaine, père du Député de la deuxième circonscription de Saint-Malo, s'avance vers le Ministre de Québec et, rappelant très heureusement un épisode de la guerre de 1870-1871, où les Canadiens mouraient à côté des Français et pour la France, il dit :