ENTRE POÈTES
M. Louis Tiercelin, le président du Comité des feies de Jacques Cartier, a invité M. Cbapman & écrire un poème pour le dèvoiiement de la statue du découvreur malouiu. Le poète canadien a accepté l'invitation et a envoyé en même temps ses Aipiralions au poète breton. Celui-ci, en retour, lui a expédié son
e lauréat a écrit poor le
A LODIS TIERGELIH
;ui m'envole La Bretagne qui ehanle.
Le chant, triste ou joyeui, de l'Océan immense Qui caresse ou qui bat les falaises d'Armor, Sous la brume traîtresse ou sous t'étoile d'or. Héritier de Brizeui, a bercé ton enfance.
Ce chant, qui meurt sans an et sans fin recommence, — Que la rafale ploie ou rouvre son essor, — barde, tous les jours, tous l'écoutez encor Dans les lames en joie ou les flots en démence.
Oui, vous vous en grisez encore à P
En gonflant vos poumons du grand souffle embaumé
Qui passe sur la lande et l'onde qui moutonne.
Et Toità ce qui fait qu'en lisant vos beaux vers,
Je crois y respirer les arômes amers
Des pins et des ajoncs de la côte bretonne.
W. Ghapman.
)ttawa, 20 Mai 1905
luinze jours après, le même journal donnait ma ré-
ise :
AU POÈTE OHAPUAN
1. Louis Tiercelio, président des fêtes de Jacques Cartier k Salut-Malo et & mè, Tient d'adresser à notre poêle canadien, M. W. Cliapnuin, le sonnet int, écrit de sa main, que noue reproduisons aujourd'hui dans La Presse :
A W. OHAPUAN
qui m'a envoyé son livre Les Aspirations.
Les jours de gloire après les heures de souffrance, La rumeur du travail et le bruit du canon.
Religion, famille, art, science et renom, La force de ta foi, Torgueil de l'espérance ;
Vos «deux mères» enfin, le Canada, la France, Ce qu'elles ont de beau, ce qu'elles ont de bon. Telle monte en vos vers une double chanson Des bords du Saint-Laurent aux rives de la Rance.
POUR L'ÉRECnON DD MOnUMBNT DE JACQUES CARTIER 23
Et quand m'en vient l'écho, j'écoute avec bonheur Et d'ici j'applaudis, ô doux et fier Sonneur, Votre hymne que la brise Atlantique m'apporte ;
Et j'admire, 'en ce livre où mon rêve se prend. Pour cbanter deux pays votre voix assez forte Et pour les bien aimer votre cœur assez grand.
Louis Tiebcelin.
5 Juin 1905.
Déjà ['Hermine avait salué l'œuvre magistrale de Georges Bareau, par la voix d'un de ses plus jeunes poètes.