‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 12 sur 28 · ANNUELLE · texte numérisé non relu

ANNUELLE

ouces «6

la Rivière-

ne le fait est a Russie.

y la vallée de umidité, fait sseaux l'été.

ide, l’avoine, des chaleurs ouvent abon-

damment que le climat des vallées d' la Rivière-Rouge et de la Saskatchewan est très propre à la grande culture,

(6 Blé-d’ Inde. — La chaleur, comme nous venons de le démontrer, est suflisante pour faire mûrir le blé-d’Inde dans cette région, et de fait, certaines variétés réussissent trèsbien à la Rivière Rouge ; mais en général, cette espèce de grain ne semble pas profitable. Il est principalement cultivé dans de petits jardivs pour être mangé vert, mais les nuits froides d'août l’empêchent souvent d'arriver à maturité, à moins qu’il ne soit semé dans un sol très sec. Certaines variétés de blé-d’Inde canadien, ‘i ne met que soixante-dix jours à mürir, ne ss pas de produire un rendemert sûr à la Rivière Rouge.

‘“ La culture du blé-d’Inde, selon Blodgett, pour être profitable ne doit pas s’en faire ailleurs que dans la région intérieure de l'Ouest, entre vs ‘2e et 43e degrés parallèles.

“ Blé.—Le blé est le principal produit de la région supérieure de la zone tempérée. Le blé se cultive depuis les tropiques vers le nord jusqu’au 60° parallèle nord, et exige une température moyeune d'au moins 62° ou 65° pendant les deux mois de juillet et août. Toute la région entre la Rivière Rouge et les Montagnes Rocheuses est favorisée de la température moyenne d'été variant de 65° à 70°, qui est aussi la même pour les districts les plus fertiles de la Nouvelle-Angleterre, New-York, Pennsylvanie, Michigan, Wisconsin et Minnesota.

“ Entre ces lignes isothermes prolongées à travers ces vallées du Nord-Ouest jusqu’au Pacifique, se trouve la zone de blé du continent. ‘“ Une ligne, dit Blodgett, tirée de la Baie du Tonnerre, sur le Lac Supérieur, au nord de la Mackeuzie, à la 60e parallèle, et de ce point jusqu’à la côte du Pacifique, à la 55e, couvrirait une immeuse région propre à la culture du blé, moins les montagnes et les fonds saus valeur.”

“ Richardson dit que l’on cultive le blé avec profit au Fort Liard, sous Ja latitude 60 degrés 5 minutes mord, et la longitude 122 degrés 31 minutes ouest, et à 400 et 500 pieds au-dessus du niveau de la mer.

Un fuit remarquable et qui, d’après des observations, semble présider au développement des plantes cultivées, est qu: plus elles sont au nord plus les rendements en sont considérables.

“ Le principe proclamé par Farrey est, suivant Blodgett, particulièrement applicable au blé. La Russie centrale, les districts de la Baltique, les Isles Britanniques, le Canada et les parties au nord de New-York et de la l’ecnsylvanie, ainsi que la régiou supérieure des Etats du Nord-Ouest, sont les places où l’on récolte le plus de blé.

Probablement, dit Blodgett, que les plaines de la Saskatchewan et la côte du Pacifique, près de Puget’s Sound, peuvent offrir de pareils districts. Cette conclusion a priort est parfaitement établie sur des faits qui prouvent de plus que le bassin du Winnipeg est la localité qui, en moyenne, produit le plus de blé sur ce continent et probablement au monde.

‘ Les couches inférieures de pierre à chaux dans cette région, jointes à un sous-sol riche, profond, composé de marne calcaire, et de glaise épaisse, sont très favorables à la culture du blé, tandis que ses étés humides placent cette contrée, par ses conditions climatériques, parmi les pays qui produisent le pius de blé au monde.

4 Exemples du blé cultivé à la Rivière Rouge.—Notre sol, dit Donald, colon intelligent, est extrêmement fertile, et quand il est bien cultivé, il produit de graudes récoltes du plus beau blé, pesant de 64 à 74 livres le minot impérial. Le rendement par acre atteint souvent le chiffre de soixante minots, et l’a souvent dépassé ; —et quand nous récoltons moins de quarante minots l’acre, nous ne manquons pas de nous plaindre de la récolte.

. Certains morceaux de terre ont rapporté jusqu’à vingt récoltes successives de blé sans

doaner de repos ou de fumier au sol.

“ Le professeur Hind, dans son rapport officiel adressé à la législature du Canada,

porte la moyenne du rendement à 40 minotsl’acre. Il cite entr’autres un cas où le rendement a été de cinquante-six minots de blé l’acre, la seule fois qu’on l’ait mesuré. Il mûrit

dans l’espace de 90 à 105 jours. Il est parfaitement sain, et à l’abri des insectes.

‘ Une comparaison entre le rendement du blé à la Rivière Rouge ct les districts des Etats-Unis les plus renommés pour la culture du blé, fera voir jusqu’à point la première contrée est supérieure aux autres :

EEE

La Rivière Rouge produit 40 minots l’acre ; Le Minnesota produit 20 minots l’acre ;

Le Wisconsin produit 14 n'inots l'acre ;

La Pennsylvanie produit 15 minots l’acre ; Le Massachusett produit 16 minots l’acre.

‘ Avoine, Orge, Seigle, Pommes de terre.—Après le blé, toutes les autres céréales secondaires en importance se cultivent, mais dans un rayon de cinq degrés plus étendu dans la vallée Mackenzie jusqu’au cercle arctique. L’'orge réussit bien dans les champs cultivés ea blé précédemment ; les rendements en sont énormes, et le poids du minot varie de 48 à 55 livres. L’avoine vient bien. Les pommes de terre se distinguent surtout par leur qualité et leur abondance. |

4 Le foin.—Les herbages, dit Forrey, n’atteignent de perfection que dans les régions froides du Nord. C’est dans le Nord seulement que nous pouvons nourrir les animaux dans les prairies et que nous pouvons les conserver gras et en bon ordre avec du #rain.

# Il n’est pas de prairies dans l'Amérique du Nord où les herbages indigènes soient aussi abondants et succulents que dans ces vallées du Nord. Ceci est abondamment prouvé par ces troupeaux innombrables de bisons qui paissent toute l'aunée dans ses vastes plaines, même jusqu’à la latitude de la Rivière-à-la-Paix. Fait qui démontre que l’on pourrait égulement bien y élever des animaux domestiques.

“ En 1856 la colonie de lu Rivière Rouge comptait 9,253 bêtes à cornes et 2,799 chevaux, chiffres qui, dans un Etablissement de 6,523 âmes, font bien voir l'importance qu’on attache à l'élève du bétail. ‘Les chevaux, l'été comme l'hiver paissent dans les bois, et restent toujours gras sans qu’il soit nécessaire de les enfermer ou de leur donner du foin. Les pâturages sans bornes qu'offrent les savanes herbeuses de la Rivière Rouge, joints à un hiver sec, sembleraient devoir grandemeut favoriser l'élève des moutons. Douald Gunn est aussi de cette opinion : “Notre climat et notre sol, dit-il, sont spécialement adaptés à l'élève des moutons. Il y a vingt-huit ans qu'ils ont été introduits dans cet

Etablissement, et je n’ai jamais vu ni entendu dire qu'ils aient été affligés de maladies. Les brebis bien nourries donnent des toisons variant en poids de deux à trois livres et demie. Les béliers donnent des toisons beaucoup plus épaisses encore. La laine est de bonne qualité, mais pas très fine. Des moutons de race inférieure ne sauraient donner de bonne laine.

“ Le même auteur (M. Taylor) décrit comme suit le climat de la contrée à l’ouest de l'Etablissement de la Rivière Rouge : “ A l’est des Montagnes Rocheuses, les grandes plaines du Nurd-Ouest possèdent un climat continental, et je ne saurais mieux démontrer mes conclusions qu’en comparant ce climat à celui d’une étendue pareille en Russie. Tirez une lignc de St. Petersbourg 20 degrés Est, et une autre dix degrés sud ; donnez leur la forme d'un parallélograme et vous aurez une région dont la superficie correspond à celle qui se trouve entre les lacs Supérieur et Winnipeg d’un côté, et les Montagnes Rocheuses à l’ouest et s'étendant de la latitude 44° à 54. Il n’y a pas deux parties des continents respectifs qui aient plus de ressemblance entre elles que celles que je viens de décrire. Toutes deux sont d'immenses plaines de formation géologique silurienne, carbonifère et quelque peu crétacée. Le Missouri, le Mississipi et la Saskatchewan peuvent être opposés au Dneiper, au Don et au Vulga de la Russie ; mais quant au climat et aux produits du sul, la région américaine ressemble plus aux contrées suivantes de la Russie d'Europe.

.“ L'on a l’habitude de purtager la Russie d'Europe en quatre divisions distinctes: la région polaire, embrassant tout le pays situé au nord de la latitude 67° ; la région froide, s’étendant de 67° à 57° ; la région tempérée, de 57° à 60° ; et la région chaude de 50° à 57°. Notre latitude continentale, de 44° à 54°, représente la zone tempérée de la Russie de 50° à 57°; aussi bien que trois degrés de la région froide, c’est-à-dire jusqu’à la latitude de St Petersbourg ou 60° nord.

“ La région tewpérée de la Russie a une température annuelle moyenne de 40° à 50°, et embrasse dans ses limites la partie la plus magnifique et la plus populeuse de l’empire ; les variations du thermomètre sont bien considérables, et la chaleur d'été qui suffit pour faire mûrir les melons et les fruits de la même espèce dans les champs, est souvent suivie d’hivers très-rigoureux. Même la mer d’Azof, qui se trouve beaucoup plus au sud, gèle ordinairement vers le commencement de novembre, et s'ouvre rarement avant le mois

céréales du dans cultivés je de 48 par leur

s régions aux dans

»s soient 1t prouvé s plaines, ait égule-

et 2,799 nportance 3 les bois, onner du e Rouge, moutons.

cialement dans cet maladies.

livres et

donner de

l’ouest de

respectifs putes deux elque peu Doeiper, la région

Russie de la latitude

40° à 50°, l'empire ; sufit pour

ee me ee + EE - -

d'avril. Le chène est rare plus bas que la latitude 61°, ainsi que les arbres fruitiers au delà de la 56°, et leur culture manquerait certainement d’être profitable au nord de la 58e parallèle. Dans cette latitudo (parlant toujours de la Russie), les pommes, les poires et les rie viennent on abondance, et encore plus au sud les pêches, abricots, etc. fleurissent. La di

mite nord pour le seigle est la 65°, ct la 67° pour l'orge ; l'avoine se cultive encore plus oin.

‘ On cultive le blé dans la Norvége jusqu’à Drontheim, latitude 54° ; dans la Suède jusqu’à la latitude 62° ; dans la Russie occidentale jusqu'aux environs de St. Petersbourg, latitude 60° 15’, tandis que dans la Russie centrale cette culture semble s'arrêter à la latitude 58° ou 59°. Ilest bien constaté que la culture des céréales et de la plupart des Végétaux utiles à l’homme dépend principalement de l'intensité ct de la durée des chaleurs d'été, et subit comparativement bien peu l’influence de la sévérité des froids d'hiver, ou le décroissement de la température moyenne de l’année. En Russie, ainsi que dans l'Amérique centrale, les chaleurs d'été sont aussi remarquables que les froids d'hiver. Sur la rive nord du Lac Huron, la moyenne des chaleurs d'été est lu même qu’à Bordeaux, dans le sud de la France, ou 70° Fahrenheit, et celle du comptoir Cumberland, sur la Saskatchewan, excède sous ce rapport la moyenne de Bruxelles ou de Paris. Sir Joha Richardson observe $ (et la même analogie oxiste avoc la Russie d'Europe) que les prairies au sud de la 55° sont favorisées par des hivers plus doux que les contrées situées plus à l’est.

“Je n’hésite pas à croire aue les pommes de terre et les légumes de jardin qui bra. vent le mieux les rigueurs du climat, l’avoine, le seigle et l'orge peuvent être cultivés avec profit aussi au nord que la 54° dans la région de la Saskatchewan ; que le blé et les fruits

| à cidre sont en sûreté jusqu’à la 52°; que le maïs peut être cultivé au moins jusqu’à la latitude 50°, tandis que la contrée entre les 44e ct 5le est, aussi près que possible, la contre- À partie de la zone tempérée de la Russie d'Europe. . Avec le même système de canalisation, *. quelques lignes de voie ferrée, nos vastes plaines du nord peuvent soutenir une population {aussi dense, ct, avec nos institutions ct la tenure de nos terres, une population plus dense "que dans le cœur de l'Empire Russe.

4 ‘ Pour démontrer qu’elles peuvent nourrir l’homme, que suffise de jeter un coup- ® d'œil sur la variété et l'abondance des animaux sauvages. Grand nombre pourraient être réduits à l’état domestique et créer ainsi de grandes ressources. À part un nombre incalculable de bêtes à fourrures, il y a quatre différentes espèces de cerf: on trouve le caribou ou le renne entre la 50° et la 60° ; la chèvre des Montagnes Rocheuses, dont la laine est si L appréciée par les fabricants de châles, fréquente les contrées montagneuses entre la 40° et la 60° ; le bison grouille dans les prairies à l’oxcst de la longitude 105°, et au sud de la latitude 60° ; ct les ruisseaux et les lacs abondent en poissons de toutes espèces. Nulle pégion sur le globe qui ait été si richement dotée de ces alliés et de ces esclaves de la race umaine.

‘ Le climat rigoureux de l'hiver n'est pas un obstacle à la colonisation future de ces plaines du nord. La région correspondante de la Russie, avec le même climat, est, comme Un l’a déjà démontré, la plus populeuse et la plus florissante de l’empire. Il existe beauooup d'idées erronnées à ce sujet. M. E. Meriam, météorologiste distingué, dit dans une “povuo des dernières expéditions arctiques, que la nature a rendu l’homme susceptible de “espiror une atmosphère de 120° au-dessus de zéro, ou de 60° au-dessvus, différence de © 80°, sans nuire à sa santé; et la doctrine prêchée par les médecins que les changements nsidérables et soudains de la température sont dommageables à la santé, est contredite r les faits.” .

Nous pourrious encore citer d'autres auteurs qui ont écrit sur l'Amérique Britannique œentralc, pari lesquels il s’en trouve qui ont probablement exagéré les ressources de cette contrée, tandis que d’autres ont déprécié les avantages qu’elle offre. Il semble toujours à peu près établi que bien que le climat soit rigoureux, il u’en est pas moins très-salubre; et en que, comme dans tous les pays, il y ait des étendues de terre d’une qualité inférieure, A s’y trouve égalem:nt une vaste région ayant ua sol des plus riche et des plus productif. : Quant à la richesse minérale de la contrée, qu’il suffise de lire le rapport précieux de M. Æaylor qui suit. Le professeur Isbister, de Londres, est l'autorité sur laquelle repose uthenticité des faits Fu s’y trouvent exposés :=

nn mn

— me 0 = nee caen — ETTZ>;.-FCZZ—————————————

Page 1