‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 13 sur 28 · GÉOLOGIE ET RICHESSE MINÉRALE DU TERRITOIRE · texte numérisé non relu

GÉOLOGIE ET RICHESSE MINÉRALE DU TERRITOIRE

Des bords du Lac Supérieur à la rive orientale du Lace Winnipeg, la formation géologique cat celle des rocs cristallins, système qui n'est pas généralement favorable à l'agriculture, bien qu'ici et Ià l'on trouve plusieurs étendues de terre fertile. Cotte région comparativement stérile s'étend vers le nord jusqu'à la mer Arctique ; le Lac Athabasca et le grand lac à l’Esclave se trouvent sur sa limite la plus occidentale. A l'ouest de ces lacs et du Lac Winnipeg, et entre ces lucs presque jusqu'aux Montagnes Rocheuses, tout le territoire appartient aux formations silurienne et devonienne, toutes deux très favorables à l'agriculture ; la première prédomine sur toute l'étendue de la péninsule fertile du Haut- Canada. A sa base, les couches siluriennes se prolongent l'espace de 1000 milles de l’est à l’ouest, et se prolongent à environ 500 milles vers le nord, alors que commence la formation devonienne qui continue jusqu’à la mer Arctique. C’est cette partie du territoire baignée par la Saskatchewan cet la Mackenzie qui est si vantée pour la renommée de la fertilité de ses prairies, A environ cent cinquante milles à l'est des Montagnes Rocheuses commence la grande couche de charbon qui donne à notre territoire un bien grand avantage sur celui qui se trouve au sud. En autant qu'on a pu le constater il a plus de cinquante milles de largeur, ct se prolonge sans interruption sur scize degrés de latitude jusqu'à l'océan Arctique.

Le ligpite est encore beaucoup plus abondant, et comme la présence du charbon dans ces hautes latitudes est une question d'un grand intérêt, nous allons analyser ici es observations et les études de sir John Richardson sur le sujet auquel il a cons :ré tant d'attention.

Au confluent de la rivière Mackenzie ct de la rivière du Lac-à-l'Ours la formation se voit avec plus d'avantage ; elle consiste là en une série de couches dont la plus épaisse a plus de trois verges ; elles sont séparées par des assises de gravois ct de sable, alternant avec un grès fin ct friable, et parfois avec d’épaisses couches d'argile, l’assise intervenante étant souvent noircie par la dissémination de matières bitumineuses. Le charbon récemment extrait de la couche est massif, et presque généralement laisse voir distinctement la structure ligneuse. Différentes couches, et même différentes parties de la même couche, ouvertes à la distance de quelques cents verges, présentent des échantillons de “lignite fibreux, lignite terreux, lignite conchoïdal et le lignite trapézoïde.”” Certaines couches ont l'apparence extérieure d’un bitume compact, mais généralement l’on y découvre des assises concentriques, bien qu’à cause de leur composition qui ressemble au jais, la nature des fibres lignouses ne peut être constatée au microscope. Des morceaux offrent une grande ressemblance avec le charbon de hoïis par la structure, la couleur et le lustre. A raison de la promptitude avec laquelle le charbon s’enflamme, les couches sont détruites à mesure qu’elles viennent en contact avec l’atmosphère, et la levée s’abaise constamment, de sorte qu'il n’y a que lorsque les débris ont été enlevés par l’eau que les bonnes parties sont visibles.

Des formations semblables à celles que l’on trouve sur la rivière Mackenzie se prolongent vers le sud le long de la basc orientale des Montagnes Rocheuses jusqu’à la Saskatchewan. Sir John Richardson a publié des détails variés sur différentes localités situées entre ces deux points où des couches de charbon ont été découvertes, indiquant toutes l'existence de vastes terrains houillers, bordant la base des Montagnes Rocheuses sur une grande étendue, et se prolongeant probablement jusqu’à la mer Arctique où, comme le fait est bien connu, du lignite de la même qualité en apparence a été découvert par le capitaine MeClure, dans la même direction générale que les localités dont nous venons de parler.

L'importance de ce terrain houiller par rapport à la construction ct à l'exploitation du chemin de fer du Pacifique ne saurait être trop hautement appréciée. Au-delà des Montagnes Rocheuses, la géologie du territoire n’est pas aussi bien connue. Il y a des chaînes de montagnes, mais elles sont coupées par de grandes vallées, très favorables à l’agriculture et bien boisées.

Si le géologue a pu, dans ses recherches, trouver des preuves incontestables de la richesse du territoire du Nord-Ouest, le minéralogiste n’est pas resté loin derrière lui. Presqu’à dater du débarquement des premiers traiteurs sur les rives de la Baie d'Hudson, la contrée a été renommée comme riche en minéraux. Sir Alexander Mackenzic, en 1739, découvrit de la “ pétrole ressemblant beaucoup à de la cire jaune, au milieu du -schiste pierreux ” sur les bords de la Mackeuzie ; et les Indiens l’informèrent que des ‘‘ roches semblables se trouvaient ici et là sur toute la contrée en arrière du Lac à l’Esclave où les Chepew-

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