‹ Mémorial du peuple de la rivière Rouge aux gouvernements anglais et canadiens [microforme]Chapitre 28 sur 28 · PLANS DE CONSTRUCTION GRADUELLE · texte numérisé non relu

PLANS DE CONSTRUCTION GRADUELLE

Dans les observations précédentes on a essayé d'établir d’une façon aussi satisfaisanto que possible les points suivants : |

1° Le projet d’une grande route aboutissant au Pacifique date de l’époque de la première occupation du Canada, et les évènements récents viennent en accroître l'importance.

29 Une ligne continue de chemin de fer combinée avec ur télégraphe électrique est ce qui répondra toujours le mieux aux besoins du pays, et sera le plussavantageux aux intérêts de l'empire colonial comme voie de communication entre les deux océans.

8° Bien que le vaste projet d’un chemin de fer traversant le continent soit de la plus grande importance, cette importance au triple point de vue, commercial, stratégique et national, ne sera réalisé que si le chemin de fer traverse des régions où le commerco sera déjà süffisamment développé. | |

4 Dans l’état actuel du pays, on ne saurait prétendre achever immédiatement ce grand travail, vu que l'entretien d’une si vaste ligne sans un roulage suffisant serait trop considérable, et que la construction de ce chemin de fer doit être un ouvrage de temps.

* Une des sources les plus abondantes d'accidents est le grand nombre des traverses de rues, grands chemins, ou chemins de ferme au niveau de la voie ferrée. On en compte plus de huit mille, c'est-à-dire, en moyenne, trois par mille de chemin de fer en voie d'exploitation, et plus d’une traverse par mille de parcours. Il est probable que près de dix sur cent des accidents entraînant mort ou blessures sont dus à cette cause.”

tt L'entretien des cantonniers à ces traverses, et les réparations des dommages occasionnés par les

collisions, entraînent des dépenses considérables. ; d

‘ On admet généralement qu'il faut réduire le nombre des traverses qui se trouvent au niveau de

la voie, Et on demande l'autorisation de changer les traverses qui se trouvent au niveau de la voie,

toutes les fois que cela peut se faire sans nuire au passage des trains, ot de façon ù faire aboutir deux

où plusieurs routés à la même traverse ; exiger aussi, toutes les fois que cela peut se faire sans de bis

ads frais que les traverses passent sur ou dessous la voie.— Rapport du Bureau des Commissaires de chemin de fer d la Léjislature de l'Etat de New-York, 1856,

: rene

5° Le système de routes et de chemins de fer déjà établi dans le Canada a démontré. les avantages qu’il y aurait à adopter un plan général de voirie pour la colonisation des:

nouveaux districts.

6° Qu’un projet comprenant comme résultat final l’achèvement des chemins de fer, avec des routes moins parfaites en attendant, et un système progressif de construction offre de nombreux avantages à la colonisation première et aux besoins à venir des nouveaux districts.

7° Le système proposé de l'établissement du système de voirie d’un nouveaux pays par degrés correspondants aux progrès du pays même cst surtout applicabie au cas dont il s’agit. Il serait bon à l’origine de tirer parti des cours d’eau naturels pour faciliter l’établissement des colons le long de la ligne et comme voies de communication temporaire, mais il ne faudrait pas faire des dépenses trop considérables en dehors du but final qu’on se propose. La première chose à faire serait d'établir un télégraphe électrique le long de la ligne du chemin de fer projeté; le télégraphe devrait être le précurseur des autres moyens de communication, il suffirait pour l’établir de tracer un simple sentier ou portage qui serait plus tard converti en une ligne de chemin de fer lorsque les ressources du pays scraient suffisamment développées.

Après avoir résumé ces observations, je vais indiquer les différentes phases des travaux. :

La première chose à faire est de tracer ce que nous avons appelé la “route territoriale ” entre les points principaux de la ligne. En commençant à l’extrémité ouest, ces points seraient probablement l’embouchure de la Rivière Fraser, ou le meilleur port qu’on pourrait trouver sur le Pacifique au-dessus du 49ème decré de latitude ; le meilleur passage À travers les Montagnes Rocheuses en suivant la ligne de la “ Région Fertile,” * à l’intérieur ; le détour le plus sud du bras nord de la Rivière Saskatchewan ; la meilleure traverse de la Rivière Rouge entre son confluent avec l’Assiniboine et l'extrémité sud du Lac Wionipeg ; la meilleure traverse de la Rivière Winnipeg, près de l’extrémité nord du Lac des Bois ; la courbe la plus nord de la rive du Lac Supérieur; la meilleure traverse de la Rivière des Français entre sa jonction avec le Lac Huron et le Lac Nippissing; et enfin, le point de jonction le plus avantageux avec le réseau actuel des chemins de fer Canadiens, à Outaouais, Peterborough ou Barrie, trois points qui sont reliés directement avec le chemin de fer Grand Tronc par des embranchements partant du sud de la ligne. Sur le tracé de la route territoriale qui ne pourrait être déterminé qu’à la suite d’une exploration minutieuse du pays, il faudrait ensuite déterminer les points d’où les chemins de colonisation devraient partir des deux côtés de la route en s’assurant si le sol est propice à la colonisation. Les chemins de colonisation une fois ét :blis on songerait à la division en cantons.

Sitôt qu’une section de la route, avec ses embranchements, serait terminée, on pourrait y amener des colons. La route qu’on ouvrirait à travers le bois devrait avoir deux chaînes ou 150 pieds de large, afin de préserver les fils télégraphiques de la chute des arbres.

L'ouverture de la route donnerait immédiatement de l’ouvrage aux colons qui trouveraient ultérieurement dans les travaux d'améliorations de la même route les moyens de payer leurs terres et de faire vivre leurs familles jusqu’à ce que leurs propriétés produisent suffisamment. Dans la région des prairies, qui forme plus d’un tiers de la distance totale,

* Il existe une vaste contrée fertile, riche en cours d’eau, en bois et en pâturages, et baignée par le bras nord de la Saskatchewan et quelques-uns de ses affluents. C’est une continuation des prairies fertiles de la Rivière Rouge, qui comprend le bassin Est de l’Assiniboine et de la Rivière du Cerf Rouge, avec.les hauteurs appelées Montagnes d'Amadou, Montagnes-à-la-Craie, etc.

til est de la plus haute importance pour les intérêts de l'Amérique Britannique du Nord, que

cette région soit colonisée et cultivée à partir de quelques milles à l'Est du Lac des Bois jusqu'aux

défilés des Xontagnes Rocheuses, et toute ligne de communication qui la traversera ne tardera pas à être entretenue par les populations agricoles qui s'y établiront bientôt d’unc extrémité à l’autre.” “Nulle part sur le continent Américain on ne trouve un sol plus riche et un climat plus avantageux. Le climat y est rigoureux pendant l'hiver, maïs le grand nombre des cours d’eau qui s'y trouvent donnent une grande valeur à l’Amérique Brilannique au sud du 54ème degré de latitude ” “Les ressources naturelles de la Région Fertile et du pays à l'Est, sont d'une grande valeur par elles-mêmes, mais elleg prennent une importance considérable au point de vue d’une communication à travers le continent.—jatorique d'une expédition d'exploration au Canada : H, Y, Hind

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on n'aurait pas à faire d’abattis. Mais aux deux extrémités de la ligne, les districts boisés et accidentés seraient de grands obstacles naturels à l'établissement d’uve ligne télégraphique continue ; ce travail quoique pénible et coûteux est cependant indispensable, ct sans cela on ne saurait obtenir de résultats satisfaisants. C’est cc qui faudra surtout faire à l’est de la vallée de la Rivière Rouge afin que les colons puissent se rendre dans les plaines centrales, et en vuc de la construction d’une ligne continue de telégraphe qui serait bientôt suivie d’une route pour les voitures, il scrait nécessaire d'ouvrir aussi la ligne territoriale à travers la division de l’Ouest. La “route territoriale” de la partie colonisée du Canada à la Rivière Rouge traverserait un pays encore imparfaitement exploré et, par suite, peu connu. Des explorations plus minuticuses d’une certaine partie du pays, exécutées par ordre du gouvernement canadien ont démontré qu’une large section, jusqu'alors considérée sans valeur, est trèspropre à la colonisation et déjà en partie occupée. C'est ce qui fait présumer qu’au moins une portion des terrains sur les secticns encore incxplorées de la ligne, est propre à la culture.

Commencer à une des extrémités de Ja route ct étendre par degrés les établissements au nord et à l’oucst serait peut-être un mode d’opérer trop lent en vue de l'importance d'avoir une communication à l’intéricur. Il serait done mieux de commencer à plusieurs points intermédiaires accessibles par eau en partant des Lacs Huron et Supérieur, ct de procéder par opérations simultanées. En consultant la carte, on voit qu’il existe des points vpn ces conditions et séparés entre eux por une distance variant de 50 à 90 milices. En les prenant pour bases, on pourrait ouvrir la route simultanément dans les deux directions, ct former des établissements partout où le terrain serait avantageux. Les défrichements pénétrant de plus en plus dans la forêt, à droite et à gauche de la ligne préaleblement tracée, le pays se trouverait traversé par des chemins d’une extrémité à l’autre; en procédant de la méme façon dans ia division ouest on pourrait alors construire une ligne continue de télégraphe. | L'importance majeure d’une ligne télégraplique s'étendant d’une colonie à l’autre, est entièrement hors de doute, même dès les débuts de la colonisation ; et cette ligne coïncidant avec le chemiu des voitures qui devra devenir plus tard la voie ferrée, serait toujours à même de rendre tous les services dont elle est susceptible En même temps que la ligne territoriale traversant la division Est deviendrait bientôt » une route pour les voitures, grâce au travail des colons ct aux octrois d'argent faits en temps conveuable, il est probable qu’on pourrait utiliser pour pénétrer à l’intérieur pendant l'été la route des canots du Lac Supérieur à la Rivière Rouge. De plus, pour développer la colonisation de la plaine centrale ainsi que celle des autres points de la ligne, il serait robablement avantageux de faire certaines dépenses pour améliorer les routes, mais, pour | Les raisons que j'ai déj données, je crois qu’il serait prudent de limiter les dépenses à la ligne qui devra plus tard devenir la voie de communication principale à travers le pays. Les dépenses et travaux annuels sur la ligne territoriale à mesure que la colonisation du pays avancerait, en auraient bien vite fait une route sur laquelie il serait facile de voyager avec rapidité, et qui suflirait à tous les besoins du transport d’un point à un autre jusqu’à ce que le développement du trafic permette d’établir une ligne de communication À vapeur. À ce moment, il faudrait peu de dépenses pour convertir la ligne en un chemin de fer en supposant qu’on ait tracé le chemin territorial avec soin, et exécuté consciencieusement les travaux dans leurs différentes phases. Il est probable que les quatre-cinquièmes ‘ au moins de la ligno pourraient être convertis en chemin de fer, en terminant la superstructure et en plaçant des traverses et deslisses sur la voic sablée ou macadamisée, A d’autres points on aurait à construire des ponts et à opérer des nivellements. Je ne saurais donner ici une idée du montant que coûtera l’entreprise ainsi conduite, car on ne sait encore que peu de chose des sections les plus importantes de la route, ct beaucoup dépond d’une foule de détuils qu’il est impossible de préciser. Je puis, toutefois, donner un exemple de la manière générale de procéder ; en supposant qu’une partie du coût de construction de la ligne, sinon le tont, puisse être couverte par la vente des terres, :1l serait nécessaire que le gouvernement impérial ou le gouvernement colonial octroyât d'avance ‘es fonds requis pour les opérations préliminaires. Ce serait peut-être la meilleure façon de suffire aux dépenses préliminaires jusqu’à l'achèvement de la ligne continue de télégraphe qui reliera entre elles les petites colonies qui se formeront le long de lu route.

Toutes ces dépenses pourraient être portées au compte du revenu territorial de la région * où on établira la route, revenu qui ne commencerait à augmenter que du moment où les terres seraient devenues accessibles et productives. On s vu plus haut que le succès du chemin de fer du Pacifique dépend de la possibilité d'introduire un nombre s nt de colons dans le pays traversé par la ligne. ki la ‘population doit déterminer l’époque de l’ouverture du chemin de fer, elle peut aussi servir e base pour régler les dépenses préliminaires annuelles. Supposons que le moyenne de Ja population soit de 100,00 mille âmes * et qu’on y chaque année une piastre par yat rd habitant, voici, dans ces conditions, quel sera le développement graduel de l’entreprise :

: 1°. Dans l’espace de trois à quatre ans, en outre des frais d'exploration, on pourra tracer toute la ligno territoriale ; lés districts boisés qui comprennent une étendue de plus de 1400 milles, pourront être déblayés à une largeur de deux chaînes ; enfin, on pourra construire une ligne continue de télégraphe du Canada à la Rivière Fraser. … 29. Deux ans plus tard, on pourra avoir sur toute la ligne une route praticable pour les voitures.t 8° En outre de cette route, on pourrait construire dans l’ordre suivant des chemins macadamisés très supérieurs. .

(1) D'ici à neuf ans, du Lac Supérieur à la Rivière Rouge, distance de 400 milles. CR) D'ici à onse ans, de embouchure de la Rivière Fraser aux Montagnes Rocheuses, distance de 400 milles... à8o (9 D'ici à quatorze ans, des établissements du Canada au Lac Supérieur, distance de milles. - (4) D'ici à dix-sept ans, de la Rivière Rouge aux Montagnes Rocheuses, distance do 800 milles. | Ainsi, avec la faible dépense annueile d’une piastre par colon, on aurait dans moins de quatre aus une ligne de télégraphe, et dans treize ans une boune route macadamisée sur tout le parcours. Il resterait alors à construire le chemin de fer qui se trouverait ainsi déjà avancé. En vue du roulage alors existant, et de l’économie dans la construction, il pourrait être construit par section, et aux risques de compagnies particulières, ou de toute autre fagon Siranble. | Je ne prétends pas que l’exposé précédent indique le meilleur ordre à suivre dans les travaux. . J’ai seulement voulu démontrer que l’entreprise peut se réaliser au moyen d’une faible dépense annuelle. Il serait possible que le développement du commerce permit de convertir bientôt.en. chemin de fer telle ou telle section de la ligne ;—la première de ces sections pourrait être, par exemple, celle qui s’étend entre le Lac Supérieur et la Rivière Rouge, et sur cette portion le changement pourra toujours se faire sans difficulté dès que les besoins du commerce l’exigeront. L'ordre à suivre n’est pas important, mais une partie essentielle du système .est de faire chaque partie des travaux en vue de l’achèvement définitif, et, soit qu’on dépense mille ou cent mille piastres, d’appliquer cette somme de la façon la plus avantageuse et conformément à un plan bien étudié ; l’objet principal est d'obtenir le plus d'avantages possibles en dépensant le moins possible. Je craing que ce.système progressif ne satisfasse point les esprits impatients, ceux qui voudraient la cor truction de la ligne, sans tenir compte, des difficultés et des risques auxquelles la province s’éxposerait ainsi cependant il en est un grand nombre qui se rappelant que :

-* Aux Etats-Unis, pays qui ressemble plus que toute autre à celui dont il s’agit, la population est d'environ. 1000 Habitants par mille de chemin de fer en enploitation. On ne peut s'attendre à ce qu’une ligne de chemin de fer traversant l'Amérique du Nord, puisse être exploitée avantageusement avec une popülation d’un chiffre moindre, La longueur de la ligne sera probablement de 2000 à 2500:milles,

-par:suite la population devra être de deux à deux millions et demi. En supposant une augmentation annuelle de 100,000, il faudrait 20 cu 26 ans pour atteindre le chiffre requis. +

1134 Cette ronte serait un chemin ordinaire terrassé eur la surface naturelle du sol, excepté dans les

“eédroits où il serait nécessaire d'opérer des nivellements et de faire des rigoles,. Klle ressemblerait aux chemins de colonisstion. onrartaa'si peu. de frais par le gouvernement Canadien sn lo pays

.inculte entre le Lao.Huron etl'Outaouais, Depuis 4 ou 5 ans, on a ouvert environ 600 milles de con chémins qui ont coûté environ 8250,000,

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comme il est dit dans la fable de la “ Tortues,” verront bienfqu’un progrès lent mais régulier amènera des résultats plus avantageux qu’une action précipitée en vue d’un achèvement trop rapide. Toutefois, en réfléchissant, il est difficile de croire qu’on puisse arriver à admettre un choix entre les deux manières de procéder. La grande route qu’on se propose d’ouvrir comprendra au moins 45 degrés de longitude, et sera égale en longueur à un huitième d’un cercle méridien faisant le tour du globe ; cetts entreprise est donc gigantesque et si on songe en outre qu'il s'agit d'ouvrir à la civilisation la moitié encore sauvage de tout un continent, on admettra que cette œuvre demandera un temps considérable. Pour l’achever dans un quart de sièole, il faudrait construire.cn moyenne 100 milles de chemins de fer et établir 100,000 milles émigrants par année. Un quart de siècle est une période assez courte dans l’histoire d'un pays—la moitié de ce temps s’est écoulée depuis qu'ona commencé les premiers chemins de fer canadiens—et plusieurs personnes reconnaissent aujourd’hui qu'il eut été mieux de ne construire que la moitié des lignes actuellement ouvertes.

En vue d’une œuvre aussi colossale, et de l’état actuel du pays qui s’oppose à ce qu’on la traite con. me une entrevrise commercia'e ordinaire, j’ose espérer que le plan dont j'ai essoyé de donner une idée, pourrait former la base d’un système recommandable sous plus d’un rapport, et qu’on pourrait avantageusement adopter pour ouvrir une vaste voie de communication traversant le territoire encore inhabité qui s’étend du Canada à la Colombie

Anglaise,

APPENDICE B.—Un aperçu historique de la fondation et du développement de la

colonie de la Rivière Rouge jusqu’à ce jour, accompagnait le document, mais il n’a pas

été jugé nécessaire de l'imprimer pour l'usage des membres de la législature.

nantes)

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