Mémorial pour les travaux de guerre
Chargé par la Commission militaire fédérale, d’enseigner la fortification passagère , dans l’École nouvellement instuée en Suisse, j’ai cru devoir publier le texte de mes leçons , pour faciliter à nos jeunes Officiers l’ctude de cette branche si importante de l’art de la guerre , et pour leur rappeler, dansle cours de leurs services , les diflerens objets sur lesquels ont roulé nos entretiens. Tel est le but da Mémorial pour les travaux de guerre.
Je n’ai point la prétention d’avoir fait un ouvrage meilleur que ceux déjà connus; j’ai seulement cherché à rassembler dans un volume portatif tout ce qui est strictement nécessaire à l’officier du Génie oude l’État major, lorsqu’il est en campagne.
Et pour cette raison , les objets d’une
application difficile ou d’une utilité' coq-* Restée , ont été' élagués avec soin.
Une description pure et simple des procédés de l’art , semblait convenir à un Mémorial ; mais pour diminuer un peu la sécheresse du sujet, et intéresser les jeunes militaires, je nfie suis permis quelques citations ; j’ai tracé rapidement l’at-*taque et la défense des retrauchemens ; j’ai mis les troupes en action , et j’ai saisi avec empressement toutes les occasions de développer quelques principes de tactique générale. Cette marche qui d’ailleurs est celle que j’ai suivie dans mes leçons , et que je me suis proposé de retracer, a l’avantage défaire sentir qu’il ne peut y avoir de bon officier , que celui qui n’est point exclusif et ne reste point étranger aux services différens du sien.
Cependant, je me suis moins étendu sur les discussions théoriques , qu’attaché à présenter le plus succinctement possible, les résultats intéressans pour la pratique; et à bien motiver le petit nombre de
règles generales , qui constituent à elles seules toute la science de l’ingéfciçur à la guerre.
Serait-il necessaire de me justifier d’avoir fait usage du mètre, lorsqu’il n’est point généralement connu et encore moins adopté dans notre patrie? Ne suffit-il pas de dire que c’est la seule mesure bien définie , la seule qui ne varie pas de province à province, la seule enfin, qui apporte dans lès calculs toute la concision et la rapidité désirables ( i )-
(i) Ponr les menus détails, tels que tous ceux qui sont relatifs aux revêtemens , aux constructions eu charpente, etc., le mètre est peut-être moins commode a employer que le pied, parce que les nombres qui expriment les mêmes grandeurs, sont moins simples avec la première mesure qu’avec la seconde. Mais pour toutes les grandes dimensions, te mètre est la ipesure par excellence ; il dopne tout en nombres ronds et faciles à retenir. Rien n’empêche, au reste, dans le premier cas , de transformer les ccniiriiclres en pouces , par le rapport connu du métré au pied, ou simplement en faisant usage du pied doublement (ii'isé. C’est parce que cette transformation est très-facile à faire que je n’ai pas employé deux mesures, malgré la simplicité d’expression dans les nombres , que cela fn aurait quelquefois procuré.
Les premières notions des mathématiques et l’usage des instrumens propres aux levés, sont indispensables à l’officier qui veut étudier la fortification ; je suppose donc ces connaissances acquises et je ne crains pas de parler en conséquence.
Toutefois, les calculs algébriques n’ont été employés qu’avec une extrême retenue et lorsqu’ils étaient indispensables.
J’ai mis quelque soin dans le dessin des figures, afin que l'œil ne soit pas trompé par les apparences. Toutes celles, qui ont quelques rapports entr’elles, sont faites sur une même échelle, pour qu’on puisse juger à la simple inspection , des avantages de tel tracé sur tel autre , ou de telle construction sur celle qui doit lui être comparée.
Si j’atteins le but d’utilité que je me propose; si mes faibles connaissances me permettent de rendre quelques services à ma patrie; c’est aux précieuses communications de mes anciens camarades et de mes chefs, que je le dois, bien plus qu’à
ma propre expérience et à mes moyens personnels. Qu’ils sachent donc si jamais ils lisent cette page , que leur ancien frère d’armes , n’a point oublié leurs bons offices , qu’il porte un cœur reeonnoissant , et qu’il se glorifiera toujours de partager avec eux le titre d’ancien Élève de l’École Polytechnique.