CHAPITRE TREIZIEME
Des Mines.
Des Fourneaux ordinaires.
(247) V£UAND une forteresse est défendue par la mine , c’est par la mine qu’il faut l’attaquer. Les fourneaux surchargés , dont l'usage est interdit aux assiégés , parce qu’ils renverseraient leurs propres défenses , donnent à l’assiégeant la supériorité dans la guerre souterraine. Sans l’invention de ces fourneaux Surchargés , ou globes de compression, tout l’avantage serait pour l’assiégé, puisqu’il pourrait attendre dans des galeries faites de longue-main , le mineur assiégeant qui cheminerait à l’aventure , avec dçs peines infinies
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sur des volcans prêts à 1 engloutir , dès quil arriverait dans la sphère de leur activité.
Les globes de compression dont l’assiégeant fait précéder sa marche , pulvérisent le terrain et renversent les galeries les plus solides à des distances au moins triples de celles auxquelles les fourneaux ordinaires produisent le même effet. Malgré cet avantage des fourneaux surchargés , la guerre souterraine , quand elle est bien soutenue de la part de l’assiégé, traîne toujours en longueur , parce que les travaux qu’elle nécessite ne sont pas de nature à s’avancer rapidement. C’est sous terre qu’il faut cheminer; c’est en gagnant quelques pouces de terrain en plusieurs heures de travail, qu’on s’approche de la place ; ce n’est qu’à force de constance qu’on peut vaincre toutes les difficultés , et se rendre enfin maître de la forteresse.
Nous ne nous proposons point d’entrer ici dans tout le détail de la théorie des raines ; nous donnerons seulement ce qui est nécessaire à la pratique.
(248) Une mine se compose du fourneau où 9 ont placées les poudres , et de la galerie qui conduit à ce fourneau.
La distance CF ( Fig. 71*) du centre du fourneau au vide le plus voisin , dans les milieux homogènes , est ce qu’on appelle la ligne de moindre résistance ; c'est , suivant cette ligne , que se dirige le plus grand effet du fourneau ; elle sert d’axe à l 'entonnoir que produit l’explosion. La ligne FD , qui joint le centre des poudres avec le bord de l’entonnoir , est le rayon d’explosion.
La forme d’un entonnoir ordinaire est assez celle d'un paraboloïde, dont le foyer F est au centre du fourneau , et dont le rayon CD est égal à la ligne de moindre résistance CF ; mais comme cette forme n’est importante K connaître que pour calculer le volume que 1® fourneau doit enlever, on substitue au paraboloïde , un tronc de cône dont le rayon inférieur FI à la hauteur du centre du fourneau , est moitié du rayon CD: alors, en représentant la ligne de moindre résistance par B , le volume de l’entonnoir est en mètres, sensiblement égal à 1,8. B® ; c'est-à-dire , qu’il faut faire le cube de cette ligne, et le multiplier par 1,8. Si , par exemple, la ligne de moindre résistance doit être égale à 3 " , nous ferons 1® cube de 3 , qui est 37 , et nous le multiplierons par 1,8, ce qui nous donnera mètre* cubes pour le volume cherché.
Moyennant la petite formule i,8.R 5 facile à retenir , et qu’on doit coucher sur son carnet , on calculera en mètres, comme ci-dessus , le volume de l’entonnoir qu’on veut produire.
Ensuite , connaissant par expérience la quantité de poudre nécessaire pour enlever ua mètre cube d’une terre ou d une maçonnerie de nature connue , on multipliera cette quantité par le nombre qui exprime le volume do l’entonnoir, et l’on aura la charge du fourneau.
Voici un petit tableau , qui servira pour ces estimations ; il indique en livres , poids do marc , et fractions décimales de la livre , la quantité de poudre nécessaire pour faire sauter un mètre cube de terre , de roc ou de maçonnerie , d’espèces connues.
Tableau des Charges .