‹ Mémorial pour les travaux de guerreChapitre 10 sur 38 · ÉPAISSEURS · texte numérisé non relu

ÉPAISSEURS

PROFONDEDBS

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56. On voit, par le tableau précédent, que les profils 5 et 6 ODt un fossé extrêmement étroit. Il faudra, pour le rélargir, donner aux talus d'escarpe et de contrescarpe, une pente plus douce qu'on ne Ta supposée, les construire, par exemple, à 45 degrés ; mais, quoi qu'on fasse, ces profils seront toujours mauvais et ne conviendront nulle* ment à des ouvrages de quelque importance.

Les calculs des profils, tels que nous venons de les indi* quer, ne pourraient point être faits sur le terrain au moment du besoin ; il faudra donc que l'ofificier ait sous les yeux le tableau précédent , qu'il aura inscrit sur son carnet, ou qu'il se contente de l'approximation suivante, qui est plus que suffisante dans ces sortes de choses : il divisera la surface S de son profil de parapet par la profondeur qu'il veut donner au fossé. Si, par exemple, ce fossé doit avoir 2 mètres de profondeur, et si la surface du profil est 1 2 mètres carrés, la largeur cherchée sera 6 mètres, largeur en haut du fossé.

Ce procédé, très-expéditif, suppose que le fossé est creusé carrément sans talus , qu'il n'y a pas de foisonnement, et que le fossé n'a pas plus de développement que le parapet, ce qui est contraire à la vérité. Mais le fossé doit être creusé en talus, ce qui diminue la surface de son profil, et cette diminution de surface compense en partie le foisonnement et l'excès de développement, ce qui fait que le résultat est assez exact pour la pratique.

57. Quoique nous n'ayons donné à nos profils que 2 mètres et 2™,50 de relief, cela n'empêche pas que, dans différentes circonstances, on ne leur donne encore moins que cela; mais alors les ouvrages ainsi construits n'ont que fort peu de valeur, et dans aucun cas les parapets ne doivent avoir moins de 1"™,50 de relief au-dessus de la cam-

pagne, parce qu'avec moins de hauteur ils ne couvriraient plus; et encore faut-il dans ce cas, comme nous l'avons déjà dit, creuser le terre-plein de 0™,50, pour qu'on puisse sans crainte se tenir debout dans le retranchement; il faut aussi abaisser la berme au -dessous du sol , pour que Fennemi, monté dessus, ne plonge pas dans louvrage.

La limite inférieure pour le relief des ouvrages de campagne est donc 1™,50, du moins pour les ouvrages dont nous avons' parlé jusqu'à présent; car on fait quelquefois à la guerre, et en particulier dans les travaux des sièges, des retranchements longs et étroits, auxquels on donne le nom de tranchées , dont le parapet n'a que 1",00 de hauteur, et dont le terre-plein est creusé de 1™,00 dans le terrain. Ces ouvrages n'ont point de fosse, et ce sont les terres provenant de l'excavation du terre-plein, qui fournissent le massif du parapet. Le peu de largeur de ces ouvrages fait qu'on y est assez bien couvert. Les tranchées devant satisfaire à d'autres conditions que les retranchements ordinaires, conditions que nous ferons connaître par la suite, il n'est pas étonnant de leur voir affecter des formes différentes.

58. Il semble, au premier coup d'œil, que le relief ne doit pas avoir de limite supérieure, quand on proportionne la largeur du fossé à ce relief. Cependant, comme nos moyens sont bornés, et que ce n'est qu'à force de bras qu'on élève les retranchements, cette limite se déduit naturellement de la distance à laquelle un homme peut lancer de bas en haut une pelletée de terre ; cette distance est de 4 mètres au plus : tel est aussi le maximum de relief des ouvrages de campagnes proprement dits.

La limite que nous avons assignée à la profondeur des fossés est basée sur le même fait d'expérience.

Lorsque les parapets ont ainsi une hauteur plus grande que la hauteur ordinaire, il est quelquefois impossible que leur plongée soit dirigée sur le bord de la contrescarpe. Il faut alors relever cette contrescarpe par des terres dirigées en pente douce vers la campagne, et suivant le prolongement de la plongée du parapet : ce relèvement s'appelle un glacis (fig. 22). Il faut qu'il soit assez haut pour que l'ennemi ne puisse pas se dérober aux coups qui par* tent de l'ouvrage ; mais toujours doit-il resler au moins de 1™,50 au-dessous du parapet, afin qu'il ne procure pas à l'ennemi la faculté de plonger dans le retranchement.

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