‹ Mémories du Cte Valentin Esterhazy avec une introduction et des notesChapitre 142 sur 179 · L- venait de Vienne, et qui rapportait la copie d'une · texte numérisé non relu

L- venait de Vienne, et qui rapportait la copie d'une

I lettre que M. de Bombelles avait écrite à Tempereur.

M. de Bombelles avait été ambassadeur du roi à Venise; il s'était refusé de prêter le serment à la nation, et avait été obligé de quitter son poste. Son attachement pour le roi avait déterminé M. le comte d'Artois à lui donner sa confiance, et il Tavait chargé de suivre personnellement avec l'empereur la négociation qu'il avait commencée pour en obtenir les moyens d'entrer en France, de s'établir dans quelques villes, d'appeler à lui tous les Français bien pensants et les troupes jusqu'à ce que le roi put venir le joindre. C'était sans doute établir la guerre civile; mais ce mal était le seul moyen de rendre au roi sa liberté et de conserver la monarchie.

Le baron de Breteuil était en Suisse, et conservait une correspondance avec la cour des Tuileries. 11 était attaché au roi, et voulait aussi le rétablissement de la monarchie ; mais il était mal avec le comte d'Artois, et ne voulait pas qu'il fût de rien dans ce qu'il proposait de faire, d'autant que lui-même avait pour principal objet de se placer à la tête des affaires et d'en exclure M. de Galonné. Il avait donc formelle plan de faire évader le roi. Mais, il ne voulait pas que ce fût par le Hainaut, où il aurait été difficile de ne pas m'employer; il voulait avoir des gens à sa discrétion, et M. de Bouille, commandant à Metz, était son homme. Ce général, plein de talents et d'ambition,

198 MÉMOIRES DQ C" TALENTIN ESTERHAZÏ avait l'eEpoir d'être fiait maréchal de France et ministre de la guerre.

Pour mettre Bombelles dans ses intérêts, et le séparer du comte d'Artois, Breteuil lui ofMt le ministère des affaires étrangères. Cela joint aux obligations que Bombelles avait eues de tout temps à Breteuil le détermina à écrire à l'empereur un billet dont H. de Fondeville s'était procuré une copie par une femme que l'empereur aimait { 1) . Ce billet disait eii substance que, quoique chargé par le comte d'A.rto)s d'une commission près de lui, une plus particulière du roi l'obligeait d'agir d'une manière opposée à la volonté du prince; qu'étant sujet fidèle, il n'avait pas hésité à lui demander une audience pour lui communiquer ses nouvelles instructions, dont il était surtout important que M. le comte d'Artois ne fût pas instruit.

Le style de la lettre et des informations venues de divers côtés firent soupçonner à Schônbornslust que le roi pensait à une fuite dont 11 voulait faire un mystère à son frère. D'un côté, la nièce de M. de Galoone, Mme de Fouquet, n'avait pu obtenir un rendez-vous

(1) Celte ifTsire Boinbelles, épiiode peu connu de la rivalité de

Calomie el de Breteuil, a dooné lieu i plutieun Tcraion*. Mai*, il ne

•emble pat que celle que relate Eiterhaxj loit la plut exacte. J'en

présente une autre plut fondée, je Croia, dan* mon Hittoirt de l'Émi-

gration, d'aprèi laquelle la lettre de Bombellea l l'empereur, ou

plutfil le broaillon de cette lettre, oublié par aoD auteur dans une

cliainbre d'hôlel à Florence, y aurait él6 trouvé par le comte de TaU

isadeur de Louis XVI à Naplei et neveu de Calonne. Il

iter que le marquis de Bombellea, en cette circonstance,

, fidèle I

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