CHAPITRE DIXIEME
formé avec liberté, et soutenu par une force armée sur les frontières de France ; 3* que sa destination ne fût énoncée en termes précis et qu'il fùl formellement déclaré qu'il n'entendait entrer en aucune nég[Ociation avec l'Assemblée usurpatrice qui g^ouvernait la France; 4* qu'il ne prit pour base l'anéantissement de l'Assemblée et de toute sa besog^ne, et de rendre au roi son autorité légitime, d'après les lois fondamentales de la monarchie ; 5* enfin que les princes frères du roi n'y intervinssent par des représentations, comme seuls des princes français libres qui pussent y faire les représentations convenables. L'impératrice approuvait le congrès, mais avec les mêmes clauses, et comme elles ne convenaient pas au système que le baron de Breteuil dirigeait, il n'eut pas lieu.
L'impératrice répondit aux princes une lettre fort amicale : elle promettait ses bons offices, envoyait de l'argent, mais ne prenait aucun engagement, soit pour fournir des troupes au roi de Suède, soit pour participer plus activement aux affaires. Elle se rejetait sur son éloignement, sur ce que sa paix n'était pas faite avec les Turcs. Elle observait que les forces qu'on rassemblait étaient plus que suffisantes pour l'objet, et que les plus grands obstacles qu'il y avait à craindre seraient probablement ceux qui naîtraient d'une combinaison aussi compliquée; qu'au reste, elle tâcherait de s'entendre sur cet objet avec le roi de Suède, et qu'elle se réservait de s'expliquer plus posi-
tivement sur la nature des secours qu^elle destinait aux princes lorsqu'elle serait éclairée sur les intentions des autres souverains. Elle promettait d^ailleurs dès à présent aux princes son appui partout où besoin serait, et les priait de la considérer comme une amie sincère et désintéressée, qui leur souhaitait une réussite parfaite.
Indépendamment de celte lettre, rimpératricc m'autorisa à mander de sa part aux princes que ses sentiments pour la cause du roi et sa femille n^avaieat pas été passifs. Elle avait déjà envoyé à tous ses ministres accrédités auprès des différentes cours dont on pouvait espérer ou désirer les suffrages la réponse qu'elle avait faite à l'empereur, au sujet de la déclaration qu'elle proposait de signifier à l'Assemblée nationale au nom de toutes les puissances, afin que cette réponse servit de règle de conduite à ses ministres en temps et lieu. Elle attendait un courrier de son allié l'empereur; d'après les notions qu'elle en recevrait, elle se trouverait plus en état de prendre de son côté les mesures qu'elle croyait nécessaires à l'appui du parti juste et glorieux, que les princes embrassaient.
Elle m'apprit qu'elle négociait un traité d'alliance avec le roi de Suède dans l'intérêt de la monarchie française et me rappela qu'elle avait déjà employé et qu'elle ne cesserait d'employer à l'avenir ses conseils et ses bons offices près des souverains les mieux