‹ MemoriesChapitre 99 sur 121 · LES (€ BANDITS EN AUTOMOBILE · texte numérisé non relu

LES (€ BANDITS EN AUTOMOBILE

se cacher, ils ne pouvaient même pas profiter de l’argent qu’ils arrachaient aux bourgeois. C’est précisément cette insanité dans le projet, jointe à l’intrépidité dans les moyens, qui attira mon attention. Ces hommes-là se comportaient comme des individus chargés d’une électricité mystérieuse extérieure et qui la dépensaient au petit bonheur, ou plus exactement au petit malheur. Ils paraissaient des éléments de pile, des condensateurs d’un genre particulier, des accumulateurs physiques et moraux. Ils annoncçaient, par leurs excès, leurs crimes, leur désespoir, quelque chose qui était inconnu d’eux et qui les dépassait.'

J’ai assisté à la prise et à la mort tragique de Bonnot, dans une petite bicoque en planches, près de Choisy-le-Roi, à la prise et à la mort de Garnier et de Vallet, dans une villa près de Nogent-sur-Marne. Pour ces deux derniers, il fallut un siège en règle, de neuf heures du soir à deux heures du matin. J’ai vu des centaines de gardiens de la paix et de zouaves cerner ces cambuses, disposer des cordons Bickford et des cartouches de dynamite, donner l’assaut à ces rudes gaillards, qui ripostaient à coups de revolver, parmi les aboiements des chiens de police, la lueur farouche des torches secouées et les hurlements d’une foule barbare. Hagards, effarés, effarants, le préfet de police Louis Lépine et le chef de la Sûreté couraient çà et là, donnant des ordres contradictoires, bousculant leurs subalternes, risquant de faire sauter le viaduc de Nogent, de mettre le feu aux maisons de Choisy-le-Roï, mêlant au drame leurs marionnettes comiques, faisant venir des mitrailleurs, des lances à eau perfectionnées, des gaz asphyxiants (il y en avait déjà, mais assez inopérants, paraît-il), des dogues mal dressés et épouvantés. Il n’est pas bon que la défense de la société ait les dehors de la peur et même de la panique, alors que le désordre et le crime revêtent les apparences de la fermeté et du sacrifice de soi.

Garnier, solide gaillard de vingt et quelques années, type d’athlète féroce et hardi, avait tiré, tapi entre deux matelas, des coups de revolver sur ses agresseurs jusqu’à la dernière minute. Il fut extrait de la maison maudite, la chemise en lambeaux, demi-nu et par les pieds, sa tête ensanglantée ballottant

‘ entre les molosses hurleurs. C’était une vision à la Goya.

Daurer. Souvenirs, II. 22

Cependant qu’autour des journalistes les gardiens de la paix échangeaient leurs réflexions.

— L’as-tu vu ? (il s’agissait de Lépine). Il était tout pâle, il avait les foies.

— Faut bien soutenir sa vieille réputation (nous montrant) devant ces messieurs.

— Si c’est pas malheureux de nous mettre à cinq cents et avec des zouaves, contre deux gosses et une cambuse ! Pourquoi pas le canon |!

Ces braves gens semblaient humiliés de leur rôle. Le fait est que le spectacle n’était pas étincelant et comportait plusieurs sortes de malaises. J’avais avec moi mon collaborateur Pierre Dumoulin, très bon journaliste, qui, depuis, fut tué à la guerre. Il expliqua aux subordonnés de notre étonnant préfet que tout cela était une conséquence de la République, mère du désarroi, de la pagaille et de l’anarchie : «Si ces gens-là — les bandits — n’avaient pas un peu forcé la note, ils auraient été ministres dans dix ans. Voyez Briand ». Les policiers riaient et l’un d’eux, en signe d’amitié, accepta même une tranche d’un saucisson, que j'avais eu la précaution d’emporter dans ma poche.

Carouy, arrêté, s’empoisonna dans sa prison. Un de ses copains, Kibaltchiche dit « Le Rétif », a été depuis employé par le gouvernement des soviets à Moscou, comme contrôleur ou sous-commissaire du peuple. Soudy, Callemin et Monier dit « Symentoff » furent condamnés à mort et guillotinés.

J’assistai à leur exécution, désirant suivre cette affaire jusqu’au bout. La fatale machine était dressée sous les murs de la Santé, hauts et gris dans le petit jour. Au-dessus des bois, du bourreau, de ses aides, un merle, excité par tout ce fourbi et les fanaux que l’on promenait, se mit à chanter. Il avait une voix ravissante et pure, qui tenait de la femme, de l’eau et du cristal; et on le distinguait entre les branches des marronniers, pareil à une navette terminée par un bec. L’exécuteur, montrant son outil, disait aux assistants : « N’est-ce pas qu’elle est bien ? Je l’appelle ma silencieuse ». En effet, il la fit fonctionner en pressant sur un bouton : le couperet descendit, sans bruit, dans les glissières, avec un luisant satanique. Le fourgon arrivait, pareil à un de ces omnibus de nuit qui trans-

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portent les voyageurs de l’hôtel à la gare, dans les bourgades reculées. Le peloton de cuirassiers mit sabres au clair. La petite porte basse grinça et s’ouvrit. Le premier qui parut fut Soudy ; Pierrot blême, lunaire, à la mâchoire tremblante; il grelottait sous un linge rude, le pantalon flageolant comme les jambes : € Brrr ! il fait froid », gémit-il. L’aumônier lui montrait le crucifix. Saisi, basculé, tranché, ce fut l'affaire de quelques secondes. « Callemin », appela une voix dans l’aube sale. Celui-là, dans le jet cru d’acétylène, avait un masque de comédien, de lauréat du Conservatoire aux lèvres pincées. Il croisa les bras : « C’est beau, n’est-ce pas, un homme qui meurt! » Le ton sardonique était affreux et fier. Bien qu’entravé, il courut presque se jeter sur la planche, ainsi qu'un plongeur dans le néant. Un coup sourd, accompagné d’un sifflement, et ce fut le tour de Monier, dit Symentoff, silhouette de terrassier d’un pays de fièvre, jaune, maigre, mais résolu. Ses dernières paroles, très inattendues, furent exactement : &« Adieu à vous tous, messieurs, et à la Société aussi! » On sentait un homme perdu par les livres et les théories absurdes, nullement fait pour ce destin sanglant et baroque. Son exécution fut retardée de quelques secondes par je ne sais quel coincement du déclic. Ce bref délai parut à tous intolérable. Nous sortions de là, les uns et les autres, abrutis d'horreur et de dégoût. Le merle, cependant, continuait à chanter, donnant ainsi raison à Aristophane, qui fait des oiseaux un monde à part et indifférent, mais supérieur à l'humanité.

Une valeur de présage, plus forte encore, doit être attribuée à l’assassinat de Gaston Calmette, directeur du Figaro, par M”° Joseph Caiïllaux, dont le mari et inspirateur était alors ministre des Finances. Nous travaillions l’un en face de l’autre, selon notre habitude, Baïinville et moi, quand nous fut annoncée, le 16 mars 1914, cette sinistre nouvelle. Bainville leva la tête et dit laconiquement : « Victor Noir ». À la veille de la guerre de 1870, un journaliste, Victor Noir, avait été assassiné, dans des conditions analogues, par Pierre Bonaparte.

J’ai déjà eu l’occasion de parler de Gaston Calmette dans ces Souvenirs. Il n’était pas d’homme plus affable, plus obligeant, plus charmant. Depuis quelques semaines, convaincu

du danger que la personnalité de Caillaux faisait courir à la France (danger dont la preuve apparut, en coup de tonnerre, quelques mois plus tard), ce délicieux confrère, paisible et doux, menait, contre le chef du clan des Ya, une campagne documentaire sans merci. Il avait néanmoins commis la faute de commencer par la broutille, au lieu d’asséner l’essentiel, mettant ainsi son adversaire en garde contre la révélation décisive, et non en présence du fait accompli. Ceux qui le renseignaient, ennemis politiques de Caiïllaux, avaient eu le tort. de leur côté, de lui communiquer des pièces écrasantes (qui prouvaient et l’aplatissement de tels et tels magistrats devant Caillaux et la connivence de Caillaux et du gouvernement allemand), tout en lui demandant de ne pas les utiliser. Ces pièces étaient le document Favre et les « documents verts », échange de télégrammes chiffrés entre Lancken, chargé d’affaires prussien à Paris, et Berlin. De telle sorte que Calmette s'était lancé et se trouvait retenu, avait commencé une opération redoutable et ne la pouvait achever. Que fait, dans ce cas, le patient ? Il essaie de tuer son chirurgien. Le bras de M”° Caiïllaux tenait le browning meurtrier ; mais la volonté de Caillaux pressa la détente.

L’effet produit par ce crime fut formidable, tant par la froide sauvagerie avec laquelle il fut accompli, que par la pression des amis et créatures de Caillaux, pour le présenter ainsi qu’une belle et juste action, amplement motivée par la campagne de Calmette. Caillaux était l’espoir de l’Allemagne. Il était, vu ses capacités financières (fort exagérées mais réelles), le truchement entre la haute banque juive allemande et le personnel républicain, D’où sa rapide fortune. Impulsif, dominateur, privé de scrupules et de bon sens, il se croyait le maître de la situation ; d’immenses paris étaient engagés sur son succès, qui signifiait, avec la victoire allemande, l’asservissement de la France à l'Allemagne. Sur l’échiquier de la trahison, il était une pièce de première importance, irremplaçable, que la ploutocratie démocratique entendait maintenir à tout prix. Mais l'esprit national, flairant le gouffre, se rebiffa avec une violence dont nous devions retrouver encore le contre-coup dans l’éblouissante victoire de la Marne. De sorte qu’il n’est pas exagéré de dire que le sacrifice de Gaston Calmette a été

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pour quelque chose dans le salut du pays. Notre perte était presque inévitable, si la guerre s’était engagée alors que Caillaux tenait et terrorisait encore tout le personnel gouvernemental du régime. Or, en août 1914, il ne disposait plus dictatorialement que de son premier lieutenant et complice Malvy, alors ministre de l’Intérieur, et qui, par chance, courut à Bordeaux faire la noce avec sa maîtresse, laissant le champ libre au général Galliéni.

Je vis le Figaro, peu de temps après le drame, alors que Gaston Calmette était déjà transporté à la clinique, où il mourut dans la nuit, avant même l’opération. C’était la désolation générale, car le patron était aimé de tous. Mais c’était aussi la colère. Louis Latzarus, André Beaunier, Poncetton, témoins du crime, racontaient comment la chose s’était passée et déploraient la confiance et la courtoisie de leur malheureux directeur, introduisant lui-même, dans son bureau, la femme de son pire ennemi. Cependant, sur les boulevards, les Camelots du Roi — eux toujours, eux partout! — commençaient, aux cris de « Caillaux assassin », une utile manifestation, qui se continua le lendemain, c’est-à-dire le mardi 17 mars, avec une grande violence. Ce soir-là, Léon de Montesquiou nous avait invités à. dîner pour l’anniversaire du journal. Les comités-directeurs, moins Pujo, fort occupé au dehors, étaient réunis. On imagine le tour de la conversation. Le régime semblait ébranlé dans ses fondations. Il y avait dans l’air une électricité qui rappelait les heures critiques de affaire Dreyfus, avec une clairvoyance de la foule, accrue par quatorze années en plus de République. Il fallait se tenir prêt à toutes éventualités. Au dessert arriva Pujo. Il me demanda de me mettre

à la tête d’une colonne de Camelots et d’Étudiants qui parcou-

rait les boulevards, en huant le couple meurtrier. Je n’avais pas trop envie d’aller pousser des hurlements dans la rue, besogne fatigante à un certain âge et surtout en sortant de table. Mais, ma foi, le devoir avant tout. Une heure après, j'étais au poste, bien entendu, avec une cinquantaine de nos amis ; nous entendions, de notre réduit, les clameurs des centaines de copains demeurés libres et de l’immense public qui s’était joint à eux. Il n'aurait pas fait bon, pour le ménage Caillaux, se promener dans Paris ce soir-là.

Les obsèques de Calmette, auxquelles assistait une foule immense, eurent lieu à Saint-François-de-Sales, puis au cimetière des Batignolles, au milieu d’un profond recueillement, mêlé à l’indignation. L’atmosphère était bien plus ardente et moins résignée qu'aux funérailles de Syveton, dix ans auparavant. L’Action Française et les Camelots du Roi avaient passé par là. Plusieurs milliers des nôtres défilèrent dans un ordre parfait, portant un drapeau, qui fut mis en berne, quand le cercueil franchit la porte suprême. Les deux malheureux fils de Calmette, privés, tout jeunes, d’un si bon et noble père, marchaient, accablés, derrière le corbillard. A la sortie du cimetière il y eut des bagarres, des bousculades. Un coup de feu fut tiré par un policier contre un Camelot du Roi. J’écrivis, le lendemain, dans le journal : « Quel que soit le châtiment que la Providence réserve aux deux Caillaux, il paraîtra inférieur à leur forfait ».

Le procès de M"° Caillaux commença le 20 juillet 1914, devant la Cour d’Assises de Paris. Il fut fertile en incidents scandaleux, tant à cause de l’extraordinaire partialité procaillautiste du président Albanel qu’en raison des multiples stupres politiques qu’il révélait. Imaginez le soulèvement d’une pierre recouvrant un nid de cancrelats et de cloportes mêlés. Mais, le 25 juillet 1914, éclatait, dans la presse française, tel un gigantesque coup de gong annonçant le supplice et le glas de douze millions d'hommes, l’ultimatum de l'Autriche à la Serbie. C’était comme une suite allemande (sous le couvert autrichien) au coup de revolver de M"° Caillaux. Je me trouvais alors en Touraine, prenant mes vacances, ainsi que chaque année. Je lisais les articles puissants et pathétiques que publiait quotidiennement Pujo, cependant qu’à la sortie du Palais, Almereyda et ses bandes acclamaient le mari de la meurtrière et se battaient avec les Camelots du Roi. Le 24 juillet, au soir, un premier coup de téléphone de notre secrétaire de rédaction, le cher et regretté commandant Biot (qui avait été, pendant de longues années, le secrétaire de /a Libre Parole), m’annonça l’événement, dont la nouvelle . venait d'arriver. Quelques minutes après, la sonnerie de nouveau retentissait et j’entendis la voix de Bainville : « Vous êtes au courant ? — Oui, qu’en pensez-vous ? — J’en pense le pire.

Il est à craindre que la guerre ne puisse maintenant être évitée ». Ma femme passait à ce moment. Je la mis au courant de l’affreuse nouvelle. Ainsi, par sa folle imprévoyance, sa non-préparation à la guerre, son insouci complet de la Défense Nationale, dix ans de campagne contre l’État-Major et la suppression du Bureau des Renseignements, ainsi le régime républicain avait-il laissé venir une catastrophe dont la monarchie nous eût préservés. Il ne restait aux royalistes, aux patriotes en général, que la foi profonde dans les destinées du pays.

Ici se termine l’exposé, le résumé, en ses grandes lignes, d’une partie d’un effort considérable, commencé, bien avant que j’y prisse mon petit rôle de journaliste et d’orateur, par Maurras, Vaugeois, leurs premiers adeptes, leur rencontre avec le comte Eugène de Lur Saluces et André Buffet, la publication de l'Enquéte sur la Monarchie. La pierre angulaire de l’œuvre commune, qui trouvera sans doute des historiographes autrement circonstanciés et didactiques que moi, c’est la nécessité d’une doctrine solide, capable de susciter de véritables dévouements. Sans cette méthode, rien de durable. Avec elle, dans un pays de bon sens et de lucidité intellectuelle comme le nôtre, on peut tout espérer.

J’aurais pu surcharger ces souvenirs d’une multitude d’anecdotes et de récits, empruntés à la vie du journal et de la ligue, où l’on se rendrait mieux compte des obstacles rencontrés et surmontés. Mais, outre que la guerre a changé les perspectives de tout et diminué beaucoup de choses et de gens qui semblaient, avant elle, avoir de l’importance, je désirais conserver à ce livre une ligne simple, comme les faits dont il témoigne. Puissé-je y avoir réussi! Puissent ceux qui parcourront ces pages, comprendre que les lois, règles, principes de la politique sont éternels, à travers les variations de leurs modalités, et qu’un pays comme le nôtre ne peut se relever, vivre, prospérer sans la monarchie héréditaire! Il ne s’agit pas ici d’une utopie, ni d’un mirage, ni d’une vue de l'esprit. Les Rois de France ont fait la France et, si la République n’est pas encore arrivée à la défaire, c’est à cause de l’excellence et de la résistance de la fibre nationale, qui n’a pas sa pareille au monde. Il west pourtant tissu si solide dont la sottise humaine ne puisse

avoir raison, à force de tirer dessus. Je ne vois pas cette fatale expérience, qui a commencé avec la Déclaration des Droits de l'Homme, durant encore chez nous une vingtaine d’années sans un dommage irréparable.

Le croyant que je suis devenu — après une période d’indifiérence, due à l’ambiance matérialiste, évolutionniste, qui passait pour scientifique dans ma jeunesse — compte aussi, pour le retour du Roi, sur l’intercession de nos morts. Il n’est pas possible que tant de vaillants, pour lesquels la vie d’homme commençait à peine, qui l’avaient saisie par son angle de vérité et de sagesse, et qui sont tombés dans la fournaise, il n’est pas possible que ces vaillants n’obtiennent point ce que leur sacrifice a mérité.

Jour ou nuit, quand je ferme les yeux, je crois écouter l’innombrable oraison qui monte de l’immense cimetière français, traversant la terre encore lourde d’obus et de travaux de terrassements, les airs encore remués par le fracas de la canonnade. Je me représente celui-ci, celui-là, tel que je l’ai connu, en pleine force, et cherchant et voulant le bonheur de son pays. J’entends la voix d’un Léon de Montesquiou, d’un Octave de Barral, d’un Noël Trouvé, qui demandent au Très Haut que Cela soit, qu’ils avaient dans le regard et dans l’âme en mourant. Je pense que la certitude inébranlable de ceux qui restent est faite de la solennelle, de l’insistante supplication de ceux qui sont partis.

Avril 1921.

Je dédie ce livre à Madame Alphonse Daudet, ma mère bienaimée, qui aida et encouragea son mari dans les bonnes comme dans les mauvaises heures, créa autour de lui cetteatmosphère de tendre recueillement où il put vivre, travailler, mourir, à l'abri d’une âme pure, rêveuse et tranquille.

Léon DAUDET.

1er mai 1898.

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