Au retour de son maître, que faisait-il
nous l’en eussions prié, il nous eût tenu le bougeoir.^ Il nous conduisait ainsi à la chambre à coucher, attendait que nous fussions déshabillé, puis il sautait sur notre lit, nous prenait le col entre ses pattes, nous poussait le nez avec le sien, nous léchait de sa petite langue rose, âpre comme une lime, en poussant de petits cris inarticulés, exprimant de la façon la plus claire sa satisfaction de nous revoir. Puis, quand ses tendresses étaient calmées et l’heure du sommeil venue, il se perchait sur le dossier de la couchette et dormait là en équilibre, comme un oiseau sur la branche. Dès que nous étions éveillé, il venait s’allonger près de nous jusqu’à l’heure de notre lever.
Minuit était l’heure que nous ne devions pas dépasser pour rentrer à la maison. Pierrot avait là-dessus des idées de concierge. Dans ce temps-là nous avions formé, entre amis, une petite réunion du soir qui s’appelait « la Société des quatre chandelles )), le luminaire du lieu étant composé, en effet, de quatre chandelles fichées dans des flambeaux d’argent et placées aux quatre coins de la table. Quelquefois la conversation s’animait tellement qu’il nous arrivait d’oublier l’heure, au risque, comme
17. Qu’est-ce qu’il aurait fait, selon Monsieur Gautier, si on l’en avait prié ?
18. Comment exprimait-il sa satisfaction de revoir Monsieur Gautier?