Alors, celui-ci qu’a-t-il fait
60. Les demoiselles Gautier par quoi ont-elles été réveillées la nuit suivante?
CÔTÉ DES CHIENS
fauteuil. Cela ressemblait à un trépignement rythmique que le silence de la nuit rendait plus sonore. On crut d’abord à un bal de souris,^ mais le bruit des pas et des sauts sur le parquet était bien fort pour la gent trottemenu. La plus brave de nos soeurs se leva, entr’ouvrit la porte, et que vit-elle à la faveur d’un rayon de lune plongeant par le carreau? Zamore debout, ramant dans l’air avec ses pattes de devant et travaillant, comme à la classe de danse, les pas qu’il avait admirés le matin dans la rue. hlonsieur étudiait !
Ce ne fut pas là, comme on pourrait le croire, une impression fugitive, une fantaisie passagère. Zamore persista dans ses idées chorégraphiques et devint un beau danseur. Toutes les fois qu’ü entendait le fifre et le tambourin, il courait sur la place, se glissait entre les jambes des spectateurs, et observait avec une attention profonde les chiens savants exécutant leurs exercices ; mais, godant le souvenir du coup de fouet, il ne se mêlait plus à leurs danses ; il notait leurs pas, leurs poses et leurs grâces, et il les travaillait, la nuit, dans le silence du cabinet, sans jamais se départir, le jour, de son austérité d’attitude. Bientôt il ne lui suffit plus de copier, il inventa, il composa ; et nous