Par qui le danseur Zamore fut-il remplacé
Kobold, king-Charles de la plus pure race, venant du célèbre chenil de lord Lauder. Rien de plus chimérique que cette petite bête, à l’énorme front bombé, aux gros yeux saillants, au museau cassé à sa racine, aux longues oreilles traînant jusqu’à terre. Transporté en France, Kobold, qui ne savait que l’anglais, parut comme hébété. Il ne comprenait pas les ordres qu’on lui donnait ; dressé avec les go on et les corne here, il restait immobile aux viens et va-t’en français : il lui fallut un an pour apprendre la langue du nouveau pays où il se trouvait et pouvoir prendre part à la conversation. Kobold était très sensible à la musique et chantait lui-même de petites chansons avec un fort accent anglais. On lui donnait le la au piano, et il prenait le ton juste et modulait avec un soupir flûté des phrases vraiment musicales et n’ayant aucun rapport avec l’aboi ou le jappement. Quand on voulait le faire recommencer, il suffisait de lui dire : (( Sing a Utile more )), et il reprenait sa cadence. Nourri le plus délicatement du monde, avec tout le soin qu’on devait naturellement prendre d’un ténor et d’un gentleman de cette distinction, Kobold avait un goût bizarre : il mangeait de la terre comme un sauvage de l’Amérique du Sud; on ne put lui faire perdre cette habitude qui lui causa une obstruction