Qu’est-ce que cette habitude a causé ensuite
CÔTÉ DES CHIENS
dont il mourut. Il avait le goût des grooms, des chevaux, de l’écurie, et nos poneys n’eurent pas de camarade plus assidu que lui. Il passait son temps entre la box et le piano.
De Kobold, le king-Charles, on passe à Myrza, petite bichonne de la Havane, qui eut l’honneur d’appartenir quelque temps à la Giulia Grisi ^ qui nous la donna. Elle est blanche comme la neige, surtout quand elle sort de son bain et n’a pas encore eu le temps de se rouler dans la poussière, manie que certains chiens partagent avec les oiseaux pulvérateurs. C’est une bête d’une extrême douceur, très caressante, et qui n’a pas plus de fiel qu’une colombe ; rien de plus drôle que sa mine ébouriffé et son masque composé de deux yeux pareils à de petits clous de fauteuil et son petit nez qu’on prendrait pour une truffe du Piémont. Des mèches, frisées comme les peaux d’Astrakan, voltigent sur ce museau avec des hasards pittoresques, lui bouchant tantôt un œil, tantôt l’autre, ce qui lui donne la physionomie la plus hétéroclite du monde en la faisant loucher comme un caméléon.
Chez Myrza, la nature imite l’artificiel avec une telle perfection que la petite bête semble sortir de la devanture d’un marchand de joujoux. A la voir avec son ruban bleu et son grelot d’argent, son poil régulièrement frisé, on dirait un chien de carton, et, quand elle aboie, on cherche si elle n’a pas un soufflet sous les pattes.
*93. De Kobald, à qui passe-t-on?