Décrivez ses pattes
au centre de la rosace, et tâtait le plafond d’une de ses pattes de devant, pour voir s’il offrait quelque possibilité d’adhérence et partant quelque moyen de fuite.
En faisant cet essai, recommencé pour la centième fois peut-être, il louchait d’une façon désespérée et touchante, demandait aide à la terre et au ciel ; puis, voyant qu’il n’y avait nulle issue de ce côté, il se mit à descendre d’un air triste, piteux, résigné, emblème du travail inutile, Sisyphe de la fatigue perdue ; à mi-chemin, les deux bêtes se rencontrèrent, se lancèrent des œillades amicales peutêtre, mais effroyables par leur divergence, et ce fut pendant quelques minutes une sorte de nodosité hideuse sur la ligne perpendiculaire de la ficelle.
Le groupe se débrouilla après les contorsions les plus bouffonnes, et chaque caméléon continua sa route ; celui qui descendait, parvenu au bout de son fil de suspension, allongea une patte de derrière, sondant le vide avec précaution, et, ne trouvant aucun point d’appui, la ramena d’un mouvement découragé, dont il faut renoncer à peindre la navrante et burlesque mélancolie. Par un de ces rapprochements d’idées dont la liaison n’est pas apparente, mais que l’esprit conçoit sans l’exprimer, ces caméléons nous firent songer à une des plus sinistres aqua-tintes de