Qu’est-ce que l’on faisait pourtant
il est bien entendu qu’avec l’exagération permise à la charge on nous prêtait des formes d’éléphant comme à Ganesa, le dieu indien de la sagesse, et qu’on réduisait nos ponies à l’état de toutous, de rats et de souris. Il est vrai que sans trop d’effort nous eussions pu porter nos petites bêtes, une sous chaque bras, et notre voiture sur le dos. Un moment nous pensâmes à en atteler quatre ; mais ce four in hand lilliputien eût attiré encore davantage l’attention. Nous les remplaçâmes donc, à notre grand regret, car nous les avions déjà pris en amitié, par deux ponies gris pommelé, d’une taüle plus forte, à cou robuste, à large poitrail, d’encolure ramassée, bien loin sans doute d’être des mecklenbourgeois, mais plus visiblement capables de nous traîner. C’étaient deux juments : l’une s’appelait Jane et l’autre Betsy. En apparence elles se ressemblaient comme deux gouttes d’eau, et jamais attelage ne fut mieux appareillé pour les yeux ; mais autant Jane avait de courage, autant Betsy était paresseuse. Tandis que l’une tirait à plein collier,^ l’autre se contentait d’accompagner, se ménageant et ne se donnant aucun mal. Ces deux bêtes, de même race, de même âge, destinées à vivre box à box, avaient l’une contre l’autre la plus vive antipathie. Elles ne pouvaient se souffrir, se battaient à l’écurie et se