Si l’une sortait, l’autre que faisait-elle
31. Quand on allait les atteler, comment se conduisaientelles ?
étonnante, et allaient se ranger d’elles-mêmes près du timon à la place assignée. Comme tous les animaux qu’on aime et qu’on traite bien, Jane et la Blanche devinrent bientôt de la familiarité la plus confiante ; elles nous suivaient sans laisse comme le chien le mieux dressé, et, quand nous nous arrêtions, mettaient, pour se faire caresser, le museau sur notre épaule. Jane aimait le pain, la Blanche le sucre, toutes deux à la folie les écorces de melon ; et, pour ces friandises, il n’est pas de tours qu’on n’en eût obtenus.
*26 l’homme n’était pas odieusement féroce et brutal, comme il l’est trop souvent envers les bêtes, comme elles se rallieraient de bon cœur à lui ! Cet être qui pense, parle et fait des actions dont le sens leur échappe, occupe leur pensée obscure ; c’est pour elles un étonnement et un mystère. Souvent elles vous regardent avec des yeux pleins d’interrogations auxquelles on ne peut répondre, car on n’a pas encore trouvé la clef de leur langage. Elles en ont un pourtant qui leur sert à échanger, au moyen de quelques intonations que nous n’avons pas notées, des idées très sommaires, sans doute, mais enfin des idées, telles que peuvent les concevoir des animaux dans leur sphère de sentiment et d’action. Moins stupides que nous, les bêtes parviennent à comprendre quelques mots de notre
32. De quelle manière montraient-elles leur affection pour leur maître ?