En quoi se montrent-ils moins stupides que nous
CHEVAUX
idiome, mais pas en assez grand nombre pour causer avec nous. Ces mots se rapportent d’ailleurs à ce que nous exigeons d’elles, et l’entretien serait court. Mais que les animaux se parlent, cela est indubitable pour quiconque a vécu un peu familièrement avec des chiens ou chats, des chevaux ou toute autre bête.
Par exemple, Jane était naturellement intrépide, ne reculait devant aucun obstacle et ne s’effrayait de rien ; après quelques mois de cohabitation avec la Blanche, elle changea de caractère et manifesta quelquefois des peurs soudaines et inexplicables. Sa compagne, beaucoup moins brave, lui racontait, la nuit, des histoires de revenants. Souvent, traversant aux heures sombres le bois de Boulogne, la Blanche s’arrêtait brusquement ou faisait un écart, comme si un fantôme, invisible pour nous, se dressait devant elle. Tous ses membres tremblaient, sa respiration devenait bruyante, son corps se couvrait instantanément de sueur ; elle s’acculait sur ses jarrets si on voulait, avec le fouet, la déterminer à se porter en avant. L’effort de Jane, si vigoureuse pourtant, ne pouvait l’entraîner. Il fallait descendre, lui couvrir les yeux et la conduire à la main pendant quelques pas jusqu’à ce que la