ACTE PREMIER
LE DOCTEUR
Je parie qtie vous êtes synthéliste, vous t
d'estombreuse.
Parbleu !
JACQUES, quia été cherché une tasse de Ihé pour Emma.
Mademoiselle... (Bas et assez grave.) Vous êtes plus ravissante que jamais...
EMMA, bas.
Permis de s'en apercevoir, défendu de le dire. Gabrielle et Louise donnant du thé aux i.iuié*.
PINGOUX, allant à Jacques.
Tu sais, j'ai de la sympathie pour toi ; qu'est-ce que tu aimes mieux ! une chronique de Fouquier, un Caliban, ou un article de moi dans ÏÉ toile des Arts?
JACQUES
Tu me donnes le choix. Alors garde-moi ton article pour mon prochain volume.
riNGOUX.
Comme tu voudras.
II va causer avec Davemy.
TOMBELAIN, à Pingoux.
Entre nous, je le trouve bien faiblard, le bouquin de Tervaux.
DIVOIRE.
Ça manque d'originalité. ^
TOMBELAIN.
Encore trois comme cela, et il est tie l'Académie.
DiyoïRE, scandalisé.
Oh ! non. . . tu vas trop loin. . .
TOMBELAIN.
Quel malheur qu'Alexandre Veule, le poète tri-unioniste sirupescent ne soit pas là I Tervaux l'avait invité pourtant.
DI VOIRE
Alors, il va venir deux heures en retard. ^
EMMA, à Jacques.
Ah ! monsieur Tervaux ! Laissez-moi vous féliciter encore. La France compte un grand poète de plus. Ce sera une gloire, pour vous, d'avoir débarrassé la poésie des entraves qui alom'dissaient son vol. Maintenant, plus de rimes I
TOMBELAIN.
Des hiatus I
DIVOIRE.
Plus de majuscules au commencement des vers I
EMMA
La poésie de l'avenir ! (Elle passe à droite en posant sa tasse sur la table.) N'est-ce pas. Docteur ?
LE DOCTEUR
De la vraie prose, enfin !
EMMA
Gomment, vous ne comprenez pas cela ? C'est pourtant être poète aussi que d'être docteur... Quelles sensations vous devez ressentir ? Voir de la souffrance !...