‹ Ménages d'artistes: comédie en trois actesChapitre 24 sur 74 · ACTE PREMIER i'S · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER i'S

de briser ma plume et d'éteindre le feu que je me sens là... mais, est-ce ma faute si une force supérieure à ma volonté m'empêche de tenir mon serment, si l'inspiration me trouble, impérieuse, indomptable, si dans mes moments de désespoir une voix me crie « Courage ! Courage ! Tu vaincras ! »

LOUISE, a M""Legrand.

Tu vois bien qu'il n'est pas méchant.

Mme LEGRAND.

Quand on a une maladie comme celle-là on ne se marie pas. On est libre alors de vivre dans un grenier avec quatre sous par jour. Lorsqu'on a pris unie femme, et qu'on a fini de manger sa dot, on se fait plutôt chiffonnier, mais on ne la laisse pas mourir de faim. Vous avez des dettes, vous en ferez encore, et où trouverez-vous du paiu lorsque vous aurez lassé vos prêteurs.

JACQUES

Si je puis trouver un éditeur pour mon livre nous serons riches.

Mme LEGRAND.

Et si vous n'en trouvez pas ?

Jacques.

J 'en trouverai.

LOUISE

Mon àmi, il faut penser aussi à cela : ton livre peut être un chef-d'œuvre et ne pas se vendre.

JACQUES

Mais que voulez-vous que je fasse ?

Ai ilÉNAGES d'artistes

M™'= LEGRAND

Si l'on vous offrait trois mille francs par an, cliauf-» fé, logé, et nourri.. i

LOUISE

Tu pourrais travailler le soir.

JACQUES

Mais on ne me les offre pas.

M'"'= LEGRAND

Si. Gilbert le contre-maître de messieurs Danglet €t compagnie veut se retirer.

Je n'î puis accepter.

M"e LEOBAND

C'est bien décidé ?

JACQUE3

C'est tout à 'ait décidé.

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