ACTE PREMIER i'S
de briser ma plume et d'éteindre le feu que je me sens là... mais, est-ce ma faute si une force supérieure à ma volonté m'empêche de tenir mon serment, si l'inspiration me trouble, impérieuse, indomptable, si dans mes moments de désespoir une voix me crie « Courage ! Courage ! Tu vaincras ! »
LOUISE, a M""Legrand.
Tu vois bien qu'il n'est pas méchant.
Mme LEGRAND.
Quand on a une maladie comme celle-là on ne se marie pas. On est libre alors de vivre dans un grenier avec quatre sous par jour. Lorsqu'on a pris unie femme, et qu'on a fini de manger sa dot, on se fait plutôt chiffonnier, mais on ne la laisse pas mourir de faim. Vous avez des dettes, vous en ferez encore, et où trouverez-vous du paiu lorsque vous aurez lassé vos prêteurs.
JACQUES
Si je puis trouver un éditeur pour mon livre nous serons riches.
Mme LEGRAND.
Et si vous n'en trouvez pas ?
Jacques.
J 'en trouverai.
LOUISE
Mon àmi, il faut penser aussi à cela : ton livre peut être un chef-d'œuvre et ne pas se vendre.
JACQUES
Mais que voulez-vous que je fasse ?
Ai ilÉNAGES d'artistes
M™'= LEGRAND
Si l'on vous offrait trois mille francs par an, cliauf-» fé, logé, et nourri.. i
LOUISE
Tu pourrais travailler le soir.
JACQUES
Mais on ne me les offre pas.
M'"'= LEGRAND
Si. Gilbert le contre-maître de messieurs Danglet €t compagnie veut se retirer.
Je n'î puis accepter.
M"e LEOBAND
C'est bien décidé ?
JACQUE3
C'est tout à 'ait décidé.