LOUISE, GABRIELLE
Au lever du rideau, Louise enlève le palmier qui est sur la table, va le po-ter dans l'antichambre, et revient aussitôt. G.'ibricIIe écoute à la porte de droite.
GAHRIELLE, écoutant, à sa mère.
Chut ! CiiUt 1
LOUISE, s'approchant d'elle et marchant sur la pointe du
pied.
OÙ ton père eh te*t-li ^
GABRIELLE
Il Ht la dernière poésie de son volume. Tu sais : « Là iWôfl est là naissance à la vie éternelle. »
On n'applaudit pas ?
GABRIELLE
Non, mais on fait : « Ah ! ali! » ce qui est mieux encore.
LOUISE
Alors, nous n'avons que le temps de préparer le thé.
GABRIELLE, descendant.
Il n'est pas besoin de nous presser. Comme inademoiselle Vernier est là, lorsque père aura fini sa lecture, on parlera certainement du Jourîial des poètes mondains qu'elle va fonder.
Loùï'sÈ.
Tu as raison. On peut toujours allumer les bougies de la cheminée. ( Elle va les allumer.) Toi, va chercher le plateau et les tasses. N^e casse rien.
GABRIELLE
Je porterai le tout sur la table ?
LOUISE
Oui.
Gabrielle sort par la porte de l'anticliambre et revient au bout de peu de ïemps avec le plateau qu'elle pose sur la table.
GAfèRIELLE.
Voilà!
Tu as baissé le gaz, dans la cuisine ?
GABRIELLE
Je l'ai baissé.
LOUISE
Mais pas trop, il faut que l'eau pOUi* le thé se tienne bouillante.
GABRIELLE
Juste à point. (tJii temps. ^ Et grand-hière, est-ce qu'elle dort encore ?
LoûlsÉ.
Dame, après dix-huit heures de voyage... eh train de plaisir. Elle a voyagé avec une société orphéonique (Jui venait à Paris pour voir l'Exposition.
GABRIELLE
Comme elle...
LOUISE
Elle n'a pu fermer l'œil.
GABRIELLE
Alors, elle ne descendra pas ce soir ?
LOUISE
Je ne crois pas. Dans tous les cas, demain nous irons à l'Exposition ensemble.
GABBIELfr»"
Ah ! Quel bonheui I
i MÉNAGES D* ARTISTES
Chut ! Tais-toi. Ecoute.
Elles écoutent en désignant la porte de droite.
GABRIELLE
On l'applaudit.
LOUISE, arrangeant les chaises.
Il a tant de talent !... Mets les petites cuillers dans les soucoupes.
GABRIELLE
Oui, maman... C'est ennuyeux, tout de même, d'avoir été forcés de loger grand -mère dans l'ancienne chambre de bonne.
LOUISE
C'est vrai, mais nous ne pouvions pas renvoyer mademoiselle Vernier, n'est-ce pas. Elle est commodément installée dans ce salon. (En dési^i ant la poite de gauche.) Elle peut sortir quand elle veut...
GABRlblLLE.
On a frappé... (Elle va ouviir, revenant aussitôt avec M"" Legrand.) C'est grand-mère !...