ACTE PREMIER O
urne LEGRAND, en bonnet, le verbe haut.
Pas trop. Ou fait tant de bruit, dans ton Paris. (Regardant autour d'elle.) Mazette ! c'est beau, chez toi.
LOUISE, regardant la porte de droite.
Oui... chui;...
Mme LEGRAND, très haut.
Mais à quelle heure vous couchez-vous donc ?
LOUISE
Tout doucement...
Mi^e LEGRAND.
Qu'est-ce qu'il y a ?
LOUISE
Rien. (Avec un sourire.) Tu parles un peu fort...
Mme LEGRAND.
Oh ! çà ne fait rien. On s'entend mieux.
LOUISE
C'est que... mou mari est là, dans son bureau... il travaille...
W»' LEGRAND
Ah ! oui ! ton mari ! Qu'est-ce qu'il lait maintenant. 11 n'est guère pressé de me voir. (Elle se dirige vers la porte de droite.) 11 est là ?
LOUISE, l'arrêtant vivement.
Oui... avec quelques amis.
M^e LEGRAND.
Eh bien ! tant mieux. Gomme on dit chez nous, plus on est de lotis plus on rit,
LOUISE
U est très sérieusement occupé*.
GABRIELLE
Oh ! oui, grand-mère, il Ut à des amis son nouveau volume de poésies : Les Flavescences,.
Tu dis ?
GABRIELLE
Les Flavescences.
Mine LEGRAND
C'est du français, çà ?
GABRIELLE
Un peu... Je me suis échappée pour aider maman...
M™^ LEGRAND, tirant de sa poche un bas commencé, s'assied et se met à tricoter.
Eh bien ! retournez l'entendre. Moi, j'attendrai. Gabrielle s'en va sur la pointe du pied, et avec mille précautions, ouvre la porte. On entend des applaudissements, des cris : « Bravo » et une voix de femme disant tçès haut : « C'est transcendant ! » Le bruit cesse dès que Gabrielle a fermé la porte derrière elle.