ACTE PREMIER V
M'"" LEGRAND
Elle est pauvre?
LOUISE
Non, riche.
M"ie legra:;.").
Et vieille fille
LOUISE
Elle ne veut pas se marier.
M"ie LEGRAND.
Qu'a-t-olle fait depuis sa sortie de pension?
LOUISE
Elle a voyagé...
M™« LEGRANl'.
Hum ! (Après un silence.) Plutôt que t3 servir de ces tasses-là, mets le service en argent que je vous ai donné.
LOUISE, embarrassée.
Oh ! celui-là est assez bon !
41"""= LEGRAND
Mais si. Tu mo feras plaisir.
LOUISE
Je ne sais pas où il est.
M™« LEGRAND
Comment, tu ne sais pas où il est ! Un service de quatre cents françij,
10 MÉNÂGKS d'artistes
LOUISE
Si... il est de l'autre côté.
M'"'' LEGRAND
Là? Je vais le chercher.
LOUISE
Non.
M.^^ LEGRAND
Pourquoi?
Ah!... Ah! tiens, maman, j'aime mieux te le dire tout de suite: il est au Mont-de-Piété.
M""' LEGRAND
Bonté du ciel! Je croyais que ton mari gagnait tant d'argent avec ses livres...
LOUISE
Oui, il en gagne ; mais depuis quelque temps le métier ne va plus.
M™e LEGRAND.
Quand un métier ne va plus, on en prend un autre. LOUISE, sans chaleur.
Le devoir de l'artiste est de souffrir sans renoncer. L'art est un champ de bataille: qui le déserte est un lâche.
M™"^ LEGRAND
Tu parles comme un livre.
LOUISE
Jacques a trop de talent pour ne pas devenir un jour célèbre et riche.