‹ Ménages parisiens; comédie en trois actesChapitre 11 sur 70 · ACTE PREMIER · texte numérisé non relu

ACTE PREMIER

PONT-GAUDIX.

A la bonne heure I

VICTOR

Gomme on ne peut pas traîner de force un homme à la mairie, elle s'est lassée.

PONT-GAUDIN

Qu'est-elle devenue ■?

VICTOR

Laissez-moi toujours l'ignorpr!... Mon rêve serait qu'elle fût en Australie et que la navigation fût supprimée !

PONT-GAUDIN

Diable ! Vous avez bien fait de ne pas l'épouser. Elle m'avait trompé, il n'y avait pas déraisons pour qu'elle vous fût fidèle. Il y a des femmes qui ont la vocation.

VICTOR

Sévère, mais juste.

PONT-GAUDIN

Voyez-vous, mon cher Gatinard, un bon système, c*est de ne prendre au sérieux que les honnêtes femmes.

Ça ne donne pas beaucoup d'occupation.

PONT-GAUDIN

Quant aux antres, il fuit en rire à la façon do Figaro, de peur d'être obligé d'en pleurer. Les autres ce ne sont que des poupées : celui qui souffre à cause d'une de ces poupées me fait l'eiTet d'un enfant qui pleure, quand on lui a cassé la sienne. Tais-toi donc, petit imbécile, il y en a d'autres chez le marchand !

20 mêna.jEs parisiens

VICTOR

Coinnie vous connaissez les femmes I

PONT-GA.UDIX.

J'y ai mis le prix. ! (Faisaul allusion à son âge.) Et le

temps. (Changeant de ton.) Dinez-vous avec moi?

VICTOR

Non, merci.

PONT-GAUDIX.

Pourquoi... vous êtes invité?

VICTOR

Non... C'est que je ne suis pas seul ici.

PO.KT-GAUDIN

Ah! Je comprends, toujours coureur I

Au contraire ; plus coureur !

POXT-GA.UDIN.

Expliquez-vous!

VICTOR

Je suis... amarré !

PONT-GAUDIN, sans comprendre.

Vous êtes souffrant ?

VICTOR

Je suis marié... là!

PONT-GAUDIN

Vous !

VICTOR

Il faut bien faire une fin.

PONT-GAUDIN

Comment! vous vous êtes marié et vous ne m'avez pas envoyé d'invitation ù votre noce?

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