ACTE PREMIER
Ah! Vous pensez encore !
Si j'y pense encore! mais j'j' penserai toujours; n'est-ce pas à vous que je dois mon divorce? Si vous n'aviez pas fait la cour à madame Pont-Gaudin, si elle n'avait pas succombé, je serais encore la proie d'une femme légère, fantasque, querelleuse, capricieuse, coquette, insupportable, etc.. etc.. Aju lieu de cela, je suis le plus heureux, des hommes, libre comme l'air. En devenant l'amant de ma femme, vous n'avez peut-être fait pas son boniieur, mais vous avez fait le mien... C4'est si rare les gens serviables.
VICTOR
Ecoutez, Pont-Gauilin, votre reconnaissance me fait mal. .J'aurais préféré recevoir de vous un bon coup d'épée... pas trop fort... c'est pour ça que je dis bon.
PONT-GAUDIN
J'aurais été un ingrat ! Je vous dois ma délivrance, c'est entre nous à la vie, à la mort!
VICTOR
Eh bien, moi, je vous en veux.
PONT-GAUDIN
A moi?
VICTOR
Parfaitement! Vous m'avez mis dans une situation très délicate.
PONT-GAUDIN
Ah bah!
18 me.nages parisiens
VICTOR
En ne divorçant pas pour le bon motif ou plutôt pour le vrai motif.
PONT-GAUDIN
Oh! permettez ! même avec le divorce, un mari trompé est teinté de ridicule. Comme Ta dit Molière: Elles font la sottise et nous sommes les sots. Alors, j'ai pensé qu'il valait mieux divorcer pour injures et sévices graves de ma part.
VICTOR
Si vous aviez divorcé pour cause d'inconduite de madame Pont-G:iudin, moi j'aurais été bien tranquille après. La femme divorcée ne peut pas épouser son complice.
PONT-GAUDIN
Je vous comprends.
VICTOR
En laissant Maria, pardon, madame Pont-Gaudin...
POXT-CtAUDIN.
Maria! J'aime mieux que vous l'appeliez Maria!
VICTOR
En laissant Maria demander et obtenir le divorce contre vous, vous m'avez livré à elle sans défense, en butte à ses perséculion.s matrimoninles !...
PONT-GAUDIN
Est-ce possible!... Excusez-moi, mon cher ami, c'est sans intention. Si j'avais pu prévoir cela, nous aurions trouvé autre chose ! (chaDgeant de ton.) Vous ne l'avez pas épousée au moins?
VICTOR
Vous êtes fou I