‹ Ménages parisiens; comédie en trois actesChapitre 17 sur 70 · SCÈNE VI VICTOR, JEANNE · texte numérisé non relu

SCÈNE VI VICTOR, JEANNE

JEANNE

Quel excellent homme I

VICTOR

Vous m'avez fait de la peine tout à l'heure, ma chère Jeanne... M. Pont-Gaudin vous parle de votre mari, et tout de suite votre pensée se porte sur l'ancien.

JEANNE

Excusez-moi, mon ami.

VICTOR

Gomme c'est agréable pour le nouveau!

JEANNE

Vous me rendrez cette justice, mon cher Victor, que je vous ai loyalement prévenu... Vous savez que j'ai beaucoup aimé M. de Faverolles.

VICTOR

Mais voilà deux ans que vous avez divorcé, deux ans que vous ne l'avez plus revu et que vous n'en avez eu de nouvelles que par moi.

JEANNE

Vous vous trompez!

VICTOR

Plaît-il?

JEANNE

M. de Faverolles m'a écrit plusieurs fois.

VICTOR, stupéfait.

Vous dites ?

JEANNE

■ La vérité... M. de Faverolles, trois mois après notre divorce, m'a écrit pour m'oxprimer son repentir.

VICTOR

Ah! le bon billet!

Je n'ai pas répondu. J'ai reçu trois, quatre, cinq autres lettres me demandant des entrevues.

VICTOR, inquiet.

Ah!

JEANNE

Ces lettres sont restées sans réponse, parce que je savais par vous que M. de Faverolles continuait à mener une vie dissipée.

34 MC.NAii.-S l'AïUjlENS

VICTOR

A vous entendre, on croirait que vous ne m'avez épousé que par vengeance !

JEANNE

Quelle vengeance?

VICTOR

Pour vous venger de l'autre, pour lui dire: Ahf tu croj'ais que je ne t'oublierais jamais, eh bien ! attrape ! Je ine remarie, j'épouse Galinard'

JEANNE

Voilà que vous nie dites des choses désagréables! Et nous ne sommes mariés que depuis hier ! Tout autre était votre langage avant la cérémonie !

VICTOR, de très mauvaise humeur^

J'espérais, qu'après la cérémonie le rideau de fer tomberait d-élinitivement sur votre premier mariage.

JEANNE

Il ne fallait pas m'épouser !

Les femmes divorcées doivent se remarier, surtout celles qui n'ont rien à se reprocher, comme vous. Je vous ai épousée, d'abord parce que je vous aimais, ensuite parce que je,, voulais faire cesser pour vous cette position équivoque de femme divorcée.

JEANNE

Equivoque? Pas plus que celle de veuve.

VICTOR

Vous croj'ez ? Un homme qui divorce, qu'il ait eu tort ou raison, ça va tout seul. C'est un soldat rendu à l'armée active des célibataires. Mais une femme, une femme comme vous, contrainte au divorce par les infidélités permanentes de son mari, qu'est-ce qu'elle devient?

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