ACTE PREMIER
la Seine — 4" Chambre — Audience du 18 mars 1886 — Divorce Pont-Gaudin contre Pont-Gaudin.
Il s'assied et lit. — Maria entre.
MARIA, elle l'appelle.
Paul I (Paul n'entend pas.) Oh ! comme sa lecture l'absorbe I... Il doit lire le feuilleton. (L'app«iant.) Paul !
PAUL
Oh! Maria!
Il veut plier le journal et le cacher, mais le journal étaat ouvert, il lui est impossible d'y parvenir.
MARIA
Que lisais-tu avec tant d'attention ?
PAUL, tiouble, se lève.
Le Figaro] '
MARIA
Pourquo j.e trouble ?
PAUL
Moi troublé! Tu te trompes, je t'assure.
Soit! Tu permets ?
EMe veut prendre le journal.
PAT'L, voulant 1 en empêcher.
Maria, je t'en prie.
C'e?t trop fort !... Tu veux me cacher un journal, une chose imprimée, que je puis faire acheter à l'instant même ?
PAUL
Eh bien, c'est cela, envoie-le acheter.
MARIA
Donne-moi ce journnl; voyons, tu m'as assez taquinée.
e MÉNAGES PARISIENS
PAUL
Quel singulier caprice !
MARIA
Caprice de ta part !... Je te demande un journal, pas une lettre !... un journal!... Voilà qui est bien naturel... Tu me le refuses... Le caprice n'est donc pas dans ma demande, il est dans ton refus.
Paul est parvenu à mettre le numéro dans sa poche, mais il oublie les autres qu'il a posés sur la table.
PAUL
Tu n'as donc pas confiance en moi?
(maria.
Tu n'as donc p^s confiance en moi ?
PAUL
Si tu m'aimais, tu n'insisterais pas I
MARIA
Si tu maimais, tu ne résisterais pas !
PAUL
Oh ! les femmes...
MARIA
Oh! les hommes ! Il y a des moments où tu me fais regretter mon premier mari, M. Pont-Gaudin.
PAUL
Alors pourqi:oi me demandes-tu toujours de t'épouser ?
MARIA
Pour avoir au moins une raison de rester avec toi. l)oime-moi ce journal.
PAUL
Voyons, Maria, assez d'enfantillages !
MARIA
(Ve^t bien, mon ami, je ne vous ferai pas l'hon-