ACTE TROISIEME
VICTOR
Voulez-vous me rendre un grand service?
PONT-GAUDIN
Ça dépend. Je ne réponds jamais sans savoir. De quoi s'agit-il ?
YIGTOR.
D'un duel.
PONT-GAUDIN
Vous avez un duel ?
Oui. Je vais envoyer mes témoins à M. de Faverolles. Il m'ennuio, alors, je lui envoie mes témoins.
PONT-GAUDIN
C'est votre affaire. Je n'ai pas à me mêler de cela.
VICTOR
Voulez-vous me servir de témoin?
PONT-GAUDIN
Moi, dans un duel entre vous deux !
VICTOR
Si j'ai pu autrefois vous être utile, voilà une occasion de le reconnaître.
PONT-GAUDIN
Impossible !
VICTOR
Ah ! la reconnaissance vous fatigue déjà, vous ; c'est humain ! Je m'y attendais.
PONT-GAUDIN
Vous êtes-vous déjà battu?
VICTOR
Non; et vous?
82 ME.NaGls FAïUSlbiNà
PÛNT-GAUDIN.
Moi, six fois.
VICTOR
Pour votre femme ?
PONT-GAUDIN
Je vous saurais gré de ne pas faire de mauvaises plaisanteries sur madame Pont-Gaudin.
VICTOR
Allons, allons, ne vous fâchez pas. Je vais tâcher de trouver deux témoins dans Nice. Au revoir, Pont- Gaudin. C'est dur tout de même de se battre pour une femme qui vous ferme la porte au nezl
' Il sort.
PONT-GAUDIN
Au revoir, Gatinard... Si le ciel est juste, ces deux
hommes s'entre-tueront ! (Paul entre. Il salue Pont-Gaudin qui lui rend son salut. Pont-Gaudin regardant Paul avant de sortir.) Ce Faverollês est un veinard, voilà tout.
Paul soane. — AU''aste entre.