‹ Ménages parisiens; comédie en trois actesChapitre 53 sur 70 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MARIA

Vous me retiendrez une Victoria pour deux heures, n'est-ce pas ?

AUGUSTE

Bien, madame. y^

^ Il sort.

PAUL, à Maria.

J'allais chez vous.

MARIA

Vous pouvez y aller, je n'y suis pas.

PAUL

II me semblait qu'après la scène d'hier, nous nous devions, l'un et l'autre, quelques explications.

MARIA

En ce qui me concerne, je n'ai rien à vous dire, rien à vous demander... C'est fini, n'est-ce pas? Bonjour, portez-vous bien.

PAUL

Soit ! mais laissez-moi vous dire au moins que vous pouvez compter sur mon... amitié absolue...

Je n'ai nul besoin de votre amitié... absolue. Je devine la nature de votre offre... C'est une vilaine pensée sous un joli masque.

PAUL

J'ai l'intention de quitter Nice tout à l'heure, mais je ne le quitterai pas si ma présence ici peut vous être utile.

MARIA

Elle ne m'est ni utile, ni agréable. Je ne vous demande rien, rien, que de vous considérer comme libre el moi aussi. Nous nous sommes trompés tous

les deux, vous sur moi, moi sur vous. Il y a maldonne ! Je m'en aperçois mallieureusement après la partie.

PAUL

Vous voulez dire qu'il y avait dans le jeu des cartes de trop et ce n'est pas moi qui les ai ajoutées.

MARIA

Vraiment? Je ne peux m'empêcher d'admirer en vous une certaine candeur. Vous me reprochez de vous avoir caclié les causes véritables de mon divorce? Depuis quand les femmes font-elles étalnjre de leurs faiblesses? Et encore une fois, ouest le préjudice causé? Vous ne m'avez pas épousée? Eh bi-u, c'est moi qui perds! C'est ma réputation qui paie! et je ne me plains pas. Je trouve que j'ai joué à qui perd gagne.

PAUL

Avouez que vous m'en voulez d'avoir appris la vérité !

Vous croyez que j'ai du dépit? En tout cas ce ne serait pas du dépit amoureux. Vous ne m'aimez pas, je ne vous aime plus, nous nous séparons. C'est ce que vous vouliez, c'est ce que vous cherchiez. Vous voilà heureux? Que vous faut-il de plus? Une ambassade?

PAUL

Votre gaîté ne me déplaît pas, si elle est sincère. Nous nous sommes trompés, comme vous le dites si bien, mais c'est vous qui êtes cause de notre rupture.

MARIA

A quoi servirait donc de n'être pas mariés, si l'on devait traîner ensemble une existence faite d'indifférence, d'amertune et d'ennui;' Au moins, nous di-

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