‹ Ménages parisiens; comédie en trois actesChapitre 56 sur 70 · ACTE TROISIEME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIEME

MARIA

Arrive nn bellâtre qui sort de chez le coiffeur, on croit que c'est don Juan, et l'on s'aperçoit que ce n'est qu'un coq de village.

PONT-GAUDIN

Et lorsqu'on s'en aperçoit, il est trop tard, le coq a chanté.

MARIA

Et la femme déchante.

PONT-GAUDIN

Qu'allez-vous devenir maintenant?

MARIA

Je n'en sais rien. Donnez-moi un conseil.

PONT-GAUDIN

Trois partis s'offrent à vous I

MARIA

Trois I C'est deux de trop.

PONT-GAUDIN

Le premier, c'est le cloître.

MARIA

C'est un des deux qui sont de trop. Si les autres lui ressemblent, n'insistez pas.

Le second, c'est de rester tranquille.

MARIA, vivement.

Et le troisième ?

PONT-GAUDIN

Et le troisième, c'est un... quatrième.

MARIA

Prendre un amant! Jamais! i

PONT-GAUDIN

Voilà un mot en retard, Maria. i

MARIA

Je vivrai seule, désabusée de la vie... Je ne ferai plus que quatre robes i^ar saison, et je regretterai d'avoir gâché une existence qui aurait pu être si heureuse et si honorable ! C'est bien fait !

PONT-GAUDIN, à part.

Pauvre femme!

MARIA

Je ne veux pas qu'on me plaigne, c'est bien fait! Je raconterai mon liistoire à toutes les femmes mariées, celles qui voudront bien me recevoir, et ça leur servira d'exemple. Je leur dirai... I.e mariage est un coupé. Tant pis pour celles qui font mettre un strapontin.

PONT-GAUDIN, à part.

Le fond est bon chez elle.

MARIA

Voulez-vous me rendre un service ?

PONT-GAUDIN

Avec plaisir. De quoi s'agit-il?

MARIA

Je ne veux plus toucher la pension que vous me faites.

PONT-GAUDIN

Pourquoi cela ?

MARIA

Cet argent me pèse.

PONT-GAUDIN

On vous paie donc en or?

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